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"La République n'est pas enfermée dans un texte sacré déposé dans le saint des saints ou au pavillon de Breteuil. Elle est vivante. Elle est mouvement. Elle est devenir. Elle est le miroir des hommes agissants."
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"La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l'incarnation même du progrès." Victor Hugo
 
"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse." Marc Bloch

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Dimanche 20 avril 2008
On connaissait l’amour immodéré du président français pour les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. On découvre aujourd’hui sa préférence manifeste pour le Canada anglais ! Ce serait en effet une rupture historique, aucun dirigeant français n’ayant jamais fait ouvertement le jeu du Canada britannique contre le Canada français…




Quelle mouche aurait piqué Nicolas Sarkozy ?



Le Devoir, édition du mardi 01 avril 2008

Par Louise Beaudoin, membre associée au CERIUM, chargée des questions de Francophonie internationale et professeure invitée au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal.


Jean-Pierre Raffarin nous annonce que le président Nicolas Sarkozy profiterait de son passage à Québec en octobre prochain pour mettre à mal la politique de la France par rapport au Québec. Cette politique, dont un des principaux éléments, énoncé en 1977 par le ministre de la Justice de l’époque et grand ami du Québec, Alain Peyrefitte, s’énonce comme suit : « Non-ingérence et non-indifférence. » Je ne suis pas étonnée que M. Sarkozy songe à la remplacer. Je l’ai rencontré à quelques reprises, dont une fois à la résidence du délégué général du Québec à Paris — du temps de Clément Duhaime — et une autre fois en compagnie de Bernard Landry, alors chef de l’opposition officielle. Il ne nous a pas caché, à chacune de ces occasions, son amitié pour la famille Desmarais et le fait qu’il partageait leur vision de l’histoire et de l’avenir du Québec.

J’ai bien senti qu’il serait difficile sinon impossible de le convaincre de la pertinence de toute autre version, notamment celle des souverainistes québécois. Il m’a tout de même semblé étonnant, au cours de ces conversations, que le futur président de la République ne se pose pas de questions et adopte sans discussion, en bloc, une thèse plutôt que l’autre.

Tous ses prédécesseurs, plus ou moins sympathiques à l’indépendance du Québec, avaient au moins la curiosité de s’informer, de débattre avec leurs interlocuteurs québécois. Ainsi, il est bien connu — et je le sais pour en avoir souvent discuté avec lui — que François Mitterrand n’était pas spontanément favorable à la souveraineté, mais, en revanche, il s’intéressait beaucoup à la culture québécoise en plus d’avoir assuré à Jacques Parizeau qu’il accompagnerait le Québec dans la voie qu’il choisirait.

La vraie surprise vient plutôt du messager de cette nouvelle, Jean-Pierre Raffarin, qui lui, au contraire, nous avait, à Bernard Landry et moi-même, tenu un discours différent, très différent dans la lignée de celui des Raymond Barre, Michel Rocard, Philippe Séguin et Jean-Pierre Chevènement, notamment. On a l’impression, en lisant la dépêche de La Presse canadienne de vendredi dernier, que l’ancien premier ministre et actuel commissaire français des fêtes du 400e accepte sans état d’âme cet éventuel changement, alors que l’on aurait pu penser qu’il défendrait auprès du président Sarkozy les raisons et les bénéfices pour la France et le Québec de l’actuelle politique.

Venons-en au fond de la question.

Cette politique non partisane, faut-il le souligner, a été acceptée et reprise comme telle autant par les libéraux du Québec, de Robert Bourassa à Jean Charest, que par la gauche en France, de François Mitterrand à Ségolène Royal. Jamais l’actuel premier ministre du Québec, qui se rend souvent en France et qui accueillera en 2008 son homologue François Fillon ainsi que Nicolas Sarkozy, n’a-t-il publiquement, et j’imagine privément, exigé quelque changement que ce soit à cette politique bien établie. Pas plus que le chef de l’ADQ Mario Dumont, reçu in extremis récemment par le premier ministre français.

Si tous les partis politiques au Québec et en France s’en accommodent, c’est qu’elle a des vertus et que, derrière les mots, il y a une réalité. Toutes les avancées du Québec sur la scène internationale sont dues à l’appui de la France. À commencer par notre présence en Francophonie. Si Georges Pompidou, dans un premier temps, et François Mitterrand, dans un second temps, n’avaient pas appuyé les demandes du Québec pour devenir gouvernement participant de l’Agence de coopération des pays francophones et ensuite membre de plein droit du Sommet de la Francophonie, jamais nous ne nous serions retrouvés dans cette enceinte où siègent avec nous 54 autres pays et territoires.

Si Lionel Jospin, en 1998, n’avait pas accepté de signer avec Lucien Bouchard un procès-verbal créant le groupe de travail France-Québec sur la diversité culturelle, le Québec n’aurait jamais, au grand jamais, pu jouer sur la scène internationale le rôle de leader qu’il a réussi à jouer dans un dossier de ce type, une question qui relève carrément de la politique étrangère et non pas de la paradiplomatie réservée aux États fédérés et aux nations sans État.

Enfin — ironie de l’histoire —, cette politique a permis à M. Raffarin d’inviter le Québec, en 2004, malgré les protestations véhémentes de la Gazette, du National Post et du Globe and Mail, à se joindre à la France dans le cadre d’une mission conjointe au Mexique : pour la première fois, la France et le Québec se déplaçaient ensemble, au plus haut niveau, dans un pays tiers.

Que signifierait un changement de cette politique dans le sens procanadien annoncé ? Messieurs Raffarin et Charest promettaient, par exemple, en 2004, d’autres missions en pays tiers. François Fillon pourra-t-il, dans une telle perspective, donner suite à cette promesse ? Qu’un président de la République veuille imprimer « sa » marque en inventant, à la limite, sa propre petite phrase, soit ; mais le premier ministre Charest a le devoir de lui rappeler pendant qu’il est encore temps que, comme le disent les anglophones, « if it ain’t broke, don’t fix it » ! Pour paraphraser Sully Prudhomme, « elle n’est pas brisée, n’y touchez pas ».

Pourquoi la France se mettrait-elle à dos une bonne partie de ceux qui, au Québec, de toutes les couleurs politiques, animent cette relation unique au monde, et ce, dans tous les secteurs, alors que personne, ni ici ni en France, ne demande de changement ? La rupture pour la rupture ? Alors que le Québec fête l’arrivée de Samuel de Champlain et la naissance de la Nouvelle-France, le moment de l’annonce de cette mise à sac serait bien mal choisi.

Trouvé sur le site de DLR !

par le Citoyen Thimèle publié dans : Langue française et Francophonie communauté : Les blogs républicains
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Dimanche 23 mars 2008

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Par Philippe de Saint-Robert , ancien commissaire général de la langue française.


Dans Le Figaro du 26 février dernier sont rapportés des propos tenus à Bruxelles par le ministre de l’Enseignement supérieur, Mme Valérie Pécresse, d’après qui la France devrait… cesser de prétendre bannir l’usage de l’anglais !

On croyait plutôt que ce sont les usagers de l’anglais qui s’employaient à bannir l’usage du français, dont il convient de rappeler qu’il fut la langue de travail du Marché commun jusqu’à l’arrivée de l’Angleterre.

Encore, à ce moment, le président Pompidou pensa-t-il prendre les précautions nécessaires pour que notre langue ne fût pas occultée, puisqu’il déclarait au Soir , le quotidien de Bruxelles, le 19 mai 1971 : « Je dis que si demain l’Angleterre étant entrée dans le Marché commun, il arrivait que le français ne reste pas ce qu’il est actuellement, la première langue de travail de l’Europe, alors l’Europe ne sera jamais tout à fait européenne. »

L’affirmation du rôle de notre langue en Europe et dans le monde va bien au-delà de revendications étroitement « souverainistes », très respectables, mais insuffisantes. Ce qui est contre-productif pour nous-mêmes, c’est de céder aux grands marchés internationaux dont l’obsession est d’uniformiser les goûts et les comportements, donc de broyer les cultures et les langues. Le français a en effet un statut particulier dans tous les organismes internationaux et figure même, avec l’anglais, comme seule langue de travail du secrétariat des Nations unies. C’est ainsi que la France a toujours exigé que le secrétaire général ait une maîtrise suffisante du français.

Pour les fonctionnaires francophones qui se battent pour maintenir l’usage du français dans les grands organismes internationaux, les propos de Mme Pécresse sonnent comme une insulte à leur travail et à leurs efforts, alors que toutes les organisations internationales incitent leurs fonctionnaires à parfaire leur connaissance du français.

Mme Pécresse nous annonce qu’elle « ne milite pas pour imposer l’usage déclinant (sic) du français dans les institutions européennes à l’occasion de la prochaine présidence française de l’Union » . Bien que ministre de l’Enseignement supérieur, sans doute ignore-t-elle que le fait que le français a été la langue de la première encyclopédie universelle, montre assez qu’il peut être porteur d’une culture aussi scientifique que littéraire. C’est-à-dire que notre langue a vocation à conserver son caractère d’universalité, si l’on entend par là, non pas la prétention de tenir lieu de toutes les langues, mais la capacité pérenne de donner accès à tous les domaines de la culture scientifique, technique et philosophique.

L’agression dont Mme Pécresse vient de se rendre coupable à l’encontre de la langue française constitue un curieux écho aux propos tenus par le président de la République à Caen, en mars 2007, où il annonçait qu’il se battrait « pour que dans les instances européennes, le français continue d’être employé », ajoutant que ce serait « naturellement une obligation absolue pour tout représentant de la France ».

Quant au projet abusif d’imposer aux petits Français un bilinguisme généralisé, il ne ferait que nous précipiter dans le fatal effet de la fameuse loi de Gresham constatée jadis au sujet du bimétallisme, et selon laquelle la mauvaise monnaie chasse la bonne.

On sait de plus qu’il n’est pas recommandé de s’initier à une langue étrangère avant d’avoir une parfaite possession de la sienne propre. Le débat actuel autour du français et de son rôle est à replacer au sein de la crise générale, de la civilisation et des échanges, que nous connaissons. Milan Kundera s’était livré naguère à une analyse de l’agressivité qui se manifeste, jusqu’en France même, contre notre langue : « Il s’agit, disait-il, d’un courant de pensée, d’une attitude, de comportements qui consistent à critiquer et à fustiger la constitution d’une communauté francophone internationale et surtout à tourner en dérision la volonté des francophones de se doter de législation linguistique et de défendre leur identité culturelle dans le libre-échange des marchandises. »

De Paul Valéry à Fernand Braudel, les philosophes et les historiens les plus objectifs, les moins marqués par les idéologies partisanes, ont reconnu que ce qui définit et illustre sans doute le mieux cette fameuse identité de la France, dont on nous avait sans doute annoncé un peu hâtivement la renaissance, est en fin de compte la langue française.

C’est le sentiment d’une réalité. Ce sentiment et cette réalité courent dans notre histoire depuis Malherbe et Richelieu un poète et un ministre jusqu’à Francis Ponge ou René Étiemble appelant à légiférer, et jusqu’à Georges Pompidou l’entreprenant en renouant ainsi avec François Ier.


Tribune paru dans Le Figaro

par le Citoyen Thimèle publié dans : Langue française et Francophonie communauté : Les blogs républicains
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Jeudi 6 mars 2008

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Pétition pour demander au président de la République, Nicolas Sarkozy, de respecter ses engagements électoraux en matière de langue française, de Francophonie et de lutte contre le tout-anglais

Monsieur le Président de la République,

Lors de la campagne électorale que vous avez faite au début de l'année 2007 afin de présenter aux Français le programme politique que vous appliqueriez au cas où vous seriez élu, vous vous êtes prononcé à plusieurs reprises pour la langue française, pour la francophonie et pour la lutte contre le tout anglais.
En cela, votre discours du 9 mars 2007 à Caen était exemplaire. Il a surpris très agréablement tous ceux qui depuis des années attendent impatiemment qu'au sommet de l'État, l'on prenne enfin conscience de l'importance vitale de mettre en place une politique linguistique de haut niveau à portée internationale, capable de contrer en la matière les politiques du British Council et de la CIA pour imposer l'anglais partout dans le monde.
Ainsi, les défenseurs de la langue française, et du plurilinguisme en général, ont cru voir en vous l'homme qu'il fallait pour relever le défi linguistique de demain face à l'uniformisation du monde par l'anglais.
Au soir du discours de Caen, nous avions dans la tête et dans le coeur vos phrases pleines d'espoir et de vie, des phrases comme :
« La France, c’est une langue, une langue qu’elle met à la disposition de tous les hommes. Le français disait Rivarol ce n’est plus la langue française, c’est la langue humaine ».
comme :
« Le français, c’est l’âme de la France, c’est son esprit, c’est sa culture, c’est sa pensée, c’est sa liberté. C’est le droit de penser autrement que selon la pensée dominante. La diversité linguistique, c’est la condition de la diversité culturelle et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La langue n’est pas une marchandise, la langue n’est pas une technique ».
comme :
« L’obsession d’une langue unique au prétexte de l’efficacité est un leurre qui masque les effets de domination de la pensée unique dont la langue unique est l’antichambre. Mais l’efficacité n’est même pas prouvée : la Renaissance où tout le monde s’est mis à penser et à écrire dans sa langue nationale fut plus féconde pour la pensée humaine que les longs siècles de domination exclusive du latin, comme si la créativité était bel et bien inséparable de la diversité ».
comme :
« Nous avons le devoir pour nos enfants, pour l’avenir de la civilisation mondiale, pour la défense d’une certaine idée de l’homme, de promouvoir la langue française ».
comme :
 « Si je suis élu, je mettrai la francophonie au rang des priorités diplomatiques de la France. Je renforcerai tout à la fois le dispositif de l’action culturelle de la France à l’étranger et l’aide à la création, parce que c’est par la création que le français rayonne ».
comme :
« Je veillerai à ce que dans les entreprises installées sur le territoire français la langue de travail soit le français dès lors qu’il n’y a aucune nécessité économique ou commerciale qui oblige à s’exprimer dans une autre langue ».
comme :
« Je me battrai pour que dans les instances européennes et à l’ONU le français continue d’être employé. Ce sera naturellement une obligation absolue pour tout représentant de la France dans des organisations internationales ».

Hélas, loin de ces belles phrases, force est de constater, que seulement quelques mois après l'exercice de votre mandat, entre votre discours de Caen et la réalité, un fossé s'est creusé, et qu'un gouffre même est en train d'apparaître.
Pour preuve, la très honorable Académie de la Carpette anglaise* -- qui décerne chaque année le Grand Prix de l'incivilité linguistique à un membre des « élites françaises » qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française --, a nommé cette année pas moins de 6 candidats issus des membres du Gouvernement.
La gagnante a été Christine Lagarde, ministre de l'Économie et des Finances coupable de communiquer en anglais avec ses services de Bercy.
Les autres récipiendaires ne sont pas en reste non plus :
Valérie Pécresse et Jean-Pierre Jouyet, respectivement ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et secrétaire d’État chargé des Affaires européennes auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, coupables d'avoir fait la promotion du protocole de Londres dans un article commun (« Le brevet européen, maintenant ! »), publié en juillet 2007 dans Le Monde.
 Jean-Marie Bockel, secrétaire d'État à la Francophonie(!), coupable d'avoir célébré les futurs bienfaits du protocole de Londres dans un article publié en septembre 2007 dans Le Monde (« Ratifions le protocole de Londres ! »).
 Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale coupable de faire la promotion du bilinguisme en France (sous entendu bilinguisme français-anglais) en déclarant « Le Président m’a donné mission de faire de la France une nation bilingue », déclaration contraire avec la politique suivie, jusqu'à maintenant, favorisant le plurilinguisme et l’apprentissage de deux langues étrangères vivantes.
Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication coupable d'avoir lancé une « réflexion » sur les synergies possibles entre TV5 Monde, France 24 et RFI (Radio France international), sans y avoir associé nos partenaires suisse, belge et canadien acteurs essentiels de TV 5 Monde.
Ajoutons aussi à cette liste des promus à la Carpette anglaise 2007, l'UMP Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne, commissaire responsable du Transport, coupable d'avoir favorisé la mise en place d’une directive imposant dans le transport aérien, l'anglais à partir de mars 2008 dans toutes les communications aériennes même entre Français en France !

Bref, pourquoi, alors que vous dites dans tous les médias, que vous avez été élu pour appliquer le programme que vous avez présenté aux Français lors de votre campagne électorale, pourquoi en matière de langue française, de francophonie et de lutte contre le tout anglais, vous semblez avoir perdu la mémoire ?

Pourquoi tous ces ministres anglolâtres autour de vous, pourquoi de tels capitulards linguistiques aux commandes de notre pays ?

Cela dit, et forts de toutes ces constatations, permettez que nous vous demandions, nous, soussignés, par le biais de cette lettre-pétition, de bien vouloir réagir face à la déferlante du tout anglais qui nous assaille, de vous remémorer en cela votre discours de Caen et d'en faire une ligne de conduite pour vous et pour tous ceux que vous avez nommés ou nommerez pour gouverner la France durant votre quinquennat.
Afin d'empêcher l'anglicisation de notre société, il serait bon d'afficher partout dans tous les ministères comme dans toutes les classes de nos écoles, une note du style :
La langue française est, dans le contexte actuel de la mondialisation de l’économie, une arme de lutte contre l’uniformisation du monde par l’anglais. Entre communautarisme et mondialisme, entre tout ayatollah et tout Coca-Cola, elle est un juste milieu. Et si la liberté, c’est d’avoir le choix, alors, au nom de la liberté, la langue française doit, à son niveau, et avec d’autres langues, contribuer à ce qu’il y ait toujours le choix, dans la communication internationale, de pouvoir s’exprimer autrement qu’en anglais.

Nous vous demandons également, question de faire un peu de publicité pour la Francophonie institutionnelle, d'officialiser le drapeau francophone en décrétant qu'il soit mis systématiquement à côté du drapeau français chaque fois que le drapeau européen y est.

Dans l'attente et dans l'espoir de vous voir respecter vos engagements électoraux en matière de langue française, de francophonie et de lutte contre le tout anglais, pour l'honneur de la France et de la Francophonie, et pour le plus grand respect de la biodiversité linguistique du monde face au tout anglais uniformisateur, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de notre plus haute considération.


Régis Ravat
Président de l'A.FR.AV
(http://www.francophonie-avenir.com/)

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Samedi 27 octobre 2007

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Après que Le Canard enchaîné eut révélé dans son édition du 10 octobre 2007 que le ministre de l’Économie, des Finances et de l’Emploi, Christine Lagarde, rédige et fait rédiger en anglais les notes qu’elle échange avec ses collaborateurs, le député de Seine-Saint-Denis Jean-Pierre Brard, l’a apostrophée en anglais lors de la séances de questions de l’Assemblée nationale, mardi 16 octobre.

L’incident a été prestement tourné en dérision par la presse française, qui s’est efforcée de n’y voir qu’un plaisanterie, tandis que la présidence de l’Assemblée nationale a décidé de le retirer du compte-rendu au motif que seul le Français est langue officielle de la République.

En réalité, le fond de la question posée par M. Brard est des plus sérieux : comme nous l’avions révélé dans nos colonnes, Christine Lagarde —proche de Dick Cheney et de Zbigniew Brzezinski— est une ancienne responsable du Center for Strategic & International Studies (CSIS). Elle représente les intérêts industriels états-uniens à l’intérieur même du gouvernement français et fait travailler son cabinet ministériel en anglais pour faciliter la subordination de l’administration française à ces intérêts.

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Vendredi 28 septembre 2007

ass04b.jpgLa ratification du protocole de Londres sur la traduction des brevets européens a franchi un pas décisif hier puisqu’elle a été adoptée par l’Assemblée nationale avec l’appui de pas moins de trois membres du gouvernement — Valérie Pécresse, Jean-Pierre Jouyet et Hervé Novelli — et le lobbying intense du Medef. « Ratifier le protocole de Londres, ce n’est rien d’autre que de favoriser l’effort d’innovation de nos entreprises », a déclaré Hervé Novelli.

Le protocole de Londres prévoit que les brevets soient déposés dans l’une des trois langues officielles de l’Office européen des brevets (OEB) (anglais, français et allemand) et supprime l’obligation de les traduire dans chacune des langues des trente-deux pays membres de l’organisation. Ainsi, en levant l’obligation de traduire en français les brevets en France, on oblige par la loi soit les entreprises et les salariés français à travailler en anglais, soit les entreprises françaises à prendre en charge les frais de traduction ! On se demande bien en quoi une telle mesure favorise l’effort d’innovation...

Ce texte est vivement dénoncé par le comité contre la ratification du protocole de Londres dont font partie plusieurs personnalités comme Jacques Attali, Pierre Bergé, Alain Decaux ou bien encore Erik Orsenna et que préside Claude Hagège, professeur au Collège de France. Le comité affirme que la suppression de traduire les brevets rédigés en anglais et en allemand, « soit 93 % des brevets », va conduire à « une marginalisation de la langue française dans le domaine de la propriété industrielle puisque seulement 7 % des brevets seraient disponibles en français au lieu de 100 % actuellement ». La reconnaissance du français comme langue officielle de l’Office européen des brevets, dans ce contexte, nous fait une belle jambe...

Le projet de loi a donc été voté à main levée par l’UMP, le Parti socialiste et le Nouveau Centre. Des députés comme l’UMP Jacques Myard ou encore Nicolas Dupont-Aignan, mais aussi les socialistes Michel Vauzelle et Marc Dolez, ont voté contre, ainsi que les députés PCF et Verts. « Le seul effet concret de ce protocole sera d’instaurer l’anglais comme langue de la propriété intellectuelle dans notre pays », a fait valoir le Divers droite Nicolas Dupont-Aignan.

Le Sénat examinera à son tour ce projet de loi le 10 octobre. En cas d’adoption, attendue, du texte, la France sera le quatorzième pays européen à ratifier le protocole de Londres, après l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou bien encore la Suède.

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Dimanche 29 juillet 2007


Déclaration du Comité de soutien contre le Protocole de Londres (11 juillet 2007) :



Préambule :

Les soussignés approuvent le projet de développer la recherche française et l’innovation, qui passe notamment, mais pas seulement, par l’augmentation du nombre de dépôts de brevets en France et en Europe, mais ils dénoncent les risques d’une éventuelle ratification du protocole de Londres dont les grandes entreprises étrangères bénéficieraient au détriment des PME et TPE françaises, et surtout ses conséquences dramatiques pour la langue française.

La ratification de ce protocole, signé en juin 2001, fortement soutenue par une partie des grandes entreprises françaises et internationales, aboutirait en effet, en Europe, à la suppression de l’obligation actuelle de traduire en français tous les brevets rédigés en langue anglaise ou allemande sous prétexte de diminuer le coût des brevets d’invention.

La vérité sur le coût des brevets :

Or, le prix de revient élevé des brevets européens ne résulte pas des traductions, contrairement à ce que prétendent abusivement ceux qui soutiennent la ratification du protocole de Londres. En effet, selon une étude réalisée par l’OEB (Office européen des brevets), le coût de la traduction représente seulement, en moyenne, 15% de celui du dépôt et non 40% comme l’avancent les plus fervents défenseurs du protocole de Londres.

La suppression de la traduction obligatoire en français des brevets déposés en langue anglaise n’aurait donc qu’un effet très limité sur la baisse du coût de dépôt des brevets. Ce n’est pas le coût de la traduction qui est un frein au dépôt de brevets européens mais bien plus le niveau élevé des taxes prélevées par l’OEB et le manque de culture des petites et moyennes entreprises pour ce type de démarche en France.

Une atteinte inadmissible au respect de la langue française et à la diversité culturelle :

La ratification du protocole de Londres par le Parlement français reviendrait à admettre, en réalité, l’usage de l’anglais en droit français et serait très dangereuse pour la pérennité de la langue française comme langue scientifique, technique et commerciale.

C’est le plurilinguisme, reflet de l’identité et de la culture de l’Europe, qui est directement
menacé par le protocole de Londres. D’ailleurs, de nombreux pays l’ont compris et, à ce jour, sur les 31 concernés, seuls 13 ont ratifié ce texte (dont le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas...) mais 17 pays ont refusé de le signer et continueront d’exiger une traduction obligatoire des brevets européens dans leur langue nationale : Autriche, Espagne, Italie, Finlande, Portugal, Pologne, Irlande, Belgique, Grèce, etc.; et deux pays, la France et le Luxembourg, ont signé, mais pas encore ratifié, ce protocole. L’accord de la France étant indispensable pour que ce traité entre en vigueur, c’est elle qui détient le sort de notre langue et du plurilinguisme.

Au moment où le gouvernement français réaffirme l’importance de la francophonie, le fait de refuser le protocole de Londres serait cohérent avec la politique clairement affichée par le président de la République et le Premier ministre pour défendre la langue française et une Europe civique.

En conséquence, les signataires demandent aux parlementaires de ne pas ratifier le protocole de Londres, afin que la langue française demeure une langue obligatoire pour le dépôt des brevets en Europe. Les enjeux et les « vices cachés » de ce protocole sont trop importants pour que celui-ci soit approuvé en « catimini » au cours d’une prochaine session parlementaire sans un véritable débat national sur ses conséquences pour l’avenir de la langue française.


par le Citoyen Thimèle publié dans : Langue française et Francophonie
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Mardi 20 mars 2007

Aujourd'hui, le 20 mars, nous fêtons la Journée Internationale de la Francophonie. L'occasion de s'intéresser d'un peu plus près à ce concept de "francophonie".


La francophonie désigne par définition l'ensemble des individus parlant le français et l'ensemble des pays où on le parle. Cependant, la façon de comprendre ce terme est plus vague qu'il n'y paraît. En effet, il faut distinguer les pays où le français est langue officielle (unique ou non), ceux où le français est la langue maternelle d'une grande partie de la population, ceux où il est langue de culture, ceux où il est utilisé par certaines classes sociales de la population, etc. Or, ces catégories ne se recoupent pas. Dans certains pays par exemple, bien qu'étant langue officielle, le français n'est pas la langue maternelle de la population, ni celle couramment utilisée par celle-ci.



La francophonie est définit également en tant que concept avec l'Organisation internationale de la Francophonie, organisation beaucoup plus politique et économique que culturelle, qui regroupe 53 pays, dont 10 observateurs, qui ne sont pas pour autant ceux où le français est fréquemment utilisé ou reconnu officiellement. Ses objectifs ne sont pas limités à la promotion de la langue française mais aussi à la promotion de la paix, de la démocratie, des droits de l'Homme, à l'appui à l'éducation et à la recherche et au développement de la coopération au service du développement durable et de la solidarité.


En 1998, le Haut Conseil de la Francophonie estimait les francophones « réels » à 112,6 millions auxquels il convient d'ajouter 60,6 millions de francophones qualifiés de « partiels » ou « occasionnels », soit 173,2 millions de francophones. De plus, 100 à 110 millions de « francisants », qui, citons ici le rapport officiel, « ont appris le français pendant plusieurs années et en ont gardé une maitrise variable, ou qui sont amenés à le pratiquer, même partiellement, pour leur métier. » Avec donc plus de 100 millions de locuteurs natifs, le français est l'une des plus grandes langues du monde. Il est langue officielle et langue d'enseignement dans une trentaine d'Etats (principalement en Afrique), ce qui représente un total excédent largement de 200 millions d'utilisateurs. En Europe, la francophonie est constituée, outre la France bien sûr, par une partie de la Belgique (Wallonie et Bruxelles), la Suisse Romande, le Luxembourg, le Val d'Aoste et les vallées vaudoises en Italie et les îles Anglo-normandes. En Amérique du Nord, elle comprend le Québec et le Nouveau Brunswick (composés de plus de 90% de francophones), la forte minorité des Acadiens francophones et les groupes francophones de l'Ouest (Manitoba par exemple au nord de l'Alberta) et aux Etats-Unis, une communauté francophone en Louisiane (les Cajuns) et en Nouvelle-Angleterre. Dans le monde caraibe (Haiti et Antilles françaises), des créoles apparentés au français sont les langues les plus parlées, tandis que le français standard reste la langue de culture. Le français est bien sûr également parlé à la Réunion, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie Française mais aussi à l'île Maurice et aux Seychelles. La francophonie conserve de fortes positions dans l'ex-Indochine, dans le monde arabe (Maghreb, Liban, Egypte), en Israël, enfin et surtout en Afrique noire et à Madagascar.


On peut estimer le nombre des locuteurs francophones à quelque 183 millions en 2005 et le nombre total de personnes aptes à s'exprimer en français à 290 millions.
par le Citoyen Thimèle publié dans : Langue française et Francophonie
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Jeudi 18 janvier 2007

Georges Hage, député du Nord, doyen de l'Assemblée nationale, et Georges Gastaud, philosophe, auteur de la Lettre ouverte aux bons Français qui assassinent la France (Temps des cerises, 2005) et 145 militants politiques et syndicaux, anciens résistants, écrivains, ouvriers et employés, artisans, étudiants, écrivains, enseignants, ingénieurs, chercheurs... appellent les travailleurs manuels et intellectuels, les étudiants et les démocrates à la résistance sociale, politique et... linguistique !


Défendons la langue française contre la langue, la pensée, la politique et l'économie uniques!

Si incroyable que cela paraisse, la langue de Molière et de Racine, de Descartes et de Pascal, de Diderot et de Rousseau, de Victor Hugo et de Rimbaud, de Proust et d'Aragon, de Jeanne d'Arc et de Louise Michel, de Prévert et de Brassens, de Lavoisier et de Langevin, de Piaget et de Lacan, d'Aimé Césaire et de Mouloud Feraoun, la langue dans laquelle furent écrits le Discours de la méthode et la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, la langue native de la Marseillaise et de L'Internationale, la langue française est en danger.

Non seulement elle est de plus en plus privée des moyens nécessaires à son rayonnement international, mais elle est assiégée en France, en Europe et dans nombre de pays francophones par des groupes politiques, économiques et idéologiques liés au grand patronat; c'est que ainsi le Baron Seillière, l'ex-patron du MEDEF devenu président de l'UNICE (le syndicat patronal européen) a fait officiellement part à Bruxelles de sa décision de promouvoir l'anglais comme unique " langue des affaires et de l'entreprise " ; relayant ce choix patronal, des forces puissantes, qui ont la haute main sur la direction de l'UE, s'acharnent à faire de l'anglais la langue officielle unique de l'Europe des 30. En France même, cer-tains états-majors du CAC 40 communiquent en anglais " à l'interne "... en attendant de pouvoir imposer la chose à l'ensemble de leur personnel !

Le français est menacé par l'industrie américaine de la chanson et du spectacle qui impose ses normes unilingues jusque dans les titres jamais traduits des films made in Hollywood avec l'objectif d'unifier linguistiquement le marché mondial de la culture et d'en éliminer les productions non anglophones.

Le français est menacé par une bonne partie de la " France d'en haut ", qui répudie la nation républicaine, déchire son " modèle social " et vomit tout ce qui évoque les luttes passées et présentes pour une République sociale, laïque et démocratique. Fascinée par ce que le monde anglo-saxon a de pire, cette " élite " méprise son peuple, coupable de garder au coeur l'héritage des Lumières et de la Révolution, de la Commune et du Front populaire, de la Résistance et de Mai 68 ; en adoration devant l'Europe supranationale et la mondialisation néo-libérale, ladite " élite " veut anéantir tout ce qui, de la langue nationale à l'histoire commune, permet aux travailleurs et aux citoyens de s'unir pour résister au néolibéralisme prédateur.

Le français est menacé par un Conseil constitutionnel qui autorise les transnationales à submerger le marché français de produits dont l'emballage et le mode d'emploi sont exclusivement rédigés en anglais.

Le français est menacé par un Conseil Supérieur de l'Audiovisuel complaisant, qui laisse les chaînes publiques et privées ignorer la création française et internationale non anglophone tout en multipliant les publicités en anglais destinées à la jeunesse.

Le français est menacé par la direction de l'Education nationale qui réduit les horaires de français, marginalise les langues anciennes et régionales et qui impose de fait l'anglais utilitaire comme unique langue étrangère première.

Le français est menacé par le snobisme de ceux qui cherchent à se placer au-dessus de leur peuple en faisant parade de ce qu'ils croient être de l'anglais et qui n'est en fait que du globish ou pire, du franglais, ce sabir qui ridiculise ceux qui l'emploient auprès des vrais anglophones. Le français est menacé par l'aliénation de nombreux consommateurs qui n'écoutent que de la chanson anglo-saxonne et qui ignorent tout ce qui se crée dans les parties non anglophones du monde.

Le français est menacé par des mouvements séparatistes qui prennent prétexte de la défense des langues régionales (lesquelles peuvent jouer un rôle, à côté du français, pour résister à l'uniformisation culturelle) pour promouvoir " l'Europe des régions " au détriment de la République une et indivisible.

Cette menace n'est pas seulement linguistique : elle est idéologique et politique puisqu'elle sape ces valeurs progressistes que sont la souveraineté des peuples, la liberté de pensée, la pluralité des cultures, l'attachement au progrès social, la coopération pacifique entre peuples égaux : ainsi, laisser assassiner le français, et avec lui la littérature, le théâtre, la philosophie, la chanson, le cinéma et la science d'expression française, c'est capituler devant l'idéologie insidieusement totalitaire de la mondialisation néo-libérale qui règne encore plus " naturellement " quand elle est portée " spontanément " par la prétendue " langue de l'avenir ".

Quand demain tous les jeunes Français ne baragouineront plus que le basic english à l'entreprise, quand ils ne répon-dront plus dans nos rues qu'en globish aux étrangers européens (auxquels on n'enseignera plus dans leurs pays que cet idiome en guise de langue étrangère), le français sera réduit au rôle de langue domestique ; l'heure aura sonné de son extinction ou de sa momification sous la forme d'une langue morte, dite " de culture ", réservée à cette même " élite"... qui l'aura assassinée ! Que restera-t-il alors de la France et de l'idéal républicain qui l'inspire depuis deux siècles ? Quelle déchéance, quelles humiliations subira alors, cette majorité de Français et d'immigrés qui continueront à parler français en France, soit par choix, soit parce que leur situation sociale les exclura de tout accès au nouveau code mondialisé de la domination?

Mais ce n'est pas seulement pour défendre le peuple de France et la francophonie, gravement menacée en Wallonie, en Suisse romande, au Québec, etc., qu'il faut que se développe un mouvement populaire de défense du français. Si le français, l'une des langues les plus " reconnues " au monde, est attaqué en France même, quelle autre langue n'est-elle pas en péril de mort, notamment dans le tiers-monde ? A travers le français, c'est le droit à la différence culturelle, politique et idéologique que met en cause mondialement une entreprise totalitaire qui menace l'humanité d'un appauvrissement sans précédent. D'ailleurs, la langue anglaise et ses prolongements américains périraient à leur tour si le français finissait par sombrer ; car le globish est moins une langue, porteuse d'histoire, de poésie, de sentiments, de pensée, d'expérience humaine en un mot, qu'un code commercial idéologiquement chargé dont le rôle insidieux est de normaliser le marché des idées.

C'est pourquoi nous appelons notre peuple et sa jeunesse à la résistance linguistique.

Cet appel s'adresse d'abord au monde du travail, car l'éviction programmée du français de la sphère économique prépare et accompagne le démontage de l'industrie nationale, des entreprises nationalisées et des conquêtes sociales. Notre appel s'adresse donc aux travailleurs salariés, à leurs organisations politiques et syndicales, dont certaines mènent déjà l'action collective contre les tentatives d'évincer la langue française de la communication interne des entreprises.

Le présent appel interpelle les jeunes, " précaires ", chômeurs, étudiants, lycéens, qui ont montré leur capacité de résistance sociale et idéologique, mais qui restent la cible privilégiée des ennemis de notre héritage linguistique.

Le manifeste s'adresse aux agriculteurs, artisans, petits commerçants et membres des professions libérales dont la responsabilité est d'obliger les marques à respecter la clientèle francophone et à travers elle, l'existence même d'un marché national et local dont dépend l'existence même de la petite et moyenne entreprise.

Le manifeste interpelle également les intellectuels, enseignants, chercheurs, ingénieurs, créateurs, écrivains, journalistes, producteurs d'émissions audiovisuelles, qui ont la charge de transmettre notre héritage en l'ouvrant sur l'avenir. En particulier, nous demandons aux chercheurs de publier et de communiquer en français, a fortiori s'ils exercent leur métier en France, quitte à exiger de l'Etat qu'il fournisse les moyens nécessaires pour traduire et de diffuser, si nécessaire, les articles scientifiques en anglais.

Nous interpellons aussi les travailleurs immigrés qui nous font l'honneur de vivre en France, de parler français ou d'apprendre cette langue. Pas plus que nous n'opposons la défense du français à la langue anglaise en tant que telle, nous n'opposons le français aux langues arabe, berbère, swahili, wolof, etc.: certes, le français est, ou a pu être utilisé comme une arme de ségrégation par les colonisateurs et certains Etats néo-coloniaux; par principe, nous soutenons donc tout effort visant à permettre aux peuples anciennement colonisés d'étudier, d'écrire et de créer dans leurs langues maternelles respectives ; nous ne sommes pas non plus hostiles aux efforts pour diffuser une langue internationale indépendante telle que l'espéranto. Mais d'abord, ce n'est pas la langue française qui est coupable de l'usage qu'en ont fait les colonisateurs ; et aujourd'hui, ce n'est pas le français, lui-même assiégé par l'anglo-américain, qui menace la diversité linguistique dans le tiers-monde ! Au contraire, il nous est insupportable que le " l'usage domestique " du français serve de critère au ministre de l'Intérieur pour chasser de France des familles africaines pauvres... alors que le pouvoir en place laisse les conseils d'administration de grandes sociétés françaises (et même de certains états-majors militaires !) se tenir en anglais sur notre sol !

Nous appelons aussi les citoyens étrangers épris d'humanisme à soutenir notre action ; cela concerne ceux qui pratiquent le français, ceux qui, sans parler français, veulent défendre une langue qui appartient au patrimoine de l'humanité, ceux qui voient dans la défense du français un rempart contre la langue mondiale unique.

Enfin, nous invitons les amoureux de l'Europe des échanges culturels à défendre le français sans confondre la " construction européenne ", triste résultat des traités néo-libéraux et supranationaux, avec le projet universaliste initialement porté par l'" Europe des Lumières ".

Pour défendre le français, les signataires du présent manifeste constitueront un Collectif populaire de résistance linguistique ; il recensera, analysera et dénoncera les agressions politiques, économiques, publicitaires, médiatiques, contre la langue française (il ne s'agit pas de pointer les " fautes de français ", la création verbale, les parlers régionaux ou argotiques... nous ne sommes pas des puristes !). Il proposera et promouvra des expressions françaises là où la domination commerciale des Etats-Unis impose des expressions américaines.

A partir de son objet propre, ce Collectif interviendra auprès des travailleurs en lutte contre les délocalisations et les dénationalisations... De même, dans l'esprit unitaire du 29 mai 2005 (date du référendum qui permit au peuple français de refuser la constitution européenne), ce Collectif interviendra de manière non politicienne dans les débats sociaux, politiques, culturels et sociétaux. Il soutiendra toute action visant à empêcher l'anglo-américain de s'ériger en langue unique " des affaires et de l'entreprise ". Il interpellera et au besoin, dénoncera, les décideurs politiques, économiques, médiatiques, qui " accompagnent " le déclin planifié du français.

De même, ce comité militera-t-il pour que la francophonie, d'outil néo-colonial qu'elle fut (et reste pour une part ?), devienne un outil international de résistance en alliance avec tous les peuples qui veulent défendre leur langue sans opprimer d'autres groupes linguistiques.

Le comité dénoncera les publicités en anglais, exigera que les titres des films américains soient, sauf cas particuliers, traduits en français ainsi que la dénomination et le mode d'emploi de tout produit importé; il pourra appeler au boycott des marques et des magasins qui privilégient l'anglais dans leur intitulé ou leur communication en direction du public francophone.

Le comité exigera également que l'enseignement des langues étrangères, mais aussi, celui des langues régionales et des langues anciennes, soit élargi et diversifié à l'école, dans le Second degré et à l'Université.

Enfin, le comité militera pour que l'enseignement du français soit rétabli dans toute sa force, car la maîtrise par tous de la langue nationale est la clé de la citoyenneté.


Je soutiens ce MANIFESTE - à renvoyer à Georges Gastaud, 10 rue Grignard, 62300 Lens

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Les 150 premiers appelants

Adrienne Achilli, PRCF (13), Georges Aillaud, ingénieur (93) ; Henri Alleg, journaliste communiste, écrivain, mil. Anticolonialiste (91) ; André de Andrade, dessinateur-projeteur SNCF (93) ; Daniel Antonini, anim. Internat. PRCF ; Albert Aoust, prof. de lettres classiques (43) ; Henri Aprin, dessinateur et caricaturiste, PRCF-13 ; Françoise Bachelard, prof. de lettres (43) ; René Ballet, écrivain, a. grand reporter à L'Humanité ; Simone Ballet, universitaire ; Claude Beaulieu, pdt Comité Valmy (06) ; Ali Bendris, ouvrier, CGTE-Dalkia (93) ; Marcel Beziau, agrégé de lettres; Danielle Bleitrach, sociologue, Univ. Aix-Marseille ; Abdel Bouazzi, ouvrier, Tunis ; Jacqueline Bou