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"Il n'y a que la force de l'Etat qui fasse la liberté de ses membres." Jean-Jacques Rousseau

 
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Jeudi 13 avril 2006 4 13 04 2006 22:52

Par Claude Beaulieu,
Président du Comité Valmy

La France est confrontée actuellement à une crise sociale majeure avec l'immense et légitime mouvement de la jeunesse et de l'ensemble des travailleurs contre le CPE.

Sans que cela soit précisé clairement, notamment par les partis de gouvernement qui se réclament de la gauche, la mobilisation actuelle contre le CPE, la précarisation et la destruction méthodique du Code du Travail est menée, en réalité, contre des conséquences directes de la fuite en avant dans la voie du fédéralisme européen.

Cette « construction européenne » a été décidée et orchestrée, dès la fin de la deuxième guerre mondiale, en même temps que le Pacte Atlantique, par l'impérialisme américain. Ces deux démarches stratégiques ont toujours été liées et le sont encore aujourd'hui.

Ainsi, il n'est pas inutile de rappeler que la création, le 4 avril 1949, de l'Alliance atlantique coïncide chronologiquement avec la création du Conseil de l'Europe, le 5 mai 1949. En avril 1948 la création de l'OECE (Organisation européenne de coopération économique), qui avait pour but de répartir les fonds du plan Marshall et qui fut historiquement, un véritable cheval de Troie du renforcement économique, politique, culturel et idéologique de l'hégémonie US sur notre continent ainsi que de la promotion de l' « american way of life ». Dès l'origine les dirigeants américains exigent une Europe fédérale.

Une déclaration de James Paul Warburg, président de la Chase Manhattan Bank, devant le Sénat américain le 17 février 1953 :
"De gré ou de force, nous aurons un gouvernement mondial. Sera-ce par la conquête ou par consentement ? La supranationalité d'une élite intellectuelle et des banquiers internationaux est certainement préférable aux décisions nationales qui se pratiquent depuis un siècle". En juin 1991, David Rockefeller reprenait à son compte cette affirmation qu'il complétait en affirmant que : "Le monde est préparé à marcher vers un gouvernement mondial".

Dans toutes ses étapes, la marche forcée vers l'Europe supranationale et fédérale s'inscrit dans cette volonté de l'impérialisme américain d'enraciner et de renforcer sa domination, économique, politique, culturelle, idéologique et militaire sur le monde.
Dès le traité de Rome, qui crée la Communauté économique européenne, l'objectif fondamental des fédéralistes, avoués ou non, est un processus création d'un grand marché unique où la concurrence sera libre et non faussée. Plus d'un demi-siècle après, nous sommes passés du libéralisme à l'ultralibéralisme, à un capitalisme de plus en plus barbare, complètement intégré dans la mondialisation néo-libérale orchestrée par l'impérialisme des Etats-Unis. Soumise à la volonté et aux impératifs des grandes entreprises, souvent transnationales, de la Finance mondialisée, aux dictats de l'OMC, du FMI, de la Banque mondiale, la « construction européenne », cette contre-révolution supranationale, est devenue un outil de la mondialisation américaine. Le traité de Maastricht de Mitterrand, dès février 1992 prétend rendre cette situation irréversible et condamner le peuple France à un capitalisme de plus en plus sordide à perpétuité, ce que voulait institutionnaliser le La « Constitution » européenne de Giscard, Jospin, Chirac et des autres, heureusement rejeté par notre peuple qui poursuit sa prise de conscience, dans le combat actuel contre le CPE, la précarisation généralisée et la régression sociale.

Le clivage gauche-droite n'a évidemment pas disparu, pas plus que la lutte des classes. Celle-ci a pris une fois encore et comme pendant la Résistance patriotique et anti-nazie un caractère national. Dans notre société, il y a toujours des conservateurs et des progressistes, des réactionnaires, des réformistes, des révolutionnaires même. Mais il y a surtout deux camps qui s'affrontent, de plus en plus durement :

- Le camp des fédéralistes maastrichtiens d'une part, qui de droite ou de « gauche », estiment que la Nation est dépassée. Pour construire l'Europe fédérale des régions qu'ils souhaitent de manière dogmatique, ils mettent en cause maintenant non seulement l'existence de la Nation mais aussi celle de la République, de son unité et de ses principes. ( Ils s'attaquent en particulier, de manière plus ou moins masquée à la laïcité et favorisent le communautarisme.)
Leur politique, intrinsèquement néo-libérale et antisociale, est liée, subordonnée, à la mondialisation néo-libérale et à l'atlantisme lequel les conduit inévitablement à soutenir la politique d'agression et de guerres « préventives » des dirigeants états-uniens et à s'insérer insidieusement dans leur démarche favorable au « choc des civilisations ».

- Celui des républicains patriotes et progressistes, d'autre part. Ils se recrutent dans les sensibilités diverses de l'arc républicain, de droite ou, de plus en plus fréquemment aujourd'hui, de gauche. Ils considèrent au contraire que, pour longtemps encore, non seulement l' Etat Nation n'est pas historiquement dépassé mais qu'il constitue le seul cadre réel permettant de pérenniser la forme républicaine de l'Etat, l'expression de la citoyenneté, et la démocratie. Dans les circonstances politiques actuelles, la France républicaine seule peut reconquérir et exprimer la souveraineté populaire. Rejetant le carcan ultra-libéral, atlantiste, totalitaire et impérialiste de cette Europe ils restent seuls, libres d'élaborer une politique démocratique, de progrès social et de paix conforme à l'intérêt national et à celui des peuples du monde.

Que faire après le succès populaire du 29 mai ? Promouvoir au non d'un rassemblement à « gauche » et du mirage d'une Europe sociale mythique, l'union populaire autour des dirigeants qui se réclament du non de gauche mais qui affirment en même temps, comme Fabius, Mélenchon ou Emmanuelli, qu'ils restent obstinément ancrés dans leur postulat fédéraliste ? Ce dogme supranational a déjà coûté extrêmement cher au peuple de France et aux autres peuples européens, il nous a mené au chaos actuel. Une fois revenue au pouvoir, cette pseudo gauche apatride, serait conduite à continuer inévitablement l'application du programme commun qu'ils ont avec la droite, le traité de Maastricht et sa suite.
Les dirigeants du oui social démocrate préconisent de leur coté, le rassemblement des partisans du oui et du non de gauche, également dans la perspective du mirage trompeur d'une Europe fédérale et néanmoins sociale et de lendemains qui chantent. Une telle persévérance dans l'erreur et le mensonge conscients accroît encore la responsabilité historique déjà considérable que la plupart des dirigeants socialistes portent sur la genèse de la situation actuelle depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

De plus en plus nombreuses des forces de gauche et républicaines progressistes ont pris conscience qu'il est mortifère de laisser se perpétuer cette alternance au pouvoir de la droite et de la prétendue gauche fédéraliste pour y mettre en pratique la même feuille de route néo-libérale européiste et atlantiste.

Afin de créer une alternative crédible et réaliste, permettant de sortir du chaos que génère le capitalisme financier en faillite qui ronge notre pays, le Comité Valmy estime nécessaire de constituer un front uni républicain, patriotique et de progrès social. Ce rassemblement populaire, l'Union du Peuple de France, que nous souhaitons, pour la reconquête de l'indépendance, de la souveraineté et pour la République, s'inscrira naturellement dans une démarche anti-impérialiste et anti-mondialisation des peuples du monde.
Cette question de la nécessité primordiale d'unir le peuple de France autour de la survie de la Nation et de la République est devenue centrale. De la capacité de notre peuple à réaliser cet objectif dépend l'indispensable reprise en main de son droit inaliénable à disposer de lui-même et à maîtriser son destin et la possibilité, également, de bâtir un avenir de progrès social.

La démarche du Comité Valmy s'inspire de l'union et de l'esprit de la Résistance patriotique, républicaine et antifasciste de la seconde guerre mondiale et du programme progressiste du CNR. Entrer en résistance est à l'ordre du jour.

Paris,  le 25 mars 2006
Par le Citoyen Thimèle (d'après Claude Beaulieu) - Publié dans : Combat Républicain
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Samedi 22 avril 2006 6 22 04 2006 02:50

Par Mireille Popelin


Je n'achèterai pas le livre de l’Indigène de la République Sadri Khiari " Pour une politique de la racaille "

1) D'abord, parce que je suis pensionnée de l'Education Nationale (blanche, femme), et que, si les pensions ne sont pas différentes de celles des Noirs et des Beurs, elles ont un point commun : elles ne sont pas très élevées. Et je peux acheter un bon livre par mois, rarement deux .

2) Ce livre est commenté partout, journaux, magazines, repris et même vanté par certains militants d'Attac, surtout ceux qui veulent renverser la direction actuelle. Je peux donc me faire une opinion, et la pétition " Nous descendants d'esclaves et de déportés africains.. " donne le ton. Elle vise à rassembler les pseudo-victimes du colonialisme " post-colonial". Car les colonisateurs, ce sont les "partis BLANCS " le mot est lâché. Le communautarisme des luttes est sur les rails, car il y a les indigènes ex-colonisés et il y a un nouveau NOUS, les Noirs de France (2 à 5 millions). Et l'on se réfère à Frantz Fanon et à Malcom X, pour se " détacher " des autres combats, des syndicats, des associations féministes. Il s'agit d'ethniciser les luttes contre ... les BLANCS !

Pourtant, le combat victorieux contre le CPE apporte un démenti cinglant à cette ethnicisation. Les étudiants, les lycéens, les collégiens qui défilaient, avec leurs professeurs, ce n'était pas une manifestation BLANCHE, ainsi que l'écrit l’auteur, il y avait des Noirs, des Blancs, des Beurs!

Et les Blancs n'ont pas tous été des colonisateurs, beaucoup luttèrent contre la guerre d'Algérie (j'en fus et bien d'autres), avec les Algériens, en Algérie et en France. Heureusement que des militants comme Henri Alleg n’ont pas utilisé cette méthode avec les" pieds noirs" et les Algériens " indigènes ", pour lutter contre la COLONISATION (dans ce contexte, les mots colonisation et indigène avaient tout leur sens )..

Et les " indigènes " avaient grand besoin de la solidarité antiraciste des Blancs, en Algérie et en France ! Je cite Sadi Khiadri " Les indigènes n'ont que faire de la solidarité des Blancs "

Les racistes, ce sont ceux qui veulent diviser la population en communautés, et dresser ces communautés les unes contre les autres !

C'est ce que fait l'auteur de ce livre. Il tend le crayon et l'arme de la haine aux" Blancs "pour qu'à leur tour, ils écrivent LEUR pétition, " Nous, les Blancs "

Je n'achèterai pas le livre de Sadri Khiari.

J'achèterai plutôt un livre qui critique le système soi-disant parfait de Tony Blair, Le monde enchanté de Tony Blair " de Philippe Auclair, edition Fayard 19 €

Vous savez, Tony Blair ? Celui qui a pris Tariq Ramadan comme conseiller ? Tariq Ramadan signataire de l'appel des Indigènes, comme Sadri Khiari.

ReSPUBLICA

Par le Citoyen Thimèle (d'après un article de Mireille Popelin) - Publié dans : Combat Républicain
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Mercredi 7 juin 2006 3 07 06 2006 03:29

Voici le texte que les médias dominants ont refusés de diffuser :


Appel à la commémoration du Programme du Conseil national de la Résistance (15 mars 1944)

Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n'a pas totalement disparu et notre colère contre l'injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l'actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d' accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s'éteigne jamais :

Nous appelons d'abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l'anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des " féodalités économiques", droit à la culture et à l'éducation pour tous, une presse délivrée de l'argent et de la corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales,alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l' Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations,institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau "Programme de Résistance " pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l'intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection :
" Créer, c'est résister. Résister, c'est créer ".



Signataires :

Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

Merci à El Diablo
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Combat Républicain
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Mercredi 9 août 2006 3 09 08 2006 00:10


par Judith Elsouche


Depuis les émeutes de novembre 2005 dans les banlieues, il y a un domaine en pleine expansion, c’est le secteur des livres, des essais, des colloques ne voyant dans ces émeutes que le mal-être de la jeunesse et tous de déclamer que la seule cause pour expliquer tout cela est le manque de social, et pour beaucoup de considérer les émeutiers comme la frange avancée de la révolution qui arrive. Mais aucun mot pour les violences faites aux femmes, aux couches populaires et aux services publics dans les quartiers.

- Comment, un ouvrier se plaint de sa voiture brûlée : salaud d’ouvrier qui ne comprend pas que c’est pour son bien !

- Comment, une employée se fait agresser : salope d’employée qui se range comme complice des flics et de la grande bourgeoisie en osant porter plainte alors qu’elle devrait aller à la manif pour demander la libération des émeutiers !

- Comment, des laïques et des républicains osent dire que des saccages et incendies d’écoles et de services publics sont scandaleux : voilà qu’ils sont stipendiés comme faisant le jeu du fascisme et de la réaction.

-Comment, une jeune fille d’origine maghrébine ose défier l’ordre machiste des quartiers en critiquant les viols, les mariages forcés : voilà qu’elle est stigmatisée et combattue par les communautaristes de gauche et d’extrême gauche. En effet, si ose critiquer les identités ethniques et religieuses, qui sont pour ces féodaux le creuset de la société anglo-saxonne qu’ils rêvent de construire ! L’égalité hommes-femmes pour eux, c’est pour les quartiers bourgeois, pas pour les couches populaires ! Exactement comme Jeannette Thorez-Vermersch qui osait dire que le droit à l’avortement et à la contraception était une revendication bourgeoise contraire aux intérêts de la classe ouvrière.

- Comment, encore des « meufs » qui nous bassinent avec la mort de Sohane, brûlée vive pour avoir osé aller contre l’ordre machiste, voilà qui divise les quartiers selon les communautaristes !

- Comment, il y a des « meufs » qui ne sont pas contentes d’avoir été interdites de manif de soutien, sur diktat des imams locaux, aux deux électrocutés de Clichy-sous-Bois par les communautaristes et intégristes du coin, souhaitent-elles rompre la sainte alliance des quartiers, salopes?

Pour eux, critiquer aujourd’hui l’offensive réactionnaire des islamistes et le machisme des grands frères dans les quartiers populaires, c’est se rendre complice de racisme, rien de moins… Cela nous rappelle, là encore, les staliniens qui, hier, amalgamaient toute critique, légitime, du stalinisme, à une attitude réactionnaire et fasciste, qui allait désespérer Billancourt.

Tout cela est bien affligeant ! Et, les communautaristes du non de gauche voudraient une candidature de la gauche anti-libérale sans débattre de ce point-là ! C’est affligeant, et bien peu crédible.

Et si on laisse les néolibéraux de droite et les sociolibéraux de gauche conserver le pouvoir par une alternance sans alternative, la ghettoïsation et la communautarisation de la société va continuer !

Et l’extrême-droite qui profite de de ce jeu de rôle entre les néo-libéraux, les sociaux-libéraux et les communautaristes de gauche et d’extrême gauche… Mais qui va mettre le grain de sable pour arrêter ce jeu de rôle entre ces quatre complices ?

Il n’y a pas d’autre solution que de développer l’autonomie de pensée et d’action des citoyens (et donc des citoyennes !), de promouvoir au sein du mouvement social l’analyse juste des causes (car il y en a plusieurs !), de la cohérence du modèle turbocapitaliste organisant la complicité de la bande des quatre (extrême droite, néolibéraux, sociaux-libéraux et communautaristes de gauche et d’extrême gauche) et surtout de développer l’idée d’un projet alternatif.

Pour cela, plusieurs conditions sont nécessaires :

- développer un large mouvement d’éducation populaire LAIQUE tourné vers l’action ou le travail de masse peut s’effectuer. Ras le bol d’évacuer les vrais problèmes au nom du consensus à priori (nouveau concept tyrannique) tant chéri par les communautaristes de gauche et d’extrême gauche.

- développer l’idée conjointe du manque de social et de l’illégitimité de la violence au sein du peuple. Ras le bol de vouloir dissocier ce couple nécessaire pour produire de l’alternative.

- développer l’idée que le manque de social du turbocapitalisme ne peut se combattre que dans le cadre d’un modèle laïque de la république sociale.

Toute tentative des communautaristes de gauche et d’extrême gauche de s’appuyer sur les modèles obsolètes du communisme soviétique, de la social-démocratie ou du communautarisme anglo-saxon matiné de la doctrine sociale de l’Eglise (niant les antagonismes de classe au profit d’un antagonisme des riches contre les pauvres) est vouée à l’échec ! Et que ceux qui veulent proposer un autre modèle, qu’ils le fassent et le soumettent au peuple !

- redécouvrir les textes de Karl Marx sur le lumpenprolétariat et l’opium du peuple !

Pourquoi ceux qui ont fait les propositions les plus audacieuses sur la liaison du combat laïque et du combat social, qui ont été le plus loin sur la proposition du plan d’urgence sociale pour les banlieues, comme l’Ufal, sont vilipendés par les communautaristes de gauche et d’extrême gauche ? La réponse est simple : les communautaristes de gauche et d’extrême gauche ne supportent pas l’idée de promouvoir l’illégitimité conjointe de l’insécurité sociale et de la violence au sein du peuple.

Nous ne devons pas plus céder à ceux qui ne voient la sortie de crise que dans le sécuritaire ou le lien religieux qu’à ceux qui légitiment la violence faite au sein du peuple.

C’est pourquoi nous devons renforcer les organisations laïques et républicaines du mouvement social.

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Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Combat Républicain
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Mercredi 9 août 2006 3 09 08 2006 01:00

Après avoir essayé de nous faire gober le rôle positif de la colonisation, la droite essaie maintenant de nous faire croire au rôle positif de la discrimination, sous le terme ubuesque de « discrimination positive ». Avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur en 2002, est donc apparue, justifié par l’incontestable exclusion qui touche les Français « issus de l'immigration », une volonté forte d’instaurer cette « discrimination positive », une méthode anglo-saxonne (« affirmative action ») qui consiste à réserver emplois, fonctions, mandats à des citoyens en raison de leurs origines ethniques, culturelles ou religieuses. Cette logique, si elle part d'un constat juste (il faut en effet mettre un terme à la discrimination en raison de la couleur de peau et du patronyme) est mauvaise. Outre le fait qu'elle ne permet de réparer une injustice qu’en apparence, elle est profondément stigmatisante et fait perdurer les discriminations puisque désormais… légalisées ! Elle enferme les individus dans un carcan, celui de leurs origines. Elle les condamne à se définir avant tout de chose comme membre d'un groupe, et non comme un individu libre cherchant à s’intégrer au sein d’une société.

Comme si une discrimination pouvait être positive ! En effet, c’est une atteinte au principe d’égalité, car « nul n’est en principe jugé qu’en vertu de ce qu’il fait et non de ce qu’il est ». Avec la « discrimination positive », l’individu est jugé en fonction de sa couleur de peau, de sa religion, etc. et non son talent. Que vous le vouliez ou pas vous serez donc jugé à  ces étiquettes et non pas à ce que vous savez faire ! Mérite dehors ! Apparence fait loi !

Par exemple,  il faudrait expressément que la télévision montre toute la « diversité » de la société française. Il faut que les « blancs » puissent se voir représenter par des « blancs », les « noirs » par des « noirs » et les « jaunes » par des « jaunes » ! Quelle conclusion à tirer ? Alors qu’on nous apprend, et avec raison, qu’il n’y a qu’une seule race, la race humaine, on persiste à côté à faire régner un apartheid racial ! Les « noirs », les « blancs » et les « jaunes » ne sont pas un ensemble d’individus doué des mêmes facultés de penser et égaux en droit et en respect, non ! Un « noir » est un « noir », un « blanc » est un « blanc » et un « jaune » est « jaune » ! Si c’est comme ça qu’on compte lutter contre le racisme il ne faut pas s’étonner qu’après il ne régresse pas !

De plus, un « blanc » à l’Assemblée Nationale ne pourrait vraiment pas représenter un « noir »? Et un « jaune » au journal télévisé ne pourrait-il vraiment pas représenter un « blanc » ? Qu’est-ce que cette vision extrêmement basse de l’être humain ?!

Tant que l’on continuera, au nom de la lutte contre les discriminations, à faire du racisme à l’envers en s’obstinant à traiter les individus à leur couleur de peau, on n’arrivera à rien. Diviser, classer les gens selon leur couleur de peau (ce que certains appellent « ethnie » ou « race »), leur religion, voire leur sexe et leur orientation sexuelle ne conduira qu’à la persistance de ce communautarisme !

Les « minorités » de France doivent être intégrés à leur juste mérite et non par des politiques qui les enferment dans leurs statuts de « minorités». Le communautarisme n’émancipe pas les hommes, il les replie sur lui-même. Ceux qui composent ces « minorités » doivent être considérés de la même manière que les « autochtones ». Cette égalité de droit et de respect ne pourra que rassembler les individus au-delà de leurs origines au lieu de les y enfermer. Les privilèges des uns font les jalousies des autres. Quand les lois seront les mêmes pour tous, quand la justice règnera, que les chances seront les mêmes pour tous, les racistes et leurs discriminations ne seront plus que des épiphénomènes. Mais en aucun cas lutter contre des discriminations par d’autres discriminations n’apportera de solutions !

En sport, par exemple, on ne fait pas ce genre de racisme : en équipe de France de football, la majorité des joueurs était « noirs », les chauds partisans de la discrimination positive n’en ont pas fait un plat pourtant et les français (en majorité «blancs ») s’y sont sentis tout de même représentés! En sport on choisit tout simplement les meilleurs, on ne pratique pas l’apartheid et l’intégration est là tout comme les résultats ! Pourquoi faudrait-il faire autrement ailleurs ?

Pour conclure nous voyons donc bien que la discrimination positive crée bien plus de problèmes que ceux qu’elle est supposée résoudre. L’égalité acquise par ces politiques n’est que de façade et sans compter un sentiment d’inégalité de la part des personnes non concernés et qui peuvent s’estimer floués par ces mesures. Tout ceci ne conduit qu’à un accroissement des tensions entre « communauté », ce qui réduit à néant tous les bienfaits prévus. Les principes républicains ne doivent jamais être rognés car ils sont les seuls garants de la cohésion sociale. Le meilleur moyen pour intégrer toutes les minorités est tout simplement de les traiter de la même manière que les « autochtones », « sans distinction d’origine, de race ou de religion » comme le proclame l’article premier de la Constitution, que beaucoup de politiques ont oubliés et que nous nous devons de réaffirmer haut et fort !

 

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Combat Républicain
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Vendredi 18 août 2006 5 18 08 2006 14:06

Par Nathanaël Uhl


Plus de dix jours d’émeutes, partout en France. Des voitures brûlées par milliers, des établissements publics, des entreprises, prises pour cible. La République en flammes. Mais est-ce bien la République a laquelle on s’en prend ? Et si c’était à l’absence de République que les « gueux » des temps modernes réagissaient ?

 

Depuis 1981 et les premières flambées de violences aux Minguettes et à Vaulx-en-Velin, les politiques de la Ville successives ont échoué. Au point que les penseurs autorisés parlent aujourd’hui « d’échec du modèle républicain d’intégration ». La belle affaire que voilà. A priori, on serait tenté de leur donner raison à ces fossoyeurs de l’idéal « liberté, égalité, fraternité ».

En effet, quand les émeutiers de 2005 s’en prennent aux gymnases, crèches, écoles, centres sociaux… ils visent les symboles de l’Etat, Etat pris au sens large du terme : de la municipalité aux administrations nationales. Bref, à ce qui représente, sensément, la solidarité collective. Ce faisant, ils dénoncent l’absence de cet Etat au plus près d’eux. Peut-on encore parler de République quand sa présence n’est guère plus assurée, trop souvent, que par la Police nationale de répression et par l’école ? Où sont passés l’ANPE, la Poste, EDF-GDF ? Quels moyens restent-ils aux éducateurs de proximité quand les budgets des mairies – qui sont les dernières collectivités à les employer – sont réduits à peau de chagrin au nom de la sacro-sainte « réduction des déficits publics » ? On pourrait – devrait – aussi parler de l’enclavement des quartiers dits « sensibles ». A Marseille, le métro ne circule plus entre le centre et les périphéries, à partir de 21h. C’est la ghettoïsation de facto qui s’installe, quand la liberté de mouvements est remise en cause.


Dans ce contexte, les associations apparaissent débordées, devant assumer la solidarité, l’éducation, la prévention, avec des moyens en baisse constante. Combien d’entre-elles ont dû supprimer des actions faute de subventions à la hauteur des enjeux ? Combien de programmes associatifs ont disparu depuis que les gouvernements Chirac successifs ont supprimé les emplois-jeunes ? Combien de bénévoles se retrouvent désemparés quand les subsides des collectivités, de l’Etat et même de l’Europe sont désormais distribués dans le cadre « d’appels à projet » et non plus pour assurer le fonctionnement au quotidien ?


La France « black blanc beur » est devenue un leurre pour journaux télévisés. La vraie France tricolore est celle de l’apartheid social. A Sevran, à Hautepierre (Strasbourg), dans les quartiers Nord de Marseille, au Mirail à Toulouse, blacks, blancs et beurs vivent la même absence de débouchés, la même violence sociale, le même désespoir. Et les feux qui marquent ces mêmes territoires en sont l’expression médiatique, quand tout a été dit et redit, des centaines de fois. Avec pour seules réponses qu’un ministre se fixe comme objectif de passer ces quartiers au « kärscher » pour en éliminer « la racaille ».

 
Aujourd’hui, dans cette crise économique, sociale et morale qui traverse notre pays, c’est bien le manque de service public, le manque de République, qui est en cause. La reconquête des banlieues est un objectif en soi pour la gauche dans ce pays, mais aussi pour tous les républicains. Certes, il faut condamner la violence ; certes, il faut renouer le dialogue ; certes, il faut en finir avec les communautarismes divers qui gangrènent les périphéries (géographiques, sociales, culturelles…) de l’hexagone.


Mais il faut aussi et surtout remettre au cœur de l’action le service public de proximité. Le service public de l’Emploi ne peut être dévolu aux seules missions locales, c’est l’ANPE renforcée qui est nécessaire. Avec aussi la présence de l’Assedic. Mais si le gouvernement à venir ne change pas de pied par rapport aux Zones franches urbaines, ce renforcement du service public de l’emploi ne servira pas à grand chose. Il faut donc conditionner aussi les exonérations de cotisations sociales aux entreprises à l’embauche effective de jeunes issus des quartiers dans lesquels elles s’installent.


Le service public de l’Education ne peut plus être assuré par l’école maternelle et primaire, plus rarement par le collège et, épisodiquement, par le lycée professionnel, avec le soutien d’associations de bonne volonté. Les Zones d’éducation prioritaires doivent recouvrer tout leur sens, avec des moyens financiers à la hauteur, avec vraiment 20 élèves par classes et les outils de pointe nécessaires. Le renforcement des équipes péri-éducatives se pose aussi comme un besoin bien réel. Le redécoupage de la carte scolaire s’impose aussi, à l’évidence ; mais il ne sera pas suffisant pour arriver à l’objectif de mixité social tant que les moyens d’une éducation de qualité pour tous ne seront pas mis en œuvre.


Il faut aussi réimplanter les services publics tels EDF, GDF, La Poste, France Télécom au cœur de ces concentrations humaines. Cela implique, de fait, la relance de politiques d’embauches dans ces entreprises afin de faire fonctionner ces nouvelles antennes de proximité, qui répondent aux besoins des populations. Ces recrutements à venir permettront, en outre, à des jeunes issus des quartiers d’avoir accès à l’emploi, grâce aux concours. La même démarche doit valoir aussi pour le service public local : crèches municipales, antennes de quartier, centres communaux d’action sociale…


Mais cela ne doit pas nous exonérer de réfléchir sur l’urbanisme de ces quartiers, sur les concentrations inhumaines de logements devenus inadaptés – 25 000 habitants pour le seul quartier de La Paillade à Montpellier - et ayant perdu leur vocation initiale de sas vers l’accession à la propriété. Il convient de reprendre de vastes programmes de réhabilitations alliant les aspects d’habitat, de services de proximité, de transports en commun.


Les transports sont souvent oubliés dans la réflexion concernant les quartiers périphériques. Pourtant, ils ont un rôle majeur à jouer, tant ils sont les moyens indispensables de la mobilité, dont chacun mesure qu’elle est une condition sine qua non dans l’accès à l’emploi. Or, les banlieues sont les lieux de vie les moins bien irrigués par le service public de transport : lignes restreintes, horaires inadaptés, coût pour l’usager encore trop élevé…


Enfin, c’est aussi toute la politique de prévention qu’il convient de repenser. Dans ce cadre, oui, la Police de proximité est une nécessité. Et l’îlotage n’est pas une dépense inutile, c’est un investissement pour renouer le dialogue entre des populations défavorisées et les forces de l’ordre. Ce qui ne doit pas exclure, au contraire, l’embauche d’éducateurs de rue, de médiateurs, bref de tous les maillons de la chaîne de prévention.


Certes, cela coûte cher, et coûtera cher. Mais combien ces investissements vont-ils générer d’emplois nouveaux dans le secteur privé comme dans le secteur public ? Et qui dit emplois nouveaux dit aussi nouvelles rentrées fiscales. Un salarié, même fonctionnaire, paie assurément plus d’impôts qu’un chômeur. Et cela contribuera aussi à lutter contre les déficits publics, mais pas par des économies de bouts de chandelle : grâce à de nouvelles recettes.


En bref, ce n’est pas de plus de Politique de la Ville dont manquent nos périphéries aujourd’hui mais bien de remettre la politique dans la ville.

Rénover maintenant dans la fidélité à nos valeurs

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Combat Républicain
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Vendredi 25 août 2006 5 25 08 2006 13:05

Par Ariel Weinberg




A Asnières, le maire Manuel Aeschlimann, Sarko Boy activiste revendiquant le statut de "laboratoire du sarkozysme" pour sa ville, développe des approches étonnantes sur le thème du communautarisme, outillées par des pratiques agressives de marketing politique. Il n'est donc pas inutile d'y faire un tour pour qui voudrait se faire une idée s'il fera bon ou mal vivre dans la "France d'Après" promise par Nicolas Sarkozy.

Examinons le tract, glané sur un site d'opposition à la majorité municipale UMP d'Asnières, de la campagne électorale pour les cantonales 2004, dans les quartiers nord d'Asnières à forte population immigrée ou d'origine maghrébine :

Titre : "Algérie, Maroc, Tunisie, et les autres… avec Patricia Chavinier" : le tract s'adresse à des électeurs – donc de la nationalité française et majeurs. Mais il les identifie avant tout par leur appartenance à une communauté extra-nationale, qu'il entend flatter.
Suit une litanie des actions de la municipalité en faveur de la "communauté" : "La future rénovation de la mosquée d'Asnières, la création d'un carré musulman au cimetière d'Asnières, … c'est à Manuel Aeschlimann que nous le devons".
Au verso, les témoignages d'allégeance et de reconnaissance fusent, signés "Amar", "Tarik", "Naima"…
Accompagné d'un tract supplémentaire d'allégeance de M. Bentebra, président du club de football local et intronisé en quelque sorte en "chef de la tribu" des électeurs de la "communauté".

A lui seul, il résume l'approche communautariste et ses possibles dérives :
Traitement différencié du citoyen vu comme une "cible" marketing : un discours différent est tenu selon l'appartenance ethnique, religieuse, l'âge, le sexe, etc. Gageons que ce tract ne fut pas diffusé dans les quartiers cossus d'Asnières, qui ressemblent plus à Neuilly qu'à Gennevilliers… La ville d'Asnières consacre d'ailleurs des moyens considérables à cette communication "ciblée" puisque, comme le relate Le Monde du 7 mars 2006, article "A Asnières, "il faut cibler chaque groupe"" :
""Rien de ce qui est groupe organisé sur Asnières ne m'est étranger", annonce fièrement Manuel Aeschlimann… Les critères plus classiques de l'âge et du sexe ont engendré pas moins de cinq publications mensuelles, éditées par la mairie et "envoyées nominativement" selon des "listes de diffusion propres à chaque support" : au généraliste Asnières infos s'ajoute Emploi du temps, pour les retraités, et Citadine, pour les femmes ; les jeunes reçoivent Passe l'info. Quant aux "petits Asniérois", ils peuvent lire un éditorial de leur maire dans Martin malin et Martin junior."
Relation clientéliste au citoyen : le politique ne vise plus à créer un espace commun, républicain, laïc, qui rassemble, au-delà des différences, autour de valeurs communes, tout en respectant les choix individuels de chacun, mais de satisfaire chaque groupe selon ses intérêts contradictoires, avec prime au plus fort. Il n'est plus le lieu du rassemblement, autour d'idées et de valeurs mais l'arène de la division et du morcellement, avec pour seul point de rassemblement le chef autocrate qui tient pour vassaux les chefs des communautés qui lui auront fait allégeance et qu'il récompense en retour. C'est ainsi que Manuel Aeschlimann théorise, au sein de l'UMP, la manière de "récupérer" l'électorat d'extrême-droite tout en "draguant" les communautés antillaises et maghrébines, par exemple dans Le Figaro du 7 juillet 2005, "Manuel Aeschlimann : L'homme qui renseigne le président de l'UMP" :
"Dans deux notes successives, il analyse la «volatilité» de l'électorat du FN et démontre - chiffres à l'appui - que «la moitié de l'électorat de Jean-Marie Le Pen est susceptible de voter pour Nicolas Sarkozy en 2007». «Petit à petit, le vote idéologique est remplacé par le vote sur enjeux, estime Manuel Aeschlimann. Et cela touche de plein fouet le FN, renchérit-il. On peut prendre des voix à la droite dure.» Dans le même esprit, l'élu local expérimente chez lui, à Asnières, ses propres méthodes. En 2002, il lance un conseil des communautés qui permet, dit-il, d'identifier les problèmes de chaque communauté et d'y répondre. «En trois ans, on a vu les courbes électorales s'infléchir. Les trois quarts de l'électorat antillais et les deux tiers des électeurs d'origine maghrébine votent maintenant pour l'UMP», assure-t-il, validant ainsi la vision «communautariste» défendue par le président de l'UMP. Dans une de ses notes, Manuel Aeschlimann écrit «qu'un vote sur enjeux induit inévitablement une stratégie électorale adaptée qui passe par des argumentaires ciblés»."

Ces approches de la politique, fondées sur une "proximité" et un "pragmatisme" auto-proclamés, au risque de la contradiction et de la dissolution de la communauté de valeurs, sont prises en défaut, par exemple, sur les points suivants :
L'utilisation détournée des fichiers électoraux : Manuel Aeschlimann le déclare sans détour au Figaro (cf. article ci-dessus) : "Sans état d'âme, il suggère carrément que l'UMP «récupère» les listes électorales afin de cibler les problèmes des électeurs". On imagine sans peine quelques agents municipaux de la ville d'Asnières, passant en revue les listes municipales afin d'y dénicher "Amar", "Tarik" et "Naima", supposés musulmans, en prévision d'une lettre "ciblée" annonçant le démarrage des travaux de la future mosquée en présence du Maire…
Les brimades des associations qui ne font pas allégeance : Le site www.asnierois.org rapporte, le 26 mars 2005 ("A Asnières j'ai retrouvé l'oeil de Moscou"), que les présidents des associations d'Asnières qui reçoivent une subvention de la ville auraient été "invités", lors d'un entretien en tête-à-tête avec l'adjoint délégué aux associations à livrer à la mairie les noms de leurs adhérents : quelle est la finalité de ce procédé illégal ? Probablement, compléter la cartographie de l'électorat asniérois en vue d'affiner la "stratégie marketing" de la Mairie ? Dans le même registre, L'Humanité du 8 novembre 2003, article "Asnières Les méthodes musclées du député maire UMP - Totalitarisme municipal" rapporte :
"AC !, le MRAP, le Planning familial, la JOC, la Ligue des droits de l'homme, Asnières quartier libre, Cité d'idées... de nombreuses associations qui travaillent dans les quartiers populaires du nord de la commune sont mises au ban : suppression de toute subvention, exclusion du forum annuel des associations, non accès aux salles municipales. La Conférence Saint-Vincent-de-Paul, association caritative locale liée à la paroisse, n'est guère mieux traitée…".
Le soutien au développement de lieux de cultes : Dans la rubrique "Mosquée" du site d'opposition www.asnierois.org, le feuilleton de l'aide de la Mairie à l'association al-Hidayah al-Islamya pour la construction d'une mosquée est relaté : l'opposition reproche à Manuel Aeschlimann :
1) de n'avoir communiqué sur le sujet que vis-à-vis des Asniérois d'origine musulmane au lieu d'une concertation avec tous (cf. le tract analysé en introduction)
2) d'avoir laissé outrepasser les règles d'urbanisme pour la construction de la mosquée en question (modification du POS)
3) d'aider financièrement cette association afin de contribuer, de manière détournée (car interdite par la loi de 1905 sur la laïcité), à la construction/agrandissement de la mosquée
4) et surtout, de la position ambiguë de l'association concernée : elle a financé en effet la publication à des milliers d'exemplaires d'une traduction française de l'ouvrage de Sayeb Qutb, "A l'ombre du Coran" - inspirateur des mouvements salafistes les plus radicaux et prônant des moyens de lutte tels que : terreur, martyre et propagande, pour une purification de l'islam... Dans un registre très différent, les conditions suspectes voire subreptices d'attribution d'un permis de construire pour une salle du royaume à destination de la communauté des témoins de Jehovah d'Asnières (cf. article "les trois miracles des témoins de Jehovah d'Asnières") sont rapportées : aucune communication aux habitants ou aux élus sur le sujet (sujet découvert, par hasard, un an après le dépôt du permis, par un élu d'opposition), apparente illégalité de certaines dispositions du permis, ...

Enfin, on ne peut clore cette visite du communautarisme de la "France d'Après" sans s'attarder sur les relations privilégiées qui semblent lier la mairie d'Asnières à la République Islamique d'Iran - dans la lignée des relations obscures qui semblent avoir existé de tout temps entre la droite dure française et les dictatures moyen-orientales (charles pasqua ou jean-marie le pen et l'Irak, par exemple). Le site Iran-resist avait déjà écrit sur le "lobbying pro-mollah à la mairie d'Asnières" en retraçant le parcours du directeur de cabinet d'origine iranienne de Manuel Aeschlimann, et l'organisation d'une manifestation à l'Hotel-de-Ville d'Asnières, en janvier 2005, lors de laquelle Manuel Aeschlimann remit la médaille d'or de la ville à l'ambassadeur de la république islamique d'Iran.

Francis Ramine Pourbagher, ancien président de la chambre de commerce France-Iran, est le directeur de cabinet et attaché parlementaire de Manuel Aeschlimann, lui-même membre du groupe d'amitié France-Iran à l'Assemblée Nationale. Jusque-là tout va bien. L'affaire n'aurait pas fait grand bruit si Francis Pourbagher n'avait pas - en pleine crise sur le nucléaire iranien sur fond de discours révisionniste et antisémite du président Ahmadinejad - manifesté son allégeance au régime iranien à la télévision publique iranienne en août 2005. Le fait que son frère soutienne officiellement la politique nucléaire du Président Ahmadinejad (cf. article paru fin 2005 dans la presse iranienne, tendance intégriste, "les français mettent à l'écart un directeur pour délit de soutien à Ahmadinejad") et que sa mère, résidant en Iran, écrive un article dans laquelle elle explique attendre "l'Holocauste de l'Occident" (cf. article paru fin 2005 dans la presse iranienne, tendance intégriste, "le sens de la démocratie occidentale, c'est l'holocauste") ajoutent certainement quelques piments au profil peu modéré de ce collaborateur. L'ironie de l'affaire, c'est que le député Aeschlimann a déclaré récemment sur France 3 (domaine public du 4 février) :

"J'ai [Manuel Aeschlimann] été le premier à les condamner publiquement [les mollahs au pouvoir en Iran] ... C'est une espèce de polémique lancée par une opposition en mal d'idée, qui considère que mon directeur de cabinet [Francis Pourbagher], sur le principe qu'il est iranien, est nécessairement en phase avec le système, ce qui n'est pas le cas puisque lui et sa famille se sont sauvés justement de l'Iran quand les mollahs sont arrivés".

Observatoire du Communautarisme

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Combat Républicain
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Samedi 26 août 2006 6 26 08 2006 00:05

Je vous retranscrit deux articles de Jean Larose paru cette année (mars et mai 2006) dans ReSPUBLICA décrivant bien la dérive anti-républicaine de nombreux élus de l'agglomération lilloise:

 

Une faculté musulmane à Lille en septembre 2006

Après la piscine à créneaux horaires pour femmes musulmanes et le lycée musulman dans la mosquée de Lille-Sud, la Municipalité PS-Verts-PCF de Lille donne son feu vert à une Faculté musulmane. L’agglomération lilloise est vraiment devenue un laboratoire d’expérimentations ethnico-religieuses des gauches communautaristes acharnées à casser, par tous les moyens, les acquis et référents politiques du mouvement ouvrier dont l’Ecole publique, la laïcité et le féminisme.

LES FAITS

Le journal La Voix du Nord a rendu publique cette annonce mardi dernier (22 mars 2006, page 3). Le quotidien nordiste signale que la primeur de la mise en place d’ «une faculté pour l’Islam de France » a été réservée, le 21 mars, lors d’une conférence de presse … au club de la presse arabe… à Paris. Il y a de quoi s’étonner !

On doit la publicité de cette annonce au nordiste Mohammed Béchari, président de la Fédération nationale des musulmans de France (proche du roi du Maroc, selon la Voix du Nord) et vice président du Conseil français du culte musulman.

Selon M. Béchari, cet Institut s’appellera « Avicenne » et aura deux axes: - une faculté théologique pour la formation en deux ans et la formation continue des imams et des aumôniers, - un institut de sciences humaines qui s’inscrira dans le cursus européen « LMD » licence-masters-doctorat répondant au cahier des charges de l’Enseignement supérieur.

Cet Institut devrait se situer rue Gauthier-de-Châtillon, c’est à dire à côté du Musée des Beaux-Arts de Lille et de la Préfecture du Nord, donc au centre de Lille. M. Béchari a signalé que le budget de fonctionnement hors location des bâtiments tournera autour de 400 000 euros provenant de donateurs français et étrangers, publics et privés. Mohammed Béchari a dit qu’il avait le soutien des autorités politiques régionales et locales.

QUESTIONNEMENT

Le financement a donc une composante étrangère. La Voix du Nord évoque un Etat du Golfe persique, le Qatar, dont est proche Mohammed Béchari. « Comme par hasard, écrit La Voix du Nord, l’ambassadeur en France de ce pays du Golfe était à Lille en janvier à l’invitation de Béchari pour le repas de l’Aïd. A ses côtés ? Martine Aubry et Amar Lasfar… ». Rappelons qu’Amar Lasfar (tendance UOIF) est le recteur de la Mosquée de Lille-Sud dans laquelle est installé le Lycée musulman « Averroès ». Tout cela est inquiétant pour la crédibilité scientifique des « sciences humaines » qui seront enseignées en Licence-Masters-Doctorat à « Avicenne » et pour l’application de la laïcité des futur(e)s candidat(e)s au diplôme de professeurs des écoles, au CAPES, à l’agrégation sorti(e)s de cet institut. A moins d’y voir le positionnement de certains musulmans dans l’attente du démantellement et de la privatisation de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, prévus par les Accords sur les services (AGCS) de l’OMC que déclinent méthodiquement les instances de l’Europe ? C’est à dire ce qu’une majorité de Français a refusé au référendum du 29 mai 2005 et, ce, contre la direction nationale socialiste, Aubry-Mauroy-Lang en tête.

Il y aurait des financements publics. De l’Etat ? Faut-il y voir la main de Sarkozy, le très ultra-libéral et communautariste ministre des cultes ? De la Région Nord-Pas de Calais (PS-Verts) et de son président socialiste, Daniel Percheron ? Du Conseil Général et de Bernard Derosier, son président socialiste ? De la Municipalité PS-Verts-PCF de Lille, de sa maire Martine Aubry, de son adjointe et ex-ministre communiste Michèle Demessine ? Selon La Voix du Nord, Mohammed Béchari aurait diné avec Martine Aubry le samedi 18 mars. Faut-il voir dans cet abandon de la laïcité l’influence anti-laïque du parachuté devenu député dans la région, le médiatique Jack Lang ? N’oublions pas qu’avant 1992 une équipe municipale pouvait ne pas donner un sous aux écoles privées, mais qu’avec les accords Lang-Cloupet, en 1992, le très ministre de « L’Education » pas « Nationale », Jack Lang, a gavé les écoles privées, confessionnelles dans 90 % des cas, de subventions obligatoires pour les collectivités, notamment les communes.

La machine anti-laïque et anti-Education publique est en marche et concertée, comme l’atteste « la présence annoncée au conseil scientifique du futur institut de Monseigneur Defois, évêque de Lille, et du pasteur De Clermont, président de la fédération protestante de France » (La Voix du Nord). En un mot, les projets concurrentiels de l’« ouma » de l’islam politique, de la « chrétienté » du catholicisme politique ou du protestantisme politique convergent avec la vision politique du capitalisme mondialisé de la bourgeoisie des entreprises transnationales. Ces projets mondialistes n’ont de cesse de démanteler les acquis sociaux des salariés, c’est à dire le projet de république laïque, féministe et sociale s’appuyant sur l’Etat-Nation. Deux preuves. Les étudiants de l’Université catholique de Lille soutiennent le CPE et ont fait appel à une conférence du ministre Thierry Breton qui a dû être annulée devant les manifestations des étudiants anti-CPE (du public !). Quant à Amar Lasfar et son organisation l’UOIF, ils soutinrent le « Oui au référendum sur la constitution européenne de 2005 ». Lasfar participa même à l’appel lancé pour le OUI par Aubry-Mauroy-Lang.

Avec cette dérive libérale, l’électorat des gauches va continuer à s’effriter dans l’abstention en 2007, voire nourrira les populismes, et la ville de Lille passera à la droite sarkozyste aux élections municipales de 2008, les électeurs finissant par préférer l’original communautaristo-religieux à sa copie de la gauche sociale libérale.




Lille : vers un Eurodistrict franco-belge



On connaissait l’agglomération Lille-Roubaix-Tourcoing comme laboratoire des politiques municipales communautaristes (piscines aux horaires réservés aux femmes, activités non mixtes dans des centres sociaux, financement d’associations proches de Tariq Ramadan par la mairie de Roubaix, collusion de Martine Aubry avec Amar Lasfar de l’UOIF à Lille, etc.).

Voici à présent que la Communauté Urbaine de Lille-Métropole, présidée par Pierre Mauroy, annonce dans le numéro de juin 2006 de ce qu’elle ose appeler « Journal des habitants de Lille Métropole », l’amorce de la constitution d’un Eurodistrict regroupant l’agglomération lilloise et des intercommunales belges : des wallonnes comme Tournai et sa région, mais aussi des flamandes comme Kortrijk ou Courtrai, Ieper ou Ypres, Roselaere, voire jusqu’à Brugge.
L’objectif : harmoniser la fiscalité, organiser l’emploi, concerter l’implantation des centres commerciaux, favoriser le marché, la concurrence, la liberté des échanges, etc. (cf. pp 30-31). En un mot tout le programme néolibéral !

Les groupes PS, Verts, UMP, UDF et Divers Droite louent à l’unisson la construction de cette nouvelle institution de niveau européen qu’ils nomment « transfrontalière » pour masquer son statut « transnational ».

Faut-il y voir le rêve de renaissance des Pays-Bas du Sud des très catholiques rois d’Espagne et de l’Inquisition (XVIe-XVIIIe siècle) auxquels la région de Lille appartint avant Louis XIV? Ou tout simplement l’application locale de la politique de construction de l’Europe des Régions défendue par les partisans du Oui au référendum à la Constitution européenne ? C’est à dire la déconstruction de l’Etat-Nation et de la République française, via le mariage d’un morceau de notre République avec un morceau de la royauté belge.

Dans cette histoire d’Eurodistrict qui risque de faire des petits sur les autres frontières françaises, les Néolibéraux de Droite et le Social-libéralisme locaux se « foutent » complètement de la victoire du NON au Référendum du 29 mai 2005 dans l’agglomération lilloise comme ils « s’en foutent » à l’échelon national et européen où ils continuent à privatiser massivement services et entreprises publics au nom du sacro-saint Profit bourgeois. Ils poursuivent par le haut et par le bas leur logique de rouleau compresseur européen néolibéral. Casser l’Etat-Nation, c’est casser le cadre territorial des services publics, des acquis sociaux gagnés par les salariés à la Libération. C’est aussi rayer les principes républicains tels que l’égalité des droits, pour leur substituer les différences et les inégalités de situation engendrées par les lois du marché et de la concurrence capitalistes. C’est encore renforcer la logique d’inégalité territoriale de traitement des Français enclenchée par la régionalisation Raffarin.

Aucun débat local n’a été ouvert pour demander l’avis des habitants de l’agglomération lilloise. Tout se décide discrètement à la Communauté Urbaine de Lille entre les seuls élus partisans de l’Eurodistrict. Les habitants en sont réduits à lire parfois un article. Faut-il encore les repérer ! Or, comme l’annonce le « canard » de la Communauté urbaine, le 12 juin prochain, le groupe de travail parlementaire franco-belge se réunira à la Communauté urbaine de Lille pour élaborer des propositions d’organisation et de fonctionnement de l’Eurodistrict qui seront soumises aux gouvernements français et belge.
Peut-on appeler cela la démocratie ? Pas étonnant que le fossé se creuse entre ces élus et les électeurs !


Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Combat Républicain
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Mardi 12 septembre 2006 2 12 09 2006 01:36

Depuis l'effondrement de l'URSS, nous vivons dans un monde unipolaire livré à
l'hégémonie d’une seule superpuissance : les Etats-Unis d'Amérique. Cette situation nouvelle entraîne des conséquences d'une extrême gravité.

Par l'intermédiaire d'institutions internationales placées sous leur contrôle, les États-Unis utilisent à leur seul profit la mondialisation des échanges, qu'ils entendent rendre obligatoire à l'échelle planétaire, pour imposer leur domination, financière, économique, culturelle, linguistique et, finalement, politique.

Le phénomène de mondialisation, amplifié par leur mainmise sur lesmoyens modernes de communication et soutenu par une idéologie ultralibérale, assure la toute puissance des marchés financiers et prétend réduire à néant l'autonomie d'action des États-Nations, fermement invités à déréglementer, à privatiser et à subordonner l'ensemble de leur politique au seul objectif des marchés, qui est la rentabilité financière immédiate. Une telle évolution conduit à une régression sociale sans précédent.

La classe dirigeante, de gauche comme de droite, sombre dans l'impuissance et la démission, renonce à toute action volontariste, et se soumet au nouvel ordre mondial imposé par les Américains. Quant à la "construction européenne", loin de constituer – comme l'affirment les propagandistes de la pensée unique – un contre-pouvoir à l'hégémonie américaine, elle se met au service de cette dernière en accélérant la perte de souveraineté des États-Nations au profit d’autorités technocratiques hors de tout contrôle démocratique et se montre incapable de créer une identité européenne par le simple fait que les peuples sont laissés à l'écart.

La "construction européenne" se fait actuellement sans les peuples, et même contre les peuples. L'Allemagne entend elle aussi y jouer un rôle hégémonique. Si l'Europe supranationale, fédérale, qui se profile est germano-américaine, des contradictions entre ces deux grandes puissances existent et l'avenir n'est pas exempt de rivalités entre elles et d'une compétition pour la domination du monde.  Dans cette Europe, la France ne serait qu'un pays vassalisé.

Les initiateurs du présent manifeste, qui sont issus de familles politiques différentes, notamment : gaullistes, communistes, militants chevènementistes, socialistes, écologistes, militants de la gauche républicaine... invitent en conséquence tous les patriotes de l'arc républicain à les rejoindre en vue de promouvoir une alternative politique et électorale au système aliénant qui nous est imposé de l'extérieur.  Ils proposent que ce rassemblement républicain se fasse autour des principes suivants :

1. Rétablissement de la Nation et de l'État républicain dans ses compétences et ses moyens d'action politiques et économiques.
Selon la Constitution et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, la souveraineté, nationale est inaliénable.
L'État républicain trouve sa légitimité dans le suffrage universel, expression de la souveraineté populaire et permet au peuple français de maîtriser son destin.

2. Opposition résolue à I’ultralibéralisme, expression de l'hégémonie de l'impérialisme américain, et au modèle uniforme de soumission à la loi des marchés qu'il cherche à imposer au travers de la mondialisation des échanges et des institutions internationales qu'il contrôle (Organisation Mondiale du Commerce, Fonds Monétaire International, Banque Mondiale).
En conséquence, affirmation du primat de la politique et de l'État républicain sur L’économie et les marchés financiers qu'il importe de réglementer et de contrôler socialement, tant sur le plan national qu'international.

3. Refus de la «marchandisation»  de la totalité des activités humaines.  Volonté de placer l'Homme, le citoyen et non le profit au centre de la société.  Refus de considérer des activités aussi essentielles que la santé publique ou la culture comme de simples activités marchandes.

4. Réaffirmation des valeurs de la République, une et indivisible, et notamment de la laïcité qui en est l'un des principes fondateurs.
À cet effet, amplification du modèle d'intégration républicaine, lutte contre les sectes, refus du communautarisme et du racisme,mise en œuvre d'une politique d'éducation nationale visant à former des citoyens etnon des consommateurs.

5. Construction d'une société basée sur la solidarité et non sur une compétition permanente contraire à la cohésion sociale et à la justice sociale. À cet effet priorité absolue à la lutte contre le chômage, la pauvreté, l'exclusion et les inégalités sociales.  Développement de la participation et de l'intervention citoyenne à tous les niveaux, chacun devant pouvoir peser sur son propre destin.  Défense et promotion des services publics et des systèmes de protection sociale.  Volonté d'assurer la sécurité publique.

6. Retour à une politique étrangère et à une défense nationale souveraine, l'armée devant rester sous le contrôle de la Nation et en dehors de l'OTAN. À cet égard, la France se doit de condamner l'utilisation de l'OTAN par les Etats-Unis en un instrument militaire offensif, placé sous leur commandement exclusif, destiné à mener les opérations militaires et de police internationales qu'ils estiment nécessaires à la promotion de leurs intérêts stratégiques et à leur volonté de domination mondiale.

7. Attachement au rôle international de la France.  Loin de se replier sur l'hexagone ou de se fondre dans un ensemble européen où son identité disparaîtrait, la France doit se faire entendre sur la scène internationale, notamment par le soutien à la francophonie, en renforçant ses liens avec les pays francophones des cinq continents et en assurant le rayonnement mondial de sa langue et de sa culture.
La France doit en même temps agir pour la solidarité entre les peuples et entre les nations, notamment avec les pays défavorisés d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine, aider à leur développement économique. La France doit favoriser une coopération exempte de domination.
Conformément à sa vocation la France doit être le champion du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes contre tous les impérialismes.

8. Construction d'une Europe confédérale des nations reposant sur le respect des peuples et des règles fondamentales de la démocratie. À cet effet, remise en cause du caractère non démocratique et irresponsable des institutions européennes (Banque Centrale Européenne, Cour de Justice, Commission) et donc des politiques, en particulier celle de la monnaie unique, qui en découlent.
Rejet de toute dérive européenne vers le fédéralisme, le régionalisme ou la combinaison de ces deux concepts qui aboutirait à une Europe fédérale des régions, clone de l'Allemagne actuelle.

Les signataires de ce manifeste estiment qu’actuellement, au-delà des divergences entre la gauche et la droite, une ligne de fracture essentielle se situe entre ceux qui estiment que la Nation est une structure dépassée et ceux qui pensent que pour longtemps encore, elle est la seule à permettre aux peuples de disposer d'eux-mêmes, de maîtriser et de construire leurs destins.  Ils  font valoir que le véritable clivage qui transcende la gauche et la droite se situe dorénavant entre républicains attachés à la citoyenneté et à l'État-Nation et ultralibéraux attachés au seul profit et acceptant la domination des marchés.

Face à cette situation et au vu de la carence généralisée de la classe politique au pouvoir, toute entière ralliée à la pensée unique ultralibérale, il apparaît nécessaire d'appeler à un rassemblement sans exclusive de tous les Français attachés aux valeurs, aujourd'hui en péril, de la République et de la Nation.

Pour une France, libre et de progrès, pour une autre Europe, une nouvelle résistance doit s'organiser.

La victoire de ce combat passe par l'Union du peuple de France.

Comité Valmy
Académie du Gaullisme


Merci à El Diablo
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Combat Républicain
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Mercredi 20 septembre 2006 3 20 09 2006 00:01

Par Rudy Reichstadt



Depuis ses premiers discours de campagne présidentielle de Nîmes et d'Agen, le probable candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy a troqué son discours habituel vantant les "identités" et les "spiritualités" pour se faire le héraut de la République et de ses valeurs. Une analyse sérieuse de ses positions et de celles de ses principaux lieutenants conduit pourtant à ne déceler dans ce soudain accès de républicanisme qu'un nouvel avatar de l'opportunisme politique et de la stratégie de corruption idéologique qui amène à répudier la République en son nom.


Y a-t-il une « exception Sarkozy » en matière de communautarisme ? Tout porte à penser que le président de l'UMP, à l'instar de beaucoup de ses pairs de droite comme de gauche, pratique le clientélisme communautaire. Mais celui qui tente aujourd'hui de se refaire une virginité républicaine à travers des prises de position fortes sur la nation et la République, qui fulmine contre la « tentation communautariste » tout en entretenant un savant flou artistique sur ce qu'il entend concrètement par « discrimination positive », échoue à convaincre.

Les récents discours de Nîmes (Pour la France, 9 mai 2006) et d'Agen (Pour la France du travail, 23 juin 2006) ont en effet marqué un infléchissement significatif de la vulgate sarkozienne. Au point que le candidat à l'élection présidentielle de 2007 séduit désormais d'anciens compagnons de route de Jean-Pierre Chevènement comme Max Gallo (1) ou attire la sympathie critique mais somme toute bienveillante d'un Alain-Gérard Slama (2) dont l'inflexibilité sur les questions de communautarisme n'a d'égal que la sagacité des analyses (son dernier opus, Le Siècle de Monsieur Pétain, traite admirablement de cette aspiration identitaire qui, alternativement, exclu et emprisonne l'individu (3)).

Pourtant, il y a loin de la parole aux actes et la geste sarkozienne est truffée de contradictions.
Comment peut-on, en effet, flétrir ce communautarisme qui « menace d'enfermer chacun dans ses origines, dans sa religion et sa couleur de peau » (4), et se prononcer, dans le même temps, pour la prise en compte de l'origine ethnique dans les statistiques officielles (5) ?

Comment peut-on fustiger « ceux qui conspuent la France », qui la « caricaturent au travers de son histoire », prétendre également avoir tiré les leçons du non au référendum sur la Corse du 6 juillet 2003 et, en même temps, consentir à la ratification de la Charte des langues régionales et minoritaires (6), l'une des revendications les plus fondamentales des ethno-régionalistes ?

Comment peut-on appeler à une réforme de la loi de 1905 séparant les églises et l'Etat, au motif de « nationaliser » l'islam français, tout en s'en remettant, sur les questions touchant à la formation des imams ou au voile islamique, à l'avis d'une autorité religieuse étrangère (7) ?

Comment peut-on se dire préoccupé par l'égalité des chances, au point de prôner des méthodes radicales qui peinent à faire leurs preuves outre-atlantique (la fameuse « discrimination positive »), tout en affichant un bilan si peu convaincant ? Donner plus à ceux qui ont moins, très bien ! Encore faut-il ne pas se payer de mots ! Nicolas Sarkozy est, depuis 1983, à la tête d'une commune des Hauts-de-Seine – Neuilly – abritant moins de 800 logements sociaux, soit 2,5 % du parc résidentiel, ce qui est en totale infraction avec la loi SRU, qui exige un minimum de 20 % de logements sociaux (8). Alors quoi ? Volontarisme ici, immobilisme là ?!

Paradoxalement, ce n'est pas à Neuilly qu'il faut chercher un « laboratoire » du sarkozisme, mais à Asnières, où le « monsieur sondages » de l'UMP, Manuel Aeschlimann, expérimente les recettes de son mentor. Un « conseil des communautés » y est ainsi chargé, depuis 2002, d'appuyer la stratégie de marketing électoral de la municipalité qui consiste à cibler les populations et à identifier les problèmes qui leurs sont propres (9).

On pourrait objecter que le maire d'Asnières est une exception. Que le camp politique du Ministre de l'Intérieur a ses brebis galeuses. Que nenni ! C'est en observant les émules de Nicolas Sarkozy qu'il convient d'apprécier sa méthode.

Ainsi Roselyne Bachelot. En rabatteuse de voix à l'Assemblée générale du Conseil représentatif des associations noires (CRAN) (10), elle le déclare sans détours : « la discrimination positive est au coeur de l'engagement de Nicolas Sarkozy », même si, ainsi que le précise Patrick Devedjian, « il faut trouver un terme plus heureux que celui de "discrimination positive" » (rebaptisée depuis « action positive »)…

Ainsi Eric Raoult. Le député-maire du Raincy (Seine-Saint-Denis) et parrain de l'Association des Amis de Nicolas Sarkozy est aussi l'auteur d'une proposition de loi visant à sanctionner le blasphème (dépénalisé depuis 1791 !) pour s'attirer les grâces d'une organisation communautaire musulmane de Seine-Saint-Denis (11).

Ainsi Abderrahmane Dahmane. Considéré comme un proche de M. Sarkozy, ce secrétaire national de l'UMP chargé des relations avec les associations des Français issus de l'immigration, par ailleurs président d'un groupusculaire Conseil des démocrates musulmans de France (CDMF), appelle de ses vœux la constitution d'un « lobby maghrébin », confessant qu'il « [agit] comme les juifs du CRIF » (12)!

On saisit ici les limites et les incohérences du communautarisme tous azimuts.
En effet, Nicolas Sarkozy, qui a reçu le prix de la tolérance du Centre Simon Wiesenthal pour son action contre l'antisémitisme le 11 avril 2003, s'est rendu, huit jours plus tard (ah les savoureux hasards du calendrier !), à l'Assemblée générale annuelle de l'UOIF… la même UOIF que le Centre Simon Wiesenthal considère, dans un rapport rendu public (13), comme violemment antisémite !

Il faut toutefois s'arrêter un instant sur l'enjeu que représente la communauté juive dans la stratégie sarkozienne. En avril 2004, en visite à Washington, celui qui était alors Ministre de l'économie et des finances, n'a pas hésité à répondre favorablement à l'invitation à déjeuner de représentants de l'influent American Jewish Comitee (AJC). Cette visite, qui, selon les termes d'Esther Benbassa, « a eu un impact très fort en France » (14), prend place dans une stratégie de conquête du « vote juif » – aussi contestable que puisse apparaître ce type d'expression – qui ne doit rien à l'improvisation. C'est que « beaucoup de juifs éprouvent de la gratitude pour Nicolas Sarkozy », comme l'affirme Roger Cukierman, le président du CRIF (15). Le 30 mars 2006, Nicolas Sarkozy s'est ainsi vu décerner le prix de l'homme politique de l'année par l'Union des patrons et professionnels juifs de France (UPJF) (16). Accueilli avec enthousiasme jusque parmi les rangs de l'Hachomer Hatzaïr, association sioniste pourtant classée à gauche, Nicolas Sarkozy doit sa popularité auprès des organisations communautaires juives à ses prises de position fermes sur l'antisémitisme, à son intransigeance sur la délinquance, et à sa démarcation de la ligne traditionnelle des gaullistes en terme de politique étrangère. Il est en effet l'un des rares présidentiables à proposer aussi clairement de réorienter la politique proche-orientale de la France, jugée pro-arabe, en faveur d'un soutien plus franc à l'Etat d'Israël, comme peuvent en témoigner ses récents propos sur la guerre du Liban (17). En outre, dans un contexte d'affrontement communautaire larvé entre juifs et musulmans, le Ministre de l'Intérieur se présente en grand consolateur de « la Communauté ». De sorte que dans l'imaginaire d'une partie non-négligeable de l'électorat juif, Nicolas Sarkozy est devenu celui qui, dans les banlieues comme sur la scène internationale, « tient tête aux Arabes ».

Nul doute que le chef de l'UMP voudrait pouvoir entretenir d'aussi bonnes relations avec toutes les autres organisations communautaires. Aussi n'hésite-t-il pas à faire des appels de pieds aux diverses sectes évangéliques ou encore à l'Eglise de scientologie qu'il qualifie pudiquement, dans son livre La République, les religions, l'espérance (18), de « nouveaux mouvement spirituels ».

Le candidat à l'élection présidentielle de 2007 devrait se rappeler De Gaulle. Le Général était, comme le « fils d'immigré hongrois », un authentique catholique… en tant que personne privée ! Car De Gaulle, qui était tout sauf un « bouffeur de curé », se faisait une idée bien trop élevée de la République et de la laïcité pour qu'il acceptât, comme chef de l'Etat, de se signer en public. « La France » ne va pas à la messe. « La France » ne communie pas. « La France » ne se signe pas. Nicolas Sarkozy ne semble pas disposé à s'encombrer de tels scrupules « laïcards », considérés comme des tabous archaïques hérités d'une tradition républicaine surannée. Le signe de croix « ostensible » qu'il a exécuté lors d'une cérémonie officielle et dans le cadre de ses fonctions ministérielles devrait par conséquent faire réfléchir ceux qui sont prêts à lui donner la République sans confession.

1) Cf. Philippe Ridet, « Le pas de deux de Max Gallo et Nicolas Sarkozy », Le Monde, 22 juin 2006.
2) Cf. « Encore un effort, M. Sarkozy ! », Le Figaro, 26 juin 2006.
3) Alain-Gérard Slama, Le Siècle de Monsieur Pétain : Essai sur la passion identitaire, Librairie académique Perrin, 2005, 274 p.
4) Cf. Pour la France, Agen, 23 juin 2006.
5) Le 6 février 2006, Nicolas Sarkozy a déclaré à RTL qu'il déplorait l'impossibilité légale de mentionner l'origine ethnique des délinquants dans les fichiers administratifs.
6) Voir « L'UMP promet la ratification de la Charte des langues régionales et minoritaires », Revue républicaine, 30 juillet 2006.
7) Cf. Le cheikh en blanc de Sarkozy, Observatoire du communautarisme, 03 janvier 2004.
8) Cf. Anna Bitton, « Et à Neuilly, elle est où, la fameuse discrimination positive ? », Marianne, n° 397, 27 novembre-3 décembre 2004, p. 19-21.
9) Cf. Asnières : laboratoire du communautarisme pour la «France d'Après», Ariel Weinberg, Observatoire du communautarisme, juillet 2006.
10) Cf. « Les responsables de l'UMP aux états généraux du CRAN : "la discrimination positive est au coeur de l'engagement de Nicolas Sarkozy" », Observatoire du communautarisme, 30 avril 2006.
11) Cf. « Blasphème : proposition de loi ou fatwa ? », Observatoire du communautarisme, 31 mars 2006.
12) Abderrahmane Dahmane veut un "lobby maghrébin", Observatoire du communautarisme, 9 juin 2004
13) Cf. http://www.wiesenthal-europe.com/csw/CSWPages/csweurope_rapportuoif.htm
14) Cf. « Sarkozy veut convertir les juifs à sa religion élyséenne », Libération, 14 décembre 2004.
15) Cf. Cécilia Gabizon, « La droite progresse au sein de l'électorat juif », Le Figaro, 19 juin 2006.
16) Présidentielles : « L'Union des patrons et des professionnels juifs de France » (UPJF) roule pour Nicolas Sarkozy, Observatoire du communautarisme, 1er avril 2006
17) Le 16 juillet 2006, sur TF1, interrogé sur les bombardements israéliens au Liban, Nicolas Sarkozy a désigné le Hezbollah comme l'agresseur d'Israël et déclaré que l'Etat hébreu « [devait] se défendre et [avait] le droit de se défendre ».
18) La République, les religions, l'espérance, Pocket, 2005, 208 p.


Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Combat Républicain
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