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Elections 2007

Mardi 7 novembre 2006 2 07 11 2006 13:07
Le président d'honneur du MRC a pris la décision de se présenter en 2007.


Eliminé au premier tour en 2002, le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) Jean-Pierre Chevènement a annoncé lundi 6 novembre au soir sa candidature à l'élection présidentielle de 2007, pour "qu'un gouvernement républicain énergique, appuyé sur la volonté populaire, fasse entendre la voix de la France".
"J'ai pris la décision d'être candidat à la présidence de la République", a-t-il déclaré lors du journal de 20h00 de TF1. "Cette décision s'est imposée à moi progressivement et avec la force de l'évidence".


"Notre pays va mal"

Jugeant qu'il est "absolument nécessaire qu'il y ait un débat", l'ancien ministre de l'Intérieur de Lionel Jospin "pense pouvoir faire entendre une voix utile, et peut-être gagner pour faire rebondir la France, pour redresser la construction européenne, comme notre pays l'a exigé" lors du référendum sur le traité européen en mai 2005. Jean-Pierre Chevènement défendait le "non", qui l'avait emporté.
Estimant que "notre pays va mal" et qu"'on a l'impression que la France fout le camp", le maire de Belfort "propose un gouvernement économique pour la zone euro, et qu'on en prenne les moyens", avec "un mémorandum à Bruxelles, aux capitales européennes", pour "qu'un gouvernement républicain énergique, appuyé sur la volonté populaire, fasse entendre la voix de la France".
Pour cela, "il y a des propositions à faire". "Je le ferai, pas plus tard que la semaine prochaine, lundi 13 novembre, place de la République: trois chantiers, 20 propositions", a-t-il indiqué."Nous parlerons de la manière de renégocier, par exemple, les traités européens, de relancer l'économie".


Critique du PS


Jean-Pierre Chevènement a critiqué au passage le projet socialiste, dans lequel il ne se retrouve pas, après avoir, dans un premier temps, semblé incliner vers Laurent Fabius, partisan comme lui du non à la constitution européenne.
"En face, il n'y a pas de propositions. Et je pense que ma voix est nécessaire", a-t-il plaidé.Les trois prétendants socialistes sont, pour lui, "liés par le projet socialiste", qu'il juge "sur bien des points ambigu, insuffisant, voire dangereux".
"Il faut redresser les choses, mettre la gauche à la hauteur de ses responsabilités parce qu'on ne va pas ouvrir la voie à de nouvelles déconvenues", a-t-il ajouté.
Au référendum de mai 2005, a-t-il relevé "55% de Français ont voté non", mais depuis, "il ne s'est rien passé".


Appel au ralliement de Royal

Alors que le Parti socialiste vient de parapher un accord avec le Parti radical de gauche (PRG) pour qu'il ne présente pas de candidat, Jean-Pierre Chevènement a, lui, exclu tout accord avec les socialistes. "Bien évidemment, quand on part, c'est pour aller jusqu'au bout, et j'ai déjà retenu des locaux de campagne à compter du 1er janvier", a-t-il expliqué. "Evidemment, je sais que ça sera difficile, mais je conquerrai mon espace. Je ferai en sorte que la gauche soit en mesure de répondre aux attentes, qui sont immenses dans notre pays".
Interrogée sur cette nouvelle candidature, Ségolène Royal, candidate à l'investiture socialiste, a souhaité que Jean-Pierre Chevènement se rallie à elle. "Je souhaite, bien évidemment -on verra, le moment venu, si je suis désignée - qu'il puisse me rejoindre", a-t-elle déclaré lors du journal de 20h00 de France 2.
Jean-Pierre Chevènement avait obtenu 5,33% des suffrages exprimés au premier tour de l'élection présidentielle en 2002. Interrogé sur l'incidence de sa candidature sur l'échec de Lionel Jospin, éliminé au premier tour, il a répondu lundi: "Calembredaines! La responsabilité pèse essentiellement sur celui qui ne proposait rien, ou qui ne propose rien aujourd'hui".



Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Elections 2007
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Mercredi 8 novembre 2006 3 08 11 2006 00:05

Et si Chevènement était l’homme de la synthèse des aspirations des Français? Notre modèle républicain français est en constante évolution; il est à construire plutôt qu’à détricoter.

Alors que les débats du PS virent à la foire d’empoigne et masquent mal le malaise qui envahit ce parti, alors que les médias veulent replonger la tête des citoyens dans le tout sécuritaire, ce diable de Jean-Pierre Chevènement fait désirer sa candidature à l’élection présidentielle et propose dans son ouvrage, La faute de M. Monnet, une voie vers l’Europe des républiques.

Je souhaite la candidature de Jean-Pierre Chevènement. D’ailleurs, comme il est un des fondateurs du PS, pourquoi ne se désisterait-on pas pour lui à gauche ?

Dans le contexte de ces dernières années, notamment depuis 2001, la société est en proie à une grande violence, nous avons collectivement besoin de nous retrouver autour d’un projet de société plus égalitaire, et autour des puissants principes de la laïcité... Comment mieux unifier la gauche et le pays tout entier qu’en élisant un président autour des valeurs de la nation, cette république sociale, unique et indivisible que devrait être la France, et qu’elle n’est plus tout à fait ?

Qui mieux que Jean-Pierre Chevènement, en effet, dont on connaît l’expérience et la synthèse, dans un projet pour la France et pour l’Europe, rendra la fierté aux entités nationales, dont les symboles et la réalité sont littéralement bricolés en France depuis quelques septennats, dérobés en Europe sous nos yeux par des années de privatisations, de discours lepénistes et de gesticulations impuissantes face à la méthode "à la va-comme-je-te-pousse" de Bruxelles ?

Dans les discours des présidentiables de la gauche, peu de traces d’une volonté politique industrielle et commerciale, ou encore de politique étrangère sérieuse qui garantirait la France de ne pas se trouver à la remorque des Etats-Unis. Pas beaucoup de traces non plus d’une volonté d’indépendance énergétique à long terme face aux gouffres de la déplétion pétrolière à venir.

Qui mieux que Jean-Pierre Chevènement pourrait se faire le porte-voix des "nous autres", Français de toutes souches et "Français de préférence" aussi, nous autres employés flexibilisés, nous autres citoyens devenus ombres de nous-mêmes, "citoyens dessaisis au profit de la toute-puissance des marchés"...

Qui d’autre mieux que ce Chevènement-là, cinq fois ministre, expert des questions du Moyen-Orient et de géostratégie, mais aussi à l’initiative de dispositifs proches des citoyens -comme cette police de proximité que Sarkozy a révoquée- puis rapporteur de quelques grandes lois sous la Ve République, comme celle de l’intercommunalité ou la "parité hommes-femmes", qui d’autre mieux que lui devrait se présenter ?

Qui d’autre de mieux devrait occuper le terrain dans la situation de déliquescence sociale et politique où nous sommes ?

Réveillons-nous ! Nous sommes au temps inouï où un cavalier ministre de l’Intérieur fait du steeple-chase à Washington au-dessus de nos têtes, passant outre cinquante années de politique étrangère. Nous sommes au temps où hier soir encore les enfants de la nation s’attaquaient dans leur quartier aux écoles mêmes où ils ont fait leurs premiers pas, incendiaient les transports en commun qui ne conduisent plus désormais leurs parents au travail, et l’euro n’aidant pas, le panier de la ménagère est plus difficile à remplir que jamais.

Et puis, il faut dire que le débat du PS n’est pas celui qu’on nous présente. Cela n’a échappé à personne, la ligne de fracture au sein de ce parti est passée par le oui. Même si, le temps d’une campagne référendaire, cette tendance s’était inversée au sein des militants, la ligne d’éclatement du PS passe précisément entre Fabius et Strauss-Kahn.
Ségolène Royal, en brave soldate, n’est là que pour lever un écran de fumée devant cette véritable scission qui menace l’entité même du Parti socialiste.

Royal et Strauss-Kahn, c’est Pince-mi et Pince-moi, et vu le peu d’aisance de la candidate favorite dans les débats, on imagine quel massacre ferait un Nicolas Sarkozy dont on n’oublie pas qu’il a été le seul homme politique de ces vingt dernières années à moucher Jean-Marie Le Pen en direct à la télévision.

Alors, pourquoi décréter que la candidature de Chevènement, ("une grande intelligence à gauche", selon Claude Bartolone) serait superflue ? Le Parti socialiste, à coups de faux sondages, désigne finalement Fabius comme le mouton noir (car il en faut toujours un) et propose un pseudo choix crucial entre Mme Royal et M. Strauss-Kahn, deuxième gauche et seconde gauche... revanche pas si inconsciente.

Sur le plan du parlementarisme, dans les nécessaires négociations des partis de gauche en vue d’une plus grande représentativité des sensibilités politiques à l’Assemblée nationale, le Parti socialiste n’a pas eu un geste pour les formations de gauche de la mouvance du non, convaincu qu’il a déjà gagné les législatives de juin 2007 ! Comment mieux enfoncer le clou de l’autosuffisance ?

Or, en 2007 le risque est élevé d’une nouvelle cohabitation entre un président choisi par défaut, et une assemblée partagée entre deux grands courants ultramajoritaires et écrasants, en accord sur bien des sujets comme un seul béni-oui-oui.

Ah, évidemment, Chevènement, ce n’est pas qu’il ait une belle gueule, ni le dentier refait, mais enfin quoi, l’élection présidentielle doit-elle ressembler à un casting ou à un comice agricole ? L’affaire est autrement sérieuse. Quel candidat aurait une meilleure légitimité présidentielle, augmentée du fait que celui-ci incarnerait une bonne partie des Français qui ont voté non en 2005 ? Augmentée du fait qu’il n’y aurait pas d’autre homme d’Etat de sa stature à gauche qui ait porté aussi clairement l’explication de ce refus franc et massif.

En 2002 , Chevènement avait réuni autour de son projet quelque 1 500 000 voix, soit 5,33%. Alors pour 2007, s’il est candidat, je lui souhaite bonne route, car soyons-en sûrs -un certain François Bayrou vient, lui, de l’apprendre à ses dépens- ce sera sans compter le sabotage des médias, dont il faut rappeler que les argentiers ont intérêt à favoriser l’exposition télévisuelle des candidats peu légitimes dans la fonction présidentielle et surtout des serviteurs zélés du néolibéralisme financier.

Lire : La faute de M. Monnet, Editions Fayard, 148 pages, 9 euros.

 

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Dimanche 12 novembre 2006 7 12 11 2006 23:13


Le début de la campagne et le discours anti-système du patron de l'UDF semblent séduire une partie des déçus du PS et de l'UMP.


La rumeur sondagière a tourbillonné en début de semaine dans les étages du siège parisien de l'UDF. Et fait briller les yeux du maître des lieux. En cas de second tour opposant Bayrou à Sarkozy, le patron de l'UMP l'emporterait sur celui de l'UDF, mais d'une courte tête seulement. En vérité, l'Ifop n'a testé pour Paris Match que la préférence des Français pour l'un ou l'autre des deux. Mais le résultat publié jeudi est encourageant pour l'ancien ministre de l'Education : il n'est devancé par le ministre de l'Intérieur que de trois points (50 % contre 47 % d'opinions favorables). Dans son bureau de la rue de l'Université, dans le VIIe arrondissement de Paris, François Bayrou rêve tout haut : «En cas de second tour contre Sarko, je suis sûr de gagner. Il faut passer le premier tour, mais on va y arriver. Il y a déjà des millions de Français qui ne veulent pas voter Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy, et il y en aura demain le double.»


Bloc contre bloc. 
A l'en croire, les deux favoris des sondages inquiètent désormais «chacun à sa manière» les Français. «Ils représentent la logique du bloc contre bloc», insiste-t-il. Pour «déverrouiller» un système inféodé tantôt au PS tantôt à l'UMP qu'il dénonce à longueur de discours compilés dans un livre qui vient de paraître (1), le leader de l'UDF travaille à l'émergence d'un parti «central», ouvert à toutes les sensibilités républicaines. En votant la censure au gouvernement en mai, il a signé le premier acte de la reconquête de l'indépendance de l'UDF. En invitant à l'université d'été de son mouvement, le socialiste Michel Rocard, l'écologiste Nicolas Hulot et le sarkozyste Michel Barnier, Bayrou a achevé de repositionner symboliquement l'UDF.

Frémissement. Mi-octobre, pour la première fois, une enquête de l'Ifop enregistrait un décollage de Bayrou, avec 12 % des suffrages au premier tour. Un signal alors isolé. Selon la Sofres, le candidat UDF restait au même moment scotché à 7 %. Aujourd'hui, pourtant, l'institut concède un frémissement : son dernier baromètre pour le  Figaro Magazine gratifie Bayrou d'un avenir de plus en plus radieux. «Le candidat UDF est un bon réceptacle du reflux de Sarkozy et de Royal qui se produira vraisemblablement», avance Emmanuel Rivière, directeur du pôle politique au département stratégies d'opinion de la Sofres. Les centristes, eux, ne doutent plus. Depuis août, les mails affluent au siège de l'UDF. Des inquiets du sarkozysme, des désorientés du ségolénisme, beaucoup d'enseignants, autant de professions libérales, promettent leur ralliement. Ils écrivent : «Je suis de gauche, mais le choix de FB de situer l'action de l'UDF au-dessus des clivages habituels me plaît. Cette large ouverture mettra fin à l'immobilisme imposé.» Ou encore : «Votre discours tient la route, il touche même mon voisin de palier, qui d'habitude vote à gauche, et mon patron de droite.» Ces orphelins de la gauche et de la droite, Bayrou en croise à chaque déplacement en province. C'est Julien, Breton de 45 ans, dessinateur et ancien «tontonmaniaque», qui apprécie ce Bayrou «calme, posé et qui se bonifie comme le vin» sans «bouffer à tous les râteliers». C'est Pascal, 47 ans, fournisseur dans l'industrie, qui aime la «clairvoyance» du leader de l'UDF et sa «morale républicaine». C'est Henri, 86 ans, chiraquien de toujours, qui votera Bayrou par rejet de Sarkozy, un «prétentieux» avec des «déclarations tonitruantes qui donnent l'impression de vouloir tout casser». 
Le positionnement plaît, reste à choisir le rythme. Demain, en marge du conseil national qui doit examiner le projet de l'UDF pour les législatives, François Bayrou arrêtera son calendrier de campagne. Un timing qu'il a cette fois longuement réfléchi. Le leader centriste sait ce qu'il en coûte de se déclarer trop tôt. En 2002, les attentats du 11 Septembre l'avaient obligé à interrompre une campagne encore balbutiante et abandonner son bus au colza.

«A table». Ensuite, il n'avait jamais pu surmonter ce démarrage calamiteux. Mais, partir trop tard, c'est prendre le risque d'être inaudible. L'ex-journaliste et actuel conseiller politique du leader centriste, Philippe Lapousterle, a cadré l'exercice en comité restreint : «En janvier, il faut que Bayrou soit à table.» Sous-entendu, à la table des grands, crédible aux yeux de l'opinion, en mesure de tenir la dragée haute à ses grands rivaux socialiste et UMP. La fenêtre de lancement est étroite. «Ce sera entre fin novembre et mi-décembre», confie l'entourage de Bayrou. Autrement dit, après la mise en orbite du candidat PS (qui interviendra au plus tard le 23 novembre), et avant la déclaration de candidature du concurrent UMP (début décembre).
Mi-décembre, les militants UDF seront invités à se prononcer sur cette candidature selon une modalité que le conseil national devrait arrêter ce dimanche. Un vote par correspondance a la faveur de l'entourage du patron, un congrès risquant de ponctionner par trop des finances déjà serrées.

(1) Au nom du tiers Etat, Hachette-Littératures.


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Lundi 13 novembre 2006 1 13 11 2006 17:30

"L'homme n'est pas une marchandise comme les autres"

Nicolas Sarkozy, en meeting à Saint Etienne le 9 novembre 2006


L'homme est donc une marchandise pour notre cher ministre de l'Intérieur. Dont acte!
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Mardi 14 novembre 2006 2 14 11 2006 00:01

Par Jean-Michel Hureau


Le Pen est toujours très soucieux de soigner son image. Il faut dire que, comme c’est à peu près tout sauf un imbécile, il a bien compris qu’il fallait qu’il apparaisse comme un candidat ordinaire. Ordinaire dans le sens où il ne serait finalement que comme les autres dans sa course à l’Elysée, en se situant dans le cadre strictement républicain. Alors, il fait des efforts pour se montrer rassurant. Il va faire une petite escapade à Valmy pour glorifier les valeurs de la République, il fait une petite excursion au moulin de Verzy, près de Reims, pour y exposer sa vision de la République et de la Nation, il rend hommage à de Lattre de Tassigny et Clemenceau en pleine Villierie. Ah, quand même, là, il fait une petite gaffe dans ce beau paysage républicain en saluant « les vestiges de la chouannerie, étendards éternels de la vieille France catholique et royale ». A la fête du Front national, il salue cordialement Dieudonné, dont on se demande bien, d’ailleurs, ce qu’il est allé y faire. Bref, il ratisse large en portant ses efforts sur les zones urbaines où il sait que son électorat est déficitaire ou alors, vers des catégories socio-professionnelles comme il va le faire en novembre dans le Vaucluse avec les agriculteurs et les viticulteurs. Le but étant de se présenter comme une espèce de père de la nation, rassembleur et constructif, afin de ne pas prendre au deuxième tour une casquette comme celle de 2002. Car, au deuxième tour, il s’y voit déjà, ce en quoi il n’a, malheureusement, peut-être pas tort.

Seulement voilà. A chaque fois qu’il nous fait le coup, il y a toujours quelque chose qui vient le remettre à sa juste place. Soit il dérape lui-même avec une petite phrase dont il a le secret, soit c’est un de ses proches. Les dernières bien connues sur l’occupation allemande pas si inhumaine ou le petit détail de l’histoire, par lui, ou sur l’existence des chambres à gaz, par Gollnisch. Cette fois, pas de petite phrase, ses discours sont réglés au cordeau, les réponses à la presse sont brèves et il joue parfaitement dans la modération.

Il s’agit maintenant d’un autre événement, complètement en dehors de ses interventions, mais qui dévoile bien où sont ses amis politiques. Le Front National veut créer un nouveau groupe d’extrême-droite au Parlement européen. Gollnisch et Lang en sont les inspirateurs et les bâtisseurs. La création d’un groupe nécessite 19 eurodéputés de 5 nationalités. Pour le moment, les membres potentiels siègent en qualité de non-inscrits. Et tout ce joli monde était attendu à la Grande Kermesse du Front. Quel est donc ce beau linge ?

— Heinz-Christian Strache, du FPÖ autrichien, parti xénophobe qui trouve Jorg Haider trop mou.
— Frank Vanhecke, du Vlaams Belang belge, dont plusieurs associations proches ont été condamnées pour racisme et xénophobie.
— Luca Romagnoli, du Mouvement social flamme tricolore (MSFT) italien, néofasciste.

D’autres se bousculent au portillon et aimeraient bien faire partie des fondateurs, et pour cela, il faudrait attendre le 1er janvier 2007, puisqu’ils ne sont aujourd’hui qu’observateurs au Parlement européen :
— Volen Siderov, du Ataka bulgare, ultranationaliste, xénophobe et antisémite, présent au second tour de la présidentielle en octobre 2006.
— Cornelius Vadim Tudor, du Parti de la grande Roumanie (PRM), xénophobe et antisémite.

Ont été contactés aussi :
— Ashley Mote, du UK Independence Party britannique.
— Les trois eurodéputés dissidents de la Ligue des familles polonaises.
— Gerhard Frey, de la DVU allemande, antisémite.
— Udo Voigt, du Nationaldemokratische Partei Deutschlands (NPD) allemand, néonazi.
— Nick Griffin, du British National Party britannique, antimusulman.
— Blas Pinar, du Frente Español. Il dirigeait Fuerza Nueva, phalangiste.
— Roberto Fiore, de Forza Nuova italien, ouvertement fasciste.
— Istvan Csurka, du Parti de la justice et de la vie hongrois, condamné pour antisémitisme.
— Vojislav Seselj, du Parti radical serbe, emprisonné à La Haye.

Toute la fine fleur de l’extrême-droite, fasciste, néonazie, raciste, xénophobe, antisémite, ultracatholique et ultranationaliste.

Et le « Dérapeur borgne » voudrait encore nous faire avaler qu’il s’est assagi et est devenu un bon républicain pantouflard ? Eh, eh...

Pour se souvenir de la composition de l’extrême-droite au Parlement européen : http://www.touteleurope.fr/fr/nc/pr.


Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Elections 2007
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Mardi 14 novembre 2006 2 14 11 2006 00:03

Par Serge Halimi


D’un discours de Jean Jaurès - « C’est nous qui sommes les vrais héritiers du foyer des aïeux ; nous en avons pris la flamme, vous n’en avez gardé que la cendre. » -, M. Dominique Strauss-Kahn a emprunté deux mots. Ils servent de titre à son dernier essai (1). Mais, une fois passée la page de garde, les rémanences politiques du tribun socialiste assassiné en 1914 sont particulièrement rares. Sur ce plan, on accordera volontiers à l’ancien ministre des finances de M. Lionel Jospin le crédit d’une certaine franchise. Car son propos théorise la rupture du Parti socialiste à la fois avec son histoire et avec ce qui constitua longtemps une fraction significative de sa base sociale. Depuis vingt ans, la gauche de gouvernement a appliqué des politiques favorables aux hauts revenus, y compris ceux du capital (2). Peut-être était-il temps pour cette gauche, pas très à gauche, de passer enfin par pertes et profits les exploités, après avoir sacrifié leurs intérêts en accomplissant le « sale boulot de la droite ».

Ce n’est donc pas entièrement par hasard que M. Strauss-Kahn raille ceux de ses camarades qui auraient « toujours eu peur de ne pas être assez à gauche ». Son ambition - « bâtir une société pacifiée et harmonieuse » - lui impose en effet de débarrasser son parti de la « caricature » présentant ses militants comme « les ennemis absolus de l’entreprise ». Ici, l’un des termes choisis dévoile utilement un paysage idéologique « moderne » en diable : « l’entreprise » de M. Strauss-Kahn semble mêler indistinctement ouvriers, employés, cadres et patrons. Et c’est précisément lorsqu’il s’agit d’évoquer l’harmonie sociale à laquelle il aspire que l’ancien ministre se montre le plus intéressant. Partant d’un discours ultra convenu sur l’« inadéquation » de la vieille définition « marxiste » des classes sociales, qu’il juge exagérément binaire du fait de la « possession par les salariés - ou du moins par une partie d’entre eux - d’une fraction de plus en plus importante du capital - acquise grâce à leur épargne », M. Strauss-Kahn en vient au fond de l’affaire. C’est ce « groupe intermédiaire », ce « corps central prolétaire mais héritier » (sic) qui doit, selon lui, faire l’objet de toutes les attentions. Il y a un quart de siècle, M. Valéry Giscard d’Estaing faisait carillonner la même antienne dans son livre Démocratie française (3).

Trois raisons justifieraient autant d’égards. D’abord, ce « groupe intermédiaire », défini par M. Strauss-Kahn avec une imprécision stupéfiante (4), serait celui que « les évolutions de nos sociétés malmènent le plus. Cela ne signifie pas évidemment qu’il appartienne au groupe le plus malheureux ». On le voit, le distinguo est subtil entre ceux que l’évolution économique déstabilise et ceux qui ont le malheur pour état permanent. Pourquoi faudrait-il privilégier les premiers ?

On en vient ici au second motif des inclinations du dirigeant socialiste : « Cette partie de la population, dont le sentiment profond est qu’elle mène une existence toujours plus dure et toujours plus complexe, est le socle même sur lequel repose notre démocratie. » Fondée sur un désir prioritaire de « stabilité » sociale, l’analyse rappelle alors, volens nolens, les justifications du suffrage censitaire entendues au cours du XIXe siècle ; elle fait presque écho aux craintes que les élans populaires suscitaient chez des penseurs libéraux comme Tocqueville. De fait, pour M. Strauss-Kahn, « ce sont les membres du groupe intermédiaire, constitué en immense partie de salariés, avisés, informés et éduqués, qui forment l’armature de notre société. Ils en assurent la stabilité, en raison même des objectifs intergénérationnels qu’ils poursuivent. Ces objectifs reposent sur la transmission à leurs enfants d’un patrimoine culturel et éducatif, d’une part, d’un patrimoine immobilier et quelquefois financier d’autre part, qui sont les signes de leur attachement à l’"économie de marché" ».

Un tel « attachement » semble donc devenu le garant du caractère raisonnable de ce groupe intermédiaire. Il est également décisif sur le plan politique : « Les couches sociales regroupées dans le terme générique d’"exclus" ne votent pas pour (la gauche), pour cette raison simple que, le plus souvent, elles ne votent pas du tout. Au risque de l’impuissance, (la gauche) se voit dans l’obligation de trouver à l’intérieur d’autres catégories sociales le soutien suffisant à sa politique. » On comprend mieux alors que, face à la présidente du Rassemblement pour la République, Mme Michèle Alliot-Marie, M. Strauss-Kahn ait expliqué en janvier dernier : « Vous avez raison de dire que le souci que nous devons avoir pour les dix ans qui viennent, c’est de nous occuper de façon très prioritaire de ce qui se passe dans les couches moyennes de notre pays  (5).  »

Restent les défavorisés, les vrais prolétaires, désormais évacués sous le vocable d’« exclus ». Jean Jaurès s’en souciait ; aucun des partis « de gouvernement » n’en veut plus. Dans le fil de son ouvrage, M. Strauss-Kahn admet même la méfiance quasiment aristocratique que ces pauvres lui inspirent, eux qui n’ont à transmettre ni patrimoine immobilier, ni actifs financiers, ni « attachement à l’économie de marché » : « Du groupe le plus défavorisé, on ne peut malheureusement pas toujours attendre une participation sereine à une démocratie parlementaire. Non pas qu’il se désintéresse de l’Histoire, mais ses irruptions s’y manifestent parfois dans la violence. » Les gueux inspireront toujours de la méfiance.



(1) Dominique Strauss-Kahn, La Flamme et la Cendre, Grasset, 2002, 393 pages, 20 euros.

(2) M. Strauss-Kahn l’avait admis lui-même en précisant en 1997 : « En quinze ans, la part des salaires dans le produit intérieur brut français est passée de 68,8 % à 59,9 %. » Le ministre socialiste précisait alors que le chômage français « trouve sa source dans un partage de la valeur ajoutée trop défavorable aux salariés pour que les entreprises puissent bénéficier d’une croissance dynamique » (conférence de presse du 21 juillet 1997). Dans son livre, page 25, il estime à présent que « la redistribution est près d’avoir atteint ses limites, en même temps que certains de ses objectifs »...

(3) Fayard, 1976.

(4) Interrogé par le directeur de la rédaction du Monde dans une émission de la chaîne câblée du groupe Bouygues, M. Strauss-Kahn décrivait même ainsi ces nouveaux « prolétaires » : « Ce sont des tas de gens comme vous, comme moi. » (LCI, 19 janvier 2002.) En France, en 2000, 50 % de la population disposaient de moins de 6 722 francs par mois (1 025 euros).

(5) Pour cette citation et quelques autres du même type, lire Pour Lire Pas Lu, Marseille, n° 8, février 2002.



Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Elections 2007
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Mercredi 15 novembre 2006 3 15 11 2006 18:15

Par Gabriel des Moëres


Jean-Pierre Chevènement a présenté lundi son programme de candidature à l’élection présidentielle de 2007, dénonçant notamment le caractère « ambigu » de certaines propositions du Parti socialiste. Il n’a toutefois pas fermé la porte à un éventuel retrait de sa candidature si Jean-Marie Le Pen obtient les 500 signatures d’élus pour se présenter et paraît en mesure d’être au second tour.



Un programme en vingt chantiers et trois priorités


Jean-Pierre Chevènement a détaillé aujourd’hui, lors d’une conférence de presse au théâtre Dejazet à Paris, son programme intitulé Pour faire rebondir la France, qui propose vingt chantiers et trois priorités : Réorienter la construction européenne, Faire rebondir la France et Remettre en marche le modèle républicain [1].

Pour la France qui « connaît une crise grave », confrontée à « une forme de capitalisme particulièrement cruelle », il a notamment insisté sur l’importance de « maintenir les centres de décision économiques sur le territoire national ». Il a aussi souhaité « remettre en marche le modèle républicain », en proposant par exemple la tenue d"« Etats généraux de la ville, des banlieues et de la jeunesse pour remettre le pied à l’étrier aux jeunes, en finir avec les ghettos, rétablir la police de proximité et assurer à tous le droit au logement ».

En matière de sécurité, il s’est opposé à Nicolas Sarkozy qu’il a qualifié de « démagogue extrêmement habile ». « Sa politique de sécurité gesticulatoire est dangereuse. Il diviserait gravement le pays. » Seul debout sur la scène, devant un drapeau français et la photo d’une Marianne symbole de la République, le « Che » a présenté pendant une heure son programme, en n’ayant recours qu’une seule fois à ses notes. En se présentant comme « le candidat anti-libéral républicain », il a justifié sa candidature en dénonçant « le manque de cohérence » du projet du PS. « Il propose de remettre en selle une Constitution européenne rejetée par une majorité des Français. Il est inexistant sur l’analyse de la mondialisation et de la politique américaine, et peu réaliste sur la politique énergétique. Il est dangereux sur le plan institutionnel, proposant en fait le retour à la IVe République », a-t-il déclaré.


M. Chevènement s’est également dit « optimiste » concernant le recueil de 500 signatures nécessaires pour se présenter. Il a assuré qu’il avait déjà 300 promesses et que cinq à dix arrivaient chaque jour depuis l’annonce de sa candidature.

Il a aussi annoncé la tenue de six grands réunions publiques de campagne, dont un premier le 28 novembre au gymnase Japy, dans le XIe arrondissement de Paris, et l’ouverture le 1er janvier 2007 d’un local de campagne, au 9, rue du Faubourg-Poissonnière [2].


Un auto-désaveu monumental

Mais le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen ne s’est pas contenté de parler du fond. Toujours amateur de valse, il a également observé qu’il n’était pas sûr dès le début d’être candidat, mais que « pour faire l’union, il faut être deux », et que cela « aurait supposé que le Parti socialiste fasse des démarches qu’il n’a pas faites ». Il s’est toutefois dit « sensible au ton » de Ségolène Royal, qui a souhaité que le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen se rallie à elle si elle est candidate du PS, et de Laurent Fabius qui contraste avec celui d’autres dirigeants du PS qui l’ont transformé « en bouc émissaire de leur échec » en 2002. « Il y a cinq ans que je supporte une campagne particulièrement odieuse, injuste, lâche », mais « j’ai résisté », a-t-il déclaré. « J’attendais le moment de pouvoir vous montrer que j’étais resté fidèle à ma devise : même mort, je reviens. »

Sauf que Jean-Pierre Chevènement s’est tiré une énorme balle dans le pied : « Aux électeurs de gauche auxquels on refait le coup du “vote utile”, je tiens à redire que si Le Pen obtenait ses parrainages, ce qu’on ne doit pas souhaiter, et s’il paraissait en mesure d’empêcher la présence d’un candidat de gauche au deuxième tour, je préconiserais la réunion dans cette hypothèse de tous les candidats de gauche. Je prendrais mes responsabilités et j’attends que chacun prenne les siennes », a-t-il en effet souligné. Ce faisant, ne serait-il pas en train de mettre dans la nasse du Parti socialiste ? Comment peut-il encore justifier a posteriori la légitimité de sa candidature de 2002 alors que les conditions politiques — Le Pen candidat officiel et effectivement présent au second tour — étaient justement celles qui motiveraient demain son retrait ? Il justifie au contraire cette « campagne particulièrement odieuse, injuste, lâche » du PS contre celui qui aurait privé Lionel Jospin du second tour ! Et comment, inversement, peut-il aujourd’hui pleinement justifier sa candidature aux yeux de ses militants si celle-ci est d’emblée réduite à un son de cloche qui, à la première menace de l’ogre frontiste, cesserait de retentir pour préserver l’intérêt supérieur d’une gauche dont on sait qu’elle n’est ni républicaine ni souverainiste ?

« Même mort », Jean-Pierre Chevènement « revient », mais il est bien difficile à suivre...


 

[1] Lire le discours de présentation au format pdf.

[2] D’après AP.

 

Revue Républicaine

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Elections 2007
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Jeudi 16 novembre 2006 4 16 11 2006 00:47
Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Pierre Chevènement, candidat à l'élection présidentielle, a appelé mercredi 15 novembre les électeurs de Jean-Marie Le Pen à voter pour lui.

"Les électeurs de Le Pen sont dans le rejet, je ne crois pas du tout qu'ils partagent les idées fascisantes de Le Pen", a-t-il estimé sur RTL. "A quoi aboutit le vote le Pen en 2002? A donner 82% de voix à Chirac; est-ce cela qu'ils voulaient? Certainement pas. Je propose à ces électeurs de voter pour Jean-Pierre Chevènement le seul candidat républicain qui propose un projet alternatif et cohérent", a-t-il poursuivi.

Alors qu'il avait annoncé qu'il se retirerait des candidatures en cas de présence de Jean-Marie Le Pen au premier tour, le président d'honneur du MRC a nuancé son propos: "Si Le Pen a ses parrainages, ce que je ne souhaite pas car les maires ont un rôle de filtre, il faudrait se concerter entre candidats de gauche avant le premier tour", a-t-il affirmé.
Dans l'hypothèse où il serait "en tête" des "candidats de gauche", et notamment des sondages avant le premier tour, ce qu'il a estimé "envisageable" puisqu'en mars 2002, il faisait "10%" des intentions de vote, il a déclaré : "Je prendrais mes responsabilités, et j'attends que les autres prennent les leurs".

AP

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Elections 2007
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Jeudi 16 novembre 2006 4 16 11 2006 00:53
Vous avez qualifié Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal de "candidats du vide". Leurs campagnes sur les valeurs et le retour à l'ordre ne répondent donc pas, à vos yeux, à la défiance de l'opinion qui s'exprime de façon répétée depuis 2002 ?

Je les ai qualifiés de "candidats du vide", car ils se refusent, comme d'autres candidats, à parler des problèmes très simples et brutaux qui touchent les gens, à savoir une évolution économique perçue comme catastrophique, inacceptable. Nous l'avons senti au moment du référendum sur l'Europe : ce qui agite, c'est la globalisation économique, la pression sur les salaires, l'emballement des prix de l'immobilier.

Un peu avant ce référendum, on pouvait s'imaginer que la seule partie de la population française en dissidence, c'était les milieux populaires, ouvriers (ce sont surtout des hommes), employés (surtout des femmes) et souvent ils sont mariés ensemble. Ce qui est très nouveau depuis le référendum sur l'Europe et ce qui explique le succès du "non", c'est l'entrée d'une bonne partie des classes moyennes en dissidence. Pas toutes, mais les classes "moyennes moyennes", par opposition aux classes moyennes supérieures.

Les élites n'abordent donc pas de façon efficace la question économique ?

Il y a un dogme central dans la pensée de l'élite, c'est le dogme du libre-échange. On n'a pas le droit de dire que le libre-échange a marché et qu'il ne marche plus. Le libre-échange (pas simplement la liberté de circulation du capital et des hommes, des marchandises) explique très bien la montée des inégalités. Il tend à introduire dans la société française et dans toutes les sociétés le niveau d'inégalités qui existe à l'échelle du monde. Il exerce une pression sur les salaires. Cette pression sur les salaires exerce une pression sur la demande globale. (...)

Ce que les inspecteurs des finances ne veulent pas comprendre, ce que les 20 % du haut de la société ne veulent pas comprendre parce qu'ils font plutôt partie des bénéficiaires de ce libre-échange, la majorité des gens, eux, le comprennent. Si vous parlez à un ouvrier français des délocalisations, il comprend très bien ce qui se passe. Il se rend compte que s'il n'y a pas de salaire, pas d'emploi, on entre dans une spirale de contraction, car il n'y aura pas de consommation. (...) La régulation du libre-échange serait relativement facile, mais à l'échelle continentale, à l'échelle européenne.

La plupart des pays européens ont cependant des systèmes libéraux. Quels alliés la France pourrait-elle trouver sur un tel programme ?

Nous sommes au début d'une crise. Cela va bouger très vite. Ce qui est nouveau, c'est que nous allons vers une rupture du système. Il y a l'exaspération des classes moyennes, et de vrais désarrois, de vraies paniques dans les milieux supérieurs, du fait de l'émergence de la Chine, puis de l'Inde.

Pourquoi les élites seraient-elles à ce point aveuglées ?

Marx parle de la fausse conscience. Des classes dirigeantes qui se refusent à voir parce qu'elles sont placées à un certain endroit privilégié dans la structure économique. (...) La vérité, c'est que l'on comprend beaucoup plus vite quand on souffre. (...) Mais ce qui est intéressant, c'est que le rejet remonte dans la structure sociale. Et que l'on répond aujourd'hui à la colère des classes moyennes par des candidats absurdes.

Qui est aujourd'hui un candidat absurde ?

Pour moi, Ségolène Royal peut faire perdre la gauche. Parce qu'elle a un discours très à droite. (...) Or beaucoup d'électeurs se sont décrochés des idéologies traditionnelles. Les ouvriers sont allés au Front national, dans la foulée de l'effondrement du Parti communiste, de l'encadrement catholique. Les deux grands partis qui semblaient avoir survécu étaient le parti gaulliste - sentiment national, tempérament égalitaire hérité de la Révolution française - et puis la tradition socialiste. Nicolas Sarkozy est décroché de la tradition de droite française. Il n'est pas gaulliste. (...) Si vous prenez Ségolène Royal, c'est la symétrie. Prenez les jurys populaires. Elle se libère du logiciel républicain. Elle n'est plus socialiste, et l'on se demande par moments si elle est de gauche. Cela accentue le flottement d'une partie énorme du corps électoral.

Pourtant, le démographe voit-il des raisons d'espérer ?

Nous avons des classes moyennes très étonnantes par rapport à l'Europe, par leurs activités culturelles, et même par leur fécondité. En Angleterre, par exemple, les ouvriers font les enfants et les classes moyennes n'ont pas le temps. En France, les classes moyennes ont un taux de fécondité relativement élevé. En France, ce sont vraiment les élites qui vont mal et qui sont malheureuses et complètement larguées.


Propos recueillis par Raphaëlle Bacqué, Laurent Bazin et Stéphane Paoli

Le Monde
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Elections 2007
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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 11 2006 01:00
Les militants socialistes ont tranchés:




Nicolas Sarkozy : 61 %

Social-démocratie : 21 %

Projet Socialiste : 18 %
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Elections 2007
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