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"La République n'est pas enfermée dans un texte sacré déposé dans le saint des saints ou au pavillon de Breteuil. Elle est vivante. Elle est mouvement. Elle est devenir. Elle est le miroir des hommes agissants."
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"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse." Marc Bloch

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Jeudi 26 juin 2008


Par Laurent Dauré & Dominique Guillemin


Le 12 juin, le peuple irlandais a rejeté le traité de Lisbonne par 53,4 % des voix. Sa Constitution l’obligeant à organiser un référendum, l’Irlande fut le seul pays de l’Union où purent s’exprimer les enjeux du processus d’intégration à l’œuvre malgré l’échec du traité constitutionnel européen en 2005.

Le Non irlandais ne doit pas être interprété comme un refus isolé, il s’inscrit au contraire dans la continuité des Non français et néerlandais. Les aveux de nombreuses personnalités européennes en attestent. Valéry Giscard d’Estaing, architecte en chef de la Constitution, avait lui-même affirmé que le « mini-traité » a le même contenu que le texte précédent. Ainsi : « La substance de la Constitution est maintenue. C’est un fait », comme l’avoue Angela Merkel.

Pour la troisième fois un peuple européen repousse une vision présentée comme incontournable. Malgré leur fameuse « pédagogie », les élites européennes peineraient encore à convaincre ? Ne serait-il pas temps qu’elles prennent acte de cette fin de non-recevoir pour redéfinir le projet européen ? Mais ceci nécessiterait un véritable débat qu’elles n’ont aucunement l’intention d’ouvrir, les dirigeants de l’UE restant sourds à toute proposition alternative. L’acharnement dogmatique dont ils font preuve pour imposer leurs vues en contournant les peuples réticents jette rétrospectivement un voile de suspicion sur les étapes précédentes de l’intégration européenne. Car, après tout, comme l’a dit José-Manuel Barroso : « Si on avait organisé un référendum sur la création de la Communauté européenne, ou sur l’euro, vous croyez vraiment que ce serait passé ? »

Si l’’Europe est « dans l’impasse », c’est qu’elle n’envisage qu’’une seule voie ; si elle est « en crise », c’’est qu’elle souffre de schizophrénie. En effet, comment pourrait-elle concilier les vertus démocratiques dont elle se prévaut tout en niant la souveraineté des peuples qui en sont la source ? La seule solution que les européistes consentent à apporter à leurs échecs est toujours « plus d’’Europe ». En 2005, l’onction de la légitimité populaire paraissant acquise, les citoyens européens furent abondamment informés du projet qu’on leur soumettait ; en 2008, le traité de Lisbonne ressuscita la Constitution Giscard en la camouflant sous une forme quasi illisible. Avant même le résultat du vote irlandais, les députés européens rejetèrent par 499 voix contre 129 un amendement déposé par la Gauche unitaire européenne demandant que le Parlement « s’engage à respecter le résultat du référendum irlandais ». En bon droit communautaire, un traité doit être accepté à l’unanimité des États membres pour pouvoir entrer en vigueur, pourtant l’Union européenne considère ce principe comme obsolète, plaçant sa propre légitimité au-dessus de celle des nations qui la composent, des nations reléguées au statut de vestiges archaïques dont il convient de se débarrasser.

Aussi faut-il s’attendre aux mêmes supercheries après le Non irlandais. On y réfléchissait à Bruxelles avant même que la date du référendum ne soit fixée. Si cette fois-ci il semble peu probable que l’on fasse voter à nouveau les Irlandais (comme pour le traité de Nice), plusieurs dirigeants européens suggèrent carrément de poursuivre le processus de ratification comme si de rien n’était ; on envisage également un aménagement du traité sur le modèle anglais et polonais et même un isolement pur et simple de l’Irlande, qui se retrouverait ainsi écartée de l’’Europe « normalisée ». La « petite » Irlande ingrate de surcroît — ne pouvant pas décemment s’opposer à la construction européenne.

Une épaisse confusion règne sur la notion de souveraineté, notion qui semble déjà caduque quand il s’agit des nations et qui reste illégitime quand elle émane du « premier empire non impérial » (José-Manuel Barroso). Paradoxe pour paradoxe, pourquoi ne pas parler aussi de première démocratie non démocratique ?

Comment envisager dans ce contexte la présidence française de l’UE à partir du 1er juillet ? Celle-ci, longuement préparée et attendue par Nicolas Sarkozy, devait entériner « le retour de la France dans l’Europe ». Anticipant l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne le 1er janvier 2009, le Président souhaitait relancer de grands chantiers européens. Devra-t-il tempérer ces ambitions pour ne gérer qu’une nouvelle période de crise et d’attente ou saura-t-il se saisir de cette occasion, appliquant le volontarisme politique qu’il a si souvent prôné, pour sortir l’Europe de la seule véritable impasse dans laquelle elle s’est mise, celle d’’un projet coupé de l’’intérêt des peuples et des nations ? On peut en douter, mais alors le projet européen achèvera de perdre toute crédibilité démocratique.

Jusqu’alors les européistes ont systématiquement assimilé l’Union européenne au Bien en soi, ce Bien n’étant ni contestable ni négociable. C’est ainsi qu’ils défendent l’idée d’une Europe octroyée par le haut, à la manière de ce « despotisme éclairé » dont parlait fièrement Jacques Delors. C’est cette même Europe que viennent de refuser les Irlandais.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Traité de Lisbonne communauté : Les blogs républicains
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Lundi 16 juin 2008

Deux poids, deux mesures.

 
En 2005, quels sont les peuples qui auraient dû être consultés sur la Constitution Européenne ? 9 peuples devaient être consultés par référendum.

Les peuples luxembourgeois et espagnols ont bien été consultés : ils ont voté OUI. Les peuples français et hollandais ont bien été consultés : ils ont voté NON.

Mais que s'est-il passé en 2005 ?

Les 5 référendums qui étaient prévus ont été suspendus !

- Le peuple danois aurait dû être consulté. Le référendum est suspendu jusqu’à nouvel ordre.
- Le peuple irlandais aurait dû être consulté. Le référendum est suspendu jusqu’à nouvel ordre.
- Le peuple portugais aurait dû être consulté. Le référendum est suspendu jusqu’à nouvel ordre.
- Le peuple tchèque aurait dû être consulté. Le référendum est suspendu jusqu’à nouvel ordre.
- Le peuple anglais aurait dû être consulté. Le référendum est suspendu jusqu’à nouvel ordre.

On veut bien consulter les peuples par référendum, mais si les peuples votent NON, on suspend les référendums !


En revanche, que s’est-il passé en 2008 ? Un seul peuple est consulté sur le traité de Lisbonne : le peuple irlandais. Le 12 juin 2008, le peuple irlandais dit NON au traité de Lisbonne. La ratification va-t-elle être suspendue ?

Bien sûr que non ! Cette fois-ci, la ratification doit continuer ! Toute l’aristocratie européenne l’a dit : « la ratification du traité de Lisbonne doit continuer malgré le NON du peuple irlandais ! »


Mais alors, pourquoi ce « deux poids, deux mesures » ?

Pourquoi, en 2005, la ratification de la Constitution Européenne a-t-elle été suspendue après le NON français et le NON hollandais ?

Et pourquoi, au contraire, la ratification du traité de Lisbonne doit-elle continuer après le NON irlandais du 12 juin 2008 ?


Réponse :

-         en 2005, la ratification de la Constitution Européenne a été suspendue car les peuples danois, irlandais, portugais, tchèques et anglais auraient peut-être répondu NON par référendum ! L’aristocratie européenne n’a pas voulu prendre ce risque !

 
-         En 2008, la ratification du traité de Lisbonne peut continuer car les parlements répondront OUI ! Les parlements, eux, votent bien !


Instit
par le Citoyen Thimèle publié dans : Traité de Lisbonne communauté : Les blogs républicains
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Lundi 16 juin 2008

Par Edouard Husson, historien. Qui revient sur cinquante ans d'histoire européenne pour éclairer l'aveuglement des élites européennes sur la construction du l'Union.


Je me souviens d'un échange, le lendemain du référendum danois de 1992 sur Maastricht, entre dirigeants de ce qui s'appelait à l'époque l'UDF et qui était alors ma famille politique. Face au non danois, toute la panoplie des réponses stéréotypées que nous entendons face au non irlandais, seize ans plus tard, était déjà en place: «On va les faire revoter»; «Il faut continuer le processus de ratification»; «il est inacceptable qu'une population si peu nombreuse aille contre l'intérêt de 300 millions d'Européens» etc....
C'est ce jour-là, écoeuré par un comportement qui rappelait, moins de trois ans après la chute du Mur de Berlin, la violence physique en moins, le comportement des gouvernements et des apparatchiks au sein du bloc soviétique, que j'ai décidé que j'allais voter non à Maastricht, pour contribuer à réintroduire la question de la démocratie dans le débat européen. Seize ans plus tard, et après bien des référendums perdus (même sur la «victoire de Maastricht», il n'y avait pas de quoi pavoiser, vu que, rapporté au nombre des inscrits, la seule réalité qui compte, 30% des Français se sont abstenus, 34% ont voté non et 36% seulement ont voté oui), nous pouvons constater que le déni de démocratie continue de la part des dirigeants européens. Depuis trois ans, tout a été fait, de leur part, pour annuler les non français et néerlandais au Traité constitutionnel européen. Et l'opération va recommencer avec le non néerlandais.

Le vrai affrontement politique de l'époque moderne n'est pas entre la droite et la gauche mais entre ce qu'on appelait dans la philosophie médiévale le nominalisme et le réalisme. Le nominaliste, à commencer par Guillaume d'Ockham, ne croit pas que les concepts renvoient à une réalité. Ils sont un moyen d'appréhender le réel, de le modeler, de le manipuler au besoin. Le réaliste, au sens de Thomas d'Aquin, pense au contraire que les concepts sont inséparables des réalités qu'ils désignent, qu'ils invitent l'homme à respecter le réel, à s'appuyer sur lui pour agir. Le nominaliste commence par dire qu'il ne croit qu'aux réalités particulières, individuelles puis, comme l'empirisme ou l'individualisme absolus ne sont pas pensables ni praticables, il finit par chercher des idées générales mais, comme il refuse de les trouver dans le réel, il les pense a priori et décide de les imposer au réel.

Le nominaliste Monet contre le réaliste de Gaulle
Application à l'Europe : l'Europe est une réalité ancienne et complexe, devenue naturelle pour les Européens de la fin du XIXè siècle, qui pouvaient voyager sans passeport de Paris à Saint-Pétersbourg, qui profitaient d'une monnaie européenne (et même mondiale) parfaitement stable (l'étalon-or) et qui goûtaient à la même culture, exprimée dans une diversité de langues qui lui donnait toujours plus d'épaisseur. L'Europe existait, sans uniformité; la diversité des peuples y était une réalité, tout comme celle des Etats. Elles ne coïncidaient que rarement entre elles. La réalité et la pluralité des souverainetés politiques n'empêchait ni l'existence d'économies nationales ouvertes ni l'expression, toujours mieux reconnue, d'une diversité de croyances, de coutumes et de pensées. Parmi tous les courants négateurs du réel, le plus puissant était à l'époque était celui du nationalisme, qui voulait, partout, faire coïncider nation et Etat. Quand on veut plaquer une pensée a priori sur la complexité du réel, on finit par tuer les hommes et l'Europe sombra, en 1914, dans trois décennies de violence.

Après que les deux guerres mondiales avaient failli détruire l'Europe, il s'agissait de la reconstruire, de la faire revivre, de faire réémerger l'unité du continent. En Europe de l'Ouest, un courant toujours plus nombreux s'exprima, pour réclamer la réconciliation entre anciens belligérants. Robert Schuman, Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi sont les figures les plus illustres du mouvement européen naissant, qui a buté sur deux limites : il opposait artificiellement les nations et l'Europe, comme si l'Europe n'avait pas vécu, toujours, du dynamisme de ses entités particulières; la reconstruction de l'Europe était inséparable de celle de ses nations, elle passait forcément par elles, comme le montrent les Trente Glorieuses. Deuxième limite: la moitié orientale du continent était exclue des considérations sur la nouvelle unité européenne par ces anticommunistes bon teint qu'étaient Schuman, Adenauer et De Gasperi.

La chance de l'Europe fut, de ce point de vue, le retour du Général de Gaulle, qui posa la triple question de l'effort économique national, du ralliement des peuples à la construction européenne et de l'unité du continent «de l'Atlantique à l'Oural». On n'a pas compris l'antagonisme entre De Gaulle et Jean Monnet si l'on ne voit pas que le premier voulait faire revivre l'Europe et ses nations, réalités préexistantes à l'action politique tandis que le deuxième voulait «construire l'Europe» selon des schémas a priori, qui écartaient du champ de vision tout ce qui ne rentrait pas dans le schéma prévu. On oublie trop que Jean Monnet ne rejetait pas seulement les nations mais aussi «l'autre Europe», s'accommodant d'une division du continent qui permettait de réaliser sans trop d'obstacle ses «Etats-Unis d'Europe» et surtout qu'il détestait la politique, autant dire la démocratie, voulant mettre les peuples et les parlements devant le fait accompli concocté par une petite avant-garde d'Européens éclairés prêts à faire le bien des nations malgré elles.

L'occasion manquée des années 1990
Le nominalisme est toujours plus confortable à pratiquer que le réalisme; il est toujours plus facile, au moins dans un premier temps, de segmenter le réel et de formuler avec des idées simplificatrices décrétées a priori. Et dès les années 1960, le réalisme européen de de Gaulle était ultra-minoritaire dans les milieux dirigeants européens. Il fut progressivement abandonné alors même que l'exigence de démocratie n'a pas cessé de se renforcer depuis les grandes revendications des années 1960; que le rideau de fer a disparu et que les nations de l'Est européen ont réaffirmé leur vitalité.

Mille neuf cent quatre vingt dix aurait pu être l'occasion d'un retour au réalisme en matière de coopération européenne; or il n'en a rien été. Les Européistes ont été surpris et dérangés dans leurs projets par les révolutions européennes de 1989-1990. On se rappelle Jacques Delors commentant la normalité retrouvée dans les quelques heures où l'on put croire que des nostalgiques de l'ancienne Union Soviétique avaient repris le pouvoir en août 1991. Rien n'a été véritablement fait pour préparer les pays de l'ancien bloc soviétique à leur association à ce qui existait déjà à l'Ouest de l'Europe. Alors qu'il aurait fallu les aider à constituer un ou plusieurs marchés communs adaptés à leurs besoins et les associer politiquement, on les a immédiatement jetés dans la mondialisation et on a attendu des années avant de les faire entrer dans une Communauté économique européenne «approfondie», l'Union, qui, de son côté, ne répondait pas aux appréhensions des sociétés exposées à la double asymétrie de la mondialisation actuelle, causée par l'étalon-dollar et la mise en concurrence avec les pays à très bas salaires.

Lorsque les historiens prendront en compte le nombre d'années consacrées à établir une construction européenne sans rapport avec la réalité du monde, ils seront stupéfaits de l'énergie et la matière grise dépensée pour que la montagne accouche d'une souris. Ils parleront d'une idéologie peu violente (encore qu'on ne compte pas le nombre de destins brisés par l'absence de protection des Européens face aux vents de la mondialisation) mais qui aura progressivement relégué le continent européen hors de l'histoire.

On s'est gaussé des anciens pays du bloc soviétique mais nos dirigeants sont actuellement dans la logique exprimée par la boutade de Brecht, en 1953: « Si le peuple s'exprime contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple».

A moins que les dirigeants européens donnent au non irlandais sa signification. A moins qu'ils se réconcilient avec la démocratie (qui est le droit, pour les minorités de s'exprimer et de contribuer au débat, n'en déplaise à tous ceux qui sont choqués que 900 000 Européens aient pu parler contre les supposés intérêts du continent tout entier). Ils verront alors les peuples soutenir sans hésiter un projet de coopération européenne adapté au réel.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Traité de Lisbonne communauté : Les blogs républicains
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Samedi 14 juin 2008

Michael Youlton (coordinateur du "NON" irlandais)

"C'est un vote clairement exprimé. C'est magnifique ! Le peuple irlandais a rejeté le traité de Lisbonne. Et nous avons une pensée particulière pou nos amis français et néerlandais qui sont venus nous soutenir. Le scrutin montre que nos arguments ont porté et que nous avons eu raison d'exprimer nos craintes et d'exprimer nos craintes et d'expliquer en quoi elles nous paraissaient fondées.
Crainte de la militarisation, avec le principe de neutralité très important en Irlande risquan d'être annihilé par les dispositions spécifiques du traité en matière de défense et de sécurité communes ; craintes sur le plan démocratique, les petits pays comme le nôtre vont se trouver marginalisés face aux poids-lourds européens ; crainte du point de vue social, la charte des droits fondamentaux est restrictive, et le principe du libre marché signifie pour nous un processus de privatisation à grande échelle des services de santé et d'éducation. Je note que le peuple irlandais a accepté nos arguments, c'est particulièrement vrai dans les secteurs populaires et ouvriers. Maintenant que va-t-il se passer ? Nous posons plusieurs questions.
Le premier ministre irlandais Brian Cowen, qui avait promis de démissionner en cas de défaire, le fera-t-il ? S'il ne le fait pas ira-t-il à Bruxelles pour renégocier, car c'est ce que les Irlandais demandent aujourd'hui ? Enfin nous proposons aussi "un aller simple" pour Bruxelles au premier ministre et aux ministres de la Défense et des Finances pou les obliger à discuter des propositions que nous avons mises sur la table. Maintenant, en ce qui concerne le mouvement du "non", dont le travail a été remarquable, nous allons nous réunir d'ici à deux semaines lors d'une conférence nationale pour discuter de ce que sera notre avenir non seulement immédiat, mais aussi pour les années à venir..." (source : l'Humanité)


Nicolas Dupont-Aignan


"Bravo et merci à l’Irlande d’avoir sauvé le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ! La morale et la démocratie triomphent !

Le seul peuple consulté par référendum sur le Traité de Lisbonne a massivement dit NON.

C’est un véritable vote par procuration pour les 495 millions d’Européens privés de référendum.

C’est un profond désaveu pour Nicolas Sarkozy et Angela Merkel qui ont voulu imposer la Constitution européenne malgré les référendums de 2005.

Les dirigeants européens n’ont plus le choix, ils doivent se rendre à la raison : les peuples d’Europe rejettent une Union supranationale, bureaucratique et inefficace.

Les Irlandais aujourd’hui, comme les Français et les Néerlandais en 2005, ne sont pas hostiles à l’Europe. Ils veulent tout simplement une Europe qui les respecte et les protège. Une Europe des Nations et des projets. Une Europe démocratique, indépendante, au service du progrès social.

Les élections européennes de juin 2009 seront l’occasion historique, notamment en France, de transformer ce magnifique essai irlandais en envoyant au Parlement européen des Députés défendant cette autre vision de l’Europe."

Jean-Luc Mélenchon
  
Le sénateur PS, Jean-Luc Mélenchon, a affirmé  vendredi à l’AFP que le non irlandais attendu au traité européen de Lisbonne est "une très bonne nouvelle" et a appelé à un "nouveau combat" pour faire respecter ce vote.
"Le non des Irlandais envoie le traité de Lisbonne dans la poubelle où le non des Français et des Hollandais a déjà jeté la version originale qu’était le traité constitutionnel", affirme le sénateur de l’Essonne, un des ténors du non au référendum de 2005.
Selon lui, désormais, "les grandes manoeuvres vont commencer pour essayer de contourner le vote des Irlandais. Un nouveau combat commence donc pour faire respecter ce Non".
"Le moment est venu pour les dirigeants européens, qui viennent de prendre cette euro-gifle, de faire un examen de conscience" et "faire le constat que la méthode qui consiste à proposer des textes illisibles pour cacher des politiques libérales ne réussit pas", souligne-t-il.
Selon lui, "leur arrogance et leur méthode de culpabilisation infantilisante des électeurs, finissent par créer un sentiment anti-européen qui n’est pas bon".
Le sénateur propose une autre méthode: "donner un mandat constituant au Parlement européen, qui sera élu l’an prochain, de rédiger un nouveau traité d’organisation des pouvoirs" en Europe.

Jean-Pierre Chevènement

Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a estimé vendredi que le probable rejet du Traité de Lisbonne par les Irlandais, selon des projections de la télévision publique, était "un service rendu à l'Europe tout entière".

"Le vote du peuple irlandais revêt une signification profonde : les peuples refusent de se laisser dissoudre dans une Europe à la fois technocratique et antisociale", a affirmé M. Chevènement dans une déclaration à l'AFP.

Adversaire du traité, il a jugé que "le rejet de la Constitution européenne bis est un service rendu à l'Europe tout entière". "C'est aussi un service rendu à la France, dont le poids relatif était affaibli par le Traité de Lisbonne, en rupture avec la parité fondatrice avec l'Allemagne qui avait jusqu'ici permis le progrès équilibré de la construction européenne", a-t-il ajouté.

Selon M. Chevènement, "c'est à partir de la volonté démocratiquement exprimée des nations qu'on doit pouvoir avancer vers une Europe à géométrie variable, fondée sur des coopérations renforcées". "Cela est particulièrement vrai pour le gouvernement économique de la zone euro, mais pourrait l'être aussi dans des domaines comme la politique étrangère et la défense", a précisé l'ancien ministre.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Traité de Lisbonne communauté : Les blogs républicains
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Mardi 10 juin 2008

Entretien avec Michael Youlton, Coordinateur national du vote « non » au traité de Lisbonne en Irlande (CAEUC).


Le samedi 7 juin, Michael Youlton, coordinateur national du vote « non » au traité de Lisbonne, est venu spécialement d'Irlande pour participer au colloque En finir avec l'eurolibéralisme, organisé par Mémoire des luttes, Utopie critique et l'Institut d'études européennes de l'université Paris 8. Il répond ici aux questions de Mémoire des luttes sur le référendum du jeudi 12 juin.


Michael Youlton, pourquoi un référendum en Irlande, alors que les 26 autres membres de l'Union européenne, par crainte d'un rejet populaire, ont opté pour une ratification parlementaire du traité de Lisbonne ?
Croyez bien que ce n'est pas de gaieté de cœur que le gouvernement de la République d'Irlande organise cette consultation dont les 26 autres chefs d'État ou de gouvernement de l'UE ont privé leurs concitoyens. Mais il y est tenu par une disposition constitutionnelle datant de 1987. Un recours avait alors été formé devant la Cour suprême par Raymond Crotty pour s'opposer à la ratification de l'Acte unique européen par une majorité simple du Dail, le Parlement irlandais. La Cour statua que toute modification significative des traités européens nécessitait un amendement constitutionnel, donc, selon la Constitution, une consultation du peuple par référendum. C'est le cas pour le traité de Lisbonne.

Quelles sont les forces qui appellent à voter oui ?
Sur le papier, elles sont impressionnantes. On y trouve le parti au pouvoir, le Fianna Fail ; le principal parti d'opposition, le Fine Gael ; le Parti travailliste. S'y ajoutent les deux organisations patronales, les Chambres de commerce, les évêques et la quasi totalité des médias. Et bien entendu tout le gouvernement. Un récent article du Monde a qualifié les forces du « non » de rassemblement « hétéroclite ». Que dire alors des forces du « oui » ! Finalement, c'est une configuration qui rappelle celle des « ouistes » en France à l'occasion du référendum du 29 mai 2005.

Quels sont les arguments des partisans du oui ?
Le discours des partis est plus que sommaire. Les affiches du Fianna Fail disent simplement « C'est bon pour l'Irlande. C'est bon pour l'Europe. Votez oui ». L'IBEC, principale organisation patronale, exhorte à voter oui « pour les emplois, l'économie et l'avenir de l'Irlande ».
Quant aux évêques, qui se sont mobilisés plus récemment pour contrer les propos de prêtres qui, dans certaines paroisses, appelaient à voter non, ils mettent surtout en garde contre le vote-sanction contre le gouvernement : « Le référendum ne doit pas être utilisé pour émettre un vote de protestation. Il doit porter sur les valeurs. Il y a des valeurs humanistes chrétiennes dans le traité ». L'épiscopat regrette cependant qu'il n'y ait pas dans ce traité de « reconnaissance explicite de l'héritage chrétien de l'Europe »…
Sans doute instruit par l'expérience française, qui avait permis à tous les citoyens de décortiquer le traité constitutionnel européen qu'ils avaient reçu par la poste, le gouvernement a cru habile de ne pas diffuser le texte complet du traité de Lisbonne. Au motif qu'il était trop compliqué, que les citoyens ne le comprendraient pas et que cela coûterait trop cher, il s'est contenté d'en distribuer un résumé de 30 pages, rédigé par une commission prétendument « indépendante » : 15 en langue irlandaise et 15 en anglais.
Cela n'a fait qu'alimenter la suspicion et donner aux citoyens l'impression qu'on leur cachait des choses et que l'on leur réclamait simplement un chèque en blanc.

Quelles sont les forces qui appellent à voter non ?
Sur le papier, face aux puissantes organisations du « oui », elles sont très réduites, et le « non », au début de la campagne, ne recueillait que de faibles intentions de vote dans les sondages. Notre campagne pour le « non » est menée par un collectif de 14 organisations : Communist Party of Ireland, Community & Workers Action Group, Éirígí, Irish Anti-War Movement, Irish Republican Socialist Party, Irish Socialist Network, Peace & Neutrality Alliance, People Before Profit, People's Movement, Sinn Féin, Socialist Party, Socialist Workers Party, Workers Party. A l'exception du parti Sinn Fein (mais qui n'a que deux parlementaires), il s'agit de petites, voire très petites structures associatives et politiques nationales ou locales. Ces structures ont jusqu'ici maintenu une unité sans faille. Le site de notre campagne, www.sayno.ie, que je vous invite à visiter, est quotidiennement mis à jour par trois militants du CAEUC. Nos moyens financiers sont dérisoires. Notre budget prévisionnel était seulement de 10 000 euros, que nous espérons mobiliser. J'en profite pour remercier chaleureusement les participants à ce colloque, ainsi que Mémoire des luttes en tant que telle, pour leur généreuse contribution financière à notre campagne. Je remercie également Susan George qui est venue cet après-midi au colloque pour me remettre la contribution d'Attac France et la sienne propre.

Mais vous avez été rejoints par une organisation, Libertas, qui, elle, ne semble pas manquer de moyens…
Effectivement, une organisation de ce nom, animée par un multi-milliardaire, M. Richard Ganley, est apparue sur la scène du « non » il y a quelques semaines. Elle mène sa campagne sans aucun lien avec nous, et sur des thèmes qui ne sont pas les nôtres, en particulier sur le fait que, avec le traité de Lisbonne, l'Irlande n'aura pas de commissaire cinq ans sur quinze.
Libertas a publié et distribue gratuitement le traité de Lisbonne dans sa version intégrale, un véritable pied de nez au gouvernement. M. Ganley invoque des « raisons personnelles » pour son initiative, dans laquelle il a investi un demi-million d'euros. Notre attitude est simple : bien qu'il nous y ait conviés, nous ne travaillons pas avec lui, mais nous ne l'attaquons pas non plus. Ce n'est pas à nous qu'il pose un problème, mais aux « élites » irlandaises. Comme me le disait mon épouse : « He sounds yes, but he speaks no ».

Quels sont vos thèmes de campagne ?
Ils sont au nombre de six, chacun méthodiquement argumenté : la militarisation impulsée par le traité ; le travail de sape de la démocratie ; la priorité au « big business » contre le peuple ; les dangers de la Charte des droits fondamentaux ; le commerce juste ; les relations de l'UE avec les pays sous-développés ; la protection de l'environnement. Le thème de la militarisation est particulièrement sensible en Irlande, pays traditionnellement neutre et n'appartenant pas à l'OTAN. Nous rappelons constamment que ni le gouvernement précédent de Bertie Ahern (démissionnaire depuis trois semaines pour cause d'accusations de corruption) ni l'actuel, celui de Brian Cowen, n'ont été neutres par rapport aux États-Unis.
La neutralité aurait impliqué que notre territoire ne soit pas utilisé par des belligérants. Bafouant ce principe fondamental et les dispositions de la Convention de La Haye de 1907, nos « élites » politiques ont autorisé plus d'un million de soldats américains à faire escale à l'aéroport de Shannon en route pour l'Irak et l'Afghanistan, ou en revenant. Elles ont autorisé, entre autres, sans les fouiller, le transit d'avions transportant des détenus destinés à des centres de torture en Pologne, en Roumanie et en Égypte.

Vous êtes confiants dans le résultat du 12 juin ?

Tout est possible, car le nombre d'indécis est encore très important. Nous faisons une campagne de fond, pas de slogans. Quoi qu'il arrive, elle laissera son empreinte sur la société irlandaise.


par le Citoyen Thimèle publié dans : Traité de Lisbonne communauté : Les blogs républicains
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Dimanche 8 juin 2008


On le sait, nos chers amis européistes, qui prétendent penser mieux que tout le monde, excellent dans l'art de mépriser les peuples. Que ce soit dans les menaces et culpabilisations incessantes, dans l'insulte gratuite ou dans le piétinement des volontés populaires, ils semblent même y prendre un malin et délicieux plaisir. Cette semaine, les peuples néerlandais et irlandais ont reçu les honneurs de l'intelligentsia européiste. Aussi jouissif pour ces derniers que révoltant pour tout citoyen qui se respecte.

 Le "non" néerlandais liquidé, trois ans après

 Le jeudi 5 juin, trois ans quasiment jour pour jour après le "NON" des Néerlandais à la Constitution européenne, le Parlement des Pays-Bas ratifiait sa quasi-copie, le Traité de Lisbonne, à une majorité de 111 voix contre 39. Ce qui est un véritable viol de la démocratie s'est pourtant déroulé dans la plus stricte indifférence générale, comme en France il ya trois mois. Au plus grand bonheur des intégristes "européens", qui savourent allègrement le fait d'avoir mis à terre la volonté populaire. On achève bien les consciences citoyennes...

Irlandais, marche ou crève !


Le lendemain, pourtant, la ratification du traité par l'Irlande, qui doit s'y faire par référendum, semblait compromise. En effet, le quotidien Irish Times publiait un sondage donnant pour la première fois le "non" en tête à 35 %  contre 30 % au "oui" - 28 % restant indécis. La probabilité d'un "non" Irlandais, à une semaine du scrutin, a littéralement délié les langues des grands démocrates européistes. Réagissant à ce sondage, la propagande "oui-ouiste" a redoublé d'efforts, passant des arguments bling-bling (voir photo ci-dessus) à ceux catastrophistes, non moins sérieux. Dirigeants et éditorialistes de toute l'Europe sont venus à la rescousse, exhortant les Irlandais à choisir entre "oui", et ce qu'ils appellent la "catastrophe", la "crise" ou encore le "chaos". La Commission européenne a précisé qu'il n'existait pas de "plan B". D'autres ont rappelé que les Irlandais n'avaient aucune raison de se plaindre d'une Europe qui l'a engraissée financièrement. En d'autres termes, les Irlandais doivent faire ce qu'on leur dit : ils n'ont pas le choix et n'ont pas à se protester. Que l'"Europe" leur impose à longueur de temps leur sinistre diktat et aliène leur liberté, cela est évidemment secondaire. On le sait, la sauvegarde de la démocratie, partout en Europe, ne fait absolument pas partie des soucis des "européens" bien-pensants, loin de là.

Rendez-vous jeudi prochain

La semaine prochaine, jeudi 12 plus précisément, aura donc lieu le référendum irlandais. Nul doute que d'ici là, et bien sûr au-delà, l'entreprise jouissive va continuer. Nul doute que la machine propagandiste de l'intelligentsia européiste va tourner à plein régime. Nul doute que les donneurs de leçons d'après-scrutin-négatif-européen se tiennent déjà prêts.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Traité de Lisbonne communauté : Les blogs républicains
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Vendredi 6 juin 2008
 
Le 29 mai 2005, une majorité de Français (54,67%) des Français disaient non au projet de constitution européenne. D'après un sondage OpinionWay réalisé pour Metro, 64% des électeurs estiment que ce vote n'a finalement pas eu de conséquences graves sur la constitution européenne. 57% estiment même avoir rendu service aux citoyens des pays de l'UE dans lesquels il n'y a pas eu de référendum. Toutefois 52% jugent que leur vote n'a pas rendu les dirigeants français plus attentifs à l'opinion des citoyens sur la manière dont se construit l'Europe, tandis que 51% estiment que ce vote n'a pas terni l'image de la France en Europe.



Trois ans après, les Français ne regrettent par leur vote (Métro)


« Les Français ne sont pas eurosceptiques, mais ils minimisent la portée du vote non, en grande partie parce qu'il n'a pas fait bouger les dirigeants politiques », analyse Bruno Jeanbar, directeur des études politiques d'OpinionWay. En effet, 57% des personnes interrogées estiment que depuis le 29 mai, la façon dont est conduite la construction européenne n'a pas changé. 29% jugent qu'elle a changé en mal, 13% seulement en bien.

"On reste dans un sentiment général d'insatisfaction vis-à-vis de l'Europe, souligne Bruno Jeanbar. Parce que les Français en ont toujours une perception lointaine, plus institutionnelle que quotidienne, et parce que le seul élément concret, le passage à l¹Euro, est lié pour beaucoup à un phénomène négatif, la hausse des prix."


Quelles conséquences pour 2009 ?

Par ailleurs que pensent les Français de l'adoption du traité simplifié, le 19 octobre dernier par les Vingt-sept pays membres de l'UE ?  61% des Français estiment qu'il s'agit d'une remise en cause de leur vote le 29 mai. Pourraient-ils utiliser les élections européennes de 2009 pour exprimer leur mécontentement ? « L'abstention risque d'être forte parce que les Français ont le sentiment qu'ils ne peuvent pas agir sur la construction européenne
», pronostique Bruno Jeanbar. «Et il y a aussi une fenêtre de tir pour les souverainistes et tous les adversaires de l'Europe (ndlr : l'Europe actuelle), à gauche comme à droite.


Méthodologie: Etude réalisée en ligne les 28 et 29 mai auprès d'un échantillon de 1 042 personnes, constitué selon la méthode des quotas représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.


Observatoire de l'Europe (d'après Metro)
par le Citoyen Thimèle publié dans : Traité de Lisbonne communauté : Les blogs républicains
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Vendredi 30 mai 2008

Etienne Chouard était interviewé par Anna Borrel (Marianne2.fr) à l'occasion du troisième anniversaire du "Non" français à la Constitution européenne. De cette interview se révèle qu'il ne se fait guère d'illusion sur une quelconque prise en compte d'un éventuel "Non" Irlandais au Traité de Lisbonne.


Le 29 mai 2005, les Français votaient non au référendum sur le Traité européen. Trois ans après, que reste-t-il de la gauche du non ?
Etienne Chouard : Trois ans après, on a recommencé à traiter le peuple comme un enfant politique et à le maltraiter. Les citoyens sont la grande victime de cette affaire. On leur a ôté leur bâillon une fois, en 2005, pensant qu'ils ne seraient pas capables de s'intéresser au sujet des institutions qu'on leur présentait comme poussiéreux, ennuyeux. Mais comme ils ont réagi en criant "non !", on leur a remis le bâillon et la maltraitance a repris. Aujourd'hui, ils n'ont plus la parole. Et en modifiant la Constitution sans nous, les Parlementaires nous font une violence considérable.

Vous dites que le peuple est bâillonné. Mais grâce à Internet, vous étiez parvenu à vous exprimer très largement au moment du référendum…
EC : Oui mais à l'époque, certains médias relayaient nos réflexions et il y avait l'enjeu du référendum. Aujourd'hui, plus personne ne veut parler de l'Europe. Internet tout seul ne suffit pas. Les Parlementaires de gauche ne font plus leur travail. À quelques exceptions près – Généreux, Mélenchon, Filoche et quelques autres – les socialistes ne font plus leur travail. D'ailleurs, il faut mettre « socialiste » entre guillemets : nous vivons dans un régime orwellien qui n'a plus que les apparences de la démocratie, avec un parti unique, de droite, l'UMPS.

Mais Nicolas Sarkozy avait annoncé la couleur : pendant sa campagne, il avait bien dit qu'il ferait revoter le traité par le Parlement et non par référendum. Les Français ont voté pour lui en connaissance de cause…
EC : Mais non ! Est-ce qu'il a dit qu'il ferait voter une nouvelle Constitution européenne identique à la précédente ? Pas du tout : lors de sa campagne, il avait parlé d'un « mini-traité », d'un traité « simplifié » ! Or le Traité qui nous est imposé par voie parlementaire n'est ni mini ni simplifié et il contient les mêmes graves atteintes à la démocratie. Par exemple, il prévoit toujours la faiblesse des organes élus et la confusion des pouvoirs entre les mains d'organes non élus (donc hors contrôle), la dépendance des juges, le chômage (et les bas salaires) imposés par une politique monétaire suicidaire, etc. Quand les ministres modifient la Constitution, ils écrivent des règles pour eux-mêmes et ils trichent : ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.

Le 12 juin prochain, les Irlandais auront, eux, à se prononcer par référendum sur le nouveau Traité européen. Pensez-vous qu'ils pourraient voter non et ainsi remettre en cause ce Traité ?
EC : Je ne crois pas. Il n'y a quasiment pas de débat en Irlande, et quand il y en a un, il est calamiteux. Leurs médias matraquent les arguments des partisans du « oui » exactement comme cela a pu être le cas en France. On glorifie le « oui » et on culpabilise le « non », systématiquement, en le stigmatisant comme l'apanage de l'extrême droite. De plus, Valéry Giscard d'Estaing l'a bien fait comprendre : si les Irlandais votaient « non » malgré tout, on trouverait un moyen de faire passer ce Traité d'une façon ou d'une autre.

Comment continuez-vous à faire vivre vos idées ?
EC : Depuis un mois environ, nous avons lancé les MOCRIES, les Manifestations Obstinées Contre le Régime Illégitime Européen. L'idée est simple : il s'agit d'organiser nous-même des protestations hebdomadaires exigeant une assemblée constituante honnête et un référendum pour toute révision constitutionnelle. Chacun peut le faire chez soi, avec des amis résistants, de gauche comme de droite. C'est ce qu'avaient imaginé les Allemands de l'Est pour résister avant la chute du mur. Ça ne coûte rien, contrairement aux grèves, et on peut le faire librement, près de chez soi. Il y en a déjà plus de vingt qui s'organisent chaque semaine dans tout le pays : à la Réunion, à Paris, dans des villes et des villages de France. Ça fait du bien d'agir enfin, souvent, au lieu de prendre des coups sans rien dire. On n'a jamais essayé ça - d'innombrables microrésistances durables : ça peut marcher.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Traité de Lisbonne communauté : Les blogs républicains
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Dimanche 18 mai 2008

Le 12 juin prochain, les Irlandais se prononceront par référendum sur la ratification du Traité de Lisbonne.


Référendum capital car il sera le seul. Par obligation constitutionnelle, les Irlandais seront en effet les SEULS citoyens de l'Union Européenne à pouvoir se prononcer sur ce Traité de Lisbonne, quasi-copie de la "défunte" Constitution européenne. Ils seront les seuls à pouvoir mettre fin à ce traité qui conforte et pérennise une Europe libérale, anti-démocratique et cléricale que les peuples européens exècrent, naturellement, de plus en plus. Ils seront, tout simplement, les seuls à s'exprimer sur l'avenir de l'Europe, avenir à lesquels les peuples européens sont scandaleusement et injustement écartés par l'ensemble de leurs dirigeants.

Bien entendu, à l'heure actuelle, toute l'intelligentsia européiste est sur les dents. Elle ne fait l'économie d'aucune propagande, d'aucune manipulation pour dissuader le peuple irlandais de voter "NON". Pour autant, comme les Français en 2005, les Irlandais sont peu à peu en train de se rendre compte du manège dont ils sont victimes. Nous, peuples d'Europe, méprisés, insultés, écartés du pouvoir de décider de l'Europe que nous souhaiterions, nous nous devons d'être solidaires de nos amis Irlandais et de  soutenir cette dynamique "noniste" qui se crée !

Je vous renvoie ainsi ci-dessous à l'initiative "Irish friends, vote NO for me", qui permet à chacun de nous de signer un appel aux citoyens d'Irlande pour qu'ils n'aient pas peur de voter "NON".

Non, voter "NON" n'est pas un signe de repli ! Au contraire, c'est plus cadeau que vous, citoyens Irlandais, pourriez offrir à vos frères de l'Europe entière !

Citoyens Irlandais, votez NON à ce Traité de Lisbonne ! Vengez les peuples français et néerlandais trahis ! Vengez les peuples européens réduits au silence !



Stoppons le traité européen ! Faites entendre votre voix en Irlande !

Le 13 décembre 2007, les chefs d'Etats et de gouvernements de l'Union Européenne ont signé le "Traité de Lisbonne" dont ils souhaitent voir la mise en œuvre au 1er janvier 2009. Ce traité sera le cadre des futurs travaux de l'Union Européenne et, comme la Constitution Européenne rejetée en 2005 par les Français et les Néerlandais, il définit de la même manière une Union Européenne néolibérale où le marché est libre. Comme aucun traité auparavant, il créera un bloc militaire où la course à l'armement devra être permanente. Par contre, les besoins sociaux des citoyens européens ne sont pas pris en compte. Au lieu de répondre aux souhaits des citoyens européens pour une Europe démocratique, sociale, pacifique et écologique, ce traité grave dans le marbre une feuille de route néolibérale pour l'Union Européenne.

Pour réussir ce coup d'état, tous les appels à référendum ont été ignorés et les gouvernements trompent leurs citoyens sur le contenu du traité.

Nous demandons aux Irlandais de voter contre ce Traité pour l'Union Européenne!

Nous plaçons notre espoir dans les Irlandais, et dans la capacité de nos camarades Européens à rejoindre cet effort.

Nous disons OUI à l'Europe, mais nous voulons un nouveau départ. Nous voulons une Europe pacifique, sociale, écologique et démocratique et nous disons NON à la militarisation de l'Union Européenne, à son orientation néolibérale, et à la dégradation des libertés démocratiques.

Nous aspirons à une Union Européenne des peuples, par les peuples, pour les peuples, mais cela ne peut être possible que si tous les citoyens de l'Union se voient accorder le droit de décider par eux-même s'ils acceptent le Traité de Lisbonne. Nous disons NON et vous demandons de faire de même.

 

http://www.irish-friends-vote-no-for-me.org/

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