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Elections européennes 2009

Dimanche 1 février 2009 7 01 02 2009 23:05


Par David Desgouilles


Avec Sarkozy et Aubry, il semble que les deux plus grands partis de France aient trouvé des faussaires de haut vol. Résolution pour 2009 : se méfier.


Madame Aubry, nouvelle cheftaine du Parti socialiste, ne manque pas d’air. La voilà qui nous refait le coup de l’Europe sociale. Elle nous explique qu’on va changer d’Europe. Qu’avec les socialistes, enfin, l’Union européenne va promouvoir le mieux-disant social. A la manière de Sarkozy qui prévoit un slogan “Une Europe qui protège”, Madame Aubry se pose en faussaire d’élite. Comme le président de la République, il n’est pas question pour elle ni de remettre en cause les statuts de la Banque centrale européenne ni de remettre en question l’idéologie du libre-échange intégral, qui est à la source de la stagnation des revenus du travail en Europe depuis près de trente ans. Monsieur Pascal Lamy, directeur de l’OMC et ancien directeur de cabinet de Papa, serait fâché tout rouge. Comme Sarkozy qui n’a pas davantage l’intention d’instaurer un protectionnisme européen, elle se fiche bien de notre poire en faisant miroiter l’Europe sociale. D’ailleurs, comment croire une dame qui racontait il y a dix-sept ans lors du référendum sur le Traité de Maëstricht la fable suivante :


“C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités [...] Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion.”

Martine Aubry, 12 septembre 1992, Béthune


Ainsi les partisans du Non mentaient ! La bonne blague ! On peut faire les comptes aujourd’hui. J’ai peine à croire qu’une femme aussi intelligente n’ait pas eu conscience de ce qui était réellement écrit dans le traité. Elle n’y a jamais cru et elle continue de se moquer de nous, tentant de rivaliser, avec succès, avec le président de la République. Ceux qui ont signé tous les traités européens depuis l’Acte unique et qui tentent de faire croire qu’ils souhaitent une autre Europe ne sont rien d’autre que des faussaires. Et je donne acte à certains socialistes, qui espéraient en 1992 et qui ont déchanté en 2005, d’avoir été cohérents en quittant le PS il y a quelques mois, à l’instar de Jean-Luc Mélenchon et Jacques Généreux.

De même, un jour peut-être, Madame Aubry viendra nous expliquer à quel point le Parti socialiste reste un rempart pour défendre le principe de Laïcité face aux attaques – réelles – du président de la République. Faussaire, un jour, faussaire toujours. Il suffit d’examiner les prises de position de Madame le maire de Lille ainsi que ses décisions sur le terrain pour s’apercevoir de l’escroquerie(1).


Avec Sarkozy et Aubry, il semble que les deux plus grands partis de France aient trouvé des faussaires de haut vol. Résolution pour 2009 : se méfier.


Antidote


_____

(1) L’excellent site Riposte laïque a fait le compte des entorses aubrystes au principe de laïcité.
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Lundi 2 février 2009 1 02 02 2009 23:21

Le porte-parole d'une association musulmane radicale candidat aux élections européennes ? Vous en rêviez : les Verts l'ont fait ! Numéro 4 de la liste Nord-Ouest du pôle créé par Daniel Cohn-Bendit et José Bové, Ali Rahni est fan de Tariq Ramadan, proche du groupe Vert de Roubaix, connu pour ses amitiés dans les cercles musulmans les plus traditionalistes.


Chez Europe Ecologie, on ne rigole pas avec la parité aux européennes : chaque liste alterne un homme et une femme, un Vert et un associatif. Exemple dans la région Nord Ouest : pour équilibrer la présence de l'eurodéputée verte sortante, Hélène Flautre, les instances ont désigné en numéro 4 un cadre d'association. Mais pas n'importe lequel : Ali Rahni, le porte-parole du Collectif des musulmans de France (CMF). Confirmée par l'Etat major du pôle réuni autour de José Bové et de Daniel Cohn-Bendit, cette nomination a éveillé la vigilance des militants laïcs, mais n'a pas eu l'air d'intéresser les grands médias. A tort.

Ali Rahni : « Tariq Ramadan est notre référence intellectuelle majeure »


Car le CMF est tout sauf une organisation anodine. Selon le site de l'association, le collectif a été créé en 1992, sous le nom de Collectif des jeunes musulmans de France, « à un moment où un nombre croissant de jeunes français éprouvait une grande soif de spiritualité, sans forcément trouver le cadre adéquat pour l'étancher. » Dans une interview au site communautariste Oumma.com, Ali Rahni désigne le très radical Tariq Ramadan comme la « référence intellectuelle majeure » de l'association, par ailleurs signataire de l'appel des Indigènes de la République.


Si on ajoute que l'action du CMF est principalement dirigée vers les quartiers de banlieue sensibles et comporte, selon le site, une dimension éducative, sociale, culturelle et politique, le portrait a de quoi inquiéter.  Mais pas Les Verts, à l'évidence.

Les « Verts verts », la frange communautariste de Roubaix

Il faut dire que, dans la région, les Verts ont déjà plusieurs fois montré que l'ultra-communautarisme ne leur fait pas peur, au contraire. Aux dernières législatives déjà, le candidat du groupe écologiste à Roubaix — défendu bec et ongles par Dominique Voynet — avait suscité la polémique : Slimane Tir, président de l'association Rencontre et dialogue et de la radio communautaire de la ville, Pastel FM, avait pris l'habitude d'inviter aux débats qu'il organisait des prêcheurs islamistes voire Tariq Ramadan lui-même, dont les conférences sont d'ailleurs retransmises sur l'antenne de sa radio.

Creuset de l'appel ultra communautariste des Indigènes de la République, le Nord Pas-de-Calais est par ailleurs devenu depuis 2002 l'un des plus gros bastion de l'extrême droite en France. Un électorat si stratégique que Carl Lang, ancien lieutenant de Jean-Marie Le Pen entré en dissidence, se présentera aux élections européennes face à la liste de la fille du président du Front national. Extrême droite contre extrême gauche communautariste : il est beau le débat laïc républicain chez les Ch'tis !



Par Sylvain Lapoix, Marianne2.fr
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Mercredi 11 février 2009 3 11 02 2009 19:40


Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout La République (DLR), a lancé mardi à Paris sa campagne pour "une autre Europe", en présentant ses têtes de listes dans les sept circonscriptions métropolitaines pour le scrutin du 7 juin.

"L’Europe est profondément malade. Les Européens paient extrêmement cher - chômage, misère - les erreurs politiques et économiques des dirigeants européens de droite comme de gauche", qui "continuent la même politique depuis 20 ans", a déclaré devant la presse le député de l’Essonne (ex-UMP).

"L’élection du 7 juin prochain sera donc une occasion historique de ne plus se laisser faire, et d’inventer une autre Europe", a-t-il ajouté.

Il sera numéro deux de la liste DLR en Ile-de-France, avec Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit, en numéro un.

Parmi les binômes qui conduiront les listes DLR, figurent des adhérents de DLR mais aussi des nouveaux venus comme Christine Tasin. Cette militante au MRC de Jean-Pierre Chevènement, qui prône "une union des républicains des deux rives", sera numéro deux de la liste dans l’Ouest.

Entre les "euro-béats" que sont à ses yeux l’UMP, le PS, le MoDem et les Verts, et les "euro-ronchons" incarnés par les extrêmes, DLR propose aux Français le choix d’"une autre Europe, qui les respecte", a affirmé le maire de Yerres (Essonne).

Les candidats DLR feront notamment campagne pour un "protectionnisme européen intelligent", et proposent de "supprimer la Commission de Bruxelles, pour inventer une Europe autour d’agences de coopération, sur le modèle de l’agence spatiale européenne, pour tous les grands projets du XXIème siècle", a déclaré M. Dupont-Aignan.

Le député, qui n’a pas voulu faire des listes communes avec le MPF, s’est démarqué de Philippe de Villiers. "On ne peut pas à la fois critiquer la politique européenne du président de la République, et de l’autre le soutenir", a-t-il dit.

DLR, qui revendique 10.000 adhérents, financera sa campagne sans emprunts bancaires, grâce notamment à une souscription sur internet ("5 euros pour changer d’Europe"). "5 ou 600.000 euros nous manquent encore pour boucler le budget, mais nous sommes raisonnablement optimistes", a dit M. Dupont-Aignan.


AFP


Discours de Nicolas DUPONT-AIGNAN

"L’Europe est profondément malade. Les européens paient de plus en plus cher dans leur vie quotidienne (chômage, misère), les erreurs, les fautes politiques et économiques de dirigeants de droite comme de gauche qui l’ont conduite dans l’impasse.

Et pourtant, ces mêmes dirigeants continuent en coulisse à agir comme si de rien n’était :
  ils veulent imposer le traité de Lisbonne, copie conforme de la Constitution européenne malgré trois référendums contraires,
  ils ouvrent discrètement, mais sûrement, les uns après les autres les chapitres de négociations de l’adhésion de la Turquie,
  ils détruisent pas à pas les services publics. Après l’énergie et les transports, ils veulent déréglementer maintenant le secteur de la santé,
  ils défendent bec et ongles le libre échange déloyal qui nourrit le dumping social et environnemental,
  ils intègrent à marche forcée notre défense dans celle de l’OTAN.

Les élections européennes du 7 juin prochain constituent donc une occasion historique pour les Français et les Européens de ne plus se laisser faire, de désavouer cette mauvaise politique et d’en proposer une autre.

Comment les Français pourraient-ils avoir envie de voter pour les listes de l’UMP, du PS, du MODEM ou des Verts qui ont signé depuis 20 ans tous les traités et sont donc responsables de l’échec actuel ?

Soudain les discours de ces partis politiques changent. Ils découvrent que leur Europe ne marche pas et prétendent vouloir la réformer mais, au même moment, ils veulent imposer le traité de Lisbonne qui grave dans le marbre ses dérives.

Ils me font penser aux loups qui se déguisent en grand-mère ! L’électeur français ne doit pas se laisser abuser par ce double langage, cette manipulation électorale et devenir le petit Chaperon Rouge de l’élection européenne.

Mais comment les Français, qui savent désormais que l’Union européenne ne fonctionne pas, pourraient-ils avoir aussi envie de voter pour les éternels « euro-ronchons ». Ils en ont assez des lamentations, ils veulent des solutions.

En 2005, les 16 millions de Français qui ont voté NON n’ont pas tous, loin s’en faut, voté contre l’idée européenne mais contre l’Union européenne d’aujourd’hui qui leur fait tant de mal. Ils en veulent une autre, tout simplement.

Voilà pourquoi Debout la République, qui s’est constitué en parti politique à part entière le 23 novembre dernier, a décidé de présenter des listes dans toutes les régions françaises.

Nous refusons le rafistolage hypocrite de ceux qui ont mené l’Europe dans une impasse.

Nous refusons le rejet de l’idée européenne des extrémistes sans solutions.

Nous voulons offrir aux Français enfin un vrai choix pour bâtir une Europe radicalement différente au service des Européens.

Une Europe qui les respecte !

Oui, une Europe qui respecte leur vote.

Une Europe qui respecte leurs emplois : ainsi pour sortir de la crise nous proposerons le protectionnisme européen intelligent capable de rétablir la loyauté des échanges.

Une Europe qui respecte leur qualité de vie.

Une Europe qui respecte leur pays : nous proposerons un nouveau traité permettant la multiplication de coopérations à la carte sur le modèle de l’Agence spatiale européenne. Cela permettra de supprimer la Commission de Bruxelles, l’Union européenne cessant de se mêler de tout dans la vie des peuples pour se concentrer sur les défis du XXIème siècle.

Pour défendre devant les Français ce projet nos listes seront portées par un rassemblement de femmes et d’hommes de conviction.


Région Ile de France :


Anne-Marie LE POURHIET et Nicolas DUPONT-AIGNAN


Région Est  (Alsace, Lorraine, Champagne Ardenne, Franche Comté, Bourgogne) : 


Jean-Pierre GERARD et Elisabeth LAITHIER


Région Nord Ouest (Basse Normandie, Haute Normandie, Nord Pas de Calais, Picardie) :


Thierry GREGOIRE et  Brigitte BRIERE


Région Ouest (Bretagne, Pays de Loire, Poitou Charentes) : 


Christian LECHEVALIER et Christine TASIN


Région Sud Ouest (Aquitaine, Languedoc Roussillon, Midi Pyrénées) :


Henri TEMPLE et Christiane BRUNEAU


Région Sud Est (Rhône Alpes, PACA, Corse) : 


Michèle VIANES et Thierry GIORGIO


Région Massif Central Centre (Auvergne, Centre, Limousin) : 


Jean BARRAT et Catherine de METZ


Ces hommes et femmes d’origines politiques différentes ont prouvé par leur vie professionnelle comme par leur engagement, la constance de leur analyse, la lucidité de leur jugement, leur désintéressement, leur volonté de changer les choses.

Ils feront honneur à notre vision gaulliste et républicaine de la France. Ils défendront à Strasbourg un projet sérieux et ambitieux. Ils seront la surprise du 7 juin."



> La présentation des têtes de liste (en PDF)


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Mercredi 11 mars 2009 3 11 03 2009 00:00

Attention, nous publions un avis d'enfumage !

Le coupable, le parti socialiste, qui a décidé une nouvelle fois de mener sa campagne des élections européennes sur le thème de l'"Europe sociale".
Salaire mimum européen, harmonisation fiscale, tout y sera de nouveau. Comme tous les 5 ans, à chaque élection du parlement européen, le PS rejoue le même morceau, en continuant en parallèle de voter les directives et les Traités.

Une nouveauté malgré tout cette année, un article du Monde, le parti socialiste mènera aussi campagne contre José Manuel Barroso, le président de la commission de Bruxelles, "un homme de droite dont le libéralisme économique, le conservatisme et l'atlantisme ne sont plus à prouver".

Tout cela est vrai, mais il est bien dommage que le parti socialiste n'ait rien fait plus tôt et qu'il ait presque toujours voté au parlement européen puis à l'assemblée nationale les textes proposés par ce même Barroso...
Notons aussi que les grands technocrates bruxellois issus de ses rangs, Pascal Lamy ou Jacques Delors, ne se sont pas fait beaucoup remarquer de leur temps pour leur antilibéralisme militant.

Plus grave, et c'est en cela que ce positionnement relève de l'enfumage, le parti socialiste ne fera rien contre les Traités européens, et notamment le très libéral Traité de Lisbonne, digne héritier de la Constitution européenne.

Alors qu'il ne s'était déjà pas opposé à son adoption en catimini par le parlement français en février 2008, le parti socialiste considère aujourd'hui le Traité de Lisbonne comme "une donnée".
"Les querelles institutionnelles ne sont plus de saison car l'ordre du jour de la nouvelle mandature est économique et social" nous explique-t-on au PS, comme si les Traités européens n'avaient rien à voir avec le contenu des politiques européennes et nationales, comme si toutes les directives et plus de 80% de nos lois n'en découlaient pas directement.

C'est pourtant bien dans le Traité de Lisbonne qu'est inscrit le pouvoir exorbitant de la Commission de Bruxelles, seule autorisée à proposer des directives.
C'est bien dans ce Traité qu'est gravée dans le marbre l'indépendance totale de la Banque centrale européenne. C'est dans Lisbonne qu'on retrouve le carcan de l'euro, qui nous empêche d'agir face à la crise et nous plonge plus vite et plus fort que les autres dans la récession (cf les derniers chiffres publiés par Eurostat).

C'est dans ce Traité que figurent la déréglementation des services publics, le culte de la concurrence libre et non faussée, l'obligation absolue de libre-échange à l'intérieur de l'Europe et à l'extérieur, pourtant à la source de la crise mondiale et des délocalisations en cascades.

Et dans ces conditions  le PS voudrait nous faire croire, comme en 1989, comme en 1994, comme en 1999, en 2004 et à chaque échéance européenne, qu'il défendra "l'Europe sociale" ?

C'est une nouvelle fois se moquer du monde.

C'est déjà très grave en temps normal. Mais en période de crise généralisée et de faillite du modèle euro-libéral, c'est criminel.


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Lundi 23 mars 2009 1 23 03 2009 20:58


Retrouvez ci-dessous l'extrait d'un mémorandum de Paul-Marie Coûteaux adressé aux militants du MPF, dans lequel il explique son refus de concourir aux côtés de "Libertas", ce mouvement pan-européen qui entend fédérer sous sa bannière tous les mouvements "souverainistes" dans la perspective des élections européennes. Mouvement dont on apprend beaucoup à la lecture de ces lignes, et sur son créateur, Declan Ganley.

Où l'on s'aperçoit de la vraie nature de "Libertas", un mouvement nullement attaché à la souveraineté nationale , mais véritablement fédéraliste, atlantiste et libéral, avec à sa tête un dirigeant, acoquiné aux milieux d'affaires américains. Un dirigeant milliardaire qui use de sa fortune et de sa puissance pour acheter l'adhésion de "souverainistes" et semer la division et le discrédit dans leur camp.



"Ma décision de refuser de courir, lors des prochaines européennes, sous les couleurs de l'organisation paneuropéenne Libertas suscite des interprétations si diverses que je me sens tenu de développer les faits et les raisons qui l'ont motivée. L’essentiel de «  l’affaire libertas* » s’étant déroulé à Bruxelles, et peu d’informations vous en ayant été données, je le ferai de façon détaillée, récapitulant notamment plusieurs lettres envoyées à Philippe de Villiers sur ce sujet, et vous donnant toutes les explications que j’estime vous devoir.

 

1. La réunion du groupe « Indépendance et Démocratie » du 18 février.


Comme vous tous, j’ai d'abord trouvé intéressante l'idée d’assortir le nom de nos listes d'une estampille dénommée Libertas, signalant aux électeurs qu’un lien existait à travers l’Europe entre les opposants à la supranationalité. L'engagement de Declan Ganley dans la campagne du Non en Irlande constituait à cet égard une indication favorable. En octobre dernier, j’ai signé, à la demande de Patrick Louis, un engagement dans Libertas, qui se présentait alors comme un simple label.

Dans le courant de l’automne, des rencontres régulières eurent lieu à Bruxelles entre Philippe de Villiers, Declan Ganley, Patrick Louis et Christophe Beaudouin, rencontres auxquelles je ne fus pas associé. Je m’ouvris de temps en temps auprès de Philippe de Villiers des réticences que M. Ganley suscitait parmi les membres de notre groupe Indépendance et démocratie (dont je suis vice-président). En janvier, le président de notre groupe, Nigel Farage, chef de file des députés britanniques UKIP - United Kingdom Independance Party (18,5 % en 2004) - me dit que, n’ayant pu s’entendre avec M. Ganley qu’il jugeait être un «fédéralist», il était scandalisé que Libertas eu. présente partout des candidats contre les siens, au risque de les faire battre. Un point irritait spécialement mes collègues britanniques, le vœu réitéré de M. Ganley de faire élire au suffrage universel un Président de l'Union européenne, le même jour dans tous les pays. Je ne pouvais que partager ces craintes, d'autant que, sur ces entrefaites, j'avais entendu M. Ganley tenir le même propos lors d'une conférence de presse à Bruxelles, propos assorti d'autres sur la Turquie à l'adhésion de laquelle il se montrait favorable, sur le thème « plus nous serons nombreux, plus nous serons forts ». Je rapportais ces propos à Philippe de Villiers, qui m’assura que, Libertas ne se substituant pas à nous, nous tiendrions en France le langage que nous entendions - d’ailleurs celui qu'entendent et qu'attendent nos électeurs.

De nouveaux épisodes augmentèrent mes préventions : des députés italiens ou polonais se plaignaient notamment de dissensions que Libertas eu. alimentait dans leur pays en mettant en quelque sorte aux enchères le fameux label entre plusieurs partis. Nos collègues hollandais refusèrent tout net tout contact avec M.Ganley, n’imaginant pas courir lors des élections européennes sous une bannière étrangère, et voulant protéger de toute accusation le Non de leur peuple à la Constitution Giscard, Non dont ils s’estiment dépositaires. Mais l’événement essentiel eut lieu le 18 février dernier, lorsque M. Ganley, après plusieurs reports, vint présenter le projet Libertas eu. en réunion plénière de notre groupe. Il commença par laisser pantois beaucoup de nos collègues en répétant : « notre but est que l’UE réussisse, et pour cela, il faut la rendre démocratique », discours fédéraliste typique - un « européisme à visage humain » dit un député polonais, qui s’y connait en communisme du même nom. Quand M. Ganley eut fini de parler, notre président répondit sèchement que « telles n’étaient pas nos positions ». La plus hostile fut la députée danoise Hanne Dahl, qui récusa tout de go, elle aussi, le parrainage de M. Ganley, estimant que le soupçon de financement étranger pourrait détourner les électeurs. Elle fit d’ailleurs un lien entre les sources très américaines, et militaires, du sémillant « milliardaire » et le fait qu’il se soit engagé au cours de la campagne irlandaise pour l’entrée de l’Irlande dans l’OTAN, jetant ainsi le trouble parmi les partisans du Non, en majorité favorables au maintien de la neutralité irlandaise - trouble dont notre collègue irlandaise Cathy Sinnot, qui elle aussi s’entend fort mal avec son compatriote Ganley, se fit aussi l’écho auprès de moi. Un député polonais s’emporta ensuite contre la position plusieurs fois exprimée par l’homme d’affaires en faveur de l’entrée de la Turquie dans l’UE (il n’était pas encore revenu sur cette position comme il le fait en France, pour la galerie), et déclara refuser tout net le moindre compromis sur ce sujet. Une Polonaise s’étonna ensuite de certaines alliances nouées par Libertas dans différents Etats de l’Est avec des groupes plus ou moins contrôlables, s’inquiétant que cette enseigne commune puisse nous entraîner fort loin : qu’un candidat Libertas fasse ici ou là une bourde sur un sujet tant soit peu sensible, et la presse nous l’opposerait aussitôt. Notre députée suédoise lui reprocha d’introduire partout des divisions en présentant des listes dans des pays où il en existe déjà - Libertas tente en effet de présenter des listes dans les 27 pays, c'est-à-dire souvent contre les partis eurosceptiques existants. Au mot « eurosceptique », M. Ganley déclara que l’on ne pouvait être eurosceptique sur l’Europe ». A ma question : « Comment devons-nous nous nommer ? », il me répondit : « nous sommes pan-européens, nous devons être les vrai Européens », ce qui acheva de me plonger dans le désarroi.

Hanne Dahl me dit en a parte après la réunion que, si l'on voulait jeter la confusion et désorganiser les eurosceptiques à travers toute l'Europe, on ne s'y prendrait pas autrement. Elle me montra un exemplaire du magazine allemand Focus du 15 février, qui publiait un entretien avec D. Ganley (ils sont rares et parcimonieux), où celui ci disait textuellement qu’il était « favorable à l’entrée de tous les pays Européens dans l’OTAN ». Le Rassemblement pour l’Indépendance et la Souveraineté de la France (RIF) que je préside, et qui mène campagne contre le retour de la France dans le commandement intégré se déclara à son tour hostile à toute alliance avec Libertas. J’écrivis alors à Philippe de Villiers pour lui dire que je ne souhaitais pas endosser pareille étiquette, lui déclarant vouloir rester indépendant, (lettre du 20 février : « je tiens à dire solennellement que je n’en poursuivrai pas moins mon combat selon les voies qui me sont propres et dont je me sens entièrement libre »), et décidai d’enquêter plus avant sur M. Ganley et Libertas.

 

2. Qui est Declan Ganley ?

 Né à Londres il y a 40 ans, il vint en Irlande lorsque ses parents s’y installèrent douze ans plus tard - mais garda la nationalité britannique. Plus tard, il épousera une citoyenne américaine et vit depuis lors à Washington D.C., tout en possédant en Irlande un manoir sur la devanture duquel flottent ensemble le drapeau irlandais et la bannière de l'U.E. Engagé en politique dès l’adolescence, il milita au Fianna Fail et soutint ardemment le Traité de Nice. Mais il se consacra assez vite aux affaires, accumulant en quelques années une immense fortune, qui lui valut dans Fortune le surnom de “Ganley le magnifique”. Dans les années 90, il se consacra d’abord au commerce de l’aluminium et du bois russes, achetant d’immense forêts dont il vendit le bois en “occident” du temps que la Russie désorganisée était ouverte à tous les appétits) ; puis il se consacra à la technologie des télécommunications, se spécialisant dans les “réseaux protégés” et la “téléphonie d’urgence”; M. Ganley est actuellement président - « Chief Exécutif » - de Rivada networks, entreprise dont Wikipedia précise qu’elle est « spécialisée dans les systèmes de télécommunications des armées » ; parmi les directeurs de Nevada Network, on trouve MM. James Loy, ancien secrétaire à la Sécurité intérieure, Denis Mac Carthy, ancien chef d’état major de la Marine, plusieurs dignitaires du Pentagone et diverses figures de ce qu’il est convenu d’appeler « le complexe militaro industriel ». Rivada Networks a ainsi obtenu plusieurs contrats du Gouvernement américain - d’abord pour la reconstruction de la Louisiane après Kathrina, puis un autre,  avec une jeune entreprise implantée en Alaska, Nana Pacific, pour sécuriser les télécoms de la garde Nationale. En 2007, Rivada Networks, dont la stratégie n'est pas sans rappeler le modèle du fonds d'investissement Carlyle, recrute comme vice-président l'Assistant Secretary au commerce, à la communication et à l'information de G.W. Bush, John Kneuer.

A la fin des années 90, « Ganley International », créa un fonds, « The Anglo-Adriatic Investment Fund », sis en Albanie et destiné à « réaliser des investissements dans la région » - notamment au Kossovo, qui n’était point encore tout à fait "américano-indépendant". En Europe, M. Ganley a aussi pris un pied dans  Broadnet - revendu depuis lors 50 millions d'euros, selon l'Irish Times. Pour accroître son influence, M. Ganley sponsorise un « forum pour la sécurité publique en Europe et en Amérique du nord », “think tank” où l’on réfléchit à la sécurité commune de l’Atlantique. Il a aussi créé sur notre continent plusieurs entreprises, souvent en partenariat avec des sociétés états-uniennes, dont une de téléphonie continentale, toutes choses qui ne le portent certes pas à l’hostilité envers les instruments de la supranationalité européenne. Il répète d'ailleurs « qu'il n'est pas raisonnable, quand on fait des affaires à l'échelle de toute l'Europe de devoir s'entendre avec 30 gouvernements », autre discours fédéral type...

Pour s'en tenir à sa fortune, je relève que, en septembre dernier, la conférence des présidents du Parlement européen demanda officiellement au Congrès américain des éclaircissements sur ses origines - demande à laquelle notre groupe politique s’est associé… Le Congrès américain répondit, comme il était à prévoir, par le traditionnel non possumus (“nous ne pouvons pas”)…

 

3. Qu'est ce que Libertas eu. ?

Un an après sa création, Libertas est assez doté pour louer de spacieux bureaux à Bruxelles où sont employés une quinzaine de permanents, sans compter les personnes appointées ailleurs. Les financements seraient assurés, selon M. Ganley, non par ses fonds propres, mais par des « donations », notamment « celles que l’on trouve sur le marché de l’art » a-t-il précisé dans son entretien précité au magazine Focus, ainsi que des « soirées de bienfaisance » (type « Found raising»), organisées on ne sait où, ainsi que dit-il, « des social events, comme l’a fait Barack Obama pendant sa campagne », ce qui, transposé en France, n’est pas très clair.

Sur son site, Libertas eu. se présente comme « un mouvement paneuropéen voué à la création d'une nouvelle Union européenne, démocratique et ouverte ». Je note au passage que ce  mot « ouverte » consonne assez bien avec le refus réitéré, et obsessionnel, de M. Ganley de tout protectionnisme - de sorte qu’'il récuse même l’idée de préférence communautaire, et demande le démantèlement de la bête noire de l’OMC, la PAC - point qui m'a été rapporté mais que je n'ai pu vérifier, les déclarations diverses de M. Ganley étant plus souvent orales qu'écrites, et de surcroît à géométrie variable. Au fond, Libertas eu. milite pour une Europe supranationale que la démocratie et la « transparency » rendraient plus efficace, et qui serait ainsi le pilier européen d’une Union euro-atlantique, thème souvent évoqué par l’avocat d’affaires international, ancien chef de cabinet de François Léotard et ancien député UMP de Nice, présentement directeur de campagne de Libertas France, Jérôme Rivière (voir l’entretien accordé par celui-ci au Monde le 2 février 2005, où il dit sans ambages : « je suis un atlantiste », et, se réclamant explicitement de Jean Monnet, déclare « qu’il est pour un Non de droite parce qu’il faut plus d’Europe », toutes choses qui disent assez le point de confusion intellectuelle où nous en sommes arrivés). A noter que le thème de l’union euro-atlantique est souvent utilisé par le directeur de campagne des listes Libertas eu. - car il y a aussi un directeur de campagne à Bruxelles, celui-ci étant curieusement un Australien.

Pour finir sur Libertas, je relèverai deux anecdotes qui montrent que cette organisation est loin de se cantonner au rôle de label sous les traits duquel elle nous fut vendue. Lors d’un déplacement de notre groupe à Prague pour une audience auprès du président Klaus, le 4 mars, mon collègue tchèque Vladimir Zelezny m’expliqua qu’un différent était né entre Libertas eu. et lui à propos d’une de ses affiches de campagne sur laquelle il avait fait figurer en gros le nom de son parti et, plus petit dans un coin, le prétendu label Libertas. Il essuya un brutal rappel à l’ordre de Bruxelles (plus exactement du siège de Libertas eu) lui rappelant qu’il ne devait utiliser dans sa communication aucun autre nom que celui de Libertas - dont il se dit prêt, dans ces conditions, à se passer. A l’aéroport de Prague, un autre de mes collègues du groupe, le Danois Niels Lungreen, me raconta que, « la base » de son parti (le Mouvement de Juin), ayant récusé à une très large majorité l’accord avec M. Ganley, principalement pour ne pas être pas accusé de recevoir l’aide d’un milliardaire américain - on sait que, dans tous les pays du monde, il est assez facile de financer une campagne électorale par des voies détournées, ne serait-ce qu’en abondant le compte de certains candidats, ou en fournissant des « services », ce dont ces souverainistes-là ne voulaient pas être soupçonnés. Or, peu de temps après, l’état major du « Mouvement de juin » se vit proposer par un délégué de Libertas eu. la somme de 900 000 euros pour accepter malgré cela le fameux « label ». Bien étrange label dont il faut payer les bénéficiaires pour qu'ils acceptent..."


Source : Gaullisme.fr


En complément, cette vidéo :


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Mercredi 25 mars 2009 3 25 03 2009 19:17


Par Gérald Andrieu


Le MRC n’ira pas. Il n’ira pas au Front de gauche. Il n’ira pas non plus aux élections européennes. Plutôt s’abstenir que d’y aller mal accompagné. C’est ce que l’on peut comprendre à la lecture de la résolution du MRC rendue public dimanche soir. Une nouvelle qui n'a pas vraiment ému les médias. Pourtant ce refus permet d’en savoir plus sur le Front de gauche, sur ce qu’il a sous le capot.


La souveraineté en débat

« Nous avons fait, de part et d’autre, beaucoup de concessions, explique Sami Naïr, négociateur en chef pour le MRC, Mais, quand ça a touché les orientations identitaires, ça a bloqué. » Des concessions, de fait, il y en a eu de nombreuses : en près d’un mois de négociation, une quinzaine d’amendements ont été apportés. Et c’est en effet sur les questions « identitaires » que le « mariage » a buté : « Nous n’avons pas la même conception de l’Europe, confie le responsable du parti républicain, Nous sommes pour une Europe réaliste, une Europe à géométrie variable, une Europe articulée sur ses nations. » C’est d’ailleurs principalement sur la question de la souveraineté nationale, concept très cher à Jean-Pierre Chevènement, que les deux organisations se sont affrontées. Quand le MRC disait « souveraineté nationale », le Front de gauche répondait « souveraineté populaire européenne ». « Nous n’y croyons pas, réplique Sami Naïr, Il n’y a pas de peuple européen. Il y a vingt-sept peuples européens ». Francis Parny, chargé des relations extérieures au PCF, a pris part aux négociations avec le Mouvement républicain. Il se dit « surpris » car, d’après lui, « la souveraineté nationale n’est pas un problème pour le Front de gauche » et « participer au Front ne veut pas forcément dire fusion ».


Soit. Mais la question du souverainisme n’a pas été le seul sujet de blocage. L'immigration a aussi été au cœur des débats, le Front de gauche demandant une régularisation de tous les sans-papiers. Autre sujet débattu : la position du Front de gauche face au capitalisme. « Ils nous ont répondu ne pas vouloir le réguler ! », s'étonne Sami Naïr.


Une seule tête de liste pour le MRC 

Voilà pour la « belle » politique, celle des idées. Mais la stratégie, aussi, est importante. Dans les deux camps, on dit avoir abordé « officiellement » la question des places sur les listes seulement lors de leur dernière rencontre, le 19 mars dernier. Là aussi, ça a bloqué : « Ils ne nous réservaient que 9 places, dont une tête de liste dans le Sud-Est, confie le responsable du MRC, Cette tête de liste devait être une femme. Nous sommes pour la parité, le problème n’est pas là. Mais il avait décidé pour nous. » « Ce n’était pas maltraiter le MRC que de leur en proposer une seule. Dans une région, le Sud-Est, où ils avaient toutes leurs chances », répond Francis Parny qui explique au passage que si l’organisation de Chevènement avait accepté cet accord, trois têtes de listes serait revenues au PCF, deux aux PG et une aux Alternatifs (qui, eux aussi, ont fini par refuser de participer au Front de gauche). Quant au fait que cette place en position éligible devait impérativement être occupée par une femme, le négociateur du parti communiste précise que « la parité voulue par le Front de gauche supposait une parité des têtes de listes. » Et d’ajouter laconiquement qu’« il n’y a pas eu de contre-proposition » du MRC sur le nombre de places qui lui était réservé, laissant entendre que le parti de Jean-Pierre Chevènement ne voulait pas vraiment participer au Front...


Le Front de gauche : « une sorte de para-NPA » ? 

Sami Naïr pourrait en dire autant à l’égard du Front de gauche : « J’ai comme l’impression qu’ils ne voulaient pas d’accord. Le PCF cherchait quelqu’un pour que ses électeurs n’aillent pas au NPA : ils ont trouvé le PG. Le PG cherchait quelqu’un pour toucher l’électorat du PS : ils ont trouvé le PCF. J’ai aussi eu l’impression que leur obsession était de rester le plus vague possible sur leurs orientations. S’ils veulent se démarquer nettement du système UMP-PS d’un côté et du système NPA de l'autre, il leur faut une position claire. Là, ils forment une sorte de para-NPA… »



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Voir aussi :

"Nouvelle fracture à gauche sur la Nation" du Canard Républicain

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Mercredi 25 mars 2009 3 25 03 2009 20:42

Avec le départ de ses caravanes, DLR lance sa campagne de terrain

Les Parisiens et les touristes qui se promenaient du côté de l’Esplanade des Invalides en ce mardi 24 mars vers midi, se sont arrêtés pour contempler une scène inhabituelle : devant une nuée de journalistes, caméras et micros tendus, Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la République, a symboliquement tiré un coup de feu en l’air (avec un pistolet de starter) pour donner le signal de départ aux caravanes qui sillonneront les régions françaises à partir de maintenant et jusqu’au 7 juin prochain.

Les sept véhicules, conduits par des militants et à bord desquels ont pris place les différentes têtes de liste du rassemblement gaulliste et républicain, se sont ensuite éparpillés pour prendre la direction de la province et partir à la rencontre des Français. Nos candidats et nos militants iront au devant de nos compatriotes, « des grandes villes jusqu’aux villages les plus reculés » a insisté Nicolas Dupont-Aignan.


Michèle Vianes (pour le Sud-Est), Henri Temple (pour le Sud-Ouest), Jean Barrat (pour le Centre), Jean-Pierre Enjalbert (pour l’Ile-de-France), Christian Lechevalier (pour le Grand-Ouest), Jean-Pierre Gérard (pour le Grand Est) et Thierry Grégoire (pour le Nord-Ouest), ont en effet prévu de multiplier les kilomètres : chaque caravane effectuera plus de 80 étapes au cours des prochaines semaines…



Le site de campagne de DLR


http://www.europeennes2009.fr/

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Vendredi 17 avril 2009 5 17 04 2009 18:09

Par Nicolas Voisin


Il y a quelques jours, dans tous les établissements de l'enseignement secondaire, les professeurs d'histoire et géographie ont reçu dans leur casier une grosse enveloppe. A l'intérieur, d'étonnants documents pédagogiques élaborés par le Ministère de l'Education Nationale et deux associations, « Les Euronautes » et « Toute l'Europe ».
 
Dans l'enveloppe : une carte de l'Union Européenne et une frise historique de la construction européenne depuis 1945. Curieusement, aucune circulaire d'accompagnement... donc aucune explication sur ce qui justifie - à deux mois des élections européennes - l'envoi de ce matériel. Le professeur - confiant dans son Institution - en déduit donc qu'il s'agit d'une initiative s'inscrivant dans une pure démarche d'instruction civique, l'incitant à afficher sur les murs de sa classe ces documents pour provoquer auprès des jeunes citoyens en formation une séance de sensibilisation sur les enjeux européens. Quoi de plus louable ?

Sauf qu'à y regarder de plus près, on s'aperçoit qu'il s'agit en fait d'une stupéfiante campagne de propagande.

Un matériel « pédagogique » très orienté

Sur la carte, pas grand-chose à dire : on y retrouve les 27 pays membres de l'UE, leur date d'adhésion et quelques informations géographiques... En revanche, c'est en découvrant la frise chronologique que n'importe quel professeur un tant soit peu attentif en réalise rapidement le caractère très orienté.

Dès le premier coup d'œil, on peut facilement discerner la tonalité très atlantiste de l'ensemble du document qui présente la construction européenne, depuis la conférence de La Haye en 1948, dans le cadre d'une alliance avec les Etats-Unis face à l'Union Soviétique, et en constant parallèle avec l'Otan. Malheureusement, on retrouve cette tonalité générale dans la quasi-totalité des manuels d'histoire...

Ensuite, on s'aperçoit que pour les concepteurs de cette chronologie, les professeurs d'histoire et géographie n'ont certainement pas la mission de sensibiliser leurs élèves sur l'éventuelle implication du peuple européen dans ce processus de construction : là encore, on retrouve le penchant assez habituel des documents réduisant l'Histoire à l'action des grands hommes (et de quelques femmes tout de même...) et la démocratie au fonctionnement de grandes Institutions totalement désincarnées.

Bref, un document tendancieux, mais finalement rien de très nouveau... Mais c'est à la fin de la frise chronologique que le scandale se révèle.

Eh, M'sieur Darcos, y s'est passé quoi en 2005 ? Rien mon petit... rien du tout...

Entre les portraits de Jacques Santer (ex premier ministre Luxembourgeois, ex président de la Commission Européenne et co-rédacteur en 2003-2004 du Traité établissant une Constitution pour l'Europe) et de Nicolas Sarkozy, il y a l'année 2005... vide !

Dans une chronologie sur la construction de l'Union Européenne dont les concepteurs ont jugé indispensable de rappeler la victoire de l'Allemagne à la coupe du Monde de football le 4 juillet 1954, celle de la France le 12 juillet 1998, la naissance de la brebis Dolly le 5 juillet 1996, il est stupéfiant de découvrir qu'en 2005... rien. Il ne s'est rien passé.

Il est pourtant bien signalé que le 29 octobre 2004, le Traité établissant une Constitution pour l'Europe a été signé. Et que le 13 décembre 2007, ça a été le tour du Traité de Lisbonne. Deux traités en 3 ans, ça mériterait une explication, non ? Mais non : en 2005, il ne s'est rien passé... pas plus qu'en 2008 du reste !

Ainsi, pour la propagande euro-béate organisée le vote des peules français et hollandais des mois de mai et juin 2005 repoussant par référendum le Traité établissant une Constitution pour l'Europe, et celui du peuple irlandais refusant de ratifier en juin 2008 le Traité de Lisbonne, sont des événements indignes de figurer dans des documents pédagogiques diffusés par le Ministère de l'Education Nationale et ne sauraient être enseignés par les professeurs d'Histoire et Géographie. Ces derniers sont appelés à claquer des talons et à diffuser auprès des élèves cette présentation édifiante de la construction parfaitement linéaire d'une Union Européenne consensuelle... c'est-à-dire conforme aux conceptions libérales et atlantistes de ses actuels dirigeants.

Alors voici une suggestion : comme il n'est pas question de gaspiller les considérables moyens investis par le Ministère de l'Education Nationale pour faire tirer et distribuer à tous les collèges et lycées ce beau support pédagogique (en couleur et sur papier glacé), et comme les professeurs sont tous des serviteurs zélés de la fonction publique enseignante, on ne peut que recommanderl'affichage de ces documents dans toutes les classes... Toutefois, au nom de l'exigence scientifique, et utilisant leur liberté pédagogique reconnue par leur statut, les professeurs qui liront ces lignes sont aussi invités à apporter toutes les modifications nécessaires à la main ! Aussi proprement que possible, mais qu'on se rassure : il y a de la place sur les années 2005 et 2008 laissées entièrement libres ! Merci donc au concepteur pour cet encouragement à une pédagogie active et transdisciplinaire.

Ainsi, Monsieur le Ministre aura la satisfaction d'avoir effectivement été à l'origine d'une belle campagne participative d'instruction civique...

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Dimanche 26 avril 2009 7 26 04 2009 21:19



Nicolas Dupont-Aignan dénonce l'omerta organisée par les médias et les grands partis vis-à-vis des élections européennes. Une omerta empêchant de voir émerger un véritable débat sur l'Europe que les Français méritent pourtant plus que jamais !

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Mercredi 29 avril 2009 3 29 04 2009 03:35


Le 7 juin prochain, soit dans très exactement quarante jours, se dérouleront les élections européennes, dans le cadre desquels les citoyens français seront appelés à renouveler leur député au Parlement de Strasbourg.

 

La tentation est forte, chez nombre de Français, chez nombre de progressistes, de républicains, de souverainistes, de manifester leur mécontentement et leur opposition à l’Europe de Bruxelles en s’abstenant d’aller voter.

 

Pour notre part, nous pensons que cela serait une erreur. Aussi illégitime puisse être cette Europe, et son Parlement, aussi tronquée peuvent être ces élections, l’abstention n’est pas une solution.

 

Non seulement, parce que républicain, le vote est plus qu’un droit, c’est un devoir. Mais et aussi surtout parce qu’aussi puissante que pourra être l’abstention – dont il faudra bien reconnaître qu’elle le sera pour des motifs divers -, parce qu’aussi puissant pourra être le message de défiance qui pourra se glisser à son travers, cela n’atteindra pas le moins du monde la machine européiste.

 

L’abstention n’empêchera pas le moins du monde cette Europe d’être toujours plus libérale, d’être toujours plus antidémocratique, d’être toujours plus atlantiste. Cela n’empêchera pas cette Europe de continuer à mépriser le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Cela n’empêchera pas cette Europe de continuer à imposer aux Etats ses dogmes ultralibéraux (culte de la « concurrence libre et non faussée », dérégulation à outrance, déréglementation des services publics, interdiction des aides de l'Etat, libre échange intégral, indépendance de la banque centrale, politique monétaire au seul service des marchés financiers, etc.) dont on connaît ô combien l’inefficacité et l’injustice, et qui nous ont conduits à cette crise économique majeure que nous connaissons. Cela n’empêchera pas cette Europe de continuer à inféoder les pays européens à la logique militariste américaine.

 

Car on sait très bien ce qu’il arrive lorsque les peuples disent « Non » à cette Europe. Comme en France et aux Pays-Bas en 2005, comme en Irlande en 2008. On s’arrange toujours par passer outre, prétextant que les uns auraient voté à côté de la plaque, que les autres n’auraient pas compris que c’était pour le bien. Qu’on se le dise, il n’en sera pas autrement aux lendemains des élections européennes, où il sera facile à tout à chacun d’interpréter l’abstention à sa guise, bien davantage encore qu’un « Non » d’un référendum.

 

Bref, la protestation seule ne suffit plus. Nous ne pouvons plus en rester à des postures éthiques qui, aussi compréhensibles soient-elles, laissent le champ libre aux européistes, à ces irresponsables qui, aveuglés par leur mysticisme, méprisent tout ce qui n’est pas eux et nous poussent droit dans le mur. Ces européistes qui ont tout intérêt à ce que l’abstention soit la plus forte possible, qu’il n’y ait aucun véritable débat sur l’Europe qui s’installe dans l’opinion publique lors de ces élections. Un débat condition de la démocratie tout autant que le suffrage universel.

 

Si l’on veut combattre efficacement cette Europe-là, la faire tomber, il faut être pratique. Et ne pas hésiter à retourner leurs armes contre eux. Nous ne devons pas avoir de scrupules à combattre et à harceler les européistes partout où ils prétendent régner en maître, sans opposition possible. Nous ne devons pas avoir de scrupules à s’accaparer des élections qui ne sont en aucun cas seulement les leurs. Nous ne devons pas avoir de scrupules à combattre cette Europe dans son propre cadre.

 

Nous nous devons plus que jamais de prendre toute notre place dans le débat public. Non seulement pour y démasquer tous ceux (UMP, PS, Modem, Nouveau Centre, Verts) qui prétendent aujourd’hui vouloir changer cette Europe alors qu’ils l’ont eux-mêmes façonnés en approuvant tous les traités depuis 20 ans. Mais aussi et surtout pour offrir aux Français une autre voie pour l’Europe, en étant force de propositions, concrètes et alternatives.

 

Nous nous devons plus que jamais de combattre les européistes sur leur terrain, au Parlement européen. Où les opposants à cette Europe-catastrophe doivent être en nombre pour pouvoir donner de la voix. Non seulement pour être ce grain de sable nécessaire dans leur mécanique destructrice, non seulement pour défendre les intérêts du peuple français, mais aussi et surtout pour y tracer la voie d’une autre Europe, protectrice et respectueuse des nations.

 

Qu’on se le dise, les européistes peuvent piétiner des « Non », rester sourd à une abstention massive, mais ils ne pourront jamais se défaire de députés dissidents, véritable empêcheurs de broyer des peuples en rond.

 

C’est dans ce sens que nous appelons vivement tous les Français désireux d’en finir avec cette Europe-là à s’investir activement à dans la campagne électorale. Pour qu’enfin un véritable débat sur l’Europe s’installe et que les vraies forces d’opposition et d’alternative à l’Europe actuelle puissent se faire entendre auprès des Français.

 

C’est dans ce sens également que nous nous engageons clairement et sans ambiguïtés aucune aux côtés des listes de « Debout la République ». Au côté de ce parti avec qui nous partageons la même exigence d’une France libre et républicaine, le même désir d’une Europe radicalement différente, une Europe protectrice, respectueuse et au service des peuples. Un parti que nous jugeons aujourd’hui, par son opposition constructive, le plus crédible pour tracer la voie d’une alternative à cette Europe. Nous ne pouvons qu’apprécier l’existence de ses propositions et son intention de présenter un « plan B », initiatives qui le démarque nettement de certains autres partis « eurosceptiques » qui ne savent hélas qu’en rester à de sempiternelles protestations, pour le grand bonheur des européistes.

 

Etant pour nous hors de question de rester inactif, nous entendrons jusqu'au 7 juin mener une campagne énergique, aussi modestes pourront être nos moyens. Nous ne manquerons ainsi pas, jusqu’au 7 juin prochain, de relayer activement la campagne de « Debout la République », comme nous avons déjà commencé à le faire. Relais à côté duquel nous nous entendons également publier et diffuser tous les outils et analyses qui pourront permettre d’animer cette campagne et à tout à chacun de voter en toute connaissance de cause, tant sur l’Europe actuelle que sur les partis qui concourent à ces élections.

 

A nous, donc, de nous réapproprier ces élections. Bonne campagne à ceux qui entendent la mener !

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