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Dimanche 28 mai 2006 7 28 05 2006 02:48

Par Caroline Fourest


Obligée de vivre entourée de gardes du corps depuis qu'elle a écrit le scénario du court-métrage réalisé par Théo Van Gogh (Soumission), menacée de mort, traitée d'"islamophobe" par la gauche hollandaise à cause de son combat contre l'islamisme, l'excision et les mariages forcés, contrainte de partir de sa maison à cause de voisins ayant porté plainte pour nuisances à cause de son système de protection, Ayaan Hirsi Ali va peut-être en prime perdre la nationalité hollandaise à cause des lois xénophobes votées pour durcir le contrôle de l'immigration.

Elle a toujours assumé qu'elle avait dû mentir pour pouvoir obtenir un statut de réfugié politique lorsqu'elle a débarqué en hollande pour fuir un mariage forcé, après une jeunesse passée à apprendre le Coran, à porter le voile, à respecter les traditions, au nom desquelles elle a été excisée. Elle a menti sur son nom et sur le fait qu'elle ne venait pas directement de Somalie (sa famille est passée par l'Arabie Saoudite et le Kenya) pour pouvoir avoir le droit de vivre libre en Hollande. Où est le crime ?

Un documentaire particulièrement malsain et revanchard, destiné à lui faire payer ses positions contre l'islamisme, l'accuse d'avoir menti au sujet de ce mariage forcé et en veut pour preuve... le témoignage de son mari (celui qu'elle a fui) et de membres de sa famille. Ceux-là même qui voulaient la contraindre à accepter ce mariage et à respecter les valeurs islamiques !

Les "idiots utiles" de l'islamisme se frottent déjà les mains. Dans Libération, par exemple, Pierre Marcelle ne peut s'empêcher d'ironiser sur la "duplicité" (contrairement à Tariq Ramadan ?) de Ayaan Hirsi Ali. Après avoir été vilipendée comme "islamophobe" pour avoir eu le courage de dénoncer, au prix de sa sécurité, les horreurs commises au nom de l'islam, la voilà donc clouée au pilori comme "usurpatrice".

Toute cette campagne est écoeurante et symptômatique. Ayaan, que j'ai l'honneur de connaître, est apparue brisée à une conférence de presse en Hollande. On le serait à moins.Elle va sans doute partir vivre aux Etats-Unis, où un think tank conservateur lui offre l'asile et où le gouvernement américain lui garantie sa protection.

A qui la faute si l'Europe perd la plus courageuse de ses citoyennes ? A la gauche anti-laïque et à la droite populiste raciste. Ensemble pour confondre la question de l'immigration et celle de l'intégrisme. Au point d'aboutir à cette situation proprement scandaleuse. A l'origine, Ayaan est une femme progressiste et une européenne convaincue. Le fait qu'elle risque de perdre sa nationalité hollandaise est le pire signe qui soit. Nous vivons dans une Europe où l'on vote des lois xénophobes qui ferment la porte aux immigrants fuyant le patriarcat, l'archaïsme et l'islamisme parce qu'ils ont menti pour survivre. Alors que les islamistes obtiennent sans difficulté le statut de réfugiés politiques. Outre-manche, certains, rôdés au mensonge par stratégie, sont même nommés conseillers par pour lutter contre l"extrémisme islamique". Pauvre Europe. Le racisme et l’intégrisme y ont décidemment un bel avenir.


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Dimanche 4 juin 2006 7 04 06 2006 17:54
La Grèce sur les pas de la France !


En Grèce les étudiants se soulèvent acutellement contre le gouvernement et connaît son plus important mouvement étudiant depuis les années 1970, contre un projet de loi du gouvernement actuel de droite prévoyant :
-  la création des facs privées (la Constitution sera modifiée pour lever l'obstacle à ce niveau...)
-  le fonctionnement des facs publiques selon des critères de management du secteur privé
-  la remise en cause de l' "asile" universitaire (impossibilité pour la police d'intervenir sur le campus sauf accord des CA des universités)
-  la réduction drastique de la possibilité des étudiants de repasser des examens et de progresser d'une année sur l'autre. Actuellement, 186 départements sont occupés, donc la quasi-totalité des facs est paralysée. Les enseignants, conformément aux consignes de leur puissant syndicat POSDEP, votent, AG par AG, en faveur de la proposition de grève illimitée. Une manif imposante a lieu le 28 mai (8000 personnes) et une manif nationale était prévue le 1er juin. Le slogan principal des étudiants est "ici, on fera comme en France". Le mouvement se structure autour des AG par département et de coordination d'AG par ville. Il exprime un rejet radical de la logique de privatisation de l'enseignement supérieur, dans un milieu qui n'a pas connu de mobilisation importante depuis une quinzaine d'années. Par son ampleur, il n'est d'ores et déjà comparable qu'avec le mouvement (victorieux) des occupations 1979 qui avait durablement marqué tout une génération. Politiquement, il est dirigé par un front entre les EAAK (qui regroupe la plupart des orgas d'extrême-gauche, 8,5% aux dernières élections étudiantes), le DARAS (liste des jeunes du Synaspismos, 2,5% aux dernières élections étudiantes) et les forces réduites mais bien structurées de Gênes 2001 (front syndical du SEK, section grecque de l'IST, O,3% des voix aux dernières élections étudiantes). Le PC grec, principal force à gauche de la social-démocratie dans les universités (15% aux dernières élections étudiantes), suit une ligne tès sectaire en essayant de structurer ses forces et les très rares AG qu'il contrôle autour de "coordinations" séparées, complètement fantoches. Sa ligne est hostile aux occupations et grèves reconductibles. Il paraît très isolé et incapable de saisir l'enjeu de ce qui se passe. Le PASOK (25% aux dernières élections étudiantes) soutient l'essentiel du projet de privatisation du gouvernement, aux prix de quelques dissensions internes, essentiellement dans son organisation de jeunesse, elle-même en pleine "reprise en main" par la direction du parti.

Source:lille.indymedia.org



Au Chili, l'état de grâce de Bachelet est terminée

Une manifestation pour une meilleure éducation publique a été réprimée : 730 arrestations.

Face aux élèves du secondaire, de 12 à 18 ans, manifestant pacifiquement à l'occasion d'une journée nationale de grève, les forces spéciales ont attaqué aux lacrymogènes et aux lances à eau. Les images ont provoqué l'indignation : une jeune fille en uniforme scolaire rattrapée en pleine course par les cheveux. Ou encore ce cameraman de télévision, au sol, frappé à coups de pied. Les carabiniers ont admis des «excès injustifiables», mais on se croyait revenu au temps de la dictature. Bilan : des blessés et 730 arrestations.

Hormis ces incidents, la plus importante manifestation étudiante jamais vue au Chili s'est déroulée dans le calme et la fête. Pour éviter les violences, beaucoup des 800 000 élèves du secondaire, rejoints par les étudiants, les professeurs et les parents, ont occupé leurs collèges et lycées plutôt que la rue. Inventifs, apolitiques et organisés, ils ont le soutien de tout le pays. Ce qu'ils réclament ? La gratuité des tickets de bus pour les plus pauvres, ainsi que celle du baccalauréat, payant au Chili. A long terme, le retour à une éducation publique de qualité, pour tous.

En 1990, le général Pinochet avait ouvert l'enseignement au secteur privé. Seize ans plus tard, «les enfants de la démocratie» ­ nés après la dictature qui a duré de 1973 à 1990 ­reçoivent une éducation à deux vitesses, selon qu'ils sont dans le privé, cher et souvent excellent, ou dans le public. «Aucun des sénateurs, des députés ou des ministres n'a ses enfants dans le public, souligne Nibaldo Mosciatti, journaliste de la radio Bio-Bio. La plus jeune des filles de la Présidente est elle-même dans un collège privé français, La Girouette.

Face à son premier conflit social, «la citoyenne» Michelle Bachelet, au pouvoir depuis le 11 mars, est durement critiquée, y compris au sein de son parti. Il a fallu un mois de manifestations pour que le ministre de l'Education, Martin Zilic, ouvre mardi des négociations. En attendant, le chef des forces spéciales des carabiniers a été mis à pied, hier.

Source: Libération
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Samedi 10 juin 2006 6 10 06 2006 01:59


Je vous avais déjà parler dimanche du soulèvement des étudiants grecs contre un projet de leur gouvernement libéral qui vise tout simplement à "libéraliser" l'enseignement supérieur, autrement dit à le détruire. Ce soulèvement vient de connaître depuis un tournant dramatique, qui illustre bien toute l'humanité de ce libéralisme.

Le pouvoir grec, déjà accusé de complicité de torture et de violations graves des droits de l’homme, vient une nouvelle fois de s’illustrer, jeudi, dans la répression extrêmement violente d’une manifestation dans laquelle un manifestant a été tué. Les étudiants, en lutte contre le libéralisme d’un pouvoir corrompu, ont été victimes de la rage de l’Etat et de sa classe dirgeante. Les étudiants, dont le prix versé pour le rétablissement de la démocratie en 1973 contre la junte militaire pro-américaine est connu et reconnu et qui donne lieu à une journée de commémoration le 17 novembre, semblent à nouveau en butte à un pouvoir qui les hait et ne dialogue que par ses hordes policières.

La solidarité semble essentielle, de même que toutes les pressions possibles sur l’UE et les gouvernements afin que la violence de l’état grec soit dénoncée et arrêtée. Cette Europe de la violence d’Etat contre sa jeunesse, cette Europe qui joue de tout pour contraindre ses populations à courber l’échine face au libéralisme, cette Europe qui nous vient de la contre-réforme, anti-démocratique dans son essence, dont sa "Constitution" européenne prévoyait déjà ce droit des Etats à tuer et réprimer* (une bien belle constitution en somme vous voyez...), cette Europe qui se tait dans les grands médias sur ce qui soulève les jeunes et les travailleurs en Europe (il est temps de les obliger à en parler!), cette Europe là n’est pas la nôtre!


Solidarité avec la jeunesse grecque!


Le libéralisme assassin ne fera pas la loi!

* L’article II.62. indique que « Toute personne a droit à la vie » (inspiré d’ailleurs directement par les lobbies anti-avortement pour leurs combats futurs) et que « Nul ne peut être condamné à la peine de mort, ni exécuté » mais les explications du Praesidium indiquent que « La mort n’est pas infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d’un recours à la force rendu nécessaire :

a) Pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale,

b) Pour effectuer une arrestation régulière.,

c) Pour réprimer conformément à la loi, une émeute ou une insurrection » « Un État peut prévoir dans sa législation la peine de mort pour des actes commis en temps de guerre ou de danger imminent de guerre ; une telle peine ne sera appliquée que dans les cas prévus par cette législation et conformément à ses dispositions... ». (bellaciao.org/fr)

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Mercredi 28 juin 2006 3 28 06 2006 23:40
La famine, la guerre et maintenant l'islamisme: les somaliens ont vraiment le droit à tous les fléaux du monde... et ça tout le monde s'en fout!

Par Patrick Girard


Les violents combats qui ont opposé dans la capitale somalienne les forces des Tribunaux islamiques à celles de l'Alliance pour la Restauration de la Paix et contre le Terrorisme (ARPCT) font partie de la stratégie de lutte du président américain contre Al Qaïda.

En 1992, Bill Clinton lançait à grand renfort de publicité l'opération « Restore Hope ». Les Marines, aux côtés de contingents français, italiens et britanniques, débarquaient à Mogadiscio afin de mettre un terme aux exactions des « saigneurs de la guerre » locaux. Quelques mois plus tard, la force d'interposition internationale se rembarquait piteusement, abandonnant à son triste destin cet État réduit à n'être plus qu'une simple superficie.

Depuis, la Somalie est le symbole de l'État failli dont certaines provinces (le Puntaland, le Somaliland) avaient fait sécession. En dépit de la signature d'un accord de paix entre les différentes factions, le gouvernement intérimaire de transition, dont la plupart des membres vivent au Kenya, n'a jamais pu asseoir son autorité sur Mogadiscio.

La capitale somalienne était, depuis deux semaines, à nouveau le théâtre de violents combats, les plus sanglants depuis 1991. Ils opposaient les forces de l'Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme aux miliciens  des Tribunaux islamiques et ils auraient fait plus de 150 morts, principalement dans la population civile.

Les factions en présence étaient d'autant plus déterminées à en découdre qu'elles bénéficiaient de forts soutiens étrangers. L'ARPCT est armée, équipée et financée par les Américains cependant que de hauts dirigeants d'Al Qaïda encadrent les miliciens des tribunaux  islamiques. La Somalie a longtemps été la tête de pont de l'organisation d'Oussama Ben Laden en Afrique orientale et les Américains n'ont jamais ménagé leurs efforts pour priver Al Qaïda d'une de ses bases arrières les plus solides. Oussama Ben Laden, qui a récemment appelé au déclenchement du jihad au Darfour, en proie, lui aussi, à une interminable guerre civile, a, depuis 2004,  considérablement renforcé son influence à Mogadiscio, en se servant des tribunaux islamiques ou plusieurs de ses partisans occupent des places importantes. Ceux-ci ont d'ailleurs tout mis en oeuvre pour enrayer l'installation du gouvernement provisoire dans la capitale ainsi que la tenue des élections prévues, sans cesse reportées, tant la déstabilisation du pays  leur profitait.

Pour l'heure, sur le terrain, les miliciens des tribunaux islamiques paraissent avoir eu l'avantage. Ils se sont même offert le luxe de décliner la proposition faite par le secrétaire général de l'ONU,  Koffi Annan, d'un cessez-le-feu suivi d'un retour des différentes factions sur leurs anciennes positions. Ils ont obligé leurs adversaires à un cessez-le feu qui avait tout l'air d'une reconnaissance de leur défaite. Ils pouvaient se permettre de ne pas suivre le conseil du secrétaire général de l'ONU. Qui d'ailleurs aurait supervisé, au nom de l'organisation internationale, la mise en oeuvre d'un tel accord... Être casque bleu en Somalie ne suscite guère de vocation.

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Vendredi 30 juin 2006 5 30 06 2006 23:46

Dans ce blog nous avions parlé il y a déjà quelque temps du cas d'Ayaan Hirsi Ali, une jeune députée hollandaise d'origine somalienne, et menacée de mort par des fanatiques musulmans, à qui les autorités néerlandaises avaient décidés de lui retirer sa nationalité. Grâce à une forte moblisation, Rita Verdonk, ministre de l'Immigration vient de reculer et de rendre à Ayaan Hirsi Ali sa nationalité.

Dans une lettre au parlement, la ministre déclare : "Tout bien considéré, je suis parvenue à la conclusion que la décision de naturaliser Mme Ayaan Hirsi Ali en 1997 l'identifie suffisamment, et qu'elle a donc bien obtenu la nationalité néerlandaise" Cette affaire est "entièrement la faute d'Ayaan Hirsi Ali" et ne se serait pas produite si la députée n'avait pas affirmé à la télévision publique néerlandaise avoir "menti" sur son identité, a déclaré la ministre au parlement, selon l'agence néerlandaise ANP.

Ayaan a toujours expliqué qu'elle avait du mentir sur son parcours pour obtenir son statut de réfugiée. Les dernières semaines, elle avait été l'objet d'une caballe des pro-intégristes qui l'accusaient de double discours.

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Mardi 4 juillet 2006 2 04 07 2006 14:36
















En l'honneur de la fête nationale américaine, il m'est paru pertinent de parler de ce grand pays de la liberté et de cette grande démocratie que nos atlantistes aiment tant à montrer en exemple...


Le totalitarisme selon Hannah Arendt

Selon Hannah Arendt, le totalitarisme est un régime qui vise, au nom d’une idéologie, à maîtriser totalement une société réduite à l’état de masse. Par masse, Hannah Arendt désigne ces personnes
neutres et politiquement indifférents qui constituent la majorité d’une société. Le système totalitaire, « porteur de vérité », manipule et utilise la propagande, le mensonge, la censure, les « visions » prophétiques de l’avenir, la manipulation de la mémoire pour soumettre les masses à son « pouvoir charismatique ». La banalisation de la haine, la création d’un ennemi objectif, intérieur ou extérieur, la conviction qu’on vit mal ailleurs et qu’on est menacé à l’intérieur permet à l’ensemble des personnes de se fédérer. L’homme de masse devient alors un individu isolé où la dévotion au chef et à la nation devient son seul moyen d’exister.

Le but final est l’obtention de l’adhésion et du consentement total de la masse ; il s’agit aussi d’éliminer toute possibilité de non conformisme, de remise en cause du système ou de rupture des rangs. Une fois les masses contrôlées et organisées, la propagande est remplacée par l’endoctrinement et la société s’uniformise. « Les leaders des régimes totalitaires ne sont pas primordialement des menteurs, mais plutôt des manipulateurs, car ils réussissent à organiser les masses en unité collective qui soutiennent leurs mensonges » dit Hannah Arendt.

Laminées par la machine totalitaire, les masses se transforment en « d’affreuses marionnettes à face humaine » et l’homme devient « superflu » incapable de penser, n’absorbant que ce que l’appareil de propagande lui verse dans la tête.

Penser , c’est éviter de sombrer. Hannah Arendt explique que celui qui renonce à penser et s’en remet aux idées toutes faites est une proie pour les systèmes totalitaires.

Le nouveau chef totalitariste : le groupe des néo-conservateurs américains

La plupart des néo-cons sont d’anciens trotskistes anti-communistes. Léo Strauss, philosophe allemand, connaît un grand succès auprès d’eux et beaucoup d’entres eux le considèrent comme leur maître à penser.

Léo Strauss prône la démocratie libérale et le « droit naturel » ; il abhorre le multiculturalisme, l’état-providence et le relativisme. Selon lui, le relativisme conduit à l’affaiblissement moral des démocraties libérales « si toutes les valeurs sont relatives, alors le cannibalisme est une affaire de goût » précise t-il.

Les adeptes de Léo Strauss appliquent le principe du non relativisme et du droit naturel à la démocratie et à la liberté qui sont, selon eux, des valeurs immuables valables n’importe où et n’importe quand.

Léo Strauss défendait l’usage de la force ; il avait d’ailleurs rejeté le traité de non prolifération nucléaire qu’il considérait comme une faiblesse vis-à-vis de l’ex URSS.

De la même façon ses disciples légitiment le recours aux armes et trouvent en la stabilité un grand danger: « nous voulons la révolution, nous ne voulons pas la stabilité et nous voulons faire tomber tous les tyrans ... nous sommes un pays messianique. Et notre message à l’adresse du monde est notre vision messianique : le triomphe de la liberté, partout dans le monde. C’est quelque chose qui fait partie de notre ADN" rapporte-t-il dans le séminaire de l'AEI.

(A propos de l’ADN, un livre paru en septembre 2004 qui a fait la une du Time Magazine et une page entière lui était consacrée dans Washington Post prétend que la spiritualité est inscrite dans nos gènes et que seule notre culture déterminerait notre appartenance à telle ou telle religion. Ainsi, « les grandes valeurs américaines de liberté et de démocratie » sont-elles inscrites dans les gènes américains ?)

Les néo-conservateurs et les nazis

Adepte du nazi Carl Schmitt et de Heidegger, Léo Strauss et son disciple Allan Bloom diffusaient certaines doctrines de Schmitt. Ce qui ne veut pas dire que Strauss n’était pas critique vis-à-vis des textes de Schmitt mais ce qui est sûr c’est que ses critiques n’étaient pas prises en compte par ses disciples néo-conservateurs. Les néo-conservateurs puisent l’essentiel de leurs idées dans les doctrines Schmittiens qui ont servi aux fondements de l’état nazi notamment en matière d’état d’exception et donc du droit public, de sécurité intérieur et de politique internationale. L’état  d’exception permanent préconise que l’exception peut devenir la règle permanente. En ce qui concerne l’état nazi, l’état d’exception a suspendu tous les articles de la Constitution de Weimar garantissant les libertés individuelles ; cette suspension fut reconduite de façon permanente et on peut considérer l’ensemble du IIIe Reich comme un état d’exception qui dura douze ans.

L’état d’exception permanent désigne la dictature comme seul moyen de sauver l’état en cas de menace interne, que cette menace soit réelle, imaginaire ou créée de toute pièce.

Au lendemain du 11 septembre, John Ashcroft, ministre de la justice, adopte la loi Patriot Act II qui répond aux objectifs et attentes des néo-conservateurs. C’est une loi d’exception à durée limitée mais à effet permanent. Cette mise en état d’exception s’inspire de la théorie de l’état d’exception citée ci-dessus. L’équivalent de cette loi fut appliquée par les autorités nazies au lendemain de l’incendie du Reichstag. Cet incendie criminel provoqué par les nazis eux même mais qualifiée « d’attentat terroriste perpétré par les communistes » (terme qui désignaient les juifs selon la terminologie nazie) a servi d’alibi à l’état d’exception.

Les néo-cons ne s’inspirent pas seulement des principes Schmittiens, ils puisent leurs idées aussi dans celles d’Hitler lui-même.

Ainsi Richard Perle et Frum ont publié un livre en décembre 2003 intitulé « An end to Evil : How to win the war on terror », « Les USA sont devenus la plus grande puissance des grandes puissances dans l’histoire du monde » et « Il n’y a pas de moyen terme pour l’Amérique : c’est l’holocauste ou la victoire. Ce livre est un manuel pour obtenir la victoire" peut-on lire dans ce livre.

Les néo-cons et les fondamentalistes chrétiens

Les Born Again Christian est une multinationale de la foi. Ces illuminés intégristes sont hostiles à toutes les religions que ce soit le judaïsme, l’islam ou le catholicisme.

Pourquoi les néo-cons, dont la plupart sont des ultra-sionistes, se sont alliés aux Born Again Christian qui eux sont des antisémites notoires ?

La réponse est que d’une part « Israël assiégé en a besoin de ce soutien (des fondamentalistes chrétiens) qui est à la fois énorme constant et inconditionnel » comme l’a déclaré un néo-con, et d’autre part ces fanatiques sont des islamophobes au langage cru et non alambiqué ; ils crient haut et fort leur haine de l’islam. Selon l’adepte de Born Again Christian, le musulman est Satan personnifié ; c’est lui qui se met sur la route de Dieu et empêche la réalisation des prophéties bibliques et le retour du messie. Ce retour qui selon ces fous paranoïaques n’aura lieu que lorsque tous les juifs de la terre retournent à la terre promise et que le grand Israël verra le jour.

Les néo-cons, les marchands de la mort et la globalisation

On retrouve des représentants de Lockheed Martin, un des premiers fournisseurs d’armes du département de la Défense, à la tête de plusieurs think tanks néo-conservateurs (PNAC, CLI, AEI) ; cette situation est symptomatique et montre le changement profond des mentalités de l’opinion publique qui d’habitude désignent les industries d’armements, discrètes dans leurs faits et gestes, comme les marchands de la mort comme l’explique Jim Lobbe, journaliste américain spécialiste des néo-cons.

Aujourd’hui, le complexe militaro-industriel, s’affiche fièrement et avec arrogance aux côtés des faucons de la Maison Blanche car le culte de la force est roi au pays des « Likoudniki ».

Les lobbies de la guerre participent à visage découvert au mouvement général de la mondialisation pour les intérêts des grandes entreprises (Corporate globalization).

La néo-révolution médiatique

Une démocratie ne peut s’enraciner que dans une société libre et consciente de l’être. Or l’américain moyen est soumis en permanence à un matraquage médiatique implacable.

Fox News, la chaîne phare des néo-cons, et ses consoeurs utilisent des moyens d’endoctrinement très sophistiqués en vue de soumettre la population aux idées néo-conservatrices .

Abusé, l’américain moyen absorbe toutes les âneries, aussi grotesques les unes que les autres, dictées par les faiseurs d’opinions. Un sondage fait apparaître qu’une majorité d’américains qui regardent Fox News croient que c’est Saddam qui a commandité les actes du 11 septembre ! ! !

« si nos médias [américains] étaient attachés à la vérité, Georges Bush ne serait pas président, et nous, pas en guerre contre l’Irak » écrit John Nochols, journaliste qui dirige un mouvement pour la réforme des  médias

Actuellement la démocratie américaine se base sur une majorité qui ne pense plus et dont la volonté n’est plus autonome ; ce n’est plus qu’une démocratie de façade que certains surnomment « démocratie synthétique ».

La propagande, le mensonge, la manipulation du passé, du présent et du futur s’articulent autour d’une réalité fictive et prophétique. Les armes de destructions massives et les supposés liens de Saddam avec Al Qaida ont remplacé le mythe des « protocoles des sages de Sion » d’hier si utile aux nazis pour distiller la haine du juif.

Si hier la masse s’est fédérée contre le juif, elle s’unit aujourd’hui contre le musulman : Confondu avec le terrorisme l’islam devient l’axe du mal à éradiquer absolument.

Si hier, la banalisation de la haine a légalisé le crime et a conduit à la solution finale où des millions d’innocents ont péri, aujourd’hui elle légalise le meurtre collectif de ces basanés en Irak, en Palestine, en Afghanistan et ailleurs.

Les néo-cons retranchés derrière leurs bureaux ont réussi à opérer une mutation du système démocratique en un système totalitaire.

« Certaines idées ont des conséquences inattendues » aiment répéter les intellos-Bushien. Pour une fois, ils ont raison ! Les conséquences inattendues de leurs idées à eux sera leur destruction car le système totalitaire ne peut-être réformé, il ne peut qu’être détruit.


Et en France, les néo-conservateurs ont trouvés leurs représentants afin de diffuser leur "bonne parole ", en la personne d'altlantistes (des idiots utiles en fait) comme Pierre Lellouche et Alain Madelin et des serviteurs consentants à la tête desquels se trouve Nicolas Sarkozy (est-ce bien étonnant quand on connaît son credo pétainiste?)

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Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : International
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Jeudi 20 juillet 2006 4 20 07 2006 17:57

-Au Liban (Beyrouth):



 par Marie-Anne Müller


Stocks de nourriture, de fuel, de médicaments. Exode vers les maisons dans la montagne… les habitants de la capitale montrent une certaine organisation et des automatismes qui revoient le jour dans cette période de guerre.


Les 15 années de guerre civile ont marqué les Libanais. Dès le premier jour de l’offensive israélienne, les réflexes induits par la guerre ont rejailli. Stocker des aliments d’abord. Les supermarchés et épiceries ont littéralement été pris d’assaut. Pain, sucre, eau, café, farine, thon, huile… Toutes les denrées non-périssables s’entassent dans les chariots, laissant des rayons vides. Roula, une habitante du quartier chrétien d’Achrafieh, a fait un stock de provision : « J’ai une famille à nourrir, si le blocus maritime, aérien et terrestre imposé par Israël perdure, nous commencerons à manquer de nourriture ». En attendant, son employée de maison, une thaïlandaise pousse à ses côtés un lourd chariot débordant de victuailles. Les conducteurs ont également assailli les stations d’essence, remplissant leurs jerricans.


Dans le quartier musulman de Hamra, dans la banlieue de Beyrouth, les habitants font aussi des provisions de médicaments. « Certains médicaments courants commencent à manquer », explique un pharmacien, « surtout ceux pour le diabète et la tension ».


Les coupures d’électricité sont de plus en plus fréquentes. Pour y parer, certains beyrouthins disposent de générateurs. Mais avec la guerre le prix a augmenté, allant jusqu’à tripler selon les quartiers. Etienne a un cyber café. Il va être contraint de le fermer, le générateur lui coûtant 120 dollars US par mois, une somme qu’il ne peut plus débourser. Les coupures d’électricité entraînent en effet des coupures d’Internet et les clients sont de moins en moins nombreux. Pour les autres, sans générateur, l’unique solution est de s’éclairer à la lumière… des bougies. Saadieh, propriétaire d’un immeuble à Hamra, fait bénéficier de son générateur à ses voisins, contre un petit pécule.

La guerre crée un nouveau système de business. Les commerçants ont commencé à augmenter légèrement leurs prix. Les cigarettes ont ainsi subi une hausse de 50 % dans certains points de vente. Et dans le Mont-Liban, le kilo de citrons est passé de 500 livres libanaises (environ 25 centimes d’euros) à 6 000 LL (3 euros). Les cartes de téléphone portable sont également plus chères de quelques milliers de livres libanaises.

Dès que les déflagrations de bombes se font entendre, un seul mot d’ordre : rentrer chez soi et se barricader. Zeina, a déjà vécu la guerre civile libanaise, elle laisse ses fenêtres ouvertes et les recouvre de couvertures. « Comme ça, si les vitres explosent, les éclats ne sont pas projetés ». Un autre conseil qui circule toujours, devenu une sorte de mythe est de laisser ses pantoufles à l’envers la nuit. De cette manière, en cas d’explosions des vitres, il n’y a aucun débris dans les chaussures, et donc aucune blessure, il suffit de les retourner. Grâce au téléphone portable, les Libanais restent en contact et se transmettent les dernières nouvelles. Ils évitent de circuler en voiture ou à pieds près des ponts et des grands axes routiers.

Les artères commerçantes de Beyrouth, sont désertées, tout comme la rue Monot, centre névralgique de sorties des jeunes le week-end. Les Beyrouthins restent chez eux, devant le poste de télévision pour être au courant des dernières nouvelles de la guerre. Ceux qui ont des maisons dans la montagne, dans le Nord, sont déjà partis, fuyant le bruit des bombes de plus en plus violentes, de plus en plus proches. Khalil y a amené sa compagne française, les nerfs à vif d’entendre chaque jour et chaque nuit les déflagrations. « Ici, on peut aller se promener en pleine nature, et se destresser », explique-t-il. Ces villégiatures deviennent de véritables refuges pour les beyrouthins. Depuis le week-end dernier, les maisons et hôtels y sont pleins à craquer. Alors que les habitants du Sud et de la banlieue sud essaient eux de regagner la capitale, plus sûre que leur région, constamment bombardée et dont certains faubourgs ne ressemblent plus qu’à de véritables champs de ruines. Mais la guerre risque aussi de s’accompagner d’autres réflexes : ceux des tensions communautaires. (Marianne)

Les bombardements israëliens ont à l'heure actuelle provoqués la mort de plus de 350 civils libanais.


-En Israël (Haïfa):


par Sonia  Chironi


Depuis une semaine, les habitants d’Haïfa vivent au rythme des tirs de roquette du Hezbollah en provenance de leur frontière nord. Les attaques ont fait près d'une vingtaine de morts civils dont huit morts et plusieurs blessés lors des bombardements de dimanche et lundi.


Dimanche matin, 6 heures. Les habitants de Haïfa sont réveillés par le bruit des sirènes. Quelques minutes plus tard, une série d’explosions retentit. Le scénario que tous les habitants craignaient depuis une première alerte, 48 heures auparavant, vient de se réaliser : la grande ville du Nord d’Israël, symbole de la bonne coexistence entre les communautés juive et arabe, est attaquée par le Hezbollah.

Un mouvement de panique traverse aussitôt la cité. Des automobilistes qui se rendaient au travail abandonnent leur véhicule en plein milieu de la chaussée et courent se réfugier dans les abris. Des centaines de personnes envahissent en quelques minutes les bouches de métro, l’endroit réputé le plus sûr. « J’habite au dernier étage d’un immeuble ancien. Je ne me sentais absolument pas protégée, et j’ai eu très peur », raconte Ady, une jeune fille d’une vingtaine d’années, qui s’est précipité dans la station qui est en bas de chez elle. C’est là qu’elle a passé la matinée, à suivre les dernières nouvelles diffusées par la radio locale.

En tout, une quinzaine de roquettes au moins se sont abattues dimanche matin sur le centre-ville et la banlieue de la troisième ville d’Israël, située à une quarantaine de kilomètres de la frontière libanaise. L’une d’elle a percé le toit du hangar de la gare centrale, tuant huit employés, et en blessant une vingtaine d’autres. Le bilan le plus lourd pour une attaque du Hezbollah depuis plus de dix ans.

Lundi, après une accalmie dans la matinée, les sirènes ont de nouveau retentit dans la ville. Plusieurs salves ont été tirées dans l’après-midi et dans la soirée, l’une d’elles atteignant de plein fouet un immeuble d’habitations près du port. Six personnes ont été blessées, dont une gravement.

Calfeutrés chez eux ou dans des abris, les 275 000 habitants de Haïfa vivent depuis trois jours au rythme des alertes et des tirs de roquettes. La ville s’est figée : les rues et les trottoirs sont vides, les commerces presque tous fermés.

A Carmel, un quartier aisé situé dans les hauteurs, il n’y a qu’un seul bar ouvert. C’est celui de Kobi, un jeune trentenaire qui a passé trois ans dans les forces spéciales de l’armée israélienne au Liban. « Je ne pense pas qu’Hassan Nasrallah (le chef du Hezbollah, ndlr) réussira à tuer la vie sociale d’Israël. Je veux que les gens puissent continuer à pouvoir sortir, s’ils le veulent. Et tant qu’une roquette ne se sera pas abattue sur le bar, je resterais ouvert, même si personne ne vient. C’est une question de principe ».

Kobi avoue qu’il ne comprend pas l’attaque du Hezbollah qui a tout déclenché, il y a une semaine. Il y a quelques années, avant le retrait israélien du Sud-Liban, il a passé un mois à surveiller la frontière, à l’endroit précis de l’offensive lancée par les miliciens chiites. « A l’époque, c’était très calme. Avec les gars du Hezbollah, postés à quelques centaines de mètres de nous à peine, on se regardait, et on se faisait parfois un petit signe de la main, en riant ».

Aujourd’hui, Kobi s’apprête à rejoindre son unité près de la frontière. « Mon commandant m’a appelé, il a besoin de moi. Je n’ai pas hésité. Même si j’ai peur, évidemment, c’est mon devoir de répondre présent quand il s’agit de défendre mon pays ». Pendant que Kobi obéira aux ordres de son commandement militaire, « quels qu’ils soient, et sans états d’âme, parce qu’ils savent ce qu’ils font », c’est son associé,  Kamal, un Arabe israélien, qui tiendra le bar des collines de Carmel.(RFI)

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : International
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Mercredi 26 juillet 2006 3 26 07 2006 02:20


Par Khaled Abou Toameh


A l’exception des Palestiniens, le monde arabe paraît uni pour faire porter à l’Iran et à la Syrie la responsabilité des combats au Liban. Jusqu’à la semaine dernière, les analystes politiques arabes et les représentants des différents gouvernements hésitaient à critiquer ouvertement le Hezbollah. Aujourd’hui, une coalition anti-Hezbollah est en train d’émerger, non seulement au Liban, mais aussi dans plusieurs Etats arabes.

Les Palestiniens et le Hezbollah ont le sentiment qu’une fois de plus, leurs frères arabes leur ont tourné le dos. Lundi dernier, des centaines de Palestiniens qui marchaient dans les rues de Ramallah pour soutenir le Hezbollah chantaient : "Hassan Nasrallah est notre héros, le reste des dirigeants arabes sont des lâches", et "O Abou Hadi adoré (surnom de Nasrallah), bombarde, bombarde Tel-Aviv". Ce dernier cri de guerre rappelle le slogan célèbre utilisé par les Palestiniens pendant la première guerre du Golfe : "O Saddam adoré, bombarde, bombarde Tel-Aviv."

Le Hezbollah et ses partisans espéraient que l’opération militaire massive des Israéliens au Liban susciterait des protestations de masse dans tout le monde arabe, qui créeraient une instabilité et menaceraient certains régimes arabes.

Mais la réaction de la rue arabe a été si décevante pour le Hezbollah que ses dirigeants parlent maintenant ouvertement d’un "complot" arabe pour liquider l’organisation chiite. Les quelques partisans du Hezbollah à Ramallah, dans la bande de Gaza et dans certaines capitales arabes dirigent donc leurs critiques contre les présidents et despotes arabes qu’ils accusent de servir les intérêts américains et israéliens.

Cette coalition anti-Hezbollah, qui semble grossir à mesure que les missiles israéliens tombent sur les QG du Hezbollah, est emmenée par l’Arabie saoudite, l’Egypte et la Jordanie. Ces trois pays, ainsi que de nombreux commentateurs et analystes politiques arabes, sont convaincus que les dirigeants de Téhéran et de Damas se servent du Hezbollah pour détourner l’attention du programme nucléaire iranien et de l’implication de la Syrie dans l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri.

Les Saoudiens ont été les premiers à critiquer ouvertement le Hezbollah, et ont ouvert la voie à d’autres pays arabes. Le message de ces pays est que les Arabes et les musulmans ne peuvent pas permettre la région de se laisser entraîner dans une guerre par une organisation aussi aventuriste et irresponsable que le Hezbollah. Ni les différents représentants officiels, ni les éditorialistes et commentateurs arabes d’envergure n’ont montré de sympathie pour le Hezbollah sur les télévisions pan-arabes comme Al-Jazira.

La position saoudienne, qui a surpris le Hezbollah, a été exprimée par un représentant anonyme, qui a dit qu’il fallait faire la distinction entre la résistance légitime et l’aventurisme de certains partis.

La position saoudienne reflète celle de tous les pays du Golfe, qui sont mécontents non seulement du Hezbollah, mais aussi du Hamas. Pour les pays du Golfe, le Hezbollah et le Hamas agissent sous les ordres de Téhéran et de Damas.

C’est la raison pour laquelle la plupart des gouvernements arabes font peu d’efforts pour résoudre la crise actuelle. Comme l’a expliqué un officiel du Golfe : "Nous ne pouvons agir en médiateurs à la demande de certaines parties qui agissent sans tenir compte des conséquences de leurs actes". Des sentiments similaires se sont exprimés dans une série d’articles parus dans la presse arabe ces derniers jours. Certains de ces articles auraient pu être écrits par des porte-parole du gouvernement israélien ! Constatons d’ailleurs avec ironie que maintenant que le Hezbollah et le Hamas sont sur la défensive, de nombreux Arabes n’hésitent plus à s’exprimer publiquement contre ces deux groupes.

Wadi Batti, éditorialiste irakien, écrit que les Arabes doivent se rendre compte que les milices et les gangsters ne leur feront que du tort : "L’exemple libanais confirme les craintes des Arabes concernant la présence de milices armées qui menacent notre stabilité et notre sécurité". "En prenant l’initiative d’une confrontation avec Israël, le Hezbollah s’est moqué du gouvernement libanais, qui sont maintenant perçus comme des pions dans les mains de Nasrallah. Combien de temps les Arabes continueront-ils à se battre pour l’Iran ?"

Dans le journal influent Asharq Al-Awsat, basé à Londres, l’éditorialiste Abou Shakra écrit que de nombreux Libanais ont été surpris par le timing de l’opération du Hezbollah : "Ils ont été particulièrement choqués par le timing de l’attaque, au débit de la saison touristique qui devait faire vivre plus de deux millions de familles libanaises alors que le Liban connaît un déficit budgétaire de 40 millions de $. Ce qui est stupéfiant, c’est que le Hezbollah a sous-estimé les dommages, en particulier dans le secteur du tourisme, en disant que les seuls qui allaient bénéficier du tourisme seraient les amateurs de houmous et de femmes."

Tentant d’expliquer cette attitude arabe, l’analyste politique palestinien Ashraf al-Ajrami faisait remarquer que de nombreux Etats arabes avaient peur de l’Iran et ne voulaient pas voir les Iraniens étendre leur influence : ‘"Les Etats arabes, en particulier l’Arabie saoudite, l’Egypte et la Jordanie, pensent qu’aucun parti n’a le droit d’entraîner toute la région dans une confrontation militaire avec Israël", écrit-il dans le quotidien de Ramallah Al-Ayyam. "Ces Etats pensent qu’il n’y a pas la place pour des erreurs et des aventures. Les Arabes s’inquiètent des plans de l’Iran dans la région, en particulier concernant l’Irak et le développement de son armement nucléaire, et de ses tentatives d’influer sur les événements au Liban et en Palestine. Un grand nombre d’Etats arabes, en particulier dans le Golfe, voient l’Iran comme un futur adversaire."

La Paix Maintenant

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : International
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Jeudi 27 juillet 2006 4 27 07 2006 16:02

Trois Palestiniens ont été tués, jeudi 27 juillet, dans la bande de Gaza par l'armée israélienne intervenue dans le territoire il y a un mois pour faire cesser les tirs de roquettes contre le sud d'Israël et retrouver un caporal séquestré par des activistes palestiniens.

Depuis l'enlèvement du caporal Gilad Shalit, le 25 juin, au moins 148 Palestiniens, dont de nombreux civils, ont été tués, dont 24 durant la seule journée de mercredi, mais les tirs de roquettes n'ont pas cessé et l'otage n'a pas été retrouvé.

Une femme de 75 ans mortellement touchée par un obus israélien figure parmi les trois nouvelles victimes recensées jeudi en milieu de journée, les deux autres étant, selon des sources médicales palestiniennes, de jeunes gens tués lors d'un raid aérien. Tsahal a déclaré vérifier ces informations.


Par ailleurs, une quarantaine de jeeps israéliennes et des membres de forces spéciales sont entrés jeudi dans Jénine, en Cisjordanie, où des échanges de tirs ont eu lieu. Selon des sources sécuritaires palestiniennes, les forces israéliennes ont pénétré dans le camp de réfugiés dans l'est de la ville et ont encerclé plusieurs maisons à la recherche de suspects. L'armée israélienne a confirmé qu'une "opération d'arrestation est en cours", sans donner plus de détails.

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : International
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Vendredi 28 juillet 2006 5 28 07 2006 21:37
Le gouvernement espagnol de José Luis Rodríguez Zapatero a en effet présenté aujourd'hui, vendredi 28 juillet, son projet de loi mémorielle sur la réhabilitation des victimes républicaines du franquisme. Un texte symbolique que le Premier ministre, dont un grand-père fut fusillé par les franquistes, avait promis lors de sa campagne électorale de 2004 et sur lequel il a commencé à travailler dès son arrivée au pouvoir. 

Une loi nécessaire, selon le quotidien catalan La Vanguardia. "Parce que les victimes du franquisme ont su pardonner, elles ont su oublier des situations aussi difficiles que l'exil ou la prison. Elles ont même renoncé à prendre leur revanche en 1975, lorsque le régime franquiste est tombé et ce au nom de la réconciliation nationale. Il est donc temps de les honorer, de leur rendre justice."

Nécessaire ou pas, le texte a ouvert une dure polémique au sein de la classe politique espagnole, dans un pays dont 30 % de la population considèrent toujours comme parfaitement justifié le soulèvement du 18 juillet 1936 qui a mené à une guerre civile sanglante, avec plus de 400 000 victimes de part et d'autre, et qui s'est achevée par trente-cinq ans de dictature.

Le quotidien conservateur (ou plutôt néo-franquiste) ABC estime ainsi que cette loi mémorielle est "inutile, voire dangereuse. Avec cette loi, on instaure une mémoire sélective." En clair, on favorise un camp, celui des victimes du franquisme, par rapport à l'autre. Le quotidien rappelle "qu'immédiatement après la mort de Franco, la grande majorité des rues, des places, des avenues du pays qui portaient un nom franquiste ont été débaptisées et que les statues du Caudillo et des héros du régime ont été déboulonnées".

"A l'inverse, on ne compte plus aujourd'hui les lieux publics dédiés aux figures de la Seconde République espagnole. Alors, pourquoi ajouter une loi à ce qui est déjà perçu par beaucoup comme une victoire posthume – même symbolique – de la République vaincue en 1939 ?" ABC

Pourtant, le Premier ministre a finalement exclu de satisfaire l'une des principales revendications des associations de républicains : l'annulation des jugements sommaires prononcés par les tribunaux franquistes contre des dizaines de milliers de républicains espagnols après la victoire nationaliste en 1939.

Pour se justifier, José Luis Rodríguez Zapatero a invoqué la Constitution espagnole, qui interdirait de façon "très claire" une telle mesure. Il a aussi déclaré après plusieurs jours de controverse que la loi ne contiendrait "pas d'éléments polémiques en référence aux symboles de la dictature". Les associations de républicains exigent la suppression des centaines de plaques, statues, écussons et noms de rues associés au franquisme qui subsistent à travers le pays.

Mais selon le quotidien de centre gauche El Pais, "le gouvernement est parvenu à la conclusion qu'il ne pouvait interdire à une mairie de faire porter le nom d'une rue à un militaire putschiste". Il se contentera donc de "recommander" ces suppressions aux autorités locales et régionales. "Elles seront en revanche obligatoire pour les institutions de l'Etat."

Cela suffira-t-il à calmer les alliés des socialistes que sont les communistes d'Izquierda Unida (IU) et le parti indépendantiste catalan ERC ? Ces deux-là ont en effet menacé Zapatero d'une guerre d'amendements si la loi n'annulait pas les procès sommaires du franquisme. Les socialistes espèrent calmer leurs alliés en satisfaisant les revendications économiques et sociales des anciens républicains et en favorisant l'accès aux archives historiques et la localisation et l'exhumation des quelque 30 000 républicains qui reposent toujours dans l'anonymat de fosses communes.

La Vanguardia relève que le problème de ce texte "est qu'une loi s'impose à tous les Espagnols. Or, pour maintenir un certain équilibre, il est certain que cette loi paraîtra trop timide aux yeux des fils des vaincus et diffamatoire aux fils des vainqueurs."

Au final, le texte qui devrait être adopté aujourd'hui se nommera "loi d'extension des droits des personnes affectées par la guerre civile et la dictature" et non plus loi de "mémoire historique", comme prévu initialement. José Luis Rodríguez Zapatero veut en effet faire taire ceux qui l'accusent de "rouvrir inutilement les plaies du passé" et de réécrire l'Histoire de manière partisane.

Le Premier ministre trouve un avocat en la personne d'un magistrat qui s'exprime dans les pages d'El País. "D'abord, la loi en question ne parle pas d'histoire mais de mémoire. Il ne s'agit pas de départager historiquement les uns et les autres ou d'écrire une histoire officielle mais d'honorer la mémoire des vaincus."

Ce qui n'est pas du tout la même chose. "Les blessures des vainqueurs franquistes ont fait l'objet d'un traitement long et délicat. Un traitement qui a duré quarante années. Ces blessures-là ont donc eu tout le temps de cicatriser. En revanche, les blessures des vaincus, elles, ont été recousues à la va-vite entre 1975 et 1978", pendant la période de transition qui a conduit l'Espagne de la dictature à la démocratie. Trente ans après la fin du régime franquiste, il est donc temps que la mémoire des vaincus soit donc au moins traitée sur un pied d'égalité avec celle des vainqueurs.

Anthony Bellanger et Eric Glover pour le Courrier International


L'Espagne va-t-elle enfin entrer sur la voie du post-franquisme ou persister dans ce néo-franquisme déguisé? Telle est la grande question pour l'avenir de ce pays...
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : International
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