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"Il n'y a que la force de l'Etat qui fasse la liberté de ses membres." Jean-Jacques Rousseau

 
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CULTURE & MEMOIRE REPUBLICAINE

Vendredi 5 mai 2006 5 05 05 2006 18:47

Les radicaux s'irritent de l'appui de leurs alliés de droite à l'Italie fasciste, de leur politique économique, de leurs calomnies depuis l'affaire Stavisky. Aussi, malgré des hésitations, ils participent à la grande manifestation du 14 juillet 1935, qui fonde le Front Populaire.


Ce ralliement est facilité par la modération des communistes, ralliés à la défense nationale quand Laval se rapproche de l'URSS et opposés aux nationalisations voulus par les socialistes SFIO. Il ne s'agit pas de changer la société mais de s'opposer au fascisme, au-dedans et au-dehors, en défendant la République. L'alliance s'étend à des groupes situés entre les trois partis, aux chrétiens de la Jeune République, à la Ligue des droits de l'homme, la CGT et la CGTU, des associations comme la Ligue des médecins contre la guerre ou l'Association pour l'émancipation de la Corse, ce qui montre ses racines dans la société civile.

La campagne électorale, parfois violente, se fait bloc contre bloc. A Limoges, des Croix-de-Feu sont tués, et leurs chefs proposent un désarmement des services d'ordre. A Paris, des militants d'Action française envoient à l'hôpital Léon Blum, leader de la SFIO.
Le 26 avril, la gauche est majoritaire. Le 5 mai, au second tou, de bons reports de voix amplifie le mouvement. La surprise ne vient pas de la victoire de la gauche, que l'on prévoyait, mais de la répartition des voix qu'elles a reçues: les communistes passent de 11 à 72 élus, les radicaux de 157 à 106, la SFIO de 132 à 149. Premier parti de gauche en voix en 1932, la SFIO l'est également en sièges. Aussi, c'est le socialiste Léon Blum qui devient président du Conseil, alors qu'on attendait un radical.

Quand le gouvernement est investi, le 6 juin, la France est dans une situation semi-révolutionnaire: 2 millions de grévistes occupent les entreprises. Selon Marceau Pivert, leader de l'aile gauche de la SFIO, "tout est possible". Au départ, il s'agissait d'empêcher le licenciement de grévistes du Premier-Mai, et le déménagement de machines des usines de guerre promises à la nationalisation. Puis le mouvement a fait tache d'huile, même là où le syndicalisme était jusqu'alors inconnu. L'occupation des entreprises, défi à la propriété patronale, va avec un grand respect de cette propriété, au point que, dans des grands magasins, on dort par terre, entre les lits exposés. Elle a surtout des allures de fête, sous le signe de l'accordéon. La philosophe Simone Weil, qui a travaillé en usine, écrit: "Cette grève en elle-même est une joie. Une joie pure (...) Joie de parcourir librement ces ateliers où on était rivé sur sa machine... Joie d'entendre, au lieu du fracas impitoyable des machines, de la musique, des chants et des rires... Joie de passer devant les chefs la tête haute".
Mais le mouvement, par son ampleur, effraie. Le parti communiste freine, dit qu'il "faut savoir terminer une grève". Le patronat s'en remet à Blum, d'où des mesures qui vont plus loin que le programme du Front populaire.

Réunis à Matignon, chez le président du Conseil, patronat et CGT s'accordent, le lendemain de l'investiture de Blum, sur des hausses de salaires, des libertés syndicales, le principe des contrats collectifs. Les 11 et 12 juin, le Parlement vote la semaine de 40 heures et 15 jours de congés payés pour les salariés. Les ligues sont dissoutes, l'obligation scolaire passe à 14 ans, l'Etat obtient un certain contrôle sur la Banque de France, un office régularise les cours du blé au bénéfice des paysans...
S'y ajoutent des mesures symboliques, qui définissent une atmosphère et des espoirs: responsabilités ministérielles confiées à des femmes, sous-secrétariat aux loisirs, volonté d'ouvrir les musées aux foules, esquisse de maisons de la culture...
Pourtant, cet élan se brise vite. Calomnies, déficit financier, polémique sur la non-intervention dans la guerre d'Espagne ont raison du gouvernement, que le Sénat renverse en juin 1937. Le radical Camille Chautemps tombe lui aussi, puis Blum, une seconde fois. Dès 1938, les radicaux gouvernent à nouveau avec la droite, et reviennent sur les 40 heures.
Il reste du Front populaire une légende, rose pour la gauche qui en mythifie l'action, noire pour la droite qui y voit la source de tous les maux du pays, y compris l'impréparation militaire de 1940, alors même que c'est lui qui, à côté des mesures sociales, a relancé une politique d'armement négligée par ses prédécesseurs.


D'après Les Grands Evénements de l'Histoire de France, La Mémoire de l'Humanité

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : CULTURE & MEMOIRE REPUBLICAINE
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Dimanche 11 juin 2006 7 11 06 2006 00:05

Supplique à Monsieur le président de la République pour le transfert au Panthéon de Marc Bloch


LA MÉMOIRE du grand historien et du grand résistant que fut Marc Bloch (1886-1944) continue aujourd'hui à marquer notre réflexion et notre amour pour la France. Par son enseignement, par ses écrits, par le renouveau de l'histoire et le rayonnement qu'il a donné à cette discipline dans le monde entier, comme par ses actes et sa mort héroïque, celui qui reste aujourd'hui comme un modèle de citoyen, de soldat, d'intellectuel et de héros mérite de la France une reconnaissance particulière et une place choisie au Panthéon des gloires nationales.
 
Un héros, Marc Bloch le fut, à plusieurs reprises et pour ainsi dire naturellement. Le fondateur des Annales, avec Lucien Febvre, l'auteur de la Société féodale et des Rois thaumaturges, ainsi que des Caractères originaux de l'histoire rurale française, n'a jamais voulu se contenter d'une vie savante et retirée du monde. Il aimait ce propos de son maître, l'historien belge Henri Pirenne: «Si j'étais antiquaire, je n'aurais d'yeux que pour les vieilles choses. Mais je suis un historien, c'est pourquoi j'aime la vie.»
 
Marc Bloch aimait tellement la vie que son engagement d'historien, il le plaça toujours au service de sa patrie. Sa méthode même consistait à partir du temps présent pour mieux appréhender le passé. Il suivait en cela les conseils du grand Michelet qui disait: «Pour connaître le présent il faut d'abord s'en détourner.» S'en détourner, cela voulait dire pour Bloch agir dans le siècle.

Dès la première guerre mondiale, au 72e régiment d'infanterie, Marc Bloch se comporta en brave. Il obtint la Légion d'honneur à titre militaire, la Croix de guerre et quatre citations, soit une par an entre 1915 et 1918; il en obtiendra une autre en 1940. Ses états de service soulignent son «mépris du danger», sa «crânerie et [sa] froide résolution». Mais Marc Bloch a toujours voulu rester modeste: «Mes services de guerre 1914-1918 sont normaux.» Il avait le sens du simple devoir accompli ou, pour reprendre une expression de son supérieur, il exprimait un «humble héroïsme» qui est celui des meilleurs patriotes.
 
A aucun moment, alors que tant d'autres ont pu s'interroger sur le sens de ce combat furieux et sans fin, il n'a cessé de croire en son pays. En 1918, il ne se cachait pas d'avoir ressenti l'allégresse de la victoire. Car cet intellectuel n'a jamais été tenté par les sirènes pacifistes, même au plus fort des privations et des terribles corps à corps à la baïonnette, qui laissèrent tant de ses camarades sur le bord du fossé. Partageant avec eux ce que Jules Isaac appelait une «communauté de souffrances», pour lui, l'individu ne comptait pas devant le groupe et la nation. Qu'importe qu'un seul souffre, pensait-il, quand c'est le sort de la communauté nationale tout entière qui est en jeu. «Vous m'avez appris à mettre certaines choses au-dessus de la vie même», écrivait-il en 1915 à ses parents.

Il parlait là de la patrie, car il savait qu'il ne pouvait y avoir de démocratie sans communauté nationale. Elevé avec rigueur, il avait en son pays une foi dont notre époque mesure mal aujourd'hui la résonance.
 
Dans la lettre d'adieu qu'il avait rédigée en 1941, anticipant sur une possible capture, il déclarait: «Attaché à ma patrie par une tradition familiale déjà longue, nourri de son héritage spirituel et de son histoire, incapable en vérité d'en concevoir une autre où je puisse respirer à l'aise, je l'ai beaucoup aimé et servie de toutes mes forces».

Monsieur le président de la République, ce n'est pas seulement parce que Marc Bloch est certainement l'un des plus grands historiens français, celui dont le nom contribue, plus de soixante ans après sa mort, à assurer encore à l'étranger le renom de la recherche française, qu'il a sa place au Panthéon. Mais c'est parce que sa vie même de citoyen est exemplaire, une vie au service de la nation. Lorsqu'en 1940, après s'être trouvé confronté au «plus atroce effondrement de notre histoire», comme il l'écrira dans L'Etrange Défaite, cette analyse de l'effondrement de la France, écrite sur le vif avec une étonnante lucidité, Marc Bloch n'aura qu'une idée: résister.
 
Alors qu'il aurait pu gagner les Etats-Unis, il préféra rester en France après la débâcle et malgré le statut des juifs. Sa réputation internationale lui permit d'être «relevé de déchéance» en ce qui concerne son métier d'enseignant. Cela ne l'empêcha pas d'entrer en clandestinité, suivi par ses trois fils.

La résistance, qu'il effectua notamment sous le pseudonyme de Narbonne, constitue chez ce patriote le prolongement logique de sa vie passée. Le 29 décembre 1943, il affirmait sa détermination dans le combat et la Libération: «Tous ceux qui l'auront méritée ne verront pas la grande récompense. Elle n'en sera pas moins celle qu'ils ont souhaitée et préparée.» Appartenant au mouvement Franc-Tireur, il sera arrêté le 8 mars 1944, torturé et abattu dans un champ le 16 juin 1944.
 
Monsieur le président de la République, indéniablement, Marc Bloch laisse derrière lui l'image d'un patriote fervent, d'un républicain convaincu, mais avant tout d'un grand Français. Communiant avec le passé de son pays, il était pour ainsi dire en osmose avec lui. On connaît sa célèbre définition: «Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France: ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. Peu importe l'orientation de leurs préférences. Leur imperméabilité aux plus beaux jaillissements de l'enthousiasme collectif suffit à les condamner» (L'Etrange Défaite, p. 646).
 
Il avait compris la spécificité de la nation française, fondée sur l'histoire, la culture et la langue, et non sur quelque caractéristique raciale ou religieuse. Ce républicain était, par sa famille, de confession juive. Il ne s'en était jamais soucié jusqu'à ce que la législation antisémite de Vichy ne le lui rappelle. Il ne cessera d'affirmer que les «juifs sont des Français comme les autres». Il se défiait des réactions communautaristes: «Evitons de donner des armes à ceux qui voudraient nous cantonner dans n'importe quel ghetto» (Lettre du 2 avril 1941 à Jean Ullmo). En républicain scrupuleux, il refusait de se définir comme un Français «d'origine juive». «Je suis juif, disait-il, sinon par la religion, que je ne pratique point, non plus que nulle autre, du moins par la naissance. Je n'en tire ni orgueil ni honte, étant, je l'espère, assez bon historien pour n'ignorer point que les prédispositions raciales sont un mythe». Et il ajoutait avec finesse: «Je ne revendique jamais mon origine que dans un cas: en face d'un antisémite» (L'Etrange Défaite, p. 524).
 
Celui qui tombera en martyr sous les balles allemandes, après avoir été torturé, avait cru toute sa vie que la ligne de partage entre les hommes restait celle de la nationalité. Le fondement de son identité, comme de son engagement d'historien, était l'amour dans la France.
 
Monsieur le président de la République, n'est-il pas temps pour cette dernière de célébrer comme il le mérite la mémoire de ce fils qui lui fait honneur?

 
Auteurs:

Maurice Agulhon, professeur honoraire au Collège de France
Stéphane Audoin-Rouzeau, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales
Jean-Pierre Azema, professeur des universités
Annette Becker, professeur à l'université Paris X
André Burguière, directeur d'études à l'EHESS
Max Gallo, écrivain
Bronislaw Geremek, historien, membre du Parlement européen
Jacques Le Goff, ancien président de l'Ecole des hautes études en sciences sociales
Ran Halevi, directeur de recherches au CNRS (Centre Raymond-Aron)
Pierre Nora, de l'Académie française,
Mona Ozouf, directeur de recherches au CNRS (Centre Raymond-Aron)
René Rémond, de l'Académie française
Eric Roussel, historien
Jean-Claude Schmitt, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales
Dominique Schnapper, membre du Conseil constitutionnel
Pierre Toubert, professeur honoraire au Collège de France, membre de l'Institut
Michel Winock, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris.
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : CULTURE & MEMOIRE REPUBLICAINE
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Mercredi 12 juillet 2006 3 12 07 2006 01:12
Le 12 juillet 1906 prenait fin l'affaire Dreyfus, qui troubla profondément la vie politique française pendant plusieurs décennies. Cette affaire est aussi considérée comme l'un des épisodes fondateurs par ses conséquences de la politique française contemporaine et de l'idéologie républicaine dominante encore aujourd'hui. Elle porte le nom de son principal protagoniste, le capitaine Alfred Dreyfus, condamné sans preuves tangibles, puis gracié, relaxé et finalement réhabilité.

Elle débute comme une banale affaire d'espionnage militaire par la découverte d'un bordereau adressé par un officier français à l'attaché militaire de l'ambassade allemande, le major Schwartzkoppen. Confondu par un examen graphologique, Alfred Dreyfus, capitaine au deuxième bureau de l'état-major, est accusé par le général Mercier, ministre de la Guerre, d'en être l'auteur. Il est arrêté le 15 octobre 1894 et condamné au bagne. Dégradé le 5 janvier 1895 dans la cour des Invalides, il part ensuite pour l'île du Diable, en Guyane.

Tout se corse en mars 1896. Le lieutenant-colonel Georges Picquart, qui dirige le deuxième bureau (le service de renseignements), reçoit un pneumatique (un «petit bleu» qui révèle une correspondance entre Schwartzkoppen et un officier français d'origine hongroise, le commandant Charles Esterhazy, joueur et passablement débauché. Il découvre que le procès de Dreyfus s'est fondé sur un dossier secret contenant des pièces trafiquées et sans valeur. Ayant fait part de ses doutes au général de Boisdeffre, chef de l'état-major, il est réduit au silence par un limogeage en Tunisie.

Entre-temps, la famille du capitaine Dreyfus, qui appartient à la bourgeoisie alsacienne d'origine israélite, fait appel au journaliste Bernard-Lazare pour chercher des motifs de réviser le procès. Bernard-Lazare (31 ans), de son vrai nom Lazare Bernard, est un critique littéraire de confession israélite connu pour ses articles acerbes et ses convictions anarchistes. Il publie en novembre 1896 une brochure sur l'Affaire, sans rencontrer guère d'écho, sauf auprès du vieux sénateur de Strasbourg, Auguste Scheurer-Kestner.

Le 14 novembre 1897, l'honorable sénateur, convaincu par l'argumentaire de Bernard-Lazare, publie dans Le Temps  une lettre où il annonces des faits nouveaux et assure de l'innocence de Dreyfus.Le lendemain, Mathieu Dreyfus ne s'embarrasse pas de précautions et dénonce Esterhazy comme le véritable auteur du bordereau.

L'Affaire commence. Le frère du condamné, Mathieu Dreyfus, le vice-président du Sénat, Scheurer-Kestner, et le député Joseph Reinach obtiennent enfin qu'Esterhazy soit traduit en conseil de guerre. Le 10 janvier 1898, Esterhazy, qui a lui-même demandé à être jugé, est triomphalement acquitté par un conseil de guerre malgré les graves présomptions qui pèsent sur lui.

La France se divise alors en deux camps (dreyfusards et antidreyfusards) et l'affaire prend un tour politique sur fond de polémique militaire, judiciaire et aussi nationaliste, antisémite et religieuse. Les antidreyfusards, nationalistes catholiques (soutenues par l'Eglise), défendirent l'ordre, l'autorité, le respect absolue de l'armée et de ses chefs et en prirent prétexte pour fomenter la haine des juifs.

Le 13 janvier 1898, Emile Zola publie une lettre ouverte au président de la République dans L'Aurore sous le titre  "J'accuse". Dans ce texte virulent qui occupe la première page du quotidien, le célèbre écrivain dénonce les manigances qui entourent le procès du capitaine Alfred Dreyfus, accusé à tort d'espionnage, et l'acquittement par le conseil de guerre, trois jours plus tôt, du capitaine Esterhazy, le vrai coupable.

Ce faisant, Zola prend sciemment le risque de se faire arrêter et condamner pour diffamation publique. Il reçoit le soutien empressé de Georges Clemenceau, qui tient une chronique dans ce quotidien depuis que le scandale de Panama l'a exclu de la vie parlementaire. Sincèrement indigné, le «tombeur de ministères» saisit l'occasion de faire sa rentrée politique en s'en prenant selon son habitude au gouvernement en place.

Le 23 février 1898, Émile Zola est traduit en cour d'assises et condamné à un an de prison. Mais l'affaire prend de l'ampleur.

En août, coup de théâtre ! Le colonel Henry met au jour un nouveau document, le billet «Alexandrine», qui aurait été adressé par l'attaché Panizzardi à son collègue Schwarzkoppen et accable Dreyfus. Mais un examen minutieux révèle des anomalies, notamment deux teintes différentes dans les quadrillés du billet qui attestent qu'il s'agit de deux lettres distinctes. Le 30 août, le colonel est convoqué par le ministre de la guerre, Godefroy Cavaignac, auquel il avoue avoir «arrangé les choses». Emprisonné au Mont-Valérien, le faussaire se suicide le lendemain dans sa cellule... grâce à la bienveillance de ses gardiens qui, contrairement aux usages, lui ont laissé de quoi se tuer (un rasoir). 

Devant le scandale, le ministre est contraint à la démission et son remplaçant, Dupuy, consent à la révision du procès de Dreyfus qui rentre enfin du bagne.

Un procès houleux se tient à Rennes. Le 9 septembre 1899, Dreyfus est à nouveau condamné pour haute trahison, mais seulement à dix ans de réclusion en raison de «circonstances atténuantes» ( !).

Le président de la République grâcie aussitôt Dreyfus mais ses défenseurs réclament un acquittement complet.

L'émotion provoquée par l'Affaire concourt à la formation d'un bloc républicain et relance le principe d'une laïcisation complète de l'État, en latence depuis l'époque de Jules Ferry, vingt ans plus tôt.

Georges Clemenceau, chef du mouvement radical, à l'extrême-gauche de l'échiquier politique, a été remis en selle par l'Affaire après ses compromissions dans le scandale de Panama. Il en profite pour fonder le premier parti politique français, le parti républicain radical, au congrès de Paris des 21-23 juin 1901 (auparavant, les élus se regroupaient par affinités mais ne s'appuyaient sur aucune structure solide).

La loi de séparation des Eglises et de l'Etat est votée après d'ardents débats le 5 décembre 1905 et le 12 juillet 1906, sous le gouvernement de Georges Clemenceau, le jugement du 9 septembre 1899 est enfin cassé. Dreyfus est définitivement innocenté. À titre de réparation, ce héros malgré lui est réintégré dans l'armée avec le grade de chef d'escadron.

Quant à Picquart, véritable héros de l'Affaire selon Clemenceau, car il a risqué sa carrière au nom de la justice et de l'honneur, il est nommé au grade de général et devient tout bonnement ministre de la Guerre dans le gouvernement du «Tigre» (surnom de Clemenceau).

La République, de la liberté et de la justice, en sortit vainqueur et mis au pas l'armée et l'Eglise, deux institutions traditionnelles qui tenaient encore jusque là l'Etat et la société entre leurs mains. Le 16 juillet 1906, Jaurès écrivit dans l'Humanité : "Le mal subsistera tant que l'armée ne sera pas toute entière, par l'esprit et par le coeur, par toutes les habitudes de la vie et de la pensée, confondue avec la nation ".

Le 4 juin 1908 aura lieu le transfert des cendres de Zola au Panthéon. À cette occasion, il se trouvera un illuminé pour tirer sur Dreyfus et le blesser au bras.

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Vendredi 14 juillet 2006 5 14 07 2006 08:45

En ce jour de fête nationale, je tenais à traiter d'un problème qui s'y rapporte. En effet, La Marseillaise a tendance à passer, à tort, pour un chant facho. "Arrêtez! On s'croirait à un meeting du Front National": voilà ce que j'ai pu entendre il y a quelques temps lors d'une manifestation contre le CPE lorsque quelques personnes (très courageuses) avaient entonnés la Marseillaise. Mais en quoi la Marseillaise, chant révolutionnaire serait-elle fasciste et le seul appanage des nationalistes? Le Pen la chante me dit-on. Est-ce une raison pour lui le laisser, ainsi que le drapeau tricolore? Avec ce comportement ne voyez-vous pas que vous êtes en train de lui abandonner, ainsi qu'à son parti, les symboles de la République? La Marseillaise, comme le drapeau tricolore, sont les souvenirs et les symboles de la République issue de la Grande Révolution de 1789 qui fit souffler le vent de la liberté sur notre pays et sur le monde. Rien à voir donc avec Le Pen qui ne représente que les contre-révolutionnaires pétainistes et monarchistes!

Partout dans le monde la Marseillaise est le chant de la liberté, parce que le premier de ce type. Par exemple les révolutionnaires russes de 1917 adoptèrent tout d'abord la Marseillaise, avant d'adopter l'Internationale, un autre grand chant révolutionnaire d'origine française. Cette dernière est d'ailleurs indiscossiable de la Marseillaise: il tant parfois à le remplacer dans le coeur du peuple tout simplement quand des autocrates, des fascistes l'utilisent contre le peuple. En 1989 à Tiananmen, c'est la Marseillaise que chantent les étudiants en rébellion.

On dit aussi que la Marseillaise est raciste à cause du "sang impur". Le "sang impur" c'est simplement le sang des révolutionnaires par opposition au sang autoproclamé "bleu" des nobles. On dit aussi de la Marseillaise que ses paroles sont violentes. Il faut rappeler que ses paroles "violentes" sont purement défensives. En effet à la date à laquelle elle est écrit (en 1792), la France révolutionnaire est menacée d'invasion et de répression sanglante et la Marseillaise est un chant appelant à la résistance devant l'ennemi. Rien donc d'aussi haineux qu'on essaie de nous faire croire! La Marseillaise est un hymne à la liberté et il appartient à l'ensemble du peuple français comme à tous les amoureux de la liberté à travers la planète!
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Vendredi 14 juillet 2006 5 14 07 2006 19:48

A l'origine chant de guerre révolutionnaire et hymne à la liberté, la Marseillaise s'est imposée progressivement comme un hymne national. Elle accompagne aujourd'hui la plupart des manifestations officielles.


L'histoire :



En 1792, à la suite de la déclaration de guerre du Roi à l'Autriche, un officier français en poste à Strasbourg, Rouget de Lisle compose, dans la nuit du 25 au 26 avril, chez Dietrich, le maire de la ville, le "Chant de guerre pour l'armée du Rhin".

Ce chant est repris par les fédérés de Marseille participant à l'insurrection des Tuileries le 10 août 1792. Son succès est tel qu'il est déclaré chant national le 14 juillet 1795.

La IIIème République (1879) en fait un hymne national et, en 1887, une "version officielle" est adoptée par le ministère de la guerre après avis d'une commission.

En septembre 1944, une circulaire du ministère de l'Education nationale préconise de faire chanter la Marseillaise dans les écoles pour "célébrer notre libération et nos martyrs".

Le caractère d'hymne national est à nouveau affirmé dans les constitutions de 1946 et de 1958.


La Marseillaise

(Chant de guerre pour l'armée du Rhin)

par Claude-Joseph Rouget de Lisle, 1792


REFRAIN

 

  
 
 

Aux armes, citoyens !

  

Formez vos bataillons !

 

Marchons, marchons !

 

Qu'un sang impur...

 

Abreuve nos sillons !

 



 

COUPLETS

 

 

 

 

I

 

 

Allons ! Enfants de la Patrie !
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé ! (Bis)

 


Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, vos compagnes.
Aux armes, citoyens ! Etc.


II

 

Que veut cette horde d'esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (Bis)

 


Français ! Pour nous, ah ! Quel outrage !
Quels transports il doit exciter ;
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !
Aux armes, citoyens ! Etc.

 

III

 

Quoi ! Des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! Des phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (Bis)

 


Dieu ! Nos mains seraient enchaînées !
Nos fronts sous le joug se ploieraient !
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !
Aux armes, citoyens ! Etc.

 

IV

 

Tremblez, tyrans et vous, perfides,
L'opprobre de tous les partis !
Tremblez ! Vos projets parricides
Vont enfin recevoir leur prix. (Bis)

 


Tout est soldat pour vous combattre.
S'ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produira de nouveaux
Contre vous tout prêt à se battre.
Aux armes, citoyens ! Etc.

 

V

 

Français, en guerriers magnanimes
Portons ou retenons nos coups !
Épargnons ces tristes victimes,
A regret, s'armant contre nous ! (Bis)

 


Mais ce despote sanguinaire !
Mais ces complices de Bouillé !
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !
Aux armes, citoyens ! Etc.

 

VI

 

Amour sacré de la Patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs !
Liberté ! Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (Bis)

 


Sous nos drapeaux que la Victoire
Accoure à tes mâles accents !
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !
Aux armes, citoyens ! Etc.

 

VII

 

Peuple français, connais ta gloire ;
Couronné par l'Égalité,
Quel triomphe, quelle victoire,
D'avoir conquis la Liberté ! (Bis)

 


Le Dieu qui lance le tonnerre
Et qui commande aux éléments,
Pour exterminer les tyrans,
Se sert de ton bras sur la terre.
Aux armes, citoyens ! Etc.

 

VIII

 

Nous avons de la tyrannie
Repoussé les derniers efforts ;
De nos climats, elle est bannie ;
Chez les Français les rois sont morts. (Bis)

 


Vive à jamais la République !
Anathème à la royauté !
Que ce refrain, partout porté,
Brave des rois la politique.
Aux armes, citoyens ! Etc.

 

IX

 

La France que l'Europe admire
A reconquis la Liberté
Et chaque citoyen respire
Sous les lois de l'Égalité ; (Bis)

 


Un jour son image chérie
S'étendra sur tout l'univers.
Peuples, vous briserez vos fers
Et vous aurez une Patrie !
Aux armes, citoyens ! Etc.

 

X

 

Foulant aux pieds les droits de l'Homme,
Les soldatesques légions
Des premiers habitants de Rome
Asservirent les nations. (Bis)

 


Un projet plus grand et plus sage
Nous engage dans les combats
Et le Français n'arme son bras
Que pour détruire l'esclavage.
Aux armes, citoyens ! Etc.

 

XI

 

Oui ! Déjà d'insolents despotes
Et la bande des émigrés
Faisant la guerre aux Sans-Culottes
Par nos armes sont altérés ; (Bis)

 


Vainement leur espoir se fonde
Sur le fanatisme irrité,
Le signe de la Liberté
Fera bientôt le tour du monde.
Aux armes, citoyens ! Etc.

 

XII

 

O vous ! Que la gloire environne,
Citoyens, illustres guerriers,
Craignez, dans les champs de Bellone,
Craignez de flétrir vos lauriers ! (Bis)

 


Aux noirs soupçons inaccessibles
Envers vos chefs, vos généraux,
Ne quittez jamais vos drapeaux,
Et vous resterez invincibles.
Aux armes, citoyens ! Etc.

 

 

COUPLET DES ENFANTS

 

 

Nous entrerons dans la carrière,
Quand nos aînés n'y seront plus ;
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus. (Bis)

 


Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre.
Aux armes, citoyens ! Etc.

 

Enfants, que l'Honneur, la Patrie
Fassent l'objet de tous nos vœux !
Ayons toujours l'âme nourrie
Des feux qu'ils inspirent tous deux. (Bis)

 


Soyons unis ! Tout est possible ;
Nos vils ennemis tomberont,
Alors les Français cesseront
De chanter ce refrain terrible :
Aux armes, citoyens ! Etc.

 

 
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Vendredi 14 juillet 2006 5 14 07 2006 23:22

Le Chant du Départ est un chant révolutionnaire et un hymne de guerre, écrit par Etienne Nicolas Méhul (pour la musique) et Marie-Joseph Chénier (pour les paroles) en 1794.

Ce chant fut appelé le "frère de la Marseillaise" par les soldats républicains. Il est composé le 14 juillet 1794. il est ensuite présenté à Robespierre, qui le qualifie "de poésie grandiose et républicaine qui dépasse tout ce qu'a fait ce girondin de Chénier."

Le chant est tout d'abord exécuté par l'orchestre et les chœurs du Conservatoire de Musique le 14 juillet 1794. Il est immédiatement imprimé à près de 18 000 exemplaire et distribué aux 14 armées de la république.

Le Chant du départ est aussi devenu l'hymne officiel du Premier Empire. Le titre original du Chant du départ est "Hymne à la liberté" (le nom fut changé par Robespierre).

C'est un tableau musical : à chacune des sept strophes l'hymne est chanté par un individu ou des groupes d'individus différents.

Dans le premier verset il s'agit par exemple d'un député qui parle à des soldats, il les encourage à se battre pour défendre la République. Dans le second verset il s'agit d'une mère de famille qui donne son fils à la patrie. Dans le quatrième verset il s'agit d'un enfant qui chante Joseph Bara et Joseph Agricol Viala, deux jeunes Français (12 ans et 13 ans) qui sont morts pour la république. Alors qu'il était entouré de Vendéens qui lui demandaient de crier "Vive Louis XVII" ; Bara refusa et lança : "Vive la République", cri pour lequel il fut exécuté sur le champ. Quant à Viala il mourut frappé par une balle en essayant de couper les cordes d'un ponton de l'ennemi. Ses derniers mots furent : "Je meurs, mais c'est pour la Liberté".

Le chant survécut à la Révolution et au Premier Empire. Il fut un chant très populaire  pendant plus d'un siècle. Aujourd'hui il est toujours chanté par l'armée française.


Le Chant du Départ

paroles de Marie-Joseph Chénier, musique de Méhul

Un député du peuple

La victoire en chantant nous ouvre la barrière ;

La liberté guide nos pas,

Et du nord au midi la trompette guerrière

A sonné l'heure des combats.

Tremblez, ennemis de la France,

Rois ivres de sang et d'orgueil !

Le peuple souverain s'avance ;

Tyrans descendez au cercueil.

-

La République nous appelle,

Sachons vaincre ou sachons périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Chant des guerriers

La République nous appelle,

Sachons vaincre ou sachons périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Une mère de famille

De nos yeux maternels ne craignez pas les larmes :

Loin de nous de lâches douleurs !

Nous devons triompher quand vous prenez les armes :

C'est aux rois à verser des pleurs.

Nous vous avons donné la vie,

Guerriers, elle n'est plus à vous ;

Tous vos jours sont à la patrie :

Elle est votre mère avant nous.

-

Choeur des mères de famille

La République vous appelle,

Sachez vaincre ou sachez périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Chant des guerriers

La République nous appelle,

Sachons vaincre ou sachons périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Deux vieillards

Que le fer paternel arme la main des braves ;

Songez à nous au champ de Mars ;

Consacrez dans le sang des rois et des esclaves

Le fer béni par vos vieillards ;

Et, rapportant sous la chaumière

Des blessures et des vertus,

Venez fermer notre paupière

Quand les tyrans ne seront plus.

-

Choeur des vieillards

La République vous appelle,

Sachez vaincre ou sachez périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Chant des guerriers

La République nous appelle,

Sachons vaincre ou sachons périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Un enfant

De Barra, de Viala le sort nous fait envie ;

Ils sont morts, mais ils ont vaincu.

Le lâche accablé d'ans n'a point connu la vie :

Qui meurt pour le peuple a vécu.

Vous êtes vaillants, nous le sommes :

Guidez-nous contre les tyrans ;

Les républicains sont des hommes,

Les esclaves sont des enfants.

-

Choeur des enfants

La République vous appelle,

Sachez vaincre ou sachez périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Chant des guerriers

La République nous appelle,

Sachons vaincre ou sachons périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Une épouse

Partez, vaillants époux ; les combats sont vos fêtes ;

Partez, modèles des guerriers ;

Nous cueillerons des fleurs pour en ceindre vos têtes :

Nos mains tresserons vos lauriers. Et, si letemple de mémoire

S'ouvrait à vos mânes vainqueurs,

Nos voix chanterons votre gloire,

Nos flancs porteront vos vengeurs.

-

Choeur des épouses

La République vous appelle,

Sachez vaincre ou sachez périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Chant des guerriers

La République nous appelle,

Sachons vaincre ou sachons périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Une jeune fille

Et nous, soeurs des héros, nous qui de l'hyménée

Ignorons les aimables noeuds ;

Si, pour s'unir un jour à notre destinée,

Les citoyens forment des voeux,

Qu'ils reviennent dans nos murailles

Beaux de gloire et de liberté,


Et que leur sang, dans les batailles,


Ait coulé pour l'égalité.

-

Choeur des jeunes filles

La République vous appelle,

Sachez vaincre ou sachez périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Chant des guerriers

La République nous appelle,

Sachons vaincre ou sachons périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Trois guerriers

Sur le fer devant Dieu, nous jurons à nos pères,

A nos épouses, à nos soeurs,

A nos représentants, à nos fils, à nos mères,

D'anéantir les oppresseurs :

En tous lieux, dans la nuit profonde,

Plongeant l'infâme royauté,

Les français donneront au monde

Et la paix et la liberté.

-

Choeur général

La République vous appelle,

Sachez vaincre ou sachez périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Chant des guerriers

La République nous appelle,

Sachons vaincre ou sachons périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)


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Vendredi 14 juillet 2006 5 14 07 2006 23:26

Le Chant des partisans est l'hymne de la Résistance Française (et même européenne) durant l'occupation allemande, pendant la Seconde Guerre Mondiale.

A Londres, où se retrouvent de nombreux responsables de la Résistance, tels que Fernand Grenier, Emmanuel d'Astier de la Vigerie dit « Bernard », on souhaite créer un chant de la Résistance. « On ne gagne la guerre qu'avec des chansons... Il faut un chant qui ait l'air de venir des maquis », dit Emmanuel d'Astier de la Vigerie. Plus qu'un chant des maquis, il deviendra un appel à la lutte fraternelle pour la liberté.

L'idée et l'ébauche de la mélodie du Chant des Partisans sont de la chanteuse et compositrice Anna Marly qui le créa au début de l'année 1943. Joseph Kessel et son neveu, Maurice Druon, tous deux hommes de droite et tous deux futurs académiciens, en remanièrent les paroles le 30 mai, et c'est la sœur de Jean Sablon, Germaine, qui l'amena à sa forme finale et en fit un succès.

Largué par la Royal Air Force sur la France occupée, et écouté clandestinement, ce succès se répandit immédiatement tant en France qu'ailleurs dans les milieux de la Résistance. Il se prolongea dans de nombreuses interprétations ultérieures dont celle d'Yves Montand est la plus célèbre.

Ce chant de la fraternité est repris jusqu'à aujourd'hui. Outre Germaine Sablon, Armand Mestral, Marc Ogeret, Yves Montand, Jean Ferrat, Johnny Hallyday et Jean-Louis Murat ont interprété cette chanson que le groupe Zebda a également adaptée sous le nom de Motivés


Le Chant des Partisans

Paroles de Maurice Druon et Joseph Kessel, Musique de Anna Marly



1er couplet


Ami, entends-tu
Le vol noir des corbeaux
Sur nos plaines.
Ami entends-tu
Les cris sourds du pays
Qu'on enchaîne,
Ohé partisans
Ouvriers et paysans
C'est l'alarme !
Ce soir l'ennemi
Connaîtra le prix du sang
Et des larmes...


 

2e couplet


Montez de la mine,
Descendez des collines,
Camarades.
Sortez de la paille
Les fusils, la mitraille,
Les grenades.
Ohé! les tueurs
à la balle et au couteau
Tuez vite !
Ohé! saboteurs
Attention à ton fardeau...
Dynamite...


 

3e couplet


C'est nous qui brisons
Les barreaux des prisons
Pour nos frères.
La haine à nos trousses
Et la faim qui nous pousse,
La misère.
Il y a des pays
Où les gens au creux des lits
Font des rêves.
Ici, nous vois-tu
Nous on marche et nous on tue
Nous on crève...


 

4e couplet


Ici, chacun sait
Ce qu'il veut, ce qu'il fait
Quand il passe
Ami, si tu tombes,
Un ami sort de l'ombre
à ta place.
Demain du sang noir
Séchera au grand soleil
Sur les routes.
Chantez compagnons,
Dans la nuit, la liberté
Nous écoute...

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Vendredi 14 juillet 2006 5 14 07 2006 23:40


Devise de
la République française, le triptyque
« Liberté, Égalité, Fraternité » est issue de la Révolution. Simple couverture morale pour les uns, idéal sans cesse à conquérir pour les autres, il n’a jamais laissé indifférent.


Sens

Premier mot de la devise républicaine, la Liberté est définit dans la Déclaration des droits de l'Homme de 1793 : « La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui ; elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait. »

Le deuxième terme, l’Egalité, y est définit aussi : « Tous les hommes sont égaux par nature et devant la loi. » Selon la Déclaration des droits de l'homme de 1795 : « L'égalité consiste en ce que la loi est la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. L'égalité n'admet aucune distinction de naissance, aucune hérédité de pouvoirs. »

Troisième élément de la devise de la République, la Fraternité est ainsi définie dans cette même Déclaration : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît ; faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir ».

En 1848, dans le Manuel républicain des Droits de l’Homme et du Citoyen, Charles Renouvier résumait toute la philosophie du triptyque républicain :

« Les hommes naissent égaux en droits, c'est-à-dire qu'ils ne sauraient exercer naturellement de domination les uns sur les autres. La loi, dans la République, n'admet aucune distinction de naissance entre les citoyens, aucune hérédité de pouvoir. La loi est la même pour tous. »

« S’il n’y avait signé que la liberté, l’inégalité irait toujours croissant et l’Etat périrait par l’aristocratie ; car les plus riches et les plus forts finiraient toujours par l’emporter sur les plus pauvres et les plus faibles. S’il n’y avait qu’égalité, le citoyen ne serait plus rien, ne pourrait plus rien par lui-même, la liberté serait détruite, et l’Etat périrait par la trop grande domination de tout le monde sur chacun. Mais la liberté et l’égalité réunies composeront une République parfaite, grâce à la fraternité. C’est la fraternité qui portera les citoyens réunis en Assemblée de représentants à concilier tous leurs droits, de manière à demeurer des hommes libres et à devenir, autant qu’il est possible, des égaux ».


Histoire


Il fit partie des nombreuses devises invoquées mais devint vite incontournables. Le premier à en faire usage dans un cadre officiel est Maximilien de Robespierre, dans son Discours sur l'organisation des gardes nationales, le 5 décembre 1790 à l'Assemblée Nationale.

En 1791, un membre du club des Cordeliers propose cette devise qui est adoptée, en avril 1792, au cours de la fête de la Liberté. La formule « Liberté, Egalité, Fraternité, ou la mort » sera inscrite sur toutes les façades des édifices publics, en 1793, sur les ordres du maire de Paris, pour rappeler à la population les principes fondamentaux de la Révolution. La dernière partie fut cependant vite abandonnée, car trop associée à la Terreur.

Comme beaucoup de symboles révolutionnaires, la devise tombe en désuétude sous l'Empire. Elle ressurgît avec la révolution de 1830, et fut ensuite régulièrement revendiquée par différents révolutionnaires, en particulier le socialiste Pierre Leroux, qui participera largement à sa reconnaissance comme principe de la République. Avec la révolution de 1848, la IIe République l’adopta comme devise officielle le 27 février 1848 grâce à Louis Blanc. Elle est empreinte à cette époque d’une dimension religieuse : les prêtres célèbrent le Christ-Fraternité et bénissent les arbres de la liberté qui sont alors plantés. Boudé une nouvelle fois par le Second Empire, la devise est définitivement adoptée comme symbole officiel de la République par la IIIe du nom.

La devise est réinscrite sur le fronton des édifices publics à l'occasion de la célébration du 14 juillet 1880. Elle figure dans les constitutions de 1946 et 1958 et fait aujourd'hui partie intégrante de notre patrimoine national, à défaut d’être bien souvent respectée. On la trouve aussi sur des objets de grande diffusion comme les pièces de monnaie ou les timbres.

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Vendredi 14 juillet 2006 5 14 07 2006 23:46
Bien que la Constitution de 1958 ait privilégié le drapeau tricolore comme emblème national, Marianne incarne aussi la République Française.

Les premières représentations d'une femme à bonnet phrygien, allégorie de la Liberté et de la République, apparaissent sous la Révolution française.

L'origine de l'appellation de Marianne n'est pas connue avec certitude. Prénom très répandu au XVIIIème siècle, Marie-Anne représentait le peuple. Mais les contre-révolutionnaires ont également appelé ainsi, par dérision, la République.

Sous la IIIème République, les statues et surtout les bustes de Marianne se multiplient, en particulier dans les mairies. Plusieurs types de représentation se développent, selon que l'on privilégie le caractère révolutionnaire ou le caractère "sage" de la Marianne : le bonnet phrygien est parfois jugé trop séditieux et remplacé par un diadème ou une couronne.

Aujourd'hui, Marianne a malheureusement pu prendre le visage d'actrices célèbres, la figure de Marianne n'ayant pourtant pas pour but d'être personnalisée. Elle figure également sur des objets de très large diffusion comme les pièces de monnaie ou les timbres-poste.
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Vendredi 14 juillet 2006 5 14 07 2006 23:47


Composé par Jean-Baptiste Clément en 1867, "le Temps des Cerises" est devenu, après la répression de la Commune, celui de tous ceux qui étaient attachés à une République sociale, égalitaire, tous ceux qui ne se reconnaissaient pas encore dans les valeurs de la république officielle. Nostalgique, il renvoyait à une époque où l'espoir était entier, les illusions intactes: "J'aimerais toujours le temps des cerises. C'est de ce temps-là que je garde une plaie ouverte."


Le Temps des Cerises

(1867)


Paroles de Jean-Baptiste Clément
Musique d'Antoine Renard


Quand nous en serons au temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur

Mais il est bien court le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles
Cerises d'amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant

Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d'amour
Evitez les belles
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des chagrins d'amour

J'aimerai toujours le temps des cerises
C'est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte
Et Dame Fortune, en m'étant offerte
Ne saura jamais calmer ma douleur
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur



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