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République & Laïcité

Mercredi 3 mai 2006 3 03 05 2006 04:06



Les citoyens soussignés appellent les Français et les Françaises attachés aux principes laïques et démocratiques qui fondent notre République à manifester massivement leur opposition absolue à toute tentative de mainmise des intégrismes religieux sur notre société ; à rejeter toute initiative législative tendant à modifier ou à nier ces fondements ; à défendre la pensée libre, la liberté de conscience ainsi que la liberté d’expression et de jugement qui en est le corollaire ; à exiger de nos responsables politiques qu’ils défendent et fassent respecter avec fermeté les 3 principes suivants :

1 – La France est un pays qui a institutionnalisé le principe de Laïcité et qui l’a inscrit dans sa Constitution : ce principe doit être défendu sans concessions.

2 – La France est le pays des Lumières, et revendique l’œuvre de Voltaire, Diderot, Montesquieu, Rousseau, et de tous ceux qui ont aidé l’esprit à s’affranchir de toute croyance irrationnelle, et défendu la liberté de conscience comme la liberté d’expression. Cette dernière ne doit souffrir d’aucun «MAIS» qui ouvrirait la porte à un recul des libertés.

3 – La France est le pays de la séparation imprescriptible des Eglises et de l’Etat depuis 1905 : toutes les religions doivent pouvoir être pratiquées librement et sans ostracisme par ceux qui le souhaitent. Ceux qui ne croient pas, athées et agnostiques, ont le droit de faire valoir leur point de vue et de critiquer, dans les formes qui leur conviennent, toutes les religions, celles-ci relevant exclusivement du domaine privé : le délit de blasphème, en particulier, supprimé de nos lois il y a près de 2 siècles, ne doit pas être réintroduit par quelque biais que ce soit. C’est à la loi générale seule – expression du peuple tout entier – de fixer la règle commune.

Nous exigeons des hommes et des femmes que nous avons élus pour nous représenter dans les instances démocratiques qu’ils et elles s’engagent de manière absolue et sans restriction à défendre ce principe de laïcité.

NOS VOTES ONT UN PRIX: CELUI DE LA LIBERTÉ DE PENSER ET DE S’ EXPRIMER

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : République & Laïcité
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Jeudi 18 mai 2006 4 18 05 2006 01:57

Un Cri contre le racisme et contre l’intégrisme

Citoyens à la fois opposés au racisme et à l'intégrisme, nous poussons un cri. Depuis le 11 septembre 2001, le débat public semble avoir perdu tous ses repères. Tandis qu'une droite populiste et raciste surfe sur la peur de l'autre et de l'islam (en amalgamant Arabes avec musulmans, musulmans avec intégristes et intégristes avec terroristes), une certaine gauche a abdiqué tout esprit critique face à l'obscurantisme et traite d'«islamophobe» toute personne ayant l'audace de dire non à l'islam politique réactionnaire. Même lorsque cette résistance se fait au nom de l'attachement à la laïcité, à l'égalité hommes-femmes, par refus de l'incitation à la haine sexiste, homophobe ou antisémite. Il faut d'urgence sortir de ce double piège. Et redire, haut et fort, que nous voulons nous battre à la fois contre le racisme et contre l'intégrisme. Tous les racismes (antiarabe comme antijuif, comme antifemme ou antihomosexuel) et tous les intégrismes (de toutes les religions).


Pour éviter que le 11 septembre ne sonne le glas de la laïcité, il faut cesser de se taire face à l'offensive de l'islam intégriste. Elle gagne partout du terrain. En Palestine et en Egypte, les Frères musulmans (matrice de l'islam politique réactionnaire) viennent de remporter des succès électoraux comme jamais. Ailleurs, ils se placent en médiateurs, voire en tuteurs des communautés musulmanes sous prétexte de lutter contre le terrorisme. Comme en Angleterre ou en France. Après avoir invité l'UOIF à s'asseoir à la table de la République et du Conseil français du culte musulman, Nicolas Sarkozy ne propose-t-il pas de modifier la loi de 1905 ? Dans le même temps, des députés UMP, comme Eric Raoult ou Jean-Marc Roubaux, ne proposent-ils pas de réactiver le délit de blasphème à la demande d'organisations musulmanes refusant le droit à l'irrévérence et à la caricature ? Si ces deux piliers, la loi de 1905 et la liberté d'expression, tombaient ou du moins s'effritaient, avec quelles armes pourrions-nous nous défendre face à cet obscurantisme qui a bien le visage de nouveau totalitarisme ? Sur quoi pourrions-nous bâtir notre résistance face à la montée de tous les fanatismes ?


Pour éviter un second 21 avril 2002, tout en menant ce combat contre l'intégrisme, il faut aussi reprendre la lutte contre le racisme et l'extrême droite. Dire et redire que le combat contre l'obscurantisme n'est pas un combat contre l'immigration ou contre les croyants. Mais un combat républicain et laïque devant unir tous les citoyens, quelle que soit leur origine, croyants, athées ou agnostiques. Même si les médias ne veulent pas l'entendre et préfèrent souvent donner la parole aux barbus ou aux filles voilées, ce combat est remarquablement porté aujourd'hui par des citoyens de culture ou de confession musulmanes (81 % sont attachés au principe de laïcité). En particulier, ceux d'origine algérienne ou iranienne (10 % des chauffeurs de taxis parisiens sont des Iraniens réfugiés en France). Ceux-là ont fui l'islamisme et connaissent, mieux que personne, le prix à payer lorsque la religion fait la loi. Les musulmans du monde entier, comme les habitants des quartiers populaires français, sont les premières victimes de l'intégrisme. Nous refusons de laisser ces quartiers être mis sous tutelle par des groupes religieux parce que l'Etat se désengage du social.


De même que nous refusons de laisser croire que les émeutes de novembre dernier ou les explosions de violence sont dues à l'«islamisation» de la France. Les islamistes n'en ont pas été les inspirateurs, même s'ils ont essayé d'apparaître auprès des pouvoirs publics comme des médiateurs pouvant se substituer aux autorités de la République. Sans succès. Pour l'instant... Qu'en sera-t-il lorsque le lien social et interculturel ne sera plus qu'un champ de ruines, à cause des subventions qui n'arrivent pas aux associations citoyennes, ou qui arrivent trop aux associations confessionnelles ? La colère, la rage, la recherche du profit et de l'argent facile, sont bien à l'oeuvre dans les quartiers défavorisés. Si «islamisation» il y a, elle est due certes à la propagande des intégristes mais aussi au fait d'abandonner des citoyens et des quartiers entiers à l'exclusion, à l'inégalité et à la stigmatisation.


En cela, les discours plein de haine et de raccourcis de Jean-Marie Le Pen ou de Philippe de Villiers, ou encore celui de Nicolas Sarkozy (qui dit dans son livre préférer l'espérance religieuse à l'espérance sociale), ne peuvent que contribuer à grossir les rangs des islamistes. Nous refusons de leur laisser le combat pour l'égalité, les libertés et la laïcité. Les signataires de ce cri demandent donc à chaque formation qui postule aux prochains suffrages de s'engager clairement à combattre sans concession à la fois l'intégrisme que représente l'islam politique liberticide et le racisme.

 

Pour signer la pétition


Initiateurs : Caroline Fourest (essayiste et rédactrice en chef de la revue ProChoix), Corinne Lepage (ancienne ministre et présidente de Cap 21), et Pierre Cassen (Les Amis de Respublica)

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : République & Laïcité
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Mercredi 30 août 2006 3 30 08 2006 01:59

Par Robert Albarèdes


Le 29 juin dernier, Jean Glavany, au nom du Parti Socialiste, a déposé sur le bureau de l’Assemblée Nationale, un projet de loi visant à « promouvoir la laïcité dans la République ». . . Cette démarche, faite presque « en catimini » en un moment où s’exaspèrent les tensions contre le socle laïque de notre République, semble vouloir « étouffer » dans l’œuf toute réflexion, toute analyse, toute proposition - autres que celles qui fondent ce texte législatif - susceptibles de rendre efficient le principe de laïcité tel qu’il ressort du texte fondateur de 1905 et « évacue » , de fait, ce thème du débat électoral qui s’engage, comme s’il s’agissait de « faire l’impasse » sur ce qui pourrait fâcher, en particulier du côté de ces élus (et ils ne sont pas tous « de droite ») qui, tous les jours, bafouent les conséquences de la loi en dilapidant l’argent public dans des subventions à des structures directement ou indirectement confessionnelles ou privées.

Ce qui frappe, d’abord, dans ce texte, c’est la confusion (savamment entretenue ?) qui mêle à la notion de « laïcité » (jamais définie . . .) « la mémoire de l’immigration », la « création d’un service civique national », l’action d’une « haute autorité de lutte contre les discriminations et les exclusions », toutes structures peut-être utiles, mais qui relèvent de décisions politiques et administratives concrètes dont la réalité ne peut se justifier que si on a, au préalable, précisé ce que ces notions recoupent et en quoi elles se rattachent à la laïcité dont il convient de bien fixer les contours.

Car c’est de cela dont nous avons besoin aujourd’hui, en un moment où les interprétations les plus pernicieuses, jouant sur les subtilités du vocabulaire, tendent à faire oublier l’essentiel représenté par les principes de la loi de 1905 :

Article 1 : La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public.

Article 2 : La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

Or, si la loi est citée dans le préambule du projet de loi socialiste, son contenu disparaît dans le corps du texte, ne réapparaissant que dans les motifs, à travers un article 2 évoqué de manière erronée et lu à contresens par les auteurs du projet car donnant à la République mission d’organiser l’exercice des cultes. . .
D’ailleurs, apparaît comme révélatrice une autre absence, celle du rappel d’une conséquence essentielle des principes de la loi originelle : la réservation à l’espace public de l’argent public.
La phrase n’est jamais écrite, comme n’est jamais évoquée la stricte séparation de l’espace public – où agit la loi générale libérée des contraintes particulières de quelque nature qu’elles soient - et de la sphère privée – où s’exerce le choix individuel d’idéologie et de religion. On comprend qu’un parti qui a, dans ses rangs, des élus qui, comme à Rennes ou à Evry, s’échinent à détourner la loi de 1905 pour subventionner allègrement des réalisations cultuelles sous les prétextes les plus divers, répugne à s’engager sur ce point !

Il est vrai que le domaine de la gestion locale, territoriale et nationale semble bien loin des préoccupations des rédacteurs de ce texte, puisqu’ils n’envisagent même pas – alors qu’ils le présentent comme « concret » - de demander aux élus et représentants de l’Etat le nécessaire respect de la laïcité, dans leur gestion comme dans leur fonction de représentation.

Mais le plus important reste que jamais n’est demandée (et organisée) l’application de la même manière de la loi de 1905 à l’ensemble du territoire de la République : ce n’est pas là un oubli de plume, mais l’aveu d’une attitude politique que les laïques ne peuvent que condamner. D’autant que, quand il est fait allusion à la situation particulière de l’Alsace – Moselle, c’est à travers le seul domaine scolaire où il faudrait, nous dit-on, remplacer la demande d’enseignement religieux par une « offre de cours religieux » au sein de la structure d’enseignement !!! On croit rêver : mais non, cette « offre » concerne également l’enseignement (sic) de l’islam. . . Si ce n’est pas ça, porter atteint à la laïcité et organiser le communautarisme religieux, qu’est ce que c’est ?

Un vrai projet laïque aurait inscrit, en toutes lettres, l’abrogation de toutes les situations particulières, écarté du domaine scolaire tout exercice de tout culte, et réfléchi aux étapes nécessaires pour assurer, partout et de la même manière, le rejet de toute religion de l’espace public. Il semble qu’une telle démarche excède les capacités réflexives des rédacteurs du projet socialiste. . . A moins qu’il y ait des raisons moins avouables auxquelles je me refuse (presque) de penser. . .

La propension de ce texte à accepter les perversions de la loi de 1905 transparaît parfaitement dans le chapitre consacré à l’Ecole, où il est admis , une fois pour toutes, que la République n’est pas apte à satisfaire le besoin d’enseignement de ses concitoyens. Ainsi ce projet de loi se contente-t-il de vouloir encadrer les aides à l’enseignement privé, plutôt que d’affirmer l’unité de l’enseignement qui doit être public, laïque et exclusif bénéficiaire de la ressource publique, plutôt que de poser en principe incontournable la présence de l’école publique partout sur le territoire. Réaffirmer les principes ne peut nuire : cela fonde, en fait, une perspective politique, même si la réalité « du terrain » peut obliger à des compromis limités dans le temps et à des étapes nécessaires pour atteindre le but fixé. . . Mais quand on ne se fixe aucun but. . . Ce chapitre s’honorerait à rappeler l’obligation de réserve des enseignants et des élèves dans les lieux d’enseignement (il y a beaucoup à faire. . .) ; la nécessité d’y respecter une stricte neutralité laïque par les discours comme par les comportements, quels qu’ils soient ; l’importance de veiller au contenu de l’enseignement, qui ne doit jamais être pris en otage par des velléités religieuses, idéologiques ou consuméristes ; le besoin d’une organisation et d’un mode de fonctionnement de ce secteur éducatif ne laissant place à aucune dérive communautaire, idéologique, mercantile. . .

Bref, un chapitre à revoir, nonobstant l’aspect positif retenu de conditionner les dispenses d’éducation physique à la décision d’un médecin agréé. . .
Un point, encore : l’enseignement du « fait religieux ». . . Le mot est à la mode, et on aurait été étonné de voir les socialistes n’y point souscrire. Cela mériterait débat, ou , tout au moins, réponse à des questions précises : qu’est ce qu’on enseigne ? comment on l’enseigne ? qui enseigne ?. . . Force est de constater qu’aucun éclaircissement n’est donné dans ce document « concret ».

Concret ? pas au point de s’attacher à préciser ce qu’est la liberté de conscience évoquée par la loi de 1905 : droit de croire, de ne pas croire, de ne plus croire, de croire autrement. . . Quand ces valeurs sont bafouées chaque jour sur le territoire de la République, il est pour le moins utile de les rappeler et d’organiser leur défense. . . De même qu’il est nécessaire de veiller à ce que la liberté de dire, d’analyser, de critiquer, de rejeter, de se moquer, (sous toutes ses formes) soit respectée, surtout quand on a des exemples quotidiens de sa mise en cause. Un texte qui se propose de « promouvoir la laïcité » et qui fait l’impasse sur ces caractéristiques fondamentales est, pour le moins, bancal . . .
Il devient lourd de dangers quand il omet d’intégrer dans son libellé le nécessaire respect du statut équivalent de l’homme et de la femme, et l’impérative obligation de le reconnaître et de l’imposer, par delà tous les prétextes.
Ce qui revient à mettre l’accent sur une autre lacune de ce projet, celle de ne jamais, dans tous les cas évoqués, placer en principe incontournable, la primauté de la loi générale sur la loi coutumière ou de toute autre autorité.

Et ce ne sont pas les deux premiers articles de ce texte qui pourront nous rassurer ! Ils semblent vouloir, en permanence, revenir sur la notion de laïcité - ah ! si on pouvait « l’ouvrir » au gré des demandes diverses – et se proposent de dessaisir les représentants du peuple de leur fonction de « garants » du principe laïque (par la mise en place d’un Observatoire National de la Laïcité dépendant du gouvernement). Or c’est au Parlement à sauvegarder le socle laïque de notre République, à élaborer la loi générale en adéquation avec ce socle laïque, à veiller à ce que ce socle soit, en permanence, conforté. S’il faut une structure nouvelle, c’est – à la place du « ministère des cultes » - un « ministère de la laïcité », responsable devant les élus de la nation.

Ambigu, confus, bâclé. . . Ces adjectifs ont été employés pour qualifier ce projet de loi. . . Ajoutons, dangereux et pervers, car il « capitule » devant le nécessaire effort de rétablissement du principe laïque dans toute sa dimension, et s’abstient d’ériger les barrières nous protégeant des tendances communautaristes. . . J’ajouterai, pour ma part, électoraliste, car il s’agit, la main sur le cœur, de jurer de son attachement à la laïcité (il ne faudrait pas que les électeurs puissent se poser des questions à voir les pratiques quotidiennes des élus et responsables socialistes. . .), tout en ménageant « les communautés » dont on sait que leur pratique électorale est celle du « groupe ». Dans une période aussi cruciale et où tout se joue « dans un mouchoir », ça peut servir.

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Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : République & Laïcité
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Vendredi 8 septembre 2006 5 08 09 2006 14:23

par Henri Pena-Ruiz, écrivain et philosophe, ancien membre de la Commission Stasi, auteur de « Qu'est-ce que la laïcité ? « (Gallimard) et des « Leçons sur le bonheur » (Flammarion)

En France, la sécularisation des institutions et des normes publiques a pris la forme de la laïcisation (en grec, laos veut dire peuple indivisible). L'idée en est simple : considérer que le rôle de la puissance publique n'est pas de promouvoir une option spirituelle particulière –religion ou athéisme- car cela privilégierait une partie des citoyens. L'égalité de tous va ainsi de pair avec la liberté de conscience, et l'État n'entend s'occuper que de ce qui est d'intérêt universel. La laïcité n'est donc pas plus antireligieuse qu' « antiathée ». Pour garantir cette neutralité qui est la condition de l'universalité ainsi visée, la loi du 9 décembre 1905 a séparé l'Etat de toute Église. Une double émancipation s'est ainsi réalisée. Certes l'Église ne jouit plus de privilèges publics, mais elle s'affranchit de tout contrôle de l'État. Celui-ci, émancipé de toute tutelle cléricale, devient l'État de tous et le cadre qu'il constitue assure à tous une égalité d'accueil comme une liberté de conscience authentique. La loi de séparation laïque est remise en question aujourd'hui par certains nostalgiques des privilèges publics des religions, avec des prétextes divers issus des évolutions récentes. L'article qui suit propose une analyse et une approche critique de cette remise en question.



Un libéralisme clérical : paradoxe


Nous vivons un paradoxe. En ces temps d'ultralibéralisme économique, les missions sociales de l'État sont contestées, et la privatisation générale des services publics est mise à l'ordre du jour. L'État n'aurait plus à dépenser autant d'argent dans ce qui pourtant concerne tous les citoyens : santé publique, école publique, culture de haut niveau pour chacun, logements décents pour tous, énergie et communication accessibles à tous, humanisation des espaces urbains. En revanche, le même État devrait consacrer des fonds à la restauration du financement public des religions, qui ne concernent pourtant que leurs seuls fidèles. Ainsi, l'universel serait sacrifié sur l'autel du particulier. Voici venir l'alliance de l'ultra-libéralisme économique et d'un nouveau cléricalisme.

Une telle perspective reproduit la formule thatchérienne. Celle-ci conjugua naguère l'éradication du rôle social de l'État, comme des lois qui le faisaient valoir dans la régulation de l'économie, et l'encouragement prodigué aux religions pour qu'elles remplissent le vide ainsi créé. La charité en lieu et place de la justice ; le supplément d'âme d'un monde sans âme. La religion préposée au traitement de la délinquance que nourrit la déshumanisation mercantiliste. On sait le risque pris alors. Les religions ainsi reconnues dans un rôle social consacré par la sphère publique se contentent rarement de leur dimension spirituelle désintéressée. Dans leur dérive dominatrice, certains de leurs représentants entendent rétablir à leur profit des privilèges publics, et régenter ce qui peut l'être des individus qu'ils prétendent secourir, parfois pour mieux les encadrer. Les pressions du Vatican pour garder à l'Église une place prépondérante dans la construction européenne, les cas de l'intégrisme protestant aux USA, ou de l'intégrisme islamiste, en sont des exemples.

Cette politique religieuse s'affirme souvent au nom de la « culture », voire de la « différence » opprimée. La menace communautariste n'est pas loin, qui dévoie la solidarité en soumission, et compromet la liberté de se définir individuellement au nom d'une « identité collective » contraignante. Il ne faut pas disqualifier ici la charité, mais rappeler qu'elle n'opère que sur les effets de la détresse sociale, non sur ses causes. Du fait du retrait d'un État garant du bien commun et de la solidarité, les ressorts de l'exclusion, du chômage, et des discriminations à l'emploi ou au logement demeurent intacts, et leurs conséquences s'aggravent. La référence religieuse, dans ce contexte, peut se transformer en crispation identitaire et faire naître un ressentiment compensatoire, lourd de danger, qui stigmatise tout à tour la modernité, la démocratie, la raison, la laïcité, rendues responsables de tous les maux. Le fanatisme découle d'un tel processus.

La tentation d'attribuer à la laïcité la responsabilité de l'exclusion, et du sentiment de stigmatisation éprouvé par certaines composantes de la population, est devenue trop fréquente pour qu'on laisse se répandre une telle erreur de diagnostic. C'est en solidarisant l'affirmation de l'idéal laïque et celle d'un État promoteur de la justice sociale et du bien commun qu'on rendra crédible la dimension émancipatrice de la République.

Laïcité : le sens de la loi de séparation de l'État et des Églises

Première évidence, longtemps niée : ce qui est de certains ne peut s'imposer à tous, ni être à la charge de tous. Ainsi des croyances religieuses et de leur mise en œuvre cultuelle, qui ne doivent engager que les croyants, et ne sauraient engager les athées ou les agnostiques. La religion n'est pas un service public. Sa fonction sociale ne concerne que ceux qui se reconnaissent dans un credo. On n'imagine pas plus que les croyants aient un jour à financer la diffusion de l'humanisme athée.

D'où l'indissociabilité de trois principes laïques et républicains : la liberté de conscience, l'égalité de droits sans distinction d'option spirituelle, et l'universalité de l'action de la sphère publique, dévolue au seul intérêt général. Ce n'est donc pas la seule égalité des religions qui doit animer la conscience républicaine, mais l'égalité de traitement des croyants, des athées et des agnostiques. La loi du 9 décembre 1905, en France, en tire les conséquences en mettant un terme au régime discriminatoire des cultes reconnus : « La République ne reconnaît aucun culte » (article deux). Conséquence matérielle immédiate : la République ne peut non plus salarier ni subventionner les cultes, pas plus qu'elle n'a à financer des maisons de la libre-pensée ou des temples maçonniques.

Dans un État laïque, tourné vers le bien de tous, la conviction religieuse et les convictions athée ou agnostique sont reconduites au libre choix de la vie spirituelle que permet l'émancipation de la sphère privée. Celle-ci a pour condition l'indépendance de la sphère publique par rapport à toute emprise confessionnelle. Dans les cas où la sphère privée ne dispose pas de son autonomie, comme par exemple dans les communautés fermées où de fait se déroule la totalité de la vie (les prisons, les hospices, les établissements scolaires avec internat, les casernes) la liberté de la sphère privée suppose logiquement l'accès des croyants à des services d'aumônerie, que l'État se donne les moyens d'organiser, comme le prévoit la loi du 9 décembre 1905. Mais de tels services ne sont pas de plein droit dans les établissements scolaires dépourvus d'internat, ni dans les communautés ouvertes, si du moins on respecte la loi de 1905. La règle de la laïcité est donc simple : l'État ne doit se soucier que de ce qui est commun à tous les citoyens, et ne saurait privilégier une partie d'entre eux. Ni athéisme officiel ou subventionné ni religion officielle ou subventionnée.

La République a déjà bien assez à faire avec la promotion du bien de tous pour ne pas se charger de ce qui ne concerne que la croyance de certains. La distinction entre l'intérêt général et l'intérêt particulier implique entre autres une frontière nette entre la culture et la religion, entre le culturel et le cultuel. Brouiller ou relativiser cette distinction, c'est subvertir insidieusement le partage laïque, pourtant clair. Il en est de même de la distinction entre sphère privée et sphère publique. Ce qui est juridiquement privé s'applique aussi bien à l'association collective de ceux qui partagent une conviction particulière qu'à l'individu. La laïcité ne nie pas la dimension sociale de la foi religieuse ou de l'humanisme athée, mais rappelle que leur caractère particulier ne saurait sans mauvaise foi se donner comme universel.

La laïcité serait-elle mise à mal par le fait que l'Etat entretient les lieux de culte construits avant 1905 ? Ce point mérite analyse. La France comptait en 1905 environ 34500 églises, biens nationaux depuis la Révolution. Dans un état de droit, aucune loi n'est rétroactive. Comme il n'était pas question de faire violence aux fidèles, ces édifices, hérités d'une histoire qu'on ne peut réécrire, ont été laissés à leur disposition, l'État en restant propriétaire avec les charges que cela implique. Privilège ? Non. Simple souci de paix, et d'assumer un héritage tout en déliant la loi nouvelle de sa pesanteur. La nouvelle règle, qui entre en vigueur à compter du premier janvier 1906, est bien que désormais tout nouveau lieu de culte sera à la charge des fidèles de ce culte, et d'eux seuls. Et ce point ne saurait être remis en question sans atteinte à la laïcité. En revanche le droit pour les fidèles de construire de nouveaux lieux de cultes doit être absolument respecté, ce qui interdit toute discrimination foncière, toute entrave à sa mise en œuvre. Quant aux édifices existants en 1905, ils ont également statut de patrimoine commun, d'héritage culturel, et c'est aussi à ce titre que l'Etat, ou les communes, doivent désormais les entretenir. C'est d'ailleurs au Ministère des Beaux Arts de l'époque qu'est transférée la responsabilité de cet entretien, pour ce qui concerne les monuments classés, les communes devant entretenir les autres édifices.

Un nouveau paysage spirituel ?

1905-2005…Les choses ont bien changé, dit-on couramment, pour justifier une remise en question des principes évoqués. Prenons donc la mesure exacte de tous ces changements, sans en privilégier aucun. En 1905, l'Islam était peu présent dans le paysage religieux. Il ne disposait donc pratiquement pas de lieux de culte. Mais ceci n'était dû qu'à l'héritage historique. La laïcité a mis toutes les religions sur le même plan en matière de droits, à compter du 1er janvier 1906. Il faudrait, selon certains, corriger l'héritage historique de la France en édifiant des mosquées sur fonds publics, du fait de l'importance prise par la religion musulmane, notamment en raison de l'immigration maghrébine ou turque. Il serait cependant hâtif et inexact de dire que toutes les personnes issues de cette immigration sont forcément de confession musulmane, ou qu'elles le sont de façon forte, ou encore qu'elles demandent un tel financement. Ne sont-elles pas plutôt soucieuses de disposer d'un travail, d'un logement décent, d'équipements scolaires et éducatifs de qualité, et de soins accessibles, toutes choses dont la République a la charge, et qui facilitent une intégration réussie bien plus que le privilège qu'on accorderait à ceux qui parmi eux croient en Dieu et ont une pratique cultuelle assidue, très minoritaires selon une enquête récente du Cevipof? Il faut noter ici que les personnes issues de l'immigration « économiseraient » dès lors des sommes non négligeables. Celles qui le souhaiteraient, et seulement elles, pourraient ainsi d'autant mieux se cotiser pour financer des lieux de culte.

Nul besoin donc de remettre en question la laïcité. La vraie solution ne se trouve pas dans une révision de la loi de 1905, mais dans une authentique politique sociale. Peut-on d'ailleurs oublier ce que le cadre de l'intégration doit à la mise à distance des emprises cléricales catholiques sur la sphère publique ? Cette laïcisation a signifié l'émancipation du droit par rapport à toute vision religieuse particulière, son ouverture à l'universel du fait de l'émancipation de ses références. Qui peut oublier la disparition de la notion religieuse de chef de famille, le droit au divorce, l'émancipation de la vie sexuelle, la liberté reconnue de décider d'avoir un enfant, le progrès de l'égalité des sexes, bref l'avènement d'une liberté réelle de se choisir et de définir son mode d'accomplissement, à mesure que la loi commune se laïcisait ?

Le souci de l'égalité des religions est certes louable, mais l'exigence d'égalité républicaine doit prendre en considération les divers croyants, les athées et les agnostiques. La sociologie du « changement spirituel » ne peut s'arrêter au constat de la montée de l'Islam. C'est tout le paysage spirituel qui a changé, et non le seul paysage religieux. Une enquête CSA-La Vie–Le Monde de mars 2003 faisait apparaître que l'athéisme et l'agnosticisme sont le fait d'environ 40 % de la population française. Pour assurer l'égalité de traitement de toutes les options spirituelles, faudra-t-il financer également sur fonds publics des maisons de l'humanisme athée, voire des temples maçonniques ? En réalité, la communautarisation de l'argent public n'est évidemment pas souhaitable, au regard de ce que requiert le soin à apporter au bien commun à tous.

Quant à la réintroduction d'un financement public des lieux de culte, elle ne pourrait sans discrimination être réservée aux seules mosquées. Les protestants, les catholiques, les Israélites, en demanderaient également le bénéfice, car en république aucune loi n'est sélective, et l'on ne peut reconnaître aux uns ce qu'on refuse aux autres. Certains partisans de la révision antilaïque de la loi de 1905 déguisent leur volonté de bénéficier des deniers publics en défense de l' « opprimé musulman ». Mais gageons que s'ils obtiennent le financement public de mosquées, ils demanderont ensuite, logiquement, celui de temples protestants ou d'églises catholiques. Dans le même esprit, la volonté d'étendre le périmètre du « cultuel » à des activités culturelles et sociales est une façon de rétablir un financement indirect des cultes. Si les mots ont encore un sens, on ne saurait confondre cce qui est culturel, et partant d'intérêt général, avec ce qui est cultuel, qui n'engage par définition que les adeptes d'un culte. Le brouillage de la distinction est une manœuvre grossière pour rétablir le financement indirect du culte par le biais du financement direct de la culture. Dans de telles hypothèses, ce n'est pas une « adaptation », mais une destruction de la laïcité, que l'on propose. À cet égard, la déductibilité fiscale des versements au denier du culte a déjà esquissé ce rétablissement en infraction avec l'article 2 de la loi de 1905. Cela s'est fait à la faveur d'un glissement illégitime de ce qui est d'intérêt général (par exemple l'action humanitaire du Secours Catholique ou du Secours Populaire en faveur des plus démunis) à ce qui est d'intérêt particulier (le culte n'engageant que ses fidèles). Veut-on généraliser cette confusion qui n'a rien d'innocent ? Ne soyons pas dupes de ce qui apparaît comme un prétexte pour déconstruire les lois laïques.

Quant à l'argument du financement comme instrument de contrôle et de prévention contre des interventions étrangères, il est à la fois juridiquement irrecevable, moralement blessant pour les croyants, et politiquement injuste pour les athées. Il relève d'une logique néo-gallicane et concordataire, diamétralement opposée à la laïcité. « On paye, donc on contrôle »…Est-ce à dire, si l'on pense à l'Islam, qu'on ne mettra une mosquée publique à la disposition d'un imam que s'il a d'abord montré patte blanche et satisfait à un examen de conformité à ce qui est jugé religieusement et politiquement correct ? C'est oublier qu'il appartient aux seuls fidèles d'une religion d'en juger, et d'en tirer les conséquences. Quant à la République, la seule chose qu'elle soit en mesure d'exiger, au nom de tous les citoyens, et elle est essentielle, c'est que tout responsable religieux, qu'il soit étranger ou non, respecte dans ses prêches les lois du droit commun qui permettent à tous de vivre ensemble. Pour cela, il n'est pas besoin de payer. Un imam qui dans ses discours appelle à battre une femme adultère, ou à faire violence à une femme qui ne porte pas le voile, tombe évidemment sous le coup de la loi, et quelle que soit sa nationalité, l'arsenal juridique de la République suffit pour le sancttionner. Il en irait de même pour des religieux qui appelleraient les fidèles à entraver les actes médicaux de l'interruption volontaire de grossesse, comme l'ont fait des commandos anti-IVG d'inspiration protestante intégriste aux USA.Pour les fidèles musulmans, il est d'ailleurs choquant que l'on fasse une sorte de chantage en maniant la carotte du financement public. Pour les citoyens athées, il est illégitime qu'on les conduise ainsi à financer une croyance religieuse qu'ils ne partagent pas.

Laïcité et progrès social

Comment donc résoudre le problème soulevé sans détruire l'émancipation laïque ? À l'évidence en assurant à tous les hommes, immigrés ou non, des conditions de vie décentes, telles qu'elles leur permettent de choisir et de pratiquer librement leurs options spirituelles respectives. Ne nous trompons pas de revendication, notamment lorsqu'il s'agit de corriger des inégalités. Ne clouons pas non plus les individus à un groupe, et le groupe à une religion. Ce double amalgame détruit deux niveaux essentiels de liberté :celui qui affranchit chaque personne de toute tutelle communautariste, et celui qui fait que la richesse multiforme d'un être humain ne saurait se résorber dans une appartenance religieuse.

Veut-on favoriser ceux qui croient et oublier ceux qui souffrent, dans les hôpitaux, qu'ils soient croyants ou athées ? La misère de certains hôpitaux, le peu de considération financière pour l'admirable travail des infirmières mériteraient davantage les deniers publics que la construction de lieux de cultes qui ne concernent que certains citoyens. Il en va de même pour les logements sociaux, si cruellement insuffisants là où se joue l'intégration des populations issues de l'immigration. Et aussi, sans doute, des écoles publiques comme de tous les lieux de culture, qu'un volontarisme politique mieux affirmé par un effort financier de toute la nation se devrait de promouvoir, avec notamment un soutien scolaire et un encadrement plus poussés pour les élèves en difficulté. Après plus de 150 auditions, la commission Stasi avait rappelé toute l'importance de ce volet social, conjugué avec la réaffirmation de la laïcité.

On invoquera pour finir les « besoins spirituels » des hommes dans un monde en perte supposée de repères. Mais la spiritualité ne se réduit pas à sa version religieuse. L'art, la philosophie, la recherche scientifique, sont des activités spirituelles. L'humanisme rationaliste n'a rien à envier aux spiritualités religieuses, qui d'ailleurs gagnent à se dissocier des projets de domination cléricale ou des quêtes de privilèges publics. La puissance du témoignage spirituel n'est-elle pas directement proportionnelle à son désintéressement ? On ne niera pas que la croyance religieuse puisse être éventuellement le levier d'une certaine espérance. Mais l'on niera qu'elle soit le seul possible. C'est avoir peu d'égards pour les humanistes athées ou agnostiques que de dénier à leur option spirituelle un tel caractère. Albert Camus rappelait que la lutte pour la vie ici-bas suffit à remplir un coeur d'homme. La religion n'a ni le monopole du cœur ni celui de l'espérance. Gabriel Péri résistant athée rejoint Honoré d'Estienne d'Orves catholique résistant : tous deux fusillés par les nazis étaient unis dans l'espérance d'une liberté future des peuples. On ne fera pas de discrimination entre l'engagement humaniste de l'un et la foi religieuse de l'autre. « Celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas, qu'importe comment s'appelle cette clarté sur leurs pas, que l'un fût de la chapelle et l'autre s'y dérobât » (Louis Aragon).

Les besoins spirituels universels sont ceux d'une culture riche et exigeante, ouverte à tous et conçue comme un instrument de mixité sociale cultivée par le haut. L'élévation globale du partage du savoir et de la raison que l'instruction publique rend « populaire », selon le mot de Condorcet, fait au moins autant partie des besoins spirituels du peuple que la seule conviction religieuse, version particulière respectable tant qu'elle ne s'impose pas ou ne demande pas de privilège. Les services publics promoteurs de solidarité et de redistribution sont aujourd'hui une priorité, y compris sur le plan spirituel.

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : République & Laïcité
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Vendredi 15 septembre 2006 5 15 09 2006 02:10
Gilles de Robien, ministre de l'Education nationale, se retrouve sous le feu des critiques du Comité national d'action laïque (Cnal). Jeudi 14 septembre, celui-ci s'est plaint de l'attitude du ministre qui "essaie de banaliser dans l'opinion l'idée que les enseignements public et privé sont identiques". Jean-Louis Biot, secrétaire général du Cnal, qui réunit l'Unsa-Education, le Syndicat des Enseignants SE-Unsa, la FCPE et la Ligue de l'Enseignement, a affirmé au cours d'une conférence de presse qu'il n'y avait qu'une seule école de la République. Il a aussi énoncé les différences entre les deux écoles : entre autre que l'enseignement privé profite de conditions d'inscription différentes puisqu'il peut refuser des élèves et qu'il n'est pas assujetti à la carte scolaire, que la loi de la laïcité sur les signes religieux à l'Ecole n'y est pas appliquée, que les rythmes scolaires y sont libres, et que le délai d'ouverture des établissements est moins long.

La Cnal a également dénoncé le projet de budget 2007, qui prévoit, selon l'Unsa, qu'un tiers des postes créés au primaire (600) reviennent à l'enseignement privé, alors qu'il accueille à la maternelle et en élémentaire seulement 13,6% des élèves. Le Cnal s'est aussi élevé contre l'attribution du label "ambition réussite", réservé aux collèges les plus difficiles, à "11 établissements privés", alors que ceux-ci n'entraient pas dans le dispositif des zones d'éducation prioritaire.
Jean-Louis Biot a donné l'exemple du collège privé des Forges à Denain (Nord), qui a été labellisé "ambition réussite", alors qu'aucun collège public de la ville ne profite de ce programme. Pourtant ce sont ces collèges qui abritent les élèves les plus défavorisés, a affirmé le secrétaire général du Cnal.

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Vendredi 22 septembre 2006 5 22 09 2006 00:02

Par Stéphane Arlen


Le journal La Croix vient de donner la parole à Nicolas Sarkozy afin qu’il puisse continuer son travail de sape sur la laïcité (article lisible sur communautarisme.net).

Dans cette prose qui semble oublier complètement pourquoi des humains se sont battus pour obtenir, en France une loi de Séparation des Églises et de l’État, Sarkozy y révèle qu’à la lecture de deux rapports (écrits pour en arriver là), il avait décidé de faire des propositions quant au financement des religions.

Pour lui, l’État doit être neutre, donc il doit financer tous les délires ; il doit y avoir séparation, c’est pourquoi il faut financer ; il faut rappeler les valeurs de la laïcité, et par conséquent financer. Comprenne qui pourra.

Nous avons compris : Nicolas Sarkozy sait qu’affirmer une laïcité forte et une vraie séparation entre Églises et État non seulement lui mettrait l’Église catholique à dos, elle qui bénéficie en France de tant d’avantages, mais aussi le priverait du soutien électoral des autres communautés de croyants. Lui l’arriviste a dû peser le pour et le contre pendant au moins trois secondes et est arrivé (c’est normal) à la conclusion qu’il fallait liquider la laïcité, quitte à s’attirer le mécontentement des quelques tarés qui y sont encore attachés.

Mais en France, on ne peut pas dire qu’on va détruire la laïcité, alors Nicolas a trouvé une solution : il va prétendre se donner « les moyens de garantir concrètement l’égalité entre les cultes » (il serait très simple pour y parvenir de décider que chaque culte doit se débrouiller avec l’argent de ses adeptes, mais bon, ce serait trop simple). Pour cela, « l’enseignement du fait religieux doit être encouragé à l’école publique » (eh oui, autant parler de religion à des enfants qui ne savent plus lire, on en fera des électeurs pour l’UMP), et il faut « autoriser les communes à subventionner directement la construction de lieux de culte » (c’est vrai que les communes débordent de ressources et n’ont aucun besoin de financer les écoles, le logement social, les crèches).

Nicolas Sarkozy, on ne cessera de le dire, est un danger pour la France. Après des siècles de lutte, nous, Français, avons enfin obtenu une laïcité qui permet à chacun de croire ou non, et de se débrouiller avec ses options philosophiques ou religieuses sans intervention de l’État. C’est tout ce patrimoine que Sarkozy entend détruire en favorisant le financement de tous les délires mystiques.

Mais d’autres questions se posent : pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il décidé de remettre les rapports précités aux représentants des religions (et lesquelles ?) et aux représentants d’élus, en « oubliant » les associations laïques et les associations de contribuables ? Comment Nicolas, chantre de la baisse d’impôt, fera-t-il pour trouver de l’argent pour les religions alors qu’il prétend qu’il n’y en a plus pour l’Éducation Nationale, pour la Santé ou pour les retraites ?

Nicolas Sarkozy est un malin (on peut au moins lui reconnaître cela), car il sait que flatter les croyances et lutter contre la connaissance est le meilleur moyen de parvenir au pouvoir et de s’y maintenir, quand le peuple, ignorant, endoctriné et crédule, ne peut plus voir ce qu’on fait contre lui.

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Samedi 23 septembre 2006 6 23 09 2006 02:30
En octobre dernier, Nicolas Sarkozy chargeait la commission Machelon de plancher sur des aménagements possibles de la loi du 9 décembre 1905, loi de séparation des Eglises et de l'Etat, véritable pierre angulaire de la laïcité. Alors que la commission s'apprête à rendre sa copie, le ministre de l'Intérieur et des cultes lève le voile sur les propositions de la commission dans un article du journal La Croix (Edition du 20 septembre 2006). L'Union des FAmilles Laïques, ainsi que tous les défenseurs de la laïcité, avaient raison, il y a un an, de s'attendre au pire lorsque Nicolas Sarkozy s'était fait fort de « toiletter » la loi de 1905 : car c'est bien le pire qui est en train d'arriver. Sous couvert de « rendre plus aisé et plus transparent le financement de la construction des lieux de culte », la commission foule aux pieds le principe même de séparation de la sphère privée et de la sphère publique : si l'on en croit Nicolas Sarkozy, elle suggère en effet d'autoriser les communes à « subventionner directement la construction des lieux de culte ». La commission Machelon ne propose donc pas moins de biffer d'un trait de plume l'article 2 de la loi du 9 décembre 1905, qui déclare que «La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte».

    La rhétorique est désormais connue : Nicolas Sarkozy présente comme un progrès ce qui constitue en fait une régression sans précédent, à savoir le retour au régime concordataire instauré par Napoléon. La stratégie est on ne peut plus claire : il s'agit d'instrumentaliser l'Islam pour détruire le principe de laïcité. Arguant du fait que l'Islam est devenue la deuxième religion de France, Nicolas Sarkozy voudrait que les contribuables financent les mosquées. Au lieu de traiter l'Islam comme n'importe quelle religion, au lieu de l'assigner à la sphère privée, Nicolas Sarkozy semble penser que la religion musulmane a droit à un traitement spécial, puisqu'il entend réinstaurer pour elle le financement public des cultes.  

    L'UFAL rappelle que la séparation de la sphère publique et de la sphère privée constitue un principe non négociable, au même titre que les principes de liberté et d'égalité : remettre en cause ce principe, comme Nicolas Sarkozy s'apprête à le faire en s'autorisant du rapport de la commission Machelon, c'est vouloir s'attaquer aux fondements mêmes de la République. L'UFAL, aux côtés de toutes les organisations qui défendent la laïcité, sera donc particulièrement vigilante dans les jours prochains, et mettra tout en oeuvre pour éviter que, sous couvert de toilettage, on ne se livre au saccage de la loi de 1905.

    Fait à Paris, le 21 septembre 2006,

    Communiqué de l'Union des FAmilles Laïques
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : République & Laïcité
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Samedi 23 septembre 2006 6 23 09 2006 02:32
par Mireille Popelin

La chronique de Jacques Julliard ( Nouvel Observateur - 13 Septembre 2006 ) : " La pire violence sociale, c'est la violence scolaire. N'ayons pas peur de la dénoncer."
C'est exactement ce que je pense . Violence des enfants les uns contre les autres, violence des enfants contre les enseignants. C'est bien une violence, avec injures et menaces qu'a subies la fille de parents d'élèves dans la cantine d'une école de l'agglomération lyonnaise : avec les enfants qui, comme elle, mangeaient du porc, ils ont été traités de... porcs, la fillette, portant une jupe, traitée de p... et menacée aussi parce qu'elle a dit ne pas croire en Dieu. Insultes, bagarres... Voilà l'école transformée en tribus qui se haïssent et s'affrontent, le communautarisme commence à l'école ?
Le chroniqueur de l'Obs se dit surpris de la réaction des enseignants : c'est la forteresse assiégée , on exagère les faits , ce n'est pas si grave .." Quand les maîtres ont peur de leurs élèves , c'est le début de la tyrannie " dit Platon ( OBS ) En fait , les enseignants pensent que la droite veut casser le service public , et l'école ! Et ils ont raison : mais c'est un projet tout droit sorti des cartons de l'Europe , et c'est sur le chantier depuis longtemps .. Et l'Europe , ce n'est pas que la droite ? Il y a bien une certaine gauche , celle qui a dit oui à l'Europe et depuis longtemps ? Oui à l'Europe des régions , à la décentralisation ,à l'abandon de la laïcité . Et le le NON majoritaire ne les empêche pas de continuer ..la même politique pour l'Europe , sans tenir compte du vote majoritaire des Français .
Dans le Monde du 20/9/2006, le préfet du 9-3, Jean-François Cordet, crie sa colère contre l'explosion de la délinquance en Seine -Saint- Denis : délits en augmentation, violences contre les personnes, vols avec violence, les délinquants sont des mineurs. Il accuse la justice, 1651 mineurs arrêtés.. et 162 écroués. Mais , répond la justice, ce sont des mineurs, on ne peut pas les emprisonner ! Alors, aucune solution ?
" Ces classes d'âge sont aujourd'hui fortement travaillées par l'islam le plus intégriste . Le relais de la gestion locale est pris par les " barbus" que l'on voit en compagnie des animateurs , parfois avec la complicité tacite de certains élus "
Quand les élus ont peur d'un groupe d'électeurs, qui fait pression sur eux... la tyrannie n'est pas loin non plus !
Hier , deux policiers ont été pris dans un guet apens : ils ont eu affaire à une bande d'une vingtaine de jeunes, ils ont été roués de coups et l'un est gravement blessé (aux Tarterêts). " C'était une tentative d'assassinat, car il y avait préméditation " a dit un de ses collègues.
La violence commence à l'école , avec la séparation des enfants en communautés ethniques et religieuses , qui s'affrontent comme des TRIBUS .
La violence continue dans les quartiers, avec la séparation des populations en communautés ethniques et religieuses, qui s'affrontent comme des tribus, et défendent leur " territoire ", contre l' Etat, la POLICE...
Il est grand temps de rétablir la République LAIQUE partout, à l'école, dans les quartiers !
C'est ainsi que l'on fera reculer la violence.

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : République & Laïcité
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Mercredi 27 septembre 2006 3 27 09 2006 00:10

Note: cet article a été censuré en Tunisie et en Egypte, pour "offense à l'Islam". Le cheikh islamiste Youssef al-Qaradawi (qui bénéficie d'une très large audience dans le monde musulman) a en outre déclaré l'auteur de ce texte ennemi public du moment. Et ce dernier reçoit depuis des menaces de mort quotidiennes.


Nous nous devons de soutenir cet auteur, pas forcément pour ce qu'il exprime mais pour sa liberté d'expression tout simplement. Une fois de plus, celle-ci est menacée par ces fascistes. Nous ne devons pas nous coucher devant eux. Résistance!


Par Robert Redeker


Les réactions suscitées par l'analyse de Benoît XVI sur l'islam et la violence s'inscrivent dans la tentative menée par cet islam d'étouffer ce que l'Occident a de plus précieux qui n'existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s'exprimer.

L'islam essaie d'imposer à l'Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d'un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l'école, accusation d'islamophobie contre les esprits libres.

Comment expliquer l'interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l'argument avancé : risque de «troubles à l'ordre public». Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l'affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?

Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l'oppression contre les femmes suscite, plus propre à «troubler l'ordre public» que le string. Il n'est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l'islam. Ou, à tout le moins, qu'elle résulte de l'insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s'élevaient contre l'inauguration d'un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s'opposent pas à la construction de mosquées. L'islam tente d'obliger l'Europe à se plier à sa vision de l'homme.

Comme jadis avec le communisme, l'Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L'islam se présente, à l'image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l'instar du communisme d'autrefois, l'islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d'une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd'hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd'hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l'oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.

Dans l'ouverture à autrui, propre à l'Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l'autre doit toujours passer avant moi. L'Occidental, héritier du christianisme, est l'être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l'identique de feu le communisme, l'islam tient la générosité, l'ouverture d'esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.

Ce sont des faiblesses qu'il veut exploiter au moyen «d'idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d'imposer l'ordre coranique au monde occidental lui-même.

Le Coran est un livre d'inouïe violence. Maxime Rodinson énonce, dans l'Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D'une part, «Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (...) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (...) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin».

D'autre part, «Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu'il accusait d'un comportement suspect». Enfin, «après la mort de Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère, Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine d'années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages».

Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.

De fait, l'Église catholique n'est pas exempte de reproches. Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L'Inquisition, la chasse aux sorcières, l'exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l'islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l'Église.

Aucune des fautes de l'Église ne plonge ses racines dans l'Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l'institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d'amour, Mahomet un maître de haine.

La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n'est pas qu'un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant.

Cette lapidation, s'accompagnant annuellement de la mort par piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.

Au lieu d'éliminer cette violence archaïque, à l'imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c'est-à-dire l'entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l'islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l'islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.

Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l'islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l'Occident «le monde libre» par rapport à au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l'oeil du Coran, pullulent en son sein.


ReSPUBLICA

Publié pour la première fois le 24 septembre 2006

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : République & Laïcité
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Lundi 2 octobre 2006 1 02 10 2006 01:04
Pour avoir osé critiquer l'Islam dans un article (Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre?) paru dans le Figaro, Robert Redeker, un prof de philosophie de la région toulousaine, fait aujourd'hui l'objet d'une véritable fatwa qui le condamne purement et simplement à mort. Nous devons le soutenir de toutes nos forces. On ne peut pas tolérer que des fascistes islamistes fassent la loi dans notre pays. La liberté d'expression n'est absolument pas négociable. S'il faut aujourd'hui cesser de faire paraître des articles critiquant la moindre religion, ce sont ces fanatiques qui auront gagnés! Les vrais amis de la liberté ne se couchent pas devant ces fous! Honte aux idiots utiles de l'islamisme qui déclare qu'il l'a bien mérité! Aucun écrit ne mérite de tels condamnations!

Que Robert Redeker sache qu'il n'est pas seul. Qu'il sache que nous sommes solidaires de son courage et de sa souffrance!



Lettre de Robert Redeker à André Gluksmann


C
her André, bonjour. Je suis maintenant dans une situation personnelle catastrophique. De nombreuses menaces de mort très précises m'ont été adressées, et j'ai été condamné à mort par des organisations de la mouvance al-qaïda.


L'UCLAT et la DST s'en occupent, mais...je n'ai plus le droit de loger chez moi (sur les sites me condamnant à mort il y a un plan indiquant comment venir à ma maison pour me tuer, il y a ma photo, celle des lieux où je travaille, des numéros de téléphone, et l'acte de condamnation).

Mais en même temps on ne me fournit pas d'endroit, je suis obligé de quêmander, deux soirs ici, deux soirs là...Je suis sous protection policière permanente. Je dois annuler toutes les conférences prévues. Et les autorités m'obligent à déménager. Je suis un SDF. Il en suit une situation financière démente, tous les frais sont à ma charge, y compris ceux eventuels d'un loyer d'un mois ou deux éloigné d'ici, de deux déménagements, de frais de notaire, etc...

C'est bien triste. J'ai exercé un droit constitutionnel, et j'en suis puni, sur le territoire même de la République. Cette affaire est aussi une attaque contre la souveraineté nationale: des lois étrangères, décidées par des fanatiques criminophiles, me punissent d'avoir exercé un droit constitutionnel français, et j'en subis, en France même, grand dommage.


Amitiés

Robert Redeker



Pétition de soutien à Robert Redeker


Une menace de mort contre ce courageux professeur de philosophie, Robert Redeker, tombe quelques jours après celle qui a plané sur la représentation d'un Opéra de Mozart en Allemagne (montrant à la façon relativiste les têtes tranchées de tous les porte-parole ou incarnation de Dieu), et, hasard de l'Histoire, quelques jours après le propos de Benoît XVI sur l'impossibilité d'un lien rationnel entre Dieu et la violence.

On aimerait qu'immédiatement les principales organisations musulmanes en France et en Allemagne, dans l'Europe entière, prennent position dans un communiqué commun et, tout en marquant éventuellement leur désaccord sur la mise en scène de l'opéra de Mozart et les propos du professeur de philosophie, condamnent fermement ces menaces qui tenteraient à prouver que pour certains musulmans un lien existerait bel et bien dans le texte même du Coran qui permettrait ce genre d'exactions....

On aimerait que les organisations musulmanes qui poursuivent Charlie Hebdo en justice (procès le 7 février 2007 à Paris) pour avoir publié les caricatures danoises sur Mahomet retirent leur plainte et, par contre, portent plainte, contre X, afin de montrer au monde que "l'islam de France" n'est pas le même dont se réclament les groupes djhadistes en Afghanistan, en Algérie, en Egypte, en Indonésie, au Soudan, en Somalie, au Sri Lanka, en Irak...

On aimerait que
"l'islam de France" nous dise en quoi "son" islam se distingue de celui qui rêgne en Arabie Saoudite, en Algérie, au Yémen, en Iran...

On aimerait entendre sur ce point les 80% de "musulmans" qui selon un récent sondage du journal La Vie partagent les valeurs laïques en France, -(espérons que le journal, chrétien, la Vie ne les confondent pas avec tous les originaires d'Afrique du Nord car ceux-ci ne sont pas génétiquement musulmans, ils ne réduisent pas nécessairement à une seule identité, même religieuse...).

On aimerait que ces dits "modérés" se fassent entendre en se désolidarisant de telles pratiques qui remettent en cause des siècles de liberté d'expression chèrement gagnées dans cette Europe au sein de laquelle ils préfèrent vivre plutôt que de rester ou retourner dans leur pays dont ils sont originaires, ils vivraient pourtant pleinement sous la loi musulmane...

Or, ils ne le font pas, visiblement. Ce qui implique bien que quelque chose ne va pas dans le texte de cette juridiction là....car ces pays sont indépendants depuis des décennies...le problème n'est donc pas économique mais politique, sociétal, au coeur même de la doctrine.

A moins qu'ils ne soient Français ; mais cela n'exempt pas du choix, constitutionnel, à faire : celui des valeurs de la République, qui permettent précisément à toutes les autres valeurs de s'exprimer....

On aimerait alors que des musulmans proposent à Robert Redeker de l'héberger, voire de le défendre pour bien montrer qu'ils ne partagent pas les valeurs djihadistes de ceux qui le menacent.

On aimerait que la classe politico-médiatique française cesse elle aussi de prendre les islamistes pour des idiots à "deux neurones" (dixit Gilles Kepel), et cesse de ne voir en un Nord Africain qu'un " musulman", rendant par là impossible une mise à distance salutaire entre soi et les représentations du monde qui prétendent parler en "son nom"....

Verrons-nous ces souhaits se réaliser ?

Nul ne le sait.

Soulignons déjà pour commencer que tout originaire d'Afrique du Nord, d'Afrique, d'Asie, ne doit pas se sentir visé par ces mises au point, puisque l'on ne parle pas de lui, mais d'une religion qui prétend le représenter alors qu'il peut en tant qu'être humain s'en éloigner, ne pas en avoir, ou en choisir une autre.

Ensuite, si vous êtes d'accord, et sans attendre, pourquoi ne pas considérer le texte ci-dessus comme une pétition de soutien à Robert Redeker ?



Pour info: Le Site de Robert Redeker

Publié pour la première fois le 30 septembre 2006
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : République & Laïcité
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