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"La République n'est pas enfermée dans un texte sacré déposé dans le saint des saints ou au pavillon de Breteuil. Elle est vivante. Elle est mouvement. Elle est devenir. Elle est le miroir des hommes agissants."
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"La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l'incarnation même du progrès." Victor Hugo
 
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Dimanche 20 avril 2008

La « nouvelle » réforme de l’État, lancée et pilotée par le Président de la République, s’appuie essentiellement sur la RGPP (révision générale des politiques publiques).

Cette réforme s’inspire des exemples étrangers de réforme de l’État (ex. : Canada, Nouvelle Zélande, Suède, royaume Uni, USA, Allemagne, Italie, Islande, Australie, Danemark, Pays Bas,…), de l’administration et de la gestion publique.

La RGPP : considérations générales

Les raisons avancées pour ce type de réformes :
- la mondialisation et les crises économiques et financières ; - les attentes des citoyens qui évoluent ;
- la crise de confiance entre les citoyens et l’État.

La problématique générale :
- la maîtrise des dépenses publiques ;
- l’amélioration de l’efficacité des politiques publiques ;
- le renforcement du contrôle démocratique sur la gestion publique.

Les principaux axes :
- la recherche de la performance, la culture du résultat ;
- une administration ouverte ;
- une réforme de la gestion des ressources humaines (GRH) avec le rapprochement vers la gestion de type privée, une réduction drastique des effectifs État, une gestion individualisée des personnels, axée sur la performance individuelle, une rémunération liée à la performance.

Des évolutions des structures administratives :

Une séparation du « politique » et de « l’administratif ». Dans le système néolibéral, les citoyens doivent avoir la liberté de choisir le prestataire du service (public, privé, associatif) pour répondre à leurs besoins dans le cadre du marché.

L’objectif recherché est d’avoir :
- des structures ministérielles (administrations ou cabinet ministériels renforcés) réduites ayant pour mission la conception des politiques publiques, le contrôle et l’évaluation de celles-ci ;
- des structures réalisant la mise en œuvre des politiques ainsi définies. Ce sont les structures les « mieux » placées sur le marché qui effectueront cela.
- la création d’agences. Cela est une règle assez générale dans les pays étrangers ayant appliqué une réforme similaire. En France ce système se développe depuis plusieurs années.
- les externalisations vers le privé.

La RGPP en France


La RGPP en France a été lancée par le Conseil des ministres du 20 juin 2007.

Toutes les politiques publiques sont visées par cette réforme. La méthode utilisée est celle des audits avec une grille d’analyse en 7 questions.

Ces audits concernent les 14 domaines d’intervention de l’État, 6 grandes politiques d’intervention (emploi et formation professionnelle, développement des entreprises, ville et logement, famille, assurance maladie, politique de solidarité et de lutte contre la pauvreté). Tout cela est complété par 4 chantiers interministériels (la GRH, l’organisation de l’administration territoriale, les relations entre l’État et les collectivités locales, la simplification des procédures internes). Le pilotage est assuré par un Conseil de la modernisation des politiques publiques, présidé par Sarkozy, en personne et le suivi par un Comité de suivi de la RGPP, présidé par le Secrétaire général de la présidence de la République et le directeur de Cabinet du Premier ministre.

Le Président de la République rendra ses conclusions en mai 2008 et la réforme s’appliquera sur 2009-2011.

Dans son discours du 19 septembre 2007, à Nantes, Sarkozy a présenté son « pacte service public 2012 » (réforme de la GRH) :
- statut : les nouveaux recrutés dans la fonction publique (FP) pourront choisir entre le statut de la FP ou un contrat de gré à gré. C’est de fait la mise en extinction du statut de la FP pour la majeure partie des agents ;
- un pécule de départ pour ceux qui veulent quitter la FP ;
- ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ;
- individualisation de la gestion des carrières, suppression des corps ;
- rémunération au mérite ;
- développer la mobilité inter fonction publique et public-privé ;
- dialogue social : abandon de la composition strictement paritaire des instances.

Dans ce discours, le Président de la République a oublié quelques sujets : la revalorisation du point d’indice, base du traitement des fonctionnaires, la revalorisation des grilles indiciaires servant à définir le salaire, le rattrapage du pouvoir d’achat,…

Les premières mesures annoncées le 12 décembre 2007

Le Président de la République a annoncé une première série de 96 mesures :
- des administrations recentrées sur le cœur de leurs missions avec un certain nombres de mesures dont un contrôle de légalité des actes des collectivités locales modernisé et recentré sur les sujets à risques (urbanisme et environnement), un accroissement du potentiel opérationnel des forces de sécurité (recentrage sur le maintien de l’ordre), divorce par consentement mutuel sans le juge,…
- des procédures plus modernes, au service des usagers dont la suppression de la première demande de visa long séjour, un plan de réduction drastique des charges administratives pesant sur les entreprises,…
- un État réorganisé et allégé. Il s’agit de réduire par 2 le nombre des directions de l’administration centrale, prolongeant la limitation à 15 ministères. Le niveau de pilotage des politiques publiques de l’État sera le niveau régional avec passage de plus de 30 directions régionales à moins de 10. Les missions du niveau départemental seront réorganisées autour de 5 ou 6 grands missions, généralisations des fusions DDE – DDAF. Ces entités départementales pourraient être regroupées dans les préfectures ;
- réduction - fusion d’établissements publics ;
- affirmation de l’autorité du préfet de région sur le préfet du département ;
- un État mieux géré, qui valorise le travail des fonctionnaires et qui utilise au mieux les ressources publiques (exemple : mise en place d’une agence des achats de l’État, d’un opérateur national de paye des agents, à terme d’un processus unique et rationalisé de liquidation des pensions, d’agences de service public, d’un État propriétaire unique, rénovation de la GRH). Nous avons une réforme de la gouvernance de dépenses publiques (ex. : budget pluriannuel couvrant la période 2009 – 2011) avec l’objectif de retour à l’équilibre des comptes publics au plus tard en 2012 (dépenses État, sociales et des collectivités territoriales), des mesures sur la famille, sur la solidarité, le développement des entreprises ;
- les relations entre l’État et les collectivités territoriales (cf. le rapport Lambert du 7/12/07).

RGPP : des éléments d’analyse

La RGPP version Sarkozy relève d’une stratégie bien réfléchie, d’un choix politique.

Dans notre analyse, il convient de prendre en compte :
- les dysfonctionnements réels des services publics, conséquence de la réduction des moyens, d’absence de réelle politiques de modernisation pour prendre en compte les évolutions sociétales, du manque d’analyses sur le rôle de l’État, dans le contexte actuels (Union européenne, décentralisation, subsidiarité,…). Cela facilite grandement la tâche pour faire accepter une telle réforme en cachant les enjeux réels sous le couvert de réponse à ces dysfonctionnements :
- la forte bataille idéologique menée sur ce thème ;
- l’alibi « état des finances publiques ».

La RGPP ne marque pas la fin ou le retrait de l’État mais un autre rôle de celui-ci, renforçant ses prérogatives sur la base du « sécuritaire » et au service du marché. Cette réforme s’articule sur la nette distinction du « politique » et de « l’administratif ». Le politique est reconcentré avec un omni-président et sa garde rapprochée, 15 ministères, quelques grandes directions d’administration au niveau central et un renforcement de l’échelon régional au niveau local.

« L’administratif », au sens de la mise en œuvre des politiques publiques, doit être réalisé par le mieux placé sur le marché (agences, entreprises privées, associations). Ainsi l’échelon départemental se réduit fortement avec un regroupement en 5 ou 6 directions qui pourraient être directement rattachées à la préfecture.

Sur le statut de la fonction publique, l’objectif est similaire à celui sur le code du travail avec notamment réduction du périmètre d’application du statut de la fonction publique de l’État, nouvelle GRH, avec une lourde réforme ayant pour axes majeurs la gestion personnalisée (mobilité, parcours professionnel, mérite, flexibilité,…) et la performance.

Sarkozy entend gérer la France comme une entreprise avec lui pour « grand » patron, des ministres aux ordres (le système d’évaluation de leur action n’est pas anecdotique) et des services « publics » ( ?) au service de sa politique. Il recentre l’État sur son « cœur de métier » et externalise le reste, avec une organisation de type privée « flux tendu ». Plus fondamentalement, la réforme de l’État initiée par Sarkozy est un éléments important de sa « politique de civilisation ». Au-delà de la prétention verbale, il s’agit d’inscrire notre pays dans la logique néoliberale de guerre économique mondiale. Son projet de société vise à la transformation du « modèle » social et économique français, pour le plus grand profit des patrons et des plus riches, sous couvert de plus de liberté pour chaque individu.

Cette compétition généralisée où chaque collègue de travail, chaque voisin est un « ennemi » lamine la cohésion sociale, les garanties collectives (statut, code du travail, sécurité sociale, régime de retraite, règles sur le temps de travail), sous l’argument de plus de liberté, pour laisser la place à des contrats individuels, de gré à gré, avec une rémunération basée sur la performance.

Cependant, les néolibéraux ont besoin d’un État puissant pour imposer un ordre conforme à leurs intérêts. Dans cette concurrence, y compris entre État, il faut abaisser le coût du travail, réduire les cotisations sociales, les impôts pour résister à la concurrence (Sarkozy, VRP à l’étranger pour les grandes entreprises), pour attirer les capitaux et les emplois qualifiés (cf. « l’immigration choisie ») et reporter les dépenses pour des biens publics sur les salariés.

Les dépenses publiques restantes sont réorienter vers le sécuritaire (ordre intérieur et extérieur, protection des biens et de la propriété, du marché,…), l’essentiel de la production des biens publics relève alors du marché. Nous franchissons un seuil dans la privatisation de l’État. Dans cette logique de concurrence, nous arrivons très rapidement à une déstructuration de la société, des individus et à une pseudo démocratie.

La RGPP : une réforme qu’il faut combattre

Si cette analyse est partagée, nous ne pouvons pas composer sur une telle réforme.

Nous ne pouvons que la combattre.

Nous avons des atouts dont le sentiment « antilibéralisme » majoritaire des citoyens (cf. enquête Ipsos réalisée auprès de 22 000 citoyens engagés dans 22 pays). Les citoyens sont très attachés au service public en France. Ils commencent à mesurer concrètement les effets du « sarkozisme ».

Cependant, nous avons aussi, de toute évidence, des retards à combler en terme de projet politique partagé sur le rôle et la place de l’État, des collectivités territoriales et donc sur les services publics, sur la démocratie,… pour une transformation sociale de la société. Nous devons mener cette bataille d’opposition à la RGPP, en nous appuyant sur les grands principes du service public, d’un État au service de tous, porteur des valeurs d’une société de progrès humain permettant l’épanouissement individuel dans le cadre de relations sociales « saines », de cohésion sociale, de développement véritablement durable, équilibré et cohérent des territoires… ; en partant du vécu de tous les citoyens et dans une démarche démocratique. Le Parti socialiste doit prendre très clairement position contre cette réforme de l’État et ouvrir de vraies perspectives alternatives.


Didier Lassauzay, Démocratie & Socialisme
par le Citoyen Thimèle publié dans : Services Publics communauté : Les blogs républicains
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Vendredi 18 avril 2008

 


150 000 jeunes qui sortent chaque année sans diplôme du système scolaire, une crise du logement sans précédent depuis les années 1950, des inégalités qui se creusent de façon dramatique, des enjeux environnementaux colossaux, le défi démographique, l’innovation et la croissance à la traîne... Dans un tel contexte, chercher à accroître l’efficacité de l’action publique, c’est mieux mettre en œuvre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Cela exige que la satisfaction des besoins essentiels soit reconnue comme un droit fondamental. Cela implique le choix d’une société solidaire, la maîtrise des biens communs et l’activité efficace de Services publics indispensables au développement économique, social et culturel. Face à la montée des inégalités, ils sont garants de l’exercice effectif des droits.

L’intérêt général a besoin de personnels dont la qualification soit reconnue, présents sur tout le territoire et non de salariés interchangeables et corvéables à merci ; de solidarité et non de concurrence ; de stabilité et non de précarité ; de sens des responsabilités et non de docilité ; d’indépendance et non de soumission aux intérêts particuliers. Toutes choses que le statut des fonctionnaires, mis en œuvre depuis la Libération, a contribué à réaliser.

Mais ce n’est pas du tout ce à quoi nous assistons actuellement : de fusion en restructuration, d’externalisation en privatisation et de flexibilité en précarité, une vaste opération de destruction des fondements du Service public et de la Fonction publique s’accélère sous nos yeux. La « Révision générale des politiques publiques » (RGPP) est le plus récent développement de cette campagne dirigée par le gouvernement, encouragée par le patronat et menée par des cabinets privés. Elle s’attaque frontalement à l’ensemble de la Fonction publique d’État, Territoriale et Hospitalière. Comme déjà dans d’autres secteurs (Poste, EDF, télécommunications, transports...), cela signifie la détérioration organisée des services rendus au public, ouvrant la voie à la privatisation des activités les plus profitables, à la disparition de nombreuses autres.

Contrairement à ce qu’il prétend, le Président de la République n’a reçu aucun mandat pour remettre en cause ces acquis essentiels. Avec son gouvernement, il considère l’action publique comme une dépense, jamais comme une source de richesse. Creusant les déficits par sa politique fiscale, il veut réduire au maximum les dépenses d’intérêt général dans les secteurs de la famille, du logement, de la santé, de la solidarité, de l’emploi formation. Il refuse de répondre par des créations d’emploi à la situation critique de l’hôpital public. Il programme de nouvelles coupes claires dans les effectifs de fonctionnaires de l’État (160 000 suppressions en quatre ans). Il décharge l’État de nombreuses missions en les renvoyant vers les collectivités territoriales sans pour autant leur donner les moyens de développer de vrais services publics locaux et démocratiques, programmant le corsetage de l’emploi public territorial.

Comme l’a clairement résumé le Premier ministre le 10 octobre 2007 « La réforme de l’État supposera que chacun d’entre nous accepte qu’il y ait moins de services, moins de personnel, moins d’État sur son territoire. »

Nous ne l’acceptons pas !

Aux côtés des usagers, agents, élus, qui se battent quotidiennement pour le maintien et l’amélioration de services publics de proximité :

Nous sommes partisans d’une modernisation de la Fonction publique en réponse à l’évolution marchande, inégalitaire et destructrice de la société.

Nous voulons une véritable démocratisation de la décision, du contrôle et de l’évaluation associant citoyens et agents.

Nous voulons une réforme fiscale assurant un financement équitable et pérenne des missions de service public.

Nous réaffirmons que le statut des fonctionnaires est là pour garantir à tous les usagers la défense d’un intérêt général qui ne se réduit pas à la somme des intérêts particuliers.

Nous lançons un appel à une vaste mobilisation citoyenne pour mettre un terme à cette politique destructrice. Organisons un débat démocratique, sans a priori, sur les besoins en services publics, sur les rôles respectifs de l’État et des collectivités locales et la place des agents publics. Contre la RGPP, rassemblons-nous autour des valeurs de solidarité, de justice et d’efficacité économique et sociale de tous les services publics.

 

par le Citoyen Thimèle publié dans : Services Publics communauté : Les blogs républicains
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Lundi 16 juillet 2007
Alors que, souvent les médias ne se privent pas de dénigrer la SNCF et les cheminots, une information concernant un accident ferroviaire est bizarrement passée inaperçue. Courant mai, une collision a eu lieu à Saint-Pierre-des-Corps entre un train de fret de l'entreprise Euro Cargo Rail (ECR) et un train de fret SNCF, causant des dégâts matériels et 3 blessés. La SNCF, au titre de sa mission de gestionnaire de l'infrastructure, a menée un enquête. Celle-ci indique que le conducteur du train privé n'a pas respecté l'obligation de "marcher à vue" et a percuté l'arrière du train SNCF, alors même que les signaux lumineux fonctionnaient normalement, les lanternes du train public étant bien visibles. La responsabilité du train privé est totale. On comprend mieux le silence médiatique. A l'heure de la privatisation du fret ferroviaire, il ne faut pas remettre en cause le dogme libéral de l'effacité du privé, ni montrer que les accidents à répétition sur le réseau anglais, suite à la privatisation de ce dernier, peuvent tout aussi bien se passer dans notre pays. Signalons que Bruxelles pévoit aussi, à terme, la privatisation du trafic voyageurs...

Révélé par l'Humanité Dimanche
(Merci à Pierre !)
par le Citoyen Thimèle publié dans : Services Publics
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Samedi 13 janvier 2007

Par Jacques Nikonoff


L'initiative de l'association les Enfants de Don Quichotte pour le logement des Sans domiciles fixes, largement relayée par les médias, a mis sur le devant de la scène la notion de " droit opposable " au logement. La période des fêtes de Noël, comme lors du tsunami en 2005, est favorable aux élans du coeur, à la solidarité et à la compassion. Comment rester indifférent au spectacle navrant et révoltant de centaines d'être humains réduits à se terrer dans des habitats de fortune dans les rues décorées de nos villes ? Précisément au moment où 2006 est présentée comme une " année en or " pour la finance mondiale.


Il serait donc question de mettre en oeuvre un droit " opposable " au logement ; de quoi s'agit-il ?

En France le droit au logement, comme d'autres droits, existe depuis longtemps. Sur le papier. Car il est nécessaire d'opérer une distinction entre les droits sociaux. Certains ne sont que de l'encre sur du papier. Ils peuvent certes figurer dans des textes de loi (par exemple le droit à l'emploi qui figure même dans la Constitution), mais ils sont considérés comme des droits indicatifs ou " programmatiques ". Ils ne sont qu'une simple orientation, un cap que se donne l'Etat. Ils ne sont associés à aucune obligation de résultat de la part de l'Etat et n'accordent aucune garantie aux citoyens.

D'autres droits sociaux sont dits " opposables ". Le droit " opposable " permet en effet à tout citoyen de faire condamner par la justice toute autorité politique qui ne respecte pas la loi, et d'obtenir réparation quand un droit n'est pas respecté.

Le droit " opposable ", pour se matérialiser, repose sur trois conditions

  • Désigner une autorité politique responsable . Ce doit être en général l'Etat. C'est ce dernier en effet, pour reprendre une expression tombée en désuétude, qui est en charge de la " bienfaisance nationale ". Pour ne prendre qu'un exemple, voici l'appel du 22 mai 1794 de la Convention en faveur d'une pension de retraite universelle : " Là où le coeur des citoyens palpite pour une patrie, les vagissements de l'enfant abandonné appellent cette même patrie à son secours ; homme, il sollicite du travail ; infirme, il implore la bienfaisance nationale ; vieux, il a droit au repos, aux égards et aux secours publics ; ils doivent embrasser les générations qui commencent et celles qui finissent. (...) Eh bien ! Que la République française donne la première le grand exemple de cette justice. (...) Dans une démocratie qui s'organise, tout doit tendre à élever chaque citoyen au-dessus du premier besoin, par le travail, s'il est valide ; par l'éducation, s'il est enfant ; et par le secours s'il est invalide ou dans la vieillesse. "
  • Doter cette autorité des moyens et prérogatives nécessaires . Pour être effectif, le droit au logement par exemple induit un " devoir de loger ". Pour le droit à l'emploi, l'Etat aurait l'obligation de proposer des emplois ; pour le droit aux soins, il doit organiser l'accès aux soins pour tous, etc. Le droit n'est plus un simple objectif indicatif pour les politiques publiques, la puissance publique est contrainte par une obligation de résultat sous peine de sanction. Tout citoyen en difficulté pour accéder ou se maintenir dans le logement bénéficiera par conséquent d'une aide qui lui permettra effectivement d'être logé ou relogé.
  • Ouvrir des voies de recours pour le citoyen . Le droit est garantit par des voies de recours auprès d'une autorité politique responsable. Elles sont d'abord amiables puis en dernier ressort juridictionnelles.

Aujourd'hui seuls deux droits fondamentaux sont déjà opposables : le droit à la scolarité et celui à la protection de la santé

Une éducation doit être garantie aux enfants jusqu'à l'âge de 16 ans, les responsabilités respectives de l'Etat et des collectivités territoriales étant clairement établies. Si l'inscription scolaire d'un enfant pose un problème, il existe des voies de recours, y compris devant le tribunal administratif. En clair si vos enfants ne sont pas pris à l'école, vous pouvez porter plainte et vous êtes sûr de gagner...

Le droit à la protection de la santé ne permet pas d'imaginer un refus d'accorder des soins de la part d'un hôpital. D'autant qu'il existe l'obligation d'assistance à personnes en danger, appliquée notamment grâce au " caractère universel, obligatoire et solidaire de l'assurance maladie " (article L. 111-2-1 du Code de la Sécurité sociale).


Qu'adviendrait-il si le droit à la scolarité et celui à la protection de la santé n'étaient pas opposables ?

Tous les enfants de moins de seize ans seraient-ils scolarisés ? On peut en douter car certains d'entre eux, selon des critères opaques, feraient l'objet d'un refus d'inscription sous des prétextes variés : nombre insuffisants d'écoles ou de classes construites ; manques d'enseignants ; budgets trop faibles... En vérité, c'est l'établissement de l'instruction publique laïque, gratuite et obligatoire qui a contribué à la construction des écoles, et non l'inverse. De même, c'est le droit au logement opposable qui contribuera à la construction suffisante de logements sociaux.

En matière de santé, le schéma américain se mettrait vite en place : sur le brancard et aux urgences, la première démarche de l'hôpital faite auprès des patients serait de leur demander leur carte de crédit...


Quels sont les autres droits qui devraient devenir " opposables " ?

Il paraitrait logique et conforme à l'esprit des Lumières, poursuivi dans le programme du Conseil national de la Résistance, de commencer par les droits établis dans le préambule de la Constitution de 1946, partie intégrante de la Constitution de 1958 actuellement en vigueur :

Le droit à l'égalité entre les hommes et les femmes : " La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme. "

Le droit à l'emploi : " Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. "

Le droit au respect : " Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances. "

Le droit de participation à la gestion des entreprises : "Tout travailleur participe, par l'intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu'à la gestion des entreprises."

Le droit au service public : "Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité."

Le droit au revenu : "Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence."

Le droit à la formation professionnelle et à la culture : "La Nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture."


Le fanatisme de marché contre les droits opposables

Malgré le grand nombre de droits inscrits dans les textes juridiques, pourquoi si peu sont opposables et restent lettre morte ? Les obstacles sont d'ordre idéologique, politique et culturel, et liés à une certaine conception de la propriété et de la concurrence.

Le logement, pour reprendre cet exemple, est aujourd'hui un marché. Pour les libéraux la catastrophe guette car un droit opposable au logement reviendrait à permettre à toute personne dépourvue d'un logement d'en occuper un, même si elle se trouve dans l'incapacité d'en payer le prix de marché. La charge du logement serait alors transférée sur les contribuables, comme tout financement de droits opposables. Toute tentative de faire appliquer le droit au logement ne pourrait donc qu'encourager la construction massive de logements sociaux par la puissance publique, augmentant les dépenses sociales de la nation et provoquant une concurrence déloyale avec le secteur privé. Le logement social, en outre, en proposant des loyers inférieurs à ceux résultant de la confrontation de l'offre et de la demande sur un marché " libre ", engendrera mécaniquement une baisse du prix des loyers dans le secteur privé. Horreur ! La sphère publique dominera la sphère privée.


De beaux débats en perspective lors de la campagne électorale

C'est certainement sur le terrain des droits opposables que la campagne électorale qui débute sera la plus intéressante. Car le droit opposable condense à lui seul toute la question libérale. Il pose d'abord le problème de la finalité de l'économie. Avec des droits opposables qu'il faut financer, l'économie est remise à sa place qui est de produire des richesses permettant de répondre aux besoins de la population. On produira biens et services pour permettre l'application du droit au logement, aux soins, à l'éducation, etc. C'est l'orientation générale de l'économie qui est changée, les activités productives seront par nature économes en énergie et en pollutions.

Ensuite, l'autre mérite du droit opposable est d'entrer dans le détail. Nulle vague promesse électorale n'est possible. Il faut être concret et débattre des moyens de réaliser le droit. C'est le retour de la politique contre la marche au hasard de l'économie de casino.

Cette perspective a été esquissée dans la Charte antilibérale et dans le Manifeste d'Attac. Il faut maintenant lui donner l'ampleur et le souffle requis par la situation.

www.avenirdattac.net

par le Citoyen Thimèle publié dans : Services Publics
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Mercredi 15 novembre 2006

La société européenne est souvent prise en exemple dans les pays tiers parce qu’elle a réussi, avec plus ou moins de succès, à réaliser la synthèse entre un développement économique encadré et une émancipation sociale progressive de l’ensemble de ses citoyens.

Nous n’avons, par exemple, pas choisi la voie tracée par les Etats-Unis qui ont misé sur un développement économique dérégulé qui a permis la réussite de certains tout en oubliant la détresse sociale d’un grand nombre d’exclus.

Cette société duale, nous n’en voulons pas en Europe. Pourtant, l’observateur avisé remarquera qu’elle s’y installe de manière insidieuse.

En effet, ces dernières années, nous avons assisté à une attitude de mépris des services publics qui fait partie de la culture de cette Commission très libérale qui voue aux lois du marché « libre » un véritable mythe…

Cette conception purement économique de la société moderne ressort clairement de la tristement célèbre directive « Bolkestein » qui, dans sa version d’origine, considérait le travail, la santé, l’éducation, le logement comme des marchandises ordinaires, oubliant que ce que la Commission considère comme de simples services sont, pour les citoyens européens, de véritables droits.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, nous vivons en direct les épisodes parfois chaotiques de la libéralisation des énergies, des transports, des services portuaires et des services postaux. Pour la plupart d’entre elles, dans les pays où elles se sont déjà produites, ces libéralisations ont eu pour effet de réduire la qualité du service et d’augmenter les prix.

Ces dernières années, l’Union européenne a pris plusieurs décisions successives qui ont eu pour conséquence une libéralisation progressive des services postaux.

Le 18 octobre 2006, la Commission européenne a franchi le dernier pas vers la libération totale des services postaux en adoptant une proposition de directive visant à soumettre à la libre concurrence pour le 1er janvier 2009 la distribution, par nos facteurs, du « petit » courrier, dernier domaine qui n’était pas encore libéralisé.

Pour nous, socialistes, la Commission a fait un pas trop loin !
En effet, la distribution des lettres par les facteurs que nous connaissons si bien remplit non seulement une mission importante de service au public qui consiste à pouvoir envoyer et recevoir son courrier tous les jours ouvrables de la semaine à un prix abordable mais aussi en une présence réconfortante dans nos quartiers et nos campagnes.

La libéralisation partielle des services postaux décidée par l’Union européenne a entraîné la perte de plus de 30.000 emplois entre 2000 et 2002 dans l’Europe des 25.

Cette directive européenne, si elle devait être adoptée, aura des conséquences néfastes pour les citoyens que nous sommes. Non seulement, et nous en avons la preuve en Suède, pays qui a d’ores et déjà mis cette décision en application, la libéralisation s’accompagnera de pertes d’emplois importantes dans ces services, d’une augmentation des prix mais encore, cette décision affectera les plus isolés et les plus faibles d’entre nous qui ne seront jamais des clients « rentables » pour les entreprises privées.

Bientôt, le Parlement européen devra se prononcer sur cette question et il est donc temps de lui faire savoir que nombreux sont les citoyens européens qui attendent de leurs représentants au Parlement européen d’empêcher ce dernier de soutenir cette proposition de directive.

Ensemble, très nombreux, faisons entendre notre voix pour que l’on ne touche pas à notre facteur et aux services qu’il rend à la population!

Signer la pétition

par le Citoyen Thimèle publié dans : Services Publics
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Vendredi 13 octobre 2006
"L'énergie n'est pas une marchandise comme une autre. Elle est aussi bien essentielle pour la vie humaine en ce qu'elle est indispensable à tous les gestes de la vie courante que pour la vie économique qui en dépend. L'énergie doit être soustraite à la logique de marché. Seul un grand service public de l’énergie sera un outil efficace pour répondre à la nécessité d’une politique de développement socialement et écologiquement utile. Alors que nous rentrons dans la société post-pétrolière la question de notre indépendance énergétique est un débat d’actualité. Pour faire face à ce défi la maîtrise publique de la politique énergétique est incontournable.

Or, au mépris de leurs propres promesses, le gouvernement de droite et Nicolas Sarkozy viennent de faire voter le projet de loi de privatisation de GDF à l'Assemblée nationale au détriment du débat démocratique, de l'intérêt général de nos concitoyens et de notre indépendance énergétique.

Toute la gauche rassemblée a voté contre ce projet socialement nocif, économiquement destructeur et écologiquement dangereux. Le groupe UDF dans sa quasi-totalité et des députés UMP ont également voté contre.

On le voit le débat est loin d’être clos. Le combat continue. Le texte est désormais au Sénat. Il nous faut arrêter le processus de privatisation de GDF et faire reculer le gouvernement sur cette question comme nous l’avons fait sur le CPE

C'est pourquoi, tous ensemble, nous appelons celles et ceux qui ont à coeur ce droit fondamental à se rassembler et à exiger le retrait de ce texte.

Nous appelons à une grande mobilisation populaire pour le service public de l’énergie en participant notamment le 14 octobre 2006 à la grande journée d’action lancée par les organisations syndicales. "

Le Collectif Riposte à la droite (Ce collectif comporte les onze organisations de gauche, pour mémoire : Alternative citoyenne, les Alternatifs, Gauche Républicaine, LCR, MARS, PRG, MRC, PCF, PS, Verts, Régions et peuples solidaires.)
par le Citoyen Thimèle publié dans : Services Publics
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Vendredi 15 septembre 2006
L'annonce de la fusion SUEZ - Gaz de France n'est pas de nature à rassurer concernant le service public et les tarifs.

Les seuls bénéficiaires de la privatisation de gaz de France seraient principalement les actionnaires privés de SUEZ

Le PDG de SUEZ a déjà annoncé qu'il souhaitait une importante augmentation des prix du gaz afin de permettre de verser aux actionnaires des dividendes plus importants.

Alors qu'aujourd'hui, pour les ménages, les prix sont réglementés et validés par l'Etat, les hausses successives déjà très importantes sont pourtant limités par rapport aux demandes de Gaz de France et sont les premiers signes de la privatisation.

Demain, après une fusion Suez-Gaz de France, l'Etat n'aura plus la main sur ces tarifs...
Imaginez quelles seront les hausses des tarifs !!!!

Cette situation va bien évidemment impacter le service public et les tarifs de l'électricité. Il y a fort à parier que le même scénario verra le jour pour EDF avec les mêmes conséquences pour les usagers.

USAGERS, CONSOMMATEURS
de l'électricité et du gaz,
votre argent les intéresse


L'électricité et le gaz sont des produits de première nécessité

Ne les laissons pas en faire une source de profits considérables au détriment de votre pouvoir
d'achat et de votre qualité de vie


par le Citoyen Thimèle publié dans : Services Publics
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Samedi 9 septembre 2006

Entretien avec Nicolas Dupont-Aignan, républicain "de droite"


Pourquoi refusez-vous toujours d’approuver le projet de fusion entre Gaz de France et Suez ?

Plus je creuse le dossier, moins je comprends l’intérêt de cette fusion. Je ne peux l’expliquer que par la volonté d’utiliser la puissance publique pour voler au secours de Suez. Une fois de plus, j’ai l’impression que le copinage des milieux d’affaires l’emporte sur l’intérêt national.

Les garanties apportées par le gouvernement ne vous paraissent pas suffisantes ?

Elles ne sont pas seulement insuffisantes, elles sont illusoires. On nous dit qu’il faut une fusion pour éviter une OPA sur Suez : mais le nouvel ensemble avec GDF sera opéable. On nous dit que le gigantisme est nécessaire pour mieux négocier l’approvisionnement. Or celui-ci dépend essentiellement d’accords d’Etat à Etat. De surcroît, l’activité « distribution gaz » de Suez ne représente que seulement 25 % de celle de GDF ! Cette fusion ne changerait pas fondamentalement l’échelle du groupe ainsi constitué. La seule fusion de poids serait entre EDF et GDF. On nous dit que cela va stabiliser les tarifs. C’est l’inverse : ce projet de loi s’inscrit dans la politique européenne de l’énergie qui vise précisément à abolir les tarifs réglementés. Après leur maintien transitoire, l’alignement par le haut sur des prix européens bien plus élevés sera facilité par le changement de statut de GDF. On nous dit qu’il n’y a pas d’autre solution. C’est faux. D’autres scénarios existent mais sont écartés par avance : que ce soit la prise de participations croisées entre Suez et GDF permettant de garder une majorité du capital de GDF à la puissance publique ou que ce soit la fusion entre GDF et les filiales énergie de Suez.

Le Parlement ne doit-il pas être le lieu de ce débat ?

Si justement, pour démasquer ce double langage destiné à forcer la main des parlementaires de la majorité et qui aboutira au démantèlement d’un de nos atouts majeurs dans la mondialisation. Il est stupéfiant de casser un outil comme EDF-GDF qui, fruit de l’effort de tous les Français, a offert à la France une électricité bon-marché et permettait une synergie gaz-électricité que tous recherchent aujourd’hui. Pourquoi détruire ce qui marche et que nous envient même les pays les plus libéraux, y compris les Etats-Unis ? Uniquement pour obéir au dogme de la concurrence alors que le double défi de l’énergie et de la réduction de l’effet de serre, au cœur des enjeux du XXIe siècle, exige l’intervention de la puissance publique. Arrêtons de faire croire que les marchés boursiers qui raisonnent à quinze jours permettront de relever des défis à 50 ans.

A vos yeux, le gouvernement commet une erreur ?

En 2004, je m’étais abstenu sur l’ouverture du capital d’EDF et GDF car j’avais cru en la parole de Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac de ne pas privatiser. Comment demander aux Français de respecter la classe politique si les dirigeants de l’Etat n’ont plus de parole ? Une fois de plus, la majorité se prend les pieds dans le tapis en faisant un cadeau politique à la gauche, alors même que Lionel Jospin a signé avec Jacques Chirac à Barcelone le premier acte de la dérégulation. En effet le PS, s’il demande à raison la fusion de GDF et EDF, n’en tire pas toutes les conséquences, se refusant à remettre en cause cette politique européenne néfaste à nos intérêts.

 

Entretien réalisée par Patrick Roger pour Le Monde qui l'a finalement censuré... Mais puisqu'on nous dit que la presse est libre, c'est que ça doit être vrai enfin!

par le Citoyen Thimèle publié dans : Services Publics
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