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Jeudi 13 septembre 2007 4 13 09 2007 00:34
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Communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement


Il est dérisoire de prétendre, comme vient de le faire M. Morin, ministre de la défense, que la France gagnerait en influence en revenant dans la structure militaire intégrée de l'Alliance. Elle y serait conduite, au contraire, à suivre des décisions prises par Washington. Nos armées, sous commandement du Supreme Allied Commander in Europe, nommé par le Président des Etats-Unis, seraient impliquées dans des opérations décidées par d'autres.

Non seulement la défense de la France ne reposerait plus sur ses propres forces, mais nous nous trouverions impliqués dans des conflits dont d'autres décideraient à notre place. Nous serions contraints d'endosser des stratégies d'affrontement avec la Russie, l'Asie et le monde arabe, en complète contradiction avec les intérêts de la France et de l'Europe.

Ce serait un retour de quarante années en arrière que signifierait la réintégration complète de la France dans l'O.T.A.N. L'indépendance de la diplomatie et de la défense de notre pays repose en effet depuis 1966, sur cette décision capitale du général de Gaulle.

Une telle réintégration serait une faute contre la liberté de la France et contre l'indépendance d'une Europe européenne.
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Défense & Indépendance Nationale
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Dimanche 23 mars 2008 7 23 03 2008 15:34
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Européanisation de la dissuasion française : un nouveau coup d'éclat au détriment de l'intérêt supérieur de la France

Le président de la République vient de resservir la vieille lune de la mise au pot commun européen de la force de frappe nucléaire française.

Une européanisation de notre dissuasion nucléaire, tout comme celle de notre droit de veto au Conseil de Sécurité des Nations Unies régulièrement préconisée par exemple au Parlement européen, serait une triple faute :

- faute stratégique, car il est évident que les 27 pays de l'UE, majoritairement atlantistes ou neutres, ne peuvent s'entendre sur une doctrine d'emploi du feu nucléaire, ultime élément de la défense d'intérêts vitaux bien compris. La France risque ainsi d'aliéner sa dissuasion nucléaire, élément majeur de sa politique d'indépendance nationale, sans pour autant parvenir à bâtir aucune dissuasion nucléaire européenne, à ce jour sans objet.

- Faute diplomatique aussi, car la France n'obtiendra rien de significatif en contrepartie de cette européanisation paralysante de sa dissuasion, en particulier sur le terrain économique et monétaire où l'urgence d'une réorientation européenne, elle, se fait chaque jour plus pressante.

- Faute politique enfin, car le peuple français ne pardonnerait pas à ses dirigeants d'abandonner, au nom d'un geste européen aussi hasardeux qu'inutile, le principal élément de sa sécurité et de son indépendance.

En s'inscrivant dans la dérive supranationale au lieu de l'infléchir, la France sacrifierait pour rien son rang de puissance nucléaire, ce que n'envisage nullement son alter ego britannique. Le président SARKOZY, qui ne manque jamais une occasion de proclamer son attachement à l'héritage du général de Gaulle, commettrait en réalité une faute très lourde vis-à-vis de notre pays.


Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l'Essonne Président de
Debout la République

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Lundi 7 avril 2008 1 07 04 2008 19:58

Au cours du Sommet de l'OTAN qui s'est tenu le 3 avril 2008, à Bucarest (Roumanie), le président Nicolas Sarkozy a annoncé que la France « pourrait réintégrer » le commandement militaire intégré de l'Alliance atlantique au prochain sommet de l'OTAN en 2009.

Un Sommet  prévu comme par hasard en France (à Strasbourg), et en Allemagne (à Kehl), comme si la frontière franco-allemande n’existait d’ailleurs déjà plus. En pratique, tous les militaires français de haut rang savent que la décision de réintégrer l’OTAN est déjà prise.

Au cours de la conférence de presse tenue en marge du Sommet, Nicolas Sarkozy a d'ailleurs précisé sa pensée : « Laissons cheminer l'Europe de la Défense, et nous continuerons à cheminer vers l'OTAN. Je le redis, ce sont les deux en même temps, pas l'un ou l'autre, attendons le sommet de Strasbourg ».

On ne saurait mieux dire que, pour le président français, l'intégration de la France dans l'Europe et l'intégration de la France dans l'OTAN, ce sont les deux faces de la même médaille. Et qu'il applaudit à l'une et à l'autre.

Reconnaissons au moins à Nicolas Sarkozy le mérite de la franchise. Il joue maintenant cartes sur tables : Eh bien oui, la construction européenne, l’Europe de la Défense, l’OTAN, l’atlantisme, et la soumission de tout le continent européen à l’Empire américain, tout cela c'est la même chose, nous dit-il en substance. Et d’ailleurs, il est pour.
   
En agissant ainsi – sans en avoir jamais parlé pendant la campagne présidentielle de 2007- , Nicolas Sarkozy jette donc le masque : il place la politique étrangère et de défense de la France sous tutelle étrangère. Il assassine tout simplement le gaullisme.

Car le gaullisme, c'est justement le refus d’asservir la France à un Empire, quel qu'il soit.

C'est justement parce que De Gaulle refusait que la France disparaisse dans une Europe intégrée et dans l'OTAN, l'une et l'autre sous domination américaine, qu'il mit le holà aux deux, au cours de la même année 1966. D'une part en imposant l'existence d'un droit de veto national à Bruxelles (par le Compromis de Luxembourg du 30 janvier 1966) ; d’autre part en annonçant, moins de quarante jours plus tard, la sortie de notre pays du commandement militaire intégré de l’OTAN le 7 mars 1966.

Il ne s’agissait évidemment pas d’une foucade de Charles de Gaulle mais d’une décision soigneusement réfléchie et mûrie, et cela depuis plusieurs années.
  Parmi des très nombreuses preuves, voici par exemple ce qu'il déclara devant tous les membres du gouvernement réunis à l’Elysée pour le Conseil des ministres du 19 juin 1963 :


« Le problème s'est déjà posé au moment de l’institution de l’OTAN, il s'est posé aussi pour la CED  C'est  ce que les Européens appellent « l’intégration européenne ». Le tout pour que les Etats-Unis puissent mieux gouverner l’Europe. Dans ce cas, l’Europe disparaît, la France est abolie. Ceux qui ont renoncé à la France depuis longtemps cherchent une situation qui noie la France dans des systèmes politiques où la France n’existerait pas. C'est pourquoi ils sont ivres de l’ONU, de l’OTAN, de ‘’l’intégration européenne’’. Ils se ruent pour faire entrer la Grande-Bretagne. Ça leur est égal. Leur instinct est que la France disparaisse.

Mais ils se sont faits des illusions, ils ont commis une erreur sur notre capacité de les en empêcher ! » (extrait de C'était de Gaulle, Alain Peyrefitte, Fayard, 1997, Tome 2, pp 228-229)

Hélas, 45 ans après, ceux dont « l’instinct est que la France disparaisse » sont remontés à l’assaut et ils sont en train de faire triompher ce contre quoi Charles de Gaulle s’était battu toute sa vie. Cynisme suprême, ils assassinent le gaullisme en ayant l’aplomb de se réclamer de l’héritage politique, stratégique et moral du Chef de la France Libre.

Cela aussi, d’ailleurs, le Général l’avait prévu puisqu’il avait dit de ses opposants : « Ils espèrent que je serai remplacé par quelqu'un de plus coulant. Je reconnais que ce n’est pas difficile à trouver. » (extrait de C'était de Gaulle, Alain Peyrefitte, Fayard, 1997, Tome 2, pp 228-229)

Rassurons-nous quand même. Le triomphe des fossoyeurs de l’indépendance nationale n’est que provisoire. Tout simplement parce que le moment approche, inexorable, où les Français pourront constater dans leur vie quotidienne ce que signifie concrètement pour la France le fait d’être devenue une nation vassalisée, dont la stratégie est définie par un Empire étranger.


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Lundi 21 avril 2008 1 21 04 2008 21:47
« Etat dépendant de lobbies industriels sous dominance étrangère »



Fait sans précédent dans l'histoire de toutes les Républiques, les six fédérations syndicales représentant le personnel civil de la Défense viennent d'adresser une lettre-ouverte à Nicolas Sarkozy président de la République, chef des Armées.

Dans ce document aux accents historiques, les six syndicats commencent par souligner qu'« un tiers des effectifs de personnels civils serait supprimé avec le triptyque RGPP (révision générale des politiques publiques), Livre Blanc (sur la fonction publique) et loi de programmation militaire ». Ils soulignent que les personnels civils du ministère de la Défense ont « déjà payé un lourd tribut aux restructurations permanentes, avec une réduction des effectifs de 50% en une quinzaine d'années ».

 Puis les personnels de la Défense lancent une solennelle mise en garde à destination de l'ensemble des Français :  « Les orientations et les choix qui se dessinent et qui pourraient être annoncés aux personnels et à l'opinion publique le 19 juin, aboutiraient à anéantir les capacités industrielles et de soutien d'une Défense Nationale qui n'en serait plus une ».

Plus terrible encore, les six syndicats expliquent que « la réforme de la carte militaire va contraindre la France à passer d'une démocratie républicaine possédant des valeurs fortes avec des fonctions régaliennes à un Etat dépendant trop souvent des lobbies industriels dont les secteurs sensibles peuvent passer sous dominance étrangère par le biais de fusions capitalistiques non maîtrisées ».

« Nous vous demandons solennellement, Monsieur le président de la République, de ne pas approuver de telles orientations et options destructrices de l'outil de défense de la France, aux conséquences sociales et économiques lourdes pour les salariés et les collectivités territoriales ».
   
COMMENTAIRE

Cette déclaration publique et solennelle est un fait historique. Pour la première fois dans l'Histoire, les personnels civils de la Défense (soutenus secrètement par un très grand nombre de personnels militaires mais qui sont dépourvus du droit syndical) prennent à témoin l'opinion publique pour expliquer que le président de la République est en train d' « anéantir notre Défense nationale » et notre « démocratie républicaine » pour les remplacer par un « Etat dépendant de lobbies industriels sous dominance étrangère ».

Si les mots ont un sens, cela signifie que les personnels du ministère de la Défense accusent tout bonnement, entre les lignes, le chef de l'Etat de se rendre coupable de haute trahison au profit d'intérêts étrangers.

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Mercredi 18 juin 2008 3 18 06 2008 00:46

Le PCF a estimé mardi que la réforme initiée par le Livre blanc de la Défense augure "une dérive ouvertement atlantiste" et Jean-Pierre Chevènement y a vu "le dépérissement" de l'outil de défense français "subordonné à la politique américaine et à l'OTAN".

"La réorganisation en profondeur de notre outil de défense est conçue dans la vision d'un espace atlantiste et militarisé, ou la France renonce à son indépendance en s'insérant dans le sillage sinistre de la politique menée par les Etats unis d'Amérique", a affirmé le PCF dans un communiqué.

Quant aux "certitudes du chef des armées sur la prééminence de la dissuasion nucléaire, elles ne sont pas démontrées", a estimé le PCF pour qui "les réductions d'effectifs vont faire très mal à la France" et "les conséquences sur l'emploi industriel et de service risquent d'être douloureuses".

Pour Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, "en privilégiant la riposte militaire tout en réduisant le format des armées, le livre blanc enferme la France dans une posture de subordination à la politique américaine et à l'OTAN". "Notre pays sera à l'avenir incapable de soutenir des conflits autres que de basse intensité", a-t-il souligné dans un communiqué.

"La défense nationale est sacrifiée à celle d'un improbable 'Occident' sous égide américaine dans lequel la France est invitée à se fondre". "Le livre blanc répond à une logique claire: le dépérissement de l'outil de défense est cohérent avec l'abandon d'une politique étrangère indépendante", selon lui.

AFP
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Dimanche 29 juin 2008 7 29 06 2008 13:53


Intervention de Nicolas DUPONT-AIGNAN à l’Assemblée Nationale, lors du débat concernant le Livre Blanc sur la Défense (jeudi 26 juin 2008) :


"Nous voilà réunis aujourd’hui pour un débat essentiel pour l’avenir de notre pays.

Débat d’autant plus important que l’outil de défense n’est pas seulement la garantie de la sécurité des Français, il est aussi un moyen au service d’une politique étrangère. Débattre, comme nous le faisons du visage de nos armées demain, c’est obligatoirement dessiner la place et le rôle de la France dans le Monde.

De notre vision de la France, de ce que nous voulons pour nos concitoyens, découle le format de notre défense, ses alliances, l’effort de la Nation et non l’inverse !… sauf à vouloir subir plutôt que maîtriser notre destin.

Il ne s’agit pas d’une réflexion abstraite, d’une vision romantique faite de bonnes intentions ou de nostalgie, mais d’une analyse sérieuse fondée sur des réalités. Car, vous le savez tous, on n’a pas le droit de tricher avec le nombre de nos soldats, la qualité de leur équipement, la capacité de projection de nos forces ou la crédibilité de la dissuasion nucléaire.

C’est d’ailleurs à partir de cette volonté de confrontation avec la réalité que vous avez voulu, sous l’autorité du Président de la République, Monsieur le Ministre, réactualiser notre doctrine de défense.

Réalité tout d’abord, il ne faudrait pas l’oublier, de l’effort fourni par les forces armées lors de leur professionnalisation auquel peu rendent hommage.

Réalité d’un monde qui change avec ses nouvelles menaces…..

Réalité du retard d’équipements des armées surtout entre 1997 et 2002.

Réalité d’une dispersion géographique de nos forces qui s’apparente parfois à un saupoudrage.

Ce Livre Blanc était donc nécessaire et très attendu. Mais à sa lecture attentive j’ai été particulièrement surpris car, en vérité, il y a deux Livres Blancs, ou du moins deux sources d’inspiration qui aboutissent à un nœud de contradictions dont vous aurez du mal à sortir.

Il y a tout d’abord le Livre Blanc qui pose le diagnostic et trace les grandes orientations de ce que devrait être la politique de défense de la France qui, à mon sens, ne peut recueillir que notre assentiment.

La description d’un monde plus instable et imprévisible que jamais aux menaces très diversifiées.

L’analyse du retard d’investissements de la France et du besoin de rationalisation de notre outil de défense pour dégager une marge de manœuvre afin d’investir dans des équipements modernes.

La définition des grandes orientations : l’anticipation, la dissuasion, la protection, l’intervention, qui exigent de nouveaux efforts notamment dans le renseignement ou de nouvelles méthodes avec une polyvalence et une interopérabilité renforcées.

Mais il y a un autre Livre Blanc dans le Livre Blanc, celui qui apporte les mauvaises solutions aux vrais problèmes décrits quelques pages plus haut.

Comme si, en vérité, on avait demandé aux rédacteurs d’aboutir, au mépris d’un minimum de cohérence intellectuelle, à des décisions déjà prises qui obéissent à d’autres contraintes, notamment financières mais aussi idéologiques.

Permettez-moi d’insister ainsi sur deux contradictions majeures de ce Livre Blanc schizophrène. La réduction du format de nos armées tout d’abord. Le retour dans l’OTAN ensuite.

Comment, Monsieur le Ministre, pouvez-vous prétendre affronter les nouvelles menaces en réduisant à ce point le format de nos armées, déjà sérieusement rétréci depuis 1994 ? Vous dénoncez à juste titre l’écart permanent que l’on a laissé se développer entre, d’une part, les objectifs des Livres Blancs successifs et, d’autre part, leur insuffisante mise en œuvre. Mais que dire d’un Livre Blanc qui propose de faire le contraire même de ce qu’il préconise ?

Oui à la rationalisation, oui à la polyvalence, oui à la concentration des bases. Mais NON à une réduction qui, quoi que vous en dites ne touchera pas seulement les forces de soutien mais aussi et surtout les trois armes qui ne pourront plus répondre aux objectifs que vous leur fixez.

Comment peut-on d’ailleurs écrire page 129 que « des opérations strictement militaires sur le territoire national sont exclues à l’horizon prévisible » ? Cela explique sans doute le véritable essorage réservé à l’armée de terre.

De même, je vous recommande, mes chers collègues, la lecture de la page 214 sur le second porte-avions qui est un morceau de bravoure en matière de langue de bois et d’incohérence.

Sans parler de la réduction bien discrète du nombre d’avions de combat qui va encore plus mettre à mal le programme Rafale et surtout, à terme, affaiblir notre capacité nationale et européenne à préparer l’avion du futur.

Enfin, que dire du retrait de 3000 de nos soldats du continent africain ? Un continent africain qui représente un enjeu majeur aussi bien pour la sécurité et les intérêts de la France, que pour la stabilité de l’Europe et du Monde !

A la lecture du rapport, on comprend d’ailleurs très bien que le cadrage budgétaire a, en vérité, déterminé les conclusions du Livre Blanc.

Comment expliquer sinon le report à l’après 2012 de la reprise, modeste, de l’effort de défense (maintien en euros constants du budget de la défense jusqu’en 2012, croissance d’1% par an au-delà) ? Cette approche budgétaire n’est pas à la hauteur de l’enjeu.

Abaisser encore l’effort militaire de la Nation de 2,41% à 2% du PIB aura de très graves conséquences. Si vous ôtez les dépenses consacrées aux pensions (8,92 milliards d’euros, soit 0,48% du PIB) et celles réservées à la gendarmerie (5 milliards d’euros, soit 0,27% du PIB), vous constaterez que dès aujourd’hui notre effort est inférieur à celui de la Grande-Bretagne (7,8 milliards d’euros pour 2007). Calculé sur la base de référence qui est utilisé dans le cadre de l’OTAN, notre effort de défense passerait mécaniquement de 1,64% du PIB à 1,22%, soit en % du PIB un niveau tout juste supérieur à l’Allemagne mais évidemment inférieur à cette dernière en valeur absolue ! Comme l’affirme le collectif Surcouf, « la France jouerait désormais dans la poule de l’Italie ».

Cela revient à accepter de fait le déclassement militaire de la France, qui abandonne tout leadership à la Grande-Bretagne. Cela revient à décourager un peu plus les hommes et les femmes qui font la qualité de notre défense. Cela revient à priver notre pays de l’influence politique, morale, mais aussi économique, qui est encore aujourd’hui la sienne.

En définitive, vous proposez à la France de passer, pour sa défense, d’un contrat d’assurance tout risque à une assurance aux tiers. C’est un choix que vous n’avez pas le droit de dissimuler à la Nation.

Dans ces conditions, on comprend mieux la précipitation avec laquelle vous voulez complètement réintégrer la France dans l’OTAN.

Ce retour n’est en rien insignifiant comme vous voulez le faire croire à grands renforts de communication.

Tout d’abord, il ne se fait pas dans de bonnes conditions puisque vous l’annoncez comme quasi inéluctable, alors même que la France et l’Europe n’ont obtenu aucune contrepartie réelle. Au moins Jacques Chirac, lorsqu’il avait cédé un temps à la tentation d’alignement – avant de se raviser au moment de la guerre d’Irak -, avait-il conditionné ce retour dans l’OTAN à de réelles et substantielles contreparties ! Tellement substantielles d’ailleurs, que ce retour ne se fit pas, finalement…

Mais pourquoi diable effectuer une telle concession à une administration Bush finissante sans connaître les intentions du futur Président des Etats-Unis ?

Comment prétendre bâtir une Europe de la défense dans ce cadre alors même que votre précipitation n’incitera en rien le Royaume-Uni à nous tendre la main (en témoigne le lancement de leurs deux nouveaux porte-avions) ni les autres Européens à augmenter leur effort de défense ?

Pourquoi d’ailleurs le ferait-il alors que la France réduit fortement le sien ? N’oublions pas à cet égard que le retour dans le commandement militaire intégré n’aura pas seulement des conséquences militaires mais aussi industrielles : notre industrie de défense, l’une des premières dans le monde à contester la prétention monopolistique des Etats-Unis, sera alors affaiblie à cause de la pression politique maximum exercée par Washington sur notre pays pour qu’il se dote de matériels américains.

Concrètement, nous entrons dans l’OTAN pour jouer le rôle de second derrière la Grande-Bretagne qui, elle, a décidé de se donner les moyens pour assurer le leadership.

Nous commettons ce faisant un contresens historique total dans la mesure où la position de la Grande-Bretagne, au cœur de l’alliance euro atlantique, correspond à son intérêt et à sa personnalité, alors que pour notre part, cela rompt avec 40 ans d’indépendance nationale au service d’une politique étrangère différente.

Dans un monde de plus en plus multipolaire, il est contreproductif d’enfermer notre défense et donc notre politique dans une logique de coalition occidentale qui date de la Guerre froide. Pire, cela augmente le danger de conforter la transformation de cette alliance par les Américains en une sorte de police mondiale alimentant une guerre funeste entre civilisations.

Contrairement à ce que vous voulez croire, c’est le meilleur moyen de tuer dans l’œuf toute défense européenne et d’éloigner un peu plus les Européens comme les Français de l’adhésion à l’effort de défense, sans laquelle il ne peut pas y avoir d’investissement financier à la hauteur de l’enjeu.

Le Général de Gaulle, il y a 40 ans, avait compris avant tous les autres que la France avait sa propre partition dans ce monde multipolaire. Au moment où les faits lui donnent raison, vous privez la France de sa marge de manœuvre. Preuve en est d’ailleurs, l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, annoncé comme un gage au sommet de Bucarest.

Vous le faites, et c’est bien là la raison fondamentale, pour des raisons financières mais surtout idéologiques. Votre soi-disant modernisation est en fait une « normalisation » qui réjouit tous ceux qui n’ont jamais adhéré à cette politique qui s’adressait au monde plutôt qu’à un camp et ses intérêts !

Politique, je vous le rappelle, qui n’a jamais interdit la solidarité lorsqu’elle était nécessaire. Alors pourquoi rentrer dans le rang ? Des personnalités aussi différentes qu’Alain Juppé ou Hubert Védrine se posent la question. On en connaît les inconvénients, on n’a toujours pas compris quel en est l’intérêt.

En vérité, derrière les grandes envolées, nous n’aurons ni la défense autonome voulue par le Général de Gaulle, ni la défense européenne souhaitée par François Mitterrand, mais une sorte de CED au rabais et sans le nom, sous commandement américain dans le cadre Otanien.

Vous invoquez de Gaulle mais c’est pour couvrir une politique à la Pleven. Et encore, cette politique ressemble plutôt à du sous-Pleven ! Vous ne jurez que par les Etats-Unis et l’OTAN, mais comme les Français rejettent massivement cette politique de soumission et d’alignement, vous n’avez même pas le courage de l’assumer devant eux. Mais n’imaginez pas qu’ils seront dupes. Ils vous jugeront, ils vous jugeront durement, et ils auront raison !

Oui, je crois que notre pays compte tenu de son histoire, de ses valeurs, de ses intérêts, mérite mieux.

Oui, je pense qu’une autre politique de défense est possible.

Elle découle naturellement de notre vision du Monde et de notre vision de la France dans le Monde. C’est en ce sens que le Général de Gaulle disait : « Quand on ne veut pas « se » défendre, ou bien on est conquis par certains ou bien on est protégé par d’autres. De toute manière, on perd sa personnalité politique, on n’a pas de politique ».

C’est pourquoi nous devons privilégier une politique qui avant tout garantit la sécurité des Français en comptant sur sa propre défense et son industrie sans se laisser entraîner dans des guerres qui ne sont pas les siennes.

Une politique qui favorise les coopérations, notamment européennes, mais sans tomber dans le piège de l’alignement. Car, contrairement à ce que l’on croit, « plus la France est indépendante, plus l’Europe le sera ».

Enfin, c’est une politique qui repose sur un effort collectif minimum pour garantir la sécurité des Français et le rôle mondial de notre pays. Pourquoi la France ne serait-elle pas capable de faire autant et aussi bien que la Grande-Bretagne ? Un effort financier autour de 2,6% du PIB soit une légère augmentation par rapport à aujourd’hui n’est pas hors de portée et serait tout à fait compréhensible pour nos compatriotes.

Bref, une politique qui permet à la France de jouer son rôle traditionnel et ô combien nécessaire de passeur vigilant entre des mondes différents qui doivent coexister pour la paix du monde.

Alors oui vraiment, mes chers collègues, au nom de la France qui n’est plus que l’ombre de la France dès lors qu’elle renonce à nourrir une certaine idée d’elle-même, je vous demande de ne pas laisser passer cette politique du reniement."

 

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Défense & Indépendance Nationale - Communauté : Les blogs républicains
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Jeudi 10 juillet 2008 4 10 07 2008 22:59

Par Jean-Baptiste Naudet


Des militaires, de réserve ou à la retraite, ont tenté de manifester, jeudi 10 juillet en début de soirée, sur les Champs-Elysées pour protester contre "le manque de soutien moral" à l’armée des "personnes politiques en charge".

Ils se sont vus interdire leur manifestation par l'Elysée, selon l'un des organisateurs. "Sous pression de l'Elysée, la préfecture de police a interdit notre manifestation", a déclaré Laurent Attar-Bayrou, président de la FNAME (Fédération nationale des anciens des Missions extérieurs). "C'est une démocratie à deux vitesses", ajoute-t-il. "Il y a des gens qui ont le droit de manifestation même s'ils l'ont dans la loi. Nous sommes revenus à un niveau de démocratie de certains pays qui seront présents lors de la cérémonie du 14 juillet". Ces militaires se sont, en revanche, invités à la cérémonie quotidienne et officielle en mémoire du soldat inconnu, sous l'Arc de Triomphe.

Doutes sur le défilé du 14 juillet

Ces anciens soldats ou de réserve - mais qui représentent l’opinion majoritaire des militaires d’actives (interdits de manifestation par la loi) - voulaient en effet également dénoncer" la présence du président syrien à la tribune du 14 juillet, où nos troupes seront obligés de lui rendre les honneurs, bien que son pays soit tâché du sang des 91 français morts en 1983 au Liban". Ces protestataires s'étaient réunis à l’appel de la Fédération Nationale des Anciens des Missions extérieures et de l'Association internationale des soldats de la paix. Pour le "véritable" défilé du 14 juillet, des incidents ne sont pas à exclure. La FNAME, qui réunit des anciens soldats des opérations extérieures (OPEX), appelle publiquement à porter un brassard noir en signe de protestation lors du défilé officiel. Pire : des militaires d’active, qui doivent participer au défilé, envisagent de faire un geste de mécontentement. Certains penseraient à tourner la tête, non pas vers la tribune officielle, où se trouveront les Présidents Sarkozy et Al-Assad, mais dans le sens opposé. Notamment, les futurs officiers de la promotion de Saint Cyr, baptisée "Lieutenant Antoine de la Batie". Un brillant officier, mort à 28 ans, dans de l'attentat de Drakkar.

Un affront de plus ?


L’ambiance se dégrade d’autant plus, que selon Jean Guisnel, spécialiste de la défense du Point, le président Sarkozy ne se rendra pas le 13 juillet au soir à la traditionnelle garden party dans les jardins du ministère de la défense, en l'honneur des unités militaires qui défileront le lendemain. Selon le Point," la version donnée par l'Elysée aux services de la défense invoque un problème d'emploi du temps". Trop occupé par le sommet de l'Union méditerranéenne, et par ses multiples obligations, le Président "n'a pas pu trouver un quart d'heure pour faire un saut" à la réception. Un affront de plus, - de trop ? -, pour les militaires.

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Défense & Indépendance Nationale - Communauté : Les blogs républicains
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Vendredi 5 décembre 2008 5 05 12 2008 18:24

Par Claude Beaulieu


Estimant comme ses suzerains états-uniens que la menace immédiate est celle du terrorisme, Nicolas Sarkozy a décidé ( Mais, sait-on réellement qui décide et où ?) une réduction des effectifs de l’armée professionnalisée de notre pays, annoncée lors de la présentation de son Livre blanc sur la Défense.

Les effectifs de celle-ci devront être ramenés à 225.000 hommes d’ici 6 à 7 ans, contre 271 000 hommes aujourd’hui. Ces 56.000 suppressions toucheront plus particulièrement l’armée de l’air (-24%). Dans l’armée de terre, la réduction d’effectifs atteindra 17%. Dans la marine, ce sera -11%. En conséquence, 30 implantations militaires vont être fermées sur le territoire ou regroupées.


Jean-Dominique Merchet journaliste à Libération donne une information intéressante : « lors du sommet franco-allemand, lundi à l’Elysée, le président Sarkozy et la chancelière Merkel ont évoqué l’avenir de la Brigade franco-allemande (BFA), qu’il serait "trop dommage" de dissoudre, selon la chancelière. A la demande des Français, qui souhaitent réduire leur présence outre-Rhin, l’Allemagne est prête à déployer une unité de la Bundeswehr, de manière permanente en France »…


La ville retenue selon cette information pourrait être Metz (très touchée par les restructurations) ou Strasbourg - où se trouve l’état-major du Corps européen. La France a précisé J D Merchet, a un temps, espéré que les Allemands viennent s’installer à Bitche (Moselle) pour compenser la dissolution localement douloureuse du 57ème régiment d’artillerie.


Ainsi des troupes allemandes peu nombreuses au début, s’apprêtent-elles à occuper progressivement les sites abandonnés par l’armée française. S’il s’agissait de réprimer un jour, les « terroristes pas Français » nouveaux résistants à l’Europe nouvelle de la finance, elles seraient éventuellement déjà sur place.


Visionnaire, le Général de Gaulle a historiquement décidé le 7 mars 1966 le retrait de notre pays de la structure militaire intégrée de l’OTAN : « (...) La France se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements « intégrés » et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN. (...) »


Nicolas Sarkozy appliquant méthodiquement sa politique de déstructuration nationale a donc dans un premier temps supprimé des troupes françaises qu’il entend ensuite remplacer en partie, par des militaires allemands dont les chefs politiques, nationalistes, ne cachent aucunement leur volonté d’hégémonie sur l’Europe.


En même temps le Chef, sous tutelle atlantique, de l’Etat a annoncé que la France pourrait réintégrer la structure militaire intégrée de l’OTAN. A quand la réinstallation en France, des bases américaines si judicieusement évacuées par Charles de Gaulle en application de sa politique exemplaire d’indépendance nationale ?


Déjà lors du sommet de l’OTAN en avril le gouvernement vassalisé a augmenté de 800 à 1000 hommes, les troupes de notre pays qui participent comme supplétifs à la guerre américaine contre le peuple afghan.

Barack Obama, pour lequel les attentats de Bombay arrivent à temps pour justifier en apparence sa politique, va continuer celle de G W Bush, dans cette partie du monde. Il a déjà menacé le Pakistan de s’attaquer chez lui à « des cibles terroristes de haut niveau ». Ce pays dont des régions sont déjà bombardées, pourrait devenir une nouvelle cible, dans l’engrenage des guerres américaines menées avec l’aide des mercenaires de l’OTAN.


Il affirme que l’Afghanistan est le « front central du combat contre le terrorisme. » Il souhaite y redéployer au moins deux brigades de combat, soit 10 000 hommes, qui s’ajouteraient aux 36 000 soldats américains déjà présents sur le terrain.


Il compte aussi sur l’aide européenne : « Pour notre sécurité commune », a insisté à Berlin le futur Président américain « le peuple afghan a besoin de nos troupes, et de vos troupes ». Il apparaît comme peu probable que cette nouvelle exigence américaine ne trouvera pas un écho favorable, chez Nicolas Sarkozy qui affirme apprécier qu’on le nomme Sarkozy l’Américain.


La guerre en Afghanistan est injuste, impérialiste et barbare. Elle n’est pas celle de la France qui doit s’en tenir à l’écart, rapatrier ses soldats au plus tôt et refuser cette aventure belliciste qui conduit au choc des civilisations.


Le Comité Valmy convaincu « qu’un peuple qui en opprime un autre ne saurait être un peuple libre », observe que dans notre pays l’armée est toujours davantage coupée du peuple et de la nation sauf au niveau de son financement qui reste socialisé. Tout semble se passer comme si son utilisation était elle, privatisée au profit de l’oligarchie financière euro- atlantique.


C’est pourquoi nous sommes, plus que jamais, favorables au rétablissement en France d’une armée de conscription, partiellement professionnalisée, à une armée du peuple au service d’une défense nationale souveraine, et au retrait de l’OTAN américanisée qui devrait être dissoute, dans l’intérêt de la paix mondiale.

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Défense & Indépendance Nationale - Communauté : Les blogs républicains
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Vendredi 6 février 2009 5 06 02 2009 17:19


Après avoir liquidé dans le dos des Français le référendum du 29 mai 2005, qui avait rejeté un traité affirmant pour la première fois une compatibilité totale entre la défense européenne naissante et l’OTAN, Nicolas Sarkozy tombe le masque en réalisant - selon le quotidien Le Monde daté du 5 février - la réincorporation unilatérale de la France dans le commandement militaire intégré de l’Alliance atlantique.

La preuve est ainsi faite que le renforcement, l’année dernière, de nos troupes en Afghanistan et leur incorporation dans les unités combattantes de la coalition internationale (contrairement aux promesses d’entre-deux-tours faites par le candidat Sarkozy aux Français), étaient bel et bien des gages d’alignement donnés aux Etats-Unis, en grande difficulté sur place à cause de leur propre aveuglement stratégique et politique.


Nicolas Sarkozy devra assumer devant l’histoire le rôle de fossoyeur d’un symbole fort de l’identité française : la politique d’indépendance nationale instaurée par le général de Gaulle il y a plus d’un demi siècle. Même François Mitterrand, adversaire personnel du Général et président socialiste issu d’un parti très atlantiste, n’avait pas osé remette en cause cet élément majeur du consensus national !


Quant aux raisons et aux soi-disant contreparties censées justifier cette honteuse politique d’alignement, elles paraissent bien faibles, pour ne pas dire virtuelles :


- La France ne sera pas plus forte face aux Etats-Unis et à ses partenaires européens en étant à l’intérieur de l’OTAN plutôt qu’en dehors. Au contraire, comme le soulignait Charles de Gaulle et comme aurait dû s’en souvenir Nicolas Sarkozy : « La politique la plus coûteuse, la plus ruineuse, c’est d’être petit ... » ;


- Notre pays n’a à cet égard obtenu pour prix de sa soumission que deux petits commandements sans intérêt réel, de l’aveu même des spécialistes ;


- Cette réintégration va coûter très cher aux finances publiques, qui devront assumer l’entretien d’un millier de cadres de l’armée dans les structures otaniennes ;


- La promesse d’un soutien des Etats-Unis à la mise sur pied d’une Europe de la Défense, dont le bien-fondé peut être discutable selon la forme qu’elle prend, n’est qu’une vague promesse, qui n’engage que ceux qui veulent y croire ;


- L’invocation de valeurs communes à la France et aux Etats-Unis pour justifier cet alignement laisse beaucoup d’incertitude et d’inquiétude : de quelle Amérique s’agit-il, celle de l’invasion de l’Irak, de la provocation délibérée de la Russie lors de la crise géorgienne, de la mise au pas des pays d’Amérique latine qui rejettent la mainmise des « Gringos » sur leurs richesses et leur gouvernement ?

Cette réintégration française dans l’OTAN, gratuite, contreproductive pour les intérêts français et contraire au vœu majoritaire de nos concitoyens, est une faute historique d’une gravité incalculable qui fera rentrer la France dans le rang du bloc occidentaliste, ruinera son crédit et son aura auprès des nations libres et dévalorisera sa dignité.



Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député de l’Essonne
Président du rassemblement gaulliste et républicain
Debout la République

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Défense & Indépendance Nationale - Communauté : Les blogs républicains
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Mercredi 11 février 2009 3 11 02 2009 00:58


Il y a un certain nombre d'années, Michel Jobert avait fait sensation en apostrophant ses collègues européens par ces mots : « Bonjour, Messieurs les traîtres. » Il pourrait malheureusement reprendre la même apostrophe à l'égard des dirigeants français, à la suite de la tribune commune que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel viennent de signer dans le « Monde ».

 

Prétendre fonder nos alliances « sur des valeurs communes, comme l'Union européenne et l'OTAN » marque un tournant politique d'une portée considérable, puisqu'il place sur le même plan l'Europe et l'OTAN, désormais confondues au sein d'une vaste entité euro-atlantique ou « occidentale ». Cela revient à abandonner et à condamner toute perspective de construction d'une Europe libre et responsable d'elle-même.

 

Rien ne justifie le retour de la France dans l'OTAN et la remise en cause de l'un des rares consensus forts de notre pays.

 

Nous y perdrons la considération que nous avions sur la scène internationale et particulièrement notre capacité à être entendus dans un certain nombre de conflits.

 

Nous ne renforcerons en rien la défense européenne. C'est nous qui étions jusqu'ici porteurs de cette ambition, alors que trop de nos partenaires trouvent confortable de s'en remettre à d'autres du soin d'assurer leur défense et de ne pas consentir les efforts budgétaires qui seraient nécessaires. C'est nous qui risquons désormais de nous aligner sur cette démarche de facilité, et non l'inverse.

 

Nous serons de plus en plus contraints de suivre les Etats-Unis sur les théâtres d'engagement extérieur qu'ils décideront, alors que l'une des raisons du retrait de l'OTAN en 1966 était précisément de refuser cet automatisme.

 

Alors que nous disposons aujourd'hui d'une réelle autonomie de décision, grâce à nos systèmes de renseignement, grâce à la force nucléaire stratégique, au porte-avion et aux sous-marins nucléaires d'attaque, nous en faisons le deuil pour l'octroi de deux commandements de second rang à l'intérieur de l'OTAN.

 

Pour tous ceux qui croient en la France et en la construction de l'Europe, cette décision qui n'a été ni concertée, ni discutée, ni approuvée par les Français ou par le Parlement, constitue bien une véritable trahison.


 

Daniel GARRIGUE
Député non-inscrit (ex-UMP) de la Dordogne

 

http://www.danielgarrigue.com/blog/blog.html

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