Le président d'honneur du MRC a pris la décision de se présenter en 2007. Eliminé au premier tour en 2002, le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) Jean-Pierre Chevènement a annoncé lundi 6 novembre au soir sa candidature à l'élection présidentielle de 2007, pour "qu'un gouvernement républicain énergique, appuyé sur la volonté populaire, fasse entendre la voix de la France".
"J'ai pris la décision d'être candidat à la présidence de la République", a-t-il déclaré lors du journal de 20h00 de TF1. "Cette décision s'est imposée à moi progressivement et avec la force de l'évidence".
"Notre pays va mal"
Jugeant qu'il est "absolument nécessaire qu'il y ait un débat", l'ancien ministre de l'Intérieur de Lionel Jospin "pense pouvoir faire entendre une voix utile, et peut-être gagner pour faire rebondir la France, pour redresser la construction européenne, comme notre pays l'a exigé" lors du référendum sur le traité européen en mai 2005. Jean-Pierre Chevènement défendait le "non", qui l'avait emporté.
Pour cela, "il y a des propositions à faire". "Je le ferai, pas plus tard que la semaine prochaine, lundi 13 novembre, place de la République: trois chantiers, 20 propositions", a-t-il indiqué."Nous parlerons de la manière de renégocier, par exemple, les traités européens, de relancer l'économie".
Critique du PS
Jean-Pierre Chevènement a critiqué au passage le projet socialiste, dans lequel il ne se retrouve pas, après avoir, dans un premier temps, semblé incliner vers Laurent Fabius, partisan comme lui du non à la constitution européenne.
"En face, il n'y a pas de propositions. Et je pense que ma voix est nécessaire", a-t-il plaidé.Les trois prétendants socialistes sont, pour lui, "liés par le projet socialiste", qu'il juge "sur bien des points ambigu, insuffisant, voire dangereux".
"Il faut redresser les choses, mettre la gauche à la hauteur de ses responsabilités parce qu'on ne va pas ouvrir la voie à de nouvelles déconvenues", a-t-il ajouté.
Au référendum de mai 2005, a-t-il relevé "55% de Français ont voté non", mais depuis, "il ne s'est rien passé".
Appel au ralliement de Royal
Alors que le Parti socialiste vient de parapher un accord avec le Parti radical de gauche (PRG) pour qu'il ne présente pas de candidat, Jean-Pierre Chevènement a, lui, exclu tout accord avec les socialistes. "Bien évidemment, quand on part, c'est pour aller jusqu'au bout, et j'ai déjà retenu des locaux de campagne à compter du 1er janvier", a-t-il expliqué. "Evidemment, je sais que ça sera difficile, mais je conquerrai mon espace. Je ferai en sorte que la gauche soit en mesure de répondre aux attentes, qui sont immenses dans notre pays".
Interrogée sur cette nouvelle candidature, Ségolène Royal, candidate à l'investiture socialiste, a souhaité que Jean-Pierre Chevènement se rallie à elle. "Je souhaite, bien évidemment -on verra, le moment venu, si je suis désignée - qu'il puisse me rejoindre", a-t-elle déclaré lors du journal de 20h00 de France 2.
Jean-Pierre Chevènement avait obtenu 5,33% des suffrages exprimés au premier tour de l'élection présidentielle en 2002. Interrogé sur l'incidence de sa candidature sur l'échec de Lionel Jospin, éliminé au premier tour, il a répondu lundi: "Calembredaines! La responsabilité pèse essentiellement sur celui qui ne proposait rien, ou qui ne propose rien aujourd'hui".
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Et si Chevènement était l’homme de la synthèse des aspirations des Français? Notre modèle républicain français est en constante évolution; il est à construire plutôt qu’à détricoter.
Par Jean-Michel Hureau
Par Serge Halimi
Par Gabriel des Moëres
Vous avez qualifié Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal de "candidats du vide". Leurs campagnes sur les valeurs et le retour à l'ordre ne répondent donc pas, à vos yeux, à la défiance de l'opinion qui s'exprime de façon répétée depuis 2002 ?
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