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"La République n'est pas enfermée dans un texte sacré déposé dans le saint des saints ou au pavillon de Breteuil. Elle est vivante. Elle est mouvement. Elle est devenir. Elle est le miroir des hommes agissants."
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"La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l'incarnation même du progrès." Victor Hugo
 
"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse." Marc Bloch

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Mardi 20 février 2007

Par Gilles Courtieu


Dans l'affaire qui nous occupe, personne ne s'est posé une question de fond, celle de la réalité des actes et paroles du personnage fameux appelé dans certains milieux " le Prophète ". Une multitude de textes musulmans, faisant autorité absolue, permettent pourtant de reconstituer avec précision les événements de sa vie, considérée par beaucoup comme une " Conduite " idéale, celle du " Beau Modèle ".

Il s'agit d'abord d'abord du Coran provenant de Muhammad ibn Abdallah, des recueils de Hadiths, surtout celui de Bukhari, de la biographie officielle de Ibn Hisham (la " Sîra "), des Annales de Tabari, des Biographies d'Ibn Sad, des catalogues de raids de pillages de Waqidi, etc.

Partout dans le monde musulman, ces sources sont abondamment proposées ou imposées en exemple à la population. En revanche, elles ne sont que très difficilement abordables pour les non-musulmans, et ce n'est sans doute pas un hasard. Comme nous aurions été heureux que monsieur Boubakeur nous informe que la Sîra d'ibn Hisham est bien l'ouvrage idéal pour quiconque désire se renseigner sur le Grand Homme.

Hélas, c'est à d'autres de le dire, et d'ajouter que des traductions complètes de la biographie incontournable n'existent qu'au Liban, en français, et au Pakistan, en anglais.

L'examen critique des historiens impose cependant une restriction : la plupart de ces textes sont très largement postérieurs à la période de prédication de Muhammad en tant que personne physique, entre 60 et 200 ans après 632, date de sa mort, ce qui autorise toutes les déformations et manipulations postérieures. On ne peut donc pas être absolument certain de la réalité de ce qui s'est passé en Arabie, entre Médine et la Mecque, au début du VIIème siècle. Ce n'est pas l'important ici : le personnage de Muhammad est une création ultérieure de la " Tradition Islamique ", qui est devenu par la suite une norme vouée à l'adoration, inaccessible à la critique, et ceci depuis plus de 1000 ans. Dès lors, la référence prophétique musulmane s'est constituée, devenant un phénomène historique avéré . L'ignorer aura de graves conséquences, car Muhammad est à bien des égards toujours notre contemporain, qui est entré avec fracas dans notre XXIème siècle.

Observons donc quelques faits jalonnant la carrière du personnage, tels qu'ils sont admirés ici et là depuis des centaines d'années, par des milliards d'individus, dont beaucoup de Muhammad. Le traditionniste Ibn Sad ne rapportait-il pas ce propos: " Si vous avez cent fils, appelez-les tous Muhammad ".

Voici Muhammad tel que l'islam l'a construit.

Quand Muhammad s'installe à Médine, il fait exhumer les tombes et arracher les arbres du terrain qu'il a choisi pour implanter sa mosquée ; de nos jours, le fait ne paraît pas considérable ; pourtant, il a embarrassé jusqu'aux auteurs musulmans.

Il a fait assassiner par des commandos de tueurs au moins trois auteurs de textes critiquant sa personne : Abu Rafi, Kab ibn Ashraf, Asma bint Marwan, une femme. Cette dernière est tuée alors qu'elle est entourée par ses cinq enfants dont le dernier qu'elle allaite encore.

Il a fait trancher la tête de plusieurs centaines de Juifs de la tribu des Banu Qurayza, en assistant à l'exécution durant une journée entière.

Il ordonne de torturer un chef de tribu juive, Kinana, pour que celui-ci lui révèle où se trouve le trésor de son clan. L'homme, brûlé vif à petit feu et qui n'arrive plus à parler, finit par être décapité.

Il fait détruire les palmiers des Banu Nadir, pour les contraindre à la reddition. Il se ravise ensuite, puisque les Juifs parlent de se rendre ; l'affaire a laissé des traces dans son Coran.

Il fait détruire tous les sanctuaire arabes concurrents de la Ka'ba de la Mecque ; les prêtres et les fidèles qui résistent sont massacrés.

Il tue en personne plusieurs adversaires, au combat, notamment au cours de la bataille d'Ohod.

Il fait attaquer les caravanes arabes en pleine trêve religieuse (la première fois, à Nakhla).

Il fait boucher un puit, avant la bataille de Badr. L'acte est scandaleux, du point de vue des Bédouins.

Il capture, asservit et abuse de plusieurs femmes, et parmi elles, Saffiya, dont il vient de faire tuer l'époux, au cours de la prise de Khaybar.

Il exige l'exécution de dix personnes au moment de la conquête de la Mecque, dont deux chanteuses, qui ont chanté des vers contre sa personne. L'une est tuée, l'autre parvient à s'enfuir ; certaines sources précisent qu'on leur a cassé les dents. Une autre victime est éventrée alors qu'elle s'accroche au voile de la Ka'ba.

Il rompt tous les traités et accords convenus avec ses adversaires, quand son intérêt l'exige.

Il encourage l'agressivité de ses troupes en leur promettant le paradis, du vin, des vierges dans l'au-delà, et des femmes, des biens volés aux autres tribus et aux caravanes, ici-bas.

Il fait trancher les pieds et les mains, puis crever les yeux de voleurs et apostats, qui ont eu la mauvaise idée de voler ses chameaux ; auparavant, il leur avait ordonné de boire de l'urine de chamelle, pour se soigner.

Il autorise le viol des captives par ses troupes, comme dans l'expédition des Banu Mustaliq.

A la fin de la bataille de Badr, il fait jeter les cadavres des chefs Quraysh (sa propre tribu) et les insultent, suscitant l'étonnement gêné de ses guerriers.

Il fait démolir puis enterrer toutes les statues qui entouraient la Ka'ba mecquoise, au début de 630. Lui-même s'amuse à leur crever les yeux.

Il instaure la polygamie pour animer la ferveur guerrière de ses troupes. Rappelons que la polygamie exige un afflux constant de femmes nouvelles, et que la principale source d'approvisionnement est alors le jihad.

Il absout ou même encourage plusieurs de ses officiers, coupables de crimes de guerre : Zayd ibn Haritha ou Khalid... Ils avaient tendance à massacrer même ceux qui avaient accepté de se soumettre à l'islam.

Il met sur pied plusieurs expéditions de pillage en Syrie, pour tester la capacité de résistance de l'empire byzantin.

Après avoir vaincu la tribu bédouine des Hawazin, il s'amuse à proposer à ceux-ci de leur rendre soit leurs troupeaux, soit leurs femmes. Après concertation, ceux-ci réclament leurs femmes et sont contraints de se soumettre à l'islam.

Il exige de son fidèle serviteur Zayd que celui-ci lui cède sa propre femme Zeynep, qu'il avait vue en tenue affriolante. Zayd est trop heureux de lui offrir celle-ci.

Il terrorise les habitants de la Mecque, en rassemblant une armée de 10 000 hommes, supérieurement armée, en progressant lentement vers la ville, en usant de stratagèmes pour paraître plus puissant encore, de telle façon que la ville finit par se rendre.

Il utilise des machines de siège pour attaquer Ta'if, ce qui constitue une innovation en Arabie.

Pour finir, voici le décompte le plus vraisemblable des actions militaires entreprises par et pour Muhammad, établi par J.M.B. Jones. La liste est longue et rébarbative, mais le document est très rarement publié.

Cet historien britannique a eu accès à un manuscrit original du British Museum qui contient une édition complète des "Expéditions" de Waqidi . Il a pu dresser une liste chronologique de ces raids de pillage, batailles, sièges, opérations punitives et assassinats. Malheureusement, elle ne correspond pas toujours exactement aux données des autres sources. Il s'agit néanmoins de la meilleure vision d'ensemble que l'on puisse avoir de ces activités musulmanes .

Rappelons enfin que tout ceci s'est déroulé en moins de dix années.


ReSPUBLICA

par le Citoyen Thimèle publié dans : Histoire
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Mardi 6 février 2007

Le 6 février 1934, Édouard Daladier présente à la Chambre des députés son nouveau gouvernement.


Fracture politique

Le changement de gouvernement fait suite à la découverte, un mois plus tôt, du cadavre d'un escroc, Stavisky. L'opinion publique soupçonne - à tort - les ministres et les députés d'avoir trempé dans ses combines.

Sa méfiance est exacerbée par l'annonce de la mutation du préfet de police Chiappe, soupçonné de mansuétude à l'égard des «ligues». Ces mouvements politiques de masse se sont multipliés à droite comme à gauche, en marge des partis parlementaires, à la faveur de la crise économique.

En signe de protestation, les ligues appellent à manifester le jour même de l'investiture de Daladier, à Paris, place de la Concorde, en face de la Chambre des députés (le Palais-Bourbon).

Parmi les organisateurs de la manifestation figure l'association d'anciens combattants Les Croix de Feu du lieutenant-colonel de La Roque, qui se veut apolitique. Ses adhérents constituent le groupe le plus nombreux

Sont aussi présents la ligue monarchiste Action française, la ligue des Jeunesses patriotes fondée en 1924 par Pierre Taittinger, conseiller municipal de Paris ainsi que le groupe Solidarité française du parfumeur François Coty, émule de Mussolini...

En marge de ces groupes orientés à droite ou à l'extrême-droite, on relève la présence d'un mouvement communiste, l'Association républicaine des anciens combattants.

Au total 30.000 manifestants dont une bonne majorité d'anciens combattants. Tous se mobilisent sur le thème : «A bas les voleurs !» et réclament davantage de civisme, d'honnêteté,...


Tragique manifestation

A l'appel du lieutenant-colonel de La Roque, les Croix de Feu se dispersent rapidement. Bien que proches du Palais-Bourbon, siège de la Chambre des députés, ils se refusent à occuper celui-ci. Leur dispersion rend vaine toute possibilité de renverser le régime par la force.

De l'autre côté de la Seine, autour de la place de la Concorde, la manifestation dégénère.

Des milliers de militants en armes tentent de marcher sur le Palais-Bourbon. La Garde mobile tire. Les affrontements se prolongent pendant la nuit. Seize manifestants et un policier sont tués. On compte un millier de blessés.

La gauche parlementaire dénonce dans la manifestation du 6 février une tentative de coup d'État fasciste. Elle appelle au rassemblement des forces progressistes. Trois jours plus tard, une contre-manifestation à laquelle participent les socialistes et les communistes dégénère à son tour et fait 9 morts.

Le président du Conseil Édouard Daladier, qui a été porté au pouvoir par la majorité socialiste et radicale élue en 1932, doit céder la place à l'ancien président de la République Gaston Doumergue (71 ans). Dans le nouveau gouvernement entrent Édouard Herriot et les chefs de la droite battus deux ans plus tôt, dont André Tardieu.


Mobilisation à gauche

Les militants socialistes et communistes croient voir dans les émeutes du 6 février et le changement de gouvernement une tentative de coup d'État d'extrême-droite. Ces militants poussent leurs chefs à s'unir pour faire front à la droite et gagner les prochaines élections législatives. Leurs aspirations rejoignent le calcul de... Staline.

Le dictateur soviétique s'inquiète de l'accession au pouvoir de Hitler en Allemagne l'année précédente. Il craint une contagion des régimes anticommunistes en Europe. Pour la prévenir, il demande aux chefs des partis communistes réunis au sein de l'Internationale communiste, le Komintern, de faire alliance avec les autres partis de gauche, y compris les partis socio-démocrates ou socialistes abhorrés.

C'est ainsi que se constituent en France et en Espagne des alliances électorales appelées Fronts Populaires. Elles vont gagner les élections législatives de 1936.

À l'extrême-droite, les déceptions des royalistes de l'Action Françaises et des ligueurs suscitent le développement d'une association secrète anti-républicaine, connue sous le nom de Cagoule.


Herodote

par le Citoyen Thimèle publié dans : Histoire
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Vendredi 19 janvier 2007
Une nouvelle fois hier, lors de la cérémonie d'entrée des Justes au Panthéon, Jacques Chirac a réaffirmé la responsabilité de la France dans les crimes perpétrés par le régime de Vichy. Erreur historique !



Par Anne-Cécile Robert


En rupture avec la doctrine officielle depuis la Seconde guerre mondiale, la responsabilité de la France pour les crimes commis par le régime de Vichy a été reconnue par le président de la République Jacques Chirac, dans un discours prononcé le 16 juillet 1995, à l’occasion de l’anniversaire de la rafle du Vel d’hiv. Le Premier ministre socialiste Lionel Jospin s’est rallié, en 1997, à cette nouvelle vision, lui apportant ainsi un soutien de poids « à gauche ». Ce sont notamment les familles de déportés qui ont poussé les autorités publiques à cette légalisation du régime de Vichy, dans un climat global de repentance vis-à-vis de l’Histoire qui n’a fait que s’accentuer depuis. Jusqu’en 1995, le gouvernement de Vichy était qualifié « d’autorité de fait » (et non pas de droit) et ses actes avaient été, en bloc, frappés de nullité lors du rétablissement de la légalité républicaine en 1944 (1).

Salué par la presse et des personnalités tel Robert Badinter, ce revirement officiel semble à la fois erroné, dangereux et suspect au regard de la défense des principes républicains.

Sans entrer dans un de ces débats doctrinaux que les juristes affectionnent mais qui font souvent perdre de vue la signification politique des événements, la légalisation (sa validité au regard du droit) du régime de Vichy semble peu justifiable. On peut se limiter à trois arguments essentiels. Certes, le gouvernement de Vichy est issu d’un vote de l’Assemblée nationale (réunion du Sénat et de la Chambre des députés) et revêt donc les formes de la légalité. Cependant, la fameuse loi dite des « pleins pouvoirs » attribués au Maréchal Pétain le 10 juillet 1940 outrepasse les pouvoirs de l’Assemblée. En effet, elle revient pour l’Assemblée à déléguer un pouvoir (celui d’établir une Constitution) qui ne lui appartient pas en propre mais qui lui a été délégué par le peuple. Une telle subdélégation des pouvoirs constituants est interdite en droit constitutionnel classique car le lien avec la souveraineté populaire devient alors trop distendu. Même si, compte tenu des circonstances exceptionnelles de juillet 1940, on admettait une telle entorse au droit, il faudrait alors qu’elle soit validée a posteriori par la souveraineté populaire (suffrage universel direct), détentrice en dernier ressort du pouvoir constituant (2). Or on sait qu’aucune élection ne fut organisée par le régime de Vichy pendant quatre ans.

L’inconstitutionnalité demeure donc pleine et entière et est confirmée par au moins deux faits : d’une part, le régime de Vichy était un régime de confusion des pouvoirs (législatif et exécutif), formellement interdite par le droit classique, comme le rappelle l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. D’autre part, le premier acte du Maréchal Pétain, le 11 juillet, est de supprimer la République (abrogation de l’amendement Wallon qui instaura la République en 1884). Or une telle abrogation était explicitement interdite par les lois constitutionnelles de la IIIe République. La première mesure adoptée par la souveraineté populaire en 1945 sera le rétablissement de la République (référendum du 21 octobre).

Mais, s’il est donc juridiquement contestable de légaliser le régime de Vichy, une telle vision apparaît aussi dangereuse en raison du signal politique qu’elle envoie. En effet, elle revient à légaliser les coups d’État. D’ailleurs, tirant les leçons de juillet 1940, les Constitutions de 1946 et 1958 interdiront les révisions constitutionnelles lorsque le territoire national est envahi – l’influence d’une puissance étrangère représentant évidemment un facteur aggravant. Dans ces circonstances, il est en effet bien difficile d’organiser une manifestation sereine de la souveraineté populaire ou une intervention légitime de ses représentants. Les conditions politiques du vote de juillet 1940 le confirment : elles relèvent en partie d’une manipulation : pressions et rumeurs, notamment de la part de Pierre Laval (vice-président du Conseil), furent utilisées pour affoler des élus privés d’informations ; un député – Bertrand Badie – fut même empêché de présenter une motion.

Au total, la légalisation du régime de Vichy est loin d’être innocente. Elle s’inscrit dans la vision dépréciative et mortifère de l’histoire de France qui se répand de nos jours et qui ne fait que distiller repentance et esprit de soumission. Cette légalisation tend surtout à dévaloriser la République dont Vichy devient une émanation. Elle participe de ce courant médiatique qui cherche à discréditer la République en l’associant à toutes sortes de crimes. Il en est ici de Vichy comme de la colonisation qui serait aux yeux de certains « historiens » – tel Pascal Blanchard – un produit des valeurs républicaines. Mais c’est aussi le peuple qu’on veut humilier car les « légalisateurs » sont aussi souvent les mêmes qui estiment, sans preuves tangibles, que le gouvernement du Maréchal Pétain était « populaire ». En l’absence d’élections, comment mesurer une telle popularité ? Les foules que l’ont voit sur les images d’archives ne représenteront jamais qu’elles-mêmes sans qu’on sache par ailleurs ce qu’elles venaient vraiment acclamer.

L’idée gaulliste d’une République en exil à Londres, même si elle paraît un peu simple, semble plus cohérente que celle d’un gouvernement de Vichy légal. Car la légalisation de Vichy a pour aboutissement logique de faire assumer par la République les actes d’un régime qui n’avait que haine pour elle et dont le premier acte fut de la détruire.

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(1) Cette abrogation en bloc concernait en premier lieu les lois racistes et les restrictions aux libertés publiques ; elle laissait cependant subsister, pour des raisons pratiques, les actes de gestion quotidienne.

(2) C’est la doctrine du Conseil constitutionnel exprimée en 1962. En violation des procédures prévues par la Constitution de 1958, le général de Gaulle avait soumis à référendum l’élection du président de la République au suffrage universel direct, essuyant l’accusation de forfaiture prononcée par le président du Sénat Gaston Monnerville. Le Conseil constitutionnel a considéré que l’approbation des électeurs lors du référendum lavait l’irrégularité.


par le Citoyen Thimèle publié dans : Histoire
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Mercredi 17 janvier 2007

A en croire des archives officielles britanniques, exhumées, lundi 15 janvier, par la BBC, la France et la Grande-Bretagne ont envisagé un rapprochement sans précédent, dans les années 1950. "Lors d'un récent séjour à Londres (le 10 septembre 1956), le président du Conseil français, monsieur Mollet, a évoqué la possibilité d'une union entre le Royaume-Uni et la France", rapporte un document officiel du cabinet britannique, déclassifié il y a une vingtaine d'années, mais passé inaperçu selon la BBC.

La France de la IVe République et la Grande-Bretagne, qui se considéraient encore comme des grandes puissances, se préparaient alors à l'expédition commune de Suez, en Egypte. Une union eut aussi permis d'empêcher un affrontement direct entre leurs soldats, alors que les tensions se multipliaient à la frontière entre Israël, allié de Paris, et la Jordanie, soutenue par Londres, note la BBC. Enfin, la Communauté européenne n'existait pas encore – le Traité de Rome l'instituant sera signé le 25 mars 1957.


Le premier ministre britannique, Anthony Eden, rejeta l'idée de Guy Mollet, mais se serait montré un temps intéressé par sa proposition suivante : que la France adhère au Commonwealth, ensemble de pays entretenant des liens historiques avec la Grande-Bretagne. Ce qui impliquait que la reine d'Angleterre, Elizabeth II, devienne le chef de l'Etat français. Selon un document, daté du 28 septembre 1956, M. Eden estima, à la lumière de ses entretiens avec les dirigeants français, "que l'on devait prendre en considération sans délai une adhésion de la France au Commonwealth ; que monsieur Mollet ne pensait pas que l'acceptation de la souveraineté de Sa Majesté par la France soulève des difficultés ; (et) que les Français seraient favorables à une citoyenneté commune sur le modèle irlandais". Aucun document d'archive ne semble exister sur ce sujet en France, précise la BBC.


De part et d'autre de la Manche, des commentateurs ont avoué leur surprise. Henri Soutou, professeur d'histoire à la Sorbonne, a jugé sur la BBC le projet absurde, d'autant que l'idée d'une entrée de la France dans le Commonwealth et de son acceptation de la souveraineté de Sa Majesté n'aurait pas été bien reçue. Denis MacShane, ancien ministre aux affaires européennes de Tony Blair, y a vu "un ajout charmant à cet éternel enchevêtrement" entre les deux pays, "liés depuis que Guillaume le Conquérant a tenté de faire de l'Angleterre une colonie française il y a mille ans". Et de conclure que les "meilleurs morceaux d'histoire sont les notes de bas de page", et que "la France et l'Angleterre ressemblent à un vieux couple marié dans lequel chacun songe souvent à tuer l'autre, sans jamais envisager un divorce".


Le Monde

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Lundi 8 janvier 2007
Article originellement dédié à toute la délégation française , Jacques Chirac en tête, qui était allé lécher les pieds aux autorités chinoises  (28/10/2006), je dois le dédier aujourd'hui à Ségolène Royal, qui est allé faire un pèlerinage (oui oui un pèlerinage, qu'est-ce que ça paraît être d'autres ? Diplomatie vous croyez ?) chez les très sympathiques dirigeants du Parti Communiste Chinois !





Les manifestations de la place Tiananmen en 1989 sont le symbole du mouvement étudiant qui exigeait des réformes politiques et dénonçait la corruption en République populaire de Chine. La répression sanglante qui s'ensuivit de manifestants pacifiques sur la place Tiananmen est l'une des images fortes de la lutte pour la démocratie en Chine et dans le monde entier.

Les faits


En hommage à l’ancien dirigeant du PCC, Hu Yaobang, qui a dû quitter son poste en janvier 1987 en raison de ses convictions libérales, des centaines de milliers d’étudiants se mobilisent et s'installent sur la place Tiananmen, le 2 avril 1989. La mort inopinée de Hu Yaobang, le 15 avril, provoque une grande émotion qui vient renforcer le mouvement de protestation en faveur de la démocratie ; la manifestation du 22 avril n’est pas autorisée et le pouvoir est pris au dépourvu. Les manifestants campent alors devant le monument des héros du peuple alors que des manifestations similaires se déroulent dans de nombreuses autres grandes villes de la RPC.

Le pouvoir est face à un mouvement d’une ampleur sans précédent : 200 000 étudiants défient le pouvoir et réclament des réformes politiques dans le pays. Le mouvement de Tiananmen se déroule en pleine politique de réforme de l'URSS de Gorbatchev et alors que le 16 mai les leaders soviétique et chinois se retrouvent à Pékin.

Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, après des semaines d'agitation, Deng Xiaoping et les neuf membres du Comité permanent du PCC confient au Premier ministre Li Peng la charge de mener à bien la répression. Fort de la loi martiale votée le 19 mai précédent, celui-ci ordonne aux forces de sécurité de tirer sur la foule. Appuyée par les chars, l'armée populaire de libération investit la place Tiananmen où étaient rassemblés les étudiants à Pékin et la fait violemment évacuer. Le nombre de victimes est évalué à 1 400 au cours du seul week-end, auxquels s'ajoutent plus de 10 000 blessés.

Des dizaines de milliers de personnes sont également arrêtées durant les semaines suivantes. Par la suite, des procès eurent lieu, plusieurs insurgés furent envoyés en prison, quelques autres furent comdamnés à mort et fusillés.


La censure actuelle

En mai et en juin 1989, la télévision a montré au peuple chinois des émeutiers pillant les magasins, blessant et tuant des policiers. Cette version est toujours celle des livres d'histoire en RPC.

Aujourd'hui encore, il n'est pas autorisé de parler de cette tragédie en RPC et l'événement a été gommé de l'histoire officielle. En fait, il n'est pas évoqué par les manuels scolaires, même dans sa version officielle (« un complot contre-révolutionnaire »). De nombreux Chinois, surtout les jeunes, n'ont qu'une très vague idée de ce qui s'est passé. De rares ouvrages d'historiens chinois traitant de cette question taboue ont été publiés, mais dans la région autonome de Hong-Kong. L'ancienne colonie britannique est d'ailleurs le seul endroit où se déroulent des manifestations de commémoration.

Une « grande muraille électronique » a été édifiée autour des nombreux sites étrangers évoquant l'événement. Une force de police spécialisée traque les mots-clé « Tiananmen » ou « 6-4 » (liu-si, le 4 juin, comme il est connu en Chine). Pour contourner l'espace de quelques heures cette censure, certains internautes font héberger leurs documents sur le sujet sur des sites érotiques, ou en remplaçant les mots-clés traqués par des astérisques. Le régime est parvenu cependant jusqu'ici à entretenir une amnésie quasi complète de la population.



Source: Wikipédia




par le Citoyen Thimèle publié dans : Histoire
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Lundi 25 septembre 2006
La vision du christianisme est de nos jours forcément négative pour les progressistes que nous sommes. Pourtant, le christianisme des origines changea profondément les consciences. C'est Jésus et sa philosophie chrétienne qui opéra un véritable changement dans la vision de la personne humaine, qui donnera plus tard naissance au concept des droits de l'homme. Le christianisme déclara que tous les Hommes étaient frères et qu'il n'y avait plus ni maîtres ni esclaves, ce qui était véritablement à contre-courant des idéologies des sociétés esclavagistes de l'antiquité. L'universalisme chrétien se perpétua jusqu'à notre époque sous des traits bien distincts de ceux de l'Eglise catholique.

Dans les périodes révolutionnaires de ces deux derniers siècles, l'allusion au Christ ne fut jamais rare. L'Histoire nous regorge de multiples exemples et citations : ainsi, lors du sac des Tuileries en février 1848, la foule pénétra dans l'oratoire de la reine Marie-Amélie et s'arrêta devant le crucifix pendu au mur. Selon la légende, un élève de Polytechnique, école alors considérée comme le foyer de l'extrême gauche, aurait alors pris l'objet en déclarant : « Voici notre maître à tous » et l'aurait transporté jusqu'à l'Eglise Saint-Roch pour le remettre au curé. De nombreuses gravures ont immortalisé cette scène, que Georges Sand commente dans un article de la Vraie République : « Le vrai christianisme, c'est à la fois une philosophie et une religion. A cet état de croyance sincère et profonde, l'Evangile est la religion du peuple. C'est pourquoi vous l'aviez vu porter en triomphe l'image du Christ dans la nouvelle République ; c'est pourquoi il n'a pas fait, comme en 1830, la guerre aux croix des églises de Paris ; c'est pourquoi les arbres de la liberté ont reçu l'eau bénite. Le peuple républicain et le prêtre catholique se sont donc réconciliés en 1848 ».

Les premiers mois d'existence de l'éphémère deuxième République marquèrent alors l'union du Christ et des partisans de l'ordre nouveau. Les esprits y avaient d'ailleurs été préparés par les théoriciens du socialisme utopique, très sensibles à la portée révolutionnaire des Evangiles, et par l'apparition au sein du monde catholique de courants s'efforçant de concilier la foi et la démocratie et considérant le renversement d'un pouvoir injuste comme un devoir religieux. En février 1848, le Christ était donc monté sur les barricades aux côtés des ouvriers et des bourgeois et chacun s'en félicitait. Les membres du clergé furent conviés, tous cultes confondus, à planter les arbres de la liberté. On y déclara d'ailleurs que « La République n'oubliera jamais que le Christ expira sur la croix pour avoir apporté aux hommes le symbole divin qu'on lit sur nos drapeaux : Liberté, égalité, fraternité ».

Et pour les tenants de la gauche, il incarne non pas le patriotisme ou le modérantisme républicain mais le socialisme. Victor Considérant, philosophe et futur participant à la Commune, déclara : « Le Christ glorieux est ressuscité et vous ne le re- tuerez pas, car il est esprit. Le Christ est une idée et cette idée a pris possession de la conscience des peuples...Cette idée, c'est le socialisme. Il faut enfin que le vrai sens du christianisme éclate. Il faut qu'on sache où sont les vrais chrétiens et où sont les hérétiques. Scribes, pharisiens, votre heure est proche. Parce que voici l'heure de la démocratie, c'est-à-dire de l'Evangile dans le monde et dans l'Eglise ». L'extrême-gauche cherche aussi à se revendiquer du Christ. Dans Le Christ républicain, on y affirme : «nous, pauvres prolétaires, nous sommes rouges, parce que le Christ a versé son sang pour nous racheter, son sang par lequel nous voulons nous régénérer. Nous sommes rouges, parce que l'ange exterminateur a marqué le haut de nos portes avec le sang de l'agneau, pour distinguer, au jour de la vengeance, les élus d'avec les réprouvés de Dieu ».
Pourtant, en juin 1848, le clergé n'est pas aux côtés des ouvriers insurgés, mais plutôt auprès de la bourgeoisie et des troupes de Cavaignac qui répriment l'insurrection populaire. Entre républicains, laïcs et cléricaux c'est alors la rupture...

Tout ceci ne signifia pas pour autant la disparition totale du thème du Christ révolutionnaire. On le vit aussi réapparaître lors de la révolution russe de 1917 sous la forme d'un Jésus érigé au rang de précurseur de Lénine et bolchevique avant l'heure. Aujourd'hui l'image d'un Jésus socialiste reste minoritaire dans le paysage politique français. Il existe un mouvement s'y associant, Gauche Ouvrière et Chrétienne, mais il reste toujours assez marginalisé. En Amérique du Sud, la religion et l'altermondialisme font assez bon ménage, en témoigne Hugo Chavez qui déclara même récemment que « Jésus avait été le premier socialiste et Judas le premier capitaliste ».


Publié initialement pour Libertés
par le Citoyen Thimèle publié dans : Histoire
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Mercredi 13 septembre 2006


4500 personnes tuées le 11 septembre. Cela vous évoque sans doute l'attentat contre les Etats-Unis en 2001. Il s'agit en fait du nombre de morts suite au coup d'Etat du Général Pinochet, sous la direction de la CIA, au Chili, en 1973. Kissinger, assistant aux Affaires de Sécurité Nationale des USA est désigné pour diriger l'opération. Aujourd'hui, la coordination «Kissinger Out» demande son exclusion du Comité Olympique International pour son passé criminel.

Le gouvernement d'Union populaire du Chili est renversé dans des conditions dramatiques le 11 septembre 1973.

C'est pour le pays la fin d'une pratique démocratique vieille de plusieurs décennies qui lui avait valu le surnom autrefois élogieux de «Prusse de l'Amérique du sud» ou encore de «Suisse de l'Amérique du sud».

Une élection hasardeuse

Salvador Allende avait été élu trois ans plus tôt à la présidence de la République avec 36,3% des suffrages, face à deux candidats de droite dont Jorge Alessandri, qui a obtenu 35% des suffrages, et Radomiro Tomic (27,8% des suffrages).

L'élection avait été validée par le Parlement grâce au soutien de la démocratie-chrétienne. Pour la première fois, un socialiste accédait par les urnes à la tête d'un pays d'Amérique latine.

Une présidence fragile

Le nouveau président s'appuie sur une coalition hétérogène qui va du centre à l'extrême gauche révolutionnaire (trotskystes et maoïstes) en passant par les communistes. Ses mesures sociales (augmentation des salaires, nationalisation des mines de cuivre et des principales entreprises du pays, réforme agraire,...), tantôt trop modérées, tantôt trop radicales, ne font jamais l'unanimité dans son camp.

Salvador Allende doit par ailleurs faire face à une opposition de droite majoritaire au Parlement. Elle est soutenue en sous-main par les agents secrets de la CIA américaine et financée par les multinationales implantées dans le pays, au premier rang desquelles figure le trust de télécom ITT.

Le Chili est bientôt secoué par l'agitation violente de l'extrême-gauche révolutionnaire (le MIR) et paralysé par des grèves à répétition, dont celle des camionneurs. Les prix flambent et la production alimentaire s'effondre. Les ménagères descendent dans la rue.

Pour faire face aux menaces qui l'assaillent de toutes parts, Salvador Allende appelle les militaires à son secours.
En novembre 1972, le commandant en chef de l'armée de terre, Carlos Prats, devient chef du gouvernement et ministre de l'Intérieur (il sera assassiné à Buenos Aires, en Argentine, en 1974). Mais le Parlement prive Salvador Allende de tout moyen d'action et tente de le récuser. Le président ne voit bientôt plus d'autre issue que dans un référendum...



L'armée s'insurge

C'est alors que le chef des armées, le général Augusto Pinochet, décide de mettre un terme par la force à l'expérience socialiste.

Le matin du 11 septembre 1973, des unités de la marine neutralisent le port de Valparaiso.

Peu après, à Santiago-du-Chili, les soldats investissent le palais présidentiel de La Moneda, construit en 1806.

Vers midi, l'aviation bombarde le palais et les soldats y pénètrent enfin. Le président demande à ses défenseurs de quitter les lieux. Resté seul, il se suicide d'une rafale de mitraillette (thèse officielle). Il a 65 ans.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont raflées et concentrées dans le sinistre stade de Santiago.

Trois mille d'entre elles disparaissent tragiquement dans les geôles militaires, ce qui vaudra un quart de siècle plus tard une inculpation de crime contre l'humanité à Augusto Pinochet.


par Jean-Michel Freguin, ReSPUBLICA

par le Citoyen Thimèle publié dans : Histoire
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Lundi 28 août 2006
Le 6 juin dernier, la SNCF, poursuivie par la famille d'Alain Lipietz (dirigeant des Verts), avait été condamnée pour sa participation à la déportation. Les juges administratifs de Toulouse avaient alors considéré que l'administration française "avait permis et facilité une opération qui devait être normalement le prélude à la déportation des personnes concernées".

La SNCF avait été condamnée à verser 21.000 euros à chacun des requérants. Son avocat, Maître Yves Baudelot, avait plaidé, et avec raison, que l'entreprise était contrainte d'obéir aux ordres.
Ce que je craignais à ce moment quant à cette décision absurde, qui faisait jurispudence, est arrivé. Environ 200 plaintes ont été ainsi récemment engagées contre la SNCF pour son rôle dans la déportation pendant la Seconde Guerre Mondiale, a-t-on appris ce jour par un de leurs avocats.

Ce dernier a d'ailleurs précisé que cette action se fondait sur la condamnation de l'entreprise publique le 6 juin dernier par le tribunal administratif de Toulouse.

L'entreprise devrait donc recevoir avant cette date "au moins 200 lettres" provenant de personnes résidant au Canada, aux Etats-Unis, en Belgique, en Israël et en France et réclamant réparation du préjudice subi par elles-mêmes ou par des parents proches.

Un autre avocat, Me Avi Bitton, estime que la responsabilité de l'entreprise, qui a transporté plusieurs dizaines de milliers de personnes vers les camps de la mort, est engagée.

Ainsi, pour lui, "A la différence de l'Etat, elle refuse de le reconnaître alors qu'il y a un fait précis: le ministère de l'Intérieur payait à l'époque des billets de troisième classe à l'entreprise. Celle-ci acheminait le plus souvent les déportés dans des wagons à bestiaux. Elle n'obéissait ni à un ordre, ni à une contrainte. C'était sa propre initiative", avance-t-il.

La SNCF aurait ainsi assurée seule les déportations?! Il faut être un bel ignorant pour croire ça!

La SNCF, qui disposera de deux mois pour répondre à ces requêtes, n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Espérons que la Justice ne se laissera pas entraîner dans cette repentance à tout-va!


D'après Reuters
par le Citoyen Thimèle publié dans : Histoire
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Dimanche 6 août 2006


 

A 8 h 15 du matin, le 6 août 1945, le bombardier B-29 américain baptisé « Enola-Gay » et piloté par le commandant Paul Tibbets lâchait sur la ville japonaise de Hiroshima la première bombe atomique de l’histoire. C’était la fin de la seconde guerre mondiale, et le début de l’ère nucléaire. La bombe allait tuer, d’un coup, 100 000 personnes, et provoquer des formes inédites de souffrance humaine. L’Américain John Hersey fut l’un des premiers journalistes étrangers à se rendre sur place. Paru d’abord dans The New Yorker, son témoignage est considéré comme l’un des classiques du reportage de guerre.


 Ce matin-là, avant 6 heures, il faisait si clair et si chaud déjà que la journée s’annonçait caniculaire. Quelques instants plus tard, une sirène retentit : la sonnerie d’une minute annonçait la présence d’avions ennemis, mais elle indiquait aussi, par sa brièveté, aux habitants de Hiroshima qu’il s’agissait d’un faible danger. Car chaque jour, à la même heure, quand l’avion météorologique américain s’approchait de la ville, la sirène retentissait.

Hiroshima avait la forme d’un ventilateur : la cité était construite sur six îles séparées par les sept fleuves de l’estuaire qui se ramifiaient vers l’extérieur à partir de la rivière Ota. Ses quartiers d’habitations et de commerces couvraient plus de six kilomètres carrés au centre du périmètre urbain. C’est là que résidaient les trois quarts des habitants. Divers programmes d’évacuation avaient considérablement réduit sa population. Celle-ci était passée de 380 000 âmes avant la guerre à quelque 245 000 personnes. Les usines et les quartiers résidentiels, ainsi que les faubourgs populaires, se situaient au-delà des limites de la ville. Au sud se trouvaient l’aéroport, les quais et le port sur la mer intérieure saupoudrée d’îles. Un rideau de montagnes fermait l’horizon sur les trois côtés restants du delta.

Le matin était redevenu calme, tranquille. On n’entendait aucun bruit d’avion. Alors, soudain, le ciel fut déchiré par un flash lumineux, jaune et brillant comme dix mille soleils. Nul ne se souvient avoir entendu le moindre bruit à Hiroshima quand la bombe a éclaté. Mais un pêcheur qui se trouvait sur sa barque, près de Tsuzu, dans la mer Intérieure, vit l’éclair et entendit une explosion terrifiante. Il se trouvait à trente-deux kilomètres de Hiroshima et, selon lui, le bruit fut beaucoup plus assourdissant que lorsque les B-29 avaient bombardé la ville d’Iwakuni, située à seulement huit kilomètres.

Un nuage de poussière commença à s’élever au-dessus de la ville, noircissant le ciel comme une sorte de crépuscule. Des soldats sortirent d’une tranchée, du sang ruisselant de leurs têtes, de leurs poitrines et de leurs dos. Ils étaient silencieux et étourdis. C’était une vision de cauchemar. Leurs visages étaient complètement brûlés, leurs orbites vides, et le fluide de leurs yeux fondus coulait sur leurs joues. Ils devaient sans doute regarder vers le ciel au moment de l’explosion. Leurs bouches n’étaient plus que blessures enflées et couvertes de pus...

Des maisons étaient en feu. Et des gouttes d’eau de la taille d’une bille commencèrent à pleuvoir. C’étaient des gouttes d’humidité condensée qui tombaient du gigantesque champignon de fumée, de poussière et de fragments de fission qui s’élevait déjà plusieurs kilomètres au-dessus de Hiroshima. Les gouttes é