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Lundi 20 mars 2006 1 20 03 2006 02:39

Alors que l'entêtement d'un gouvernement moribond devrait entraîner un appel à la grève générale, il m'est paru important (c'est peut-être mon côté historien!) de vous transmettre ce document PDF de René Mouriaux expliquant l'histoire, l'intérêt, les caractéristiques et l'évolution de la grève générale.

Par le Citoyen Thimèle (d'après René Mouriaux) - Publié dans : HISTOIRE
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Jeudi 11 mai 2006 4 11 05 2006 17:17

Pour la première fois hier, le 10 mai, la France commémorait l'abolition de l'esclavage. Notre pays est le premier pays au monde à avoir reconnu l'esclavage comme un crime contre l'humanité et nous ne pouvons qu'en être fier. En effet, reconnaître une telle barbarie qu'est l'esclavage est bien un minimum. Mais entre reconnaître une page noire de son histoire et se repentir, il y a tout de même de la distance. La France n'a en effet pas à se repentir, à s'excuser de l'esclavage. En quoi nous français du XXe et XXIe siècle serions-nous responsable de la traite négrière d'il y a plusieurs siècles (terminée en 1848)? Nous n'en sommes absolument pas responsable, mais nous en serions quelque part complice si nous disions que l'on ne voulait plus rien savoir de tout ça et aussi que reconnaître que l'esclavage était un crime de l'humanité n'était rien que de l'auto-flagellation! La France a quand même au moins le droit de dire aujourd'hui ce qu'elle pense de l'esclavage non?! Nous ne pouvons pas faire table rase du passé parce qu'il n'y a pas de rupture entre passé et présent. Le présent n'est que la continuité du passé et de génération en génération des souffrances ont été transmises. Nous ne pouvons donc pas dire que le passé on s'en fout. Le passé ça nous regarde, car les réponses y sont pour l'harmonie du futur commun. La France a donc bien fait.

Cependant il faut apporter des précisions sur l'esclavage. Certains font en effet passer le message que seuls les "blancs" ont été esclavagistes et que seuls les "noirs" ont été les victimes de cet esclavagisme. Ceux qui colportent ces thèses, comme les "Indigènes de la République" sont de pures racialistes qui ont comme objectif l'apartheid et la guerre ethnique. Le racisme, de quel côté qu'il soit, ne passera pas. Qu'on arrête d'opposer les "noirs" aux "blancs", nous sommes tous des êtres humains et dans ces guerres c'est toujours la même couleur qui coule, le rouge.
Il me semble donc nécessaire de revenir sur certains points historiques. Durant l'Antiquité, la mise en esclavage n'était pas de seule nature ethnique mais aussi sociale: en effet en Grèce, on pouvait devenir esclave pour dette, grecs compris. A Rome, ce sont des "gaulois" et des "germains", considérés comme barbares, qui étaient souvent utilisés comme esclaves. La célèbre révolte de Spartacus démontre ce fait. Au Moyen-Age, les plus grands esclavagistes étaient les arabo-musulmans. Ceux-ci mirent en esclavage aussi bien des "blancs" que des "noirs". Ce dernier fait est très souvent occulté mais est une vérité historique.

On célèbre donc l'esclavage mais il n'est pas à oublier que l'esclavage existe toujours aujourd'hui. Il y aurait encore 40 millions d'esclaves sur cette planète... un chiffre effarant. Et quand nous parlons ici d'"esclavage" on parle d'un esclavagisme des plus absolue, comme la traite négrière, puisque l'on en parle actuellement, où l'individu, considéré comme un objet, est condamné au travail forcé, ne dispose absolument plus de son corps et peut même être tué comme bon le maître lui semble.
L'esclavagisme, à travers la définition la plus basique que peut donner un dictionnaire, ne peut se limiter à cet esclavagisme "physique". L'esclavagisme mental est aussi un véritable fléau. Les principaux protagonistes, les religions et les sectes, s'en sont fait une véritable spécialité. La soumission totale à des dogmes, à des superstitions, intériorisé dès l'enfance, ne peut pas nous laisser indifférent. L'obscurantisme ne vit que par cette aliénation, cette opression cérébrale et mentale constante. Et les esclaves des dieux et prophètes ne sont pas simplement dangereux pour eux, mais peuvent l'être aussi pour les autres... Le terme "islam" ne veut-il pas dire "soumission"?! Les gouroux vous paraissent-ils meilleurs que les négriers?
L'esclavage est aussi économique. Pouvoir être viré à tout moment comme un malpropre, comme un kleenex, comme une marchandise de son travail pour satisfaire les profits de son patron et d'actionnaires, trouvez ça humain? Trouvez vous humain que la vie de plusieurs millions de nos compatriotes (je parle pour la France mais ce n'est pas mieux ailleurs...) soient entre les mains de patrons, qui peuvent à tout moment détruire le peu de confort qu'ils ont déjà? Est-ce modernité que d'être un simple bétail dont on se sert pour enrichir des exploiteurs? Est-ce modernité d'en venir pour les sans-papiers à travailler 20h/24 pour un patron véreux, d'en venir pour les femmes à se prostituer, d'en venir pour les enfants à travailler? Est-ce modernité d'en venir alors à mendier, à accepter d'être exploité en toute illégalité pour (sur)vivre parce qu'on n'a plus d'emploi? On devient dès lors esclave du fric. Et on voudrait empirer ça mes très chers libéraux, vous qui êtes obsédés du fric?!
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : HISTOIRE
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Jeudi 22 juin 2006 4 22 06 2006 01:41













En ce 22 juin, jour anniversaire honteux de l'armistice de 1940 signé par le Maréchal Pétain avec l'Allemagne nazie, je vous reproduis ce très intéressant article de Marianne, qui s'intéresse à l'histoire des courants de la droite d'aujourd'hui, des similitudes et des héritages, dont celui du pétainisme est le plus intéressant et aussi le plus effarant:


C'était la débâcle. En quelques semaines, la France avait été submergée... Des millions de prisonniers, des millions de réfugiés sur les routes. Un effondrement des volontés. Une vaste démission civique.

Alors, de nouveau - en ces mois de mai, juin 1940 -, la droite française se cassa en deux. D'un côté, provisoirement minoritaires, ceux qui refusaient à la fois de désespérer de la République et de capituler devant l'ennemi, qui entendaient sauver à la fois la France et son modèle, qui n'envisageaient pas un instant d'instrumentaliser la défaite pour justifier un grand retour en arrière et tirer un trait sur les acquis sociaux. Ceux-là s'appelaient Georges Mandel, Henri de Kerillis, Paul Raynaud. Certains venaient de la droite nationale, d'autres du centrisme démocrate-chrétien, et la plupart d'entre eux répondirent à l'appel du général de Gaulle, l'homme qui, refusant le masochisme antinational qui déferlait sur le pays, opposa la France de demain, fière d'elle-même, malgré tout, et de son passé anticipateur, à tous ceux qui préconisaient la « rupture » avec la France d'hier pour revenir à celle d'avant-hier.

Nouvel ordre mondial inique

En face, nettement majoritaire au début, ceux pour qui cet effondrement était vécu comme la bonne surprise qui allait permettre de liquider les acquis sociaux du Front populaire, de jeter par-dessus bord le modèle social républicain français, d'en finir avec les lois laïques, de se replier sur un certain régionalisme communautariste, de se débarrasser de la « racaille » interlope et métèque, de mettre au pas les « profs » rationalistes, de purger la fonction publique et de s'intégrer à un grand marché dominé par la puissance hégémonique du moment.

Les premiers incitaient les Français à ne pas se haïr eux-mêmes, à ne pas renoncer à ce qui avait longtemps fait et leur exception et leur grandeur. Les seconds, au contraire, les invitaient à battre leur coulpe, à ressasser l'évidence de leur échec, de leur petitesse, de leur nullité. Les premiers les appelaient à refuser un nouvel ordre mondial inique et oppresseur, les seconds leur expliquaient qu'à fallait s'y résoudre, au nom de la « modernité » , s'y intégrer et en accepter les incontournables lois.

Refuser ou s'adapter

Nous sommes vaincus, répétaient les seconds, nous serons vainqueurs, scandaient les premiers. D'un côté, acceptons ce fait que l'Europe est allemande. De l'autre, faisons d'une France résistante le fer de lance d'une nouvelle Europe libre. « Refuser » , disaient les premiers, « s'adapter » , reprenaient les seconds. « Soyons éternels » , chantaient les premiers, et « trouvons en nous-mêmes le chemin de notre libération » , « soyons modernes » , corrigeaient les seconds, et « imitons les méthodes de ceux qui ont gagné la guerre » .

Si les premiers s'identifièrent à la voix d'un général deux étoiles, chantre de la continuité française, les seconds, au nom de la nécessaire rupture, s'abandonnèrent à celle d'un maréchal glorieux qui s'offrait à eux comme sauveur suprême ! On l'oublie, aujourd'hui, mais si, très vite, des gens de rien, des marginaux et des boiteux, des hurluberlus et des illuminés, des fantassins et des deuxième classe, des écrivassiers et des poètes quasi inconnus qui s'appelaient Jean Prévost, Vercors, Pierre Seghers, Pierre Emmanuel, Jean Cavaillès se rallièrent à l'homme qui osa dire non, l'immense, l'écrasante majorité de l'intelligentsia médiatique de l'époque, y compris Paul Valéry, Paul Claudel, Giono, André Gide (fût-ce de loin), sans parler des Pierre Benoit et Henry Bordeaux, se rangèrent derrière le Maréchal. La droite « réactionnaire » , comme un seul homme, la droite conservatrice dans son immense majorité, le grand patronat, la hiérarchie ecclésiastique, les technocrates modernisto-libéraux, la plupart des journalistes accueillirent avec enthousiasme le régime de Vichy. Mais pas seulement : toute une fraction de la nomenklatura de gauche, écoeurée par l'ignominieuse dégénérescence du régime communiste soviétique (les procès de Moscou) ou par les trahisons en chaîne de la socialo-démocratie, mais, aussi, et plus encore, par opportunisme ou par lâcheté, bascula dans le camp pétainiste.

C'est presque unanimement que les élites et classes dirigeantes craquèrent. Et, parfois, trahirent. Et c'est à la base, au sein de la jeunesse et du peuple, comme le général de Gaulle en fit le constat, autour de quelques minoritaires socialistes ou radicaux (Pierre Mendès France, Daniel Mayer, Gaston Defferre), de nationalistes de droite, de patriotes sans parti, de nationaux- et sociaux-républicains, de centristes, de chrétiens-sociaux (Georges Bidault, Claudius Petit), de libéraux de progrès, bientôt massivement rejoints par des militants communistes, que la résistance républicaine, démocratique et nationale prit corps.

Cette cassure de la droite française en trois tronçons - droite pétainiste, droite gaulliste et droite centriste - a durement marqué l'après-guerre, la droite pétainiste intégrant à son combat nostalgique (contre de Gaulle) la défense du colonialisme en général et de l'Algérie française en particulier, l'attentisme proaméricain et le rejet du « modèle économique et social » hérité du programme de la Résistance et des mesures prises à la Libération.

C'est cette droite néopétainiste qui, dans les années 60, multiplia les tentatives de complots et d'assassinats contre le Général, vota Mitterrand au deuxième tour des élections de 1965, se rallia un temps à Poher contre Pompidou, puis à Giscard contre Chaban-Delmas et, aujourd'hui, enfin décomplexée, fait de Nicolas Sarkozy, à son corps défendant peut-être, son nouvel homme fort face aussi bien à Dominique de Villepin qu'à François Bayrou. Au point même de renouer avec ce qui fut son péché mignon originel : le culte de la personnalité, exacerbé parle narcissisme du chef, l'instrumentalisation des médias et l'abus de propagande.

Or, cette division de la droite en trois factions nous vient de loin : de 1789... Ce fut, au lendemain de la Révolution, la naissance de trois courants : droite légitimiste réactionnaire qui rêvait d'un retour en arrière et d'une remise en cause des acquis ; droite orléaniste, conservatrice mais qui acceptait l'héritage de la Révolution et qui finit par se rallier au modèle républicain ; droite bonapartiste, patriote, à la fois plus sociale et plus autoritaire... En 1940, la droite légitimiste se fondit dans le pétainisme, la droite orléaniste se divisa et se réfugia longtemps dans l'attentisme, la droite bonapartiste, pour l'essentiel, se dissolut dans le gaullisme.

En quoi ce triptyque redevient-il furieusement d'actualité ?

En cela que ce que disent, ce que déclament ensemble les ténors actuels du sarkozysme le plus militant revient à relooker, en le modernisant et en l'actualisant, un logiciel qui a fait ses preuves. Tout y est structuré autour de cinq propositions.

Il faut relever notre pays qui ne cesse de s'enfoncer, de se déliter, de s'effondrer (depuis 1789, depuis 1875, depuis 1936, depuis 1944, depuis 1981).

Le modèle républicain- ou social-français est une aberration devenue obsolète dont il convient de déposer le bilan.

Toute mesure qui tend à démanteler ce modèle et à faire sauter le verrou des « acquis » qui en protège la sclérose, fût-ce pour réactualiser le système économico-social qui avait cours avant guerre, s'appelle une « réforme » .

Ces réformes doivent s'inspirer de celles qu'ont adoptées les grandes puissances dominantes du moment-puisqu'il est prouvé que ça marche.

En conséquence, il ne faut pas craindre de prendre des mesures « impopulaires » destinées à « libérer » les forces productives des règles et règlements qui les brident.

Or, ce schéma que la droite sarkozyste la moins modérée veut promouvoir s'est déjà imposé, on l'a dit, et avec quelle force, il y a soixante-cinq ans, à la suite d'un désastre.

Masochisme antinational

La bien-pensance « de gauche » se complaît, on le sait, à traquer le néopétainisme derrière n'importe quelle référence à la famille ou à la patrie (même Raymond Barre y eut droit). Mais, comme l'historien américain Robert O. Paxton l'a fort bien montré, le pétainisme ne saurait se réduire aux relents archaïques d'un monarchisme contre-révolutionnaire et fascisant. Au-delà du slogan appelant au « retour à la terre » , cette idéologie se donna comme « modernité » , voire comme extrême « modernité » , en opposition au « ringardisme » d'une France républicaine qui venait de s'écrouler sous les coups de boutoir hitlériens. Aux côtés des réacs maurrassiens et des admirateurs de Franco et de Mussolini, beaucoup d'ex-démocrates furent séduits par le pétainisme, un temps majoritaire, de 1940. Qui ? Une solide cohorte de technocrates, experts, hauts fonctionnaires, économistes, banquiers, industriels, rentiers, intellectuels désabusés et politiciens libéraux, renforcés de quelques ex-socialistes ou même ex-gauchistes qui se retrouvèrent autour de quelques constats et propositions dont l'écho, aujourd'hui, submerge de nouveau notre espace politique :

La France paye le prix de son inéluctable décadence.

Le modèle républicain et social français (aggravé par les lois du Front populaire) en est la cause et doit être radicalement remis en question.

Il faut bâtir un « nouveau modèle » qui s'inspirerait, mais en l'adaptant à nos traditions, de ce quia si bien réussi dans des pays comme l'Allemagne du IIIe Reich, l'Italie de Mussolini ou le Portugal de Salazar.

Ce modèle implique la mise en oeuvre de « réformes » radicales qui permettront de « libérer le travail » , de faire sauter les verrous des situations et des avantages acquis (les 40 heures, par exemple, ou les congés payés), les blocages syndicaux ou les résistances idéologiques.

Ces mesures, potentiellement impopulaires mais nécessaires, exigent que la ferme orientation politique du pays ne soit pas soumise aux aléas des sautes d'humeur de l'opinion, aux pressions démagogiques de la rue.

C'est ce vichysme ou pétainisme-là, qui n'était ni foncièrement fasciste ni antipatriote en dépit de sa fascination pour les modèles étrangers et dont les représentants estimaient réellement oeuvrer au relèvement de la France, qui parvint à convaincre tout un pan du personnel républicain. Et c'est cette idéologie que l'on peut opportunément et raisonnablement comparer, aujourd'hui, au courant redevenu dominant au sein des élites. On retrouve, d'ailleurs, dans les deux mouvances, la demande d'autorité, voire d'autoritarisme, l'aspiration sécuritaire, la hantise de la « racaille » , en particulier d'origine étrangère, le masochisme antinational (ou haine de soi) exacerbé par la défaite ou par la crise, l'invitation à se plier, par réalisme, au pragmatisme, au nouvel ordre du monde - quitte à justifier l'invasion et l'occupation d'un pays tiers -, la hantise du rôle néfaste des fonctionnaires et des profs, la stigmatisation de la réduction du temps de travail, travail dont on dénonce, en outre, le coût trop élevé, l'exécration du laxisme « social » entretenu par une syndicratie grévistophile, le culte exacerbé de la personnalité du chef, le communautarisme antijacobin, la référence aux valeurs, et la réticence à l'égard de la laïcité. Ce parallèle ne signifiant d'ailleurs pas que tout soit faux, ou scandaleux, dans cette rhétorique qui, aujourd'hui comme hier, mobilise parfois en sa faveur des gens de qualité et de valeur.

Il y a aussi, évidemment, un certain nombre de différences : le sarkozysme, en particulier, est moins intrinsèquement français, terrien et nostalgique que le vichysme ; et non seulement il n'est absolument pas raciste ou antisémite, mais, en outre, la grande bourgeoisie juive lui est très majoritairement acquise.

En revanche, entre les deux mouvances, il existe un important tronc commun : toutes les deux usent et abusent du mythe « décliniste » de la « France qui tombe » , et cela alors même que le pays est -et était-en train de se réveiller. La déprime contre-révolutionnaire de 1940 dissimule toujours la révolution de 1941 !


Par Jean-Christian Harvet,Marianne, numéro 453-453

 

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : HISTOIRE
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Lundi 17 juillet 2006 1 17 07 2006 00:06
Le maire de Villeneuve-d’Ascq (Nord) a obtenu jeudi dernier le renvoi en correctionnelle du leader du Front national suite à une interview publiée dans un hebdomadaire d’extrême droite en janvier 2005. Jean-Marie Le Pen y donnait sa version du massacre d’Ascq, perpétré en 1944 par les nazis.

Par Franck Bazin


Le président du FN devra répondre devant le tribunal correctionnel de Paris, à une date non encore précisée, des délits de « complicité d’apologie de crime de guerre » et « complicité de contestation de crime contre l’humanité ».
La juge Michèle Ganascia a signé deux ordonnances de renvoi. L’une fait suite aux plaintes de la commune de Villeneuve-d’Ascq et du MRAP, l’autre à une plainte de l’association des fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF).
Quelques mois après les cérémonies du soixantième anniversaire du massacre d’Ascq, Jean-Marie Le Pen évoquait le massacre dans les colonnes de Rivarol, une publication proche du FN. Dans un entretien consacré à l’Occupation, le leader d’extrême droite racontait l’histoire d’un lieutenant allemand qui, « fou de douleur que son train de permissionnaires ait déraillé dans un attentat, causant ainsi la mort de ses jeunes soldats, voulait fusiller tout le village ». Et M. Le Pen d’ajouter que c’est « la Gestapo de Lille qui arriva aussitôt pour arrêter le massacre ».
Cette contre-vérité avait fait bondir les Villeneuvois et tout particulièrement leur maire, Jean-Michel Stievenard. Il avait aussitôt diffusé un communiqué précisant les faits : « L’allusion au massacre d’Ascq qui fit quatre-vingt-six victimes civiles la nuit des Rameaux 1944 est trop claire pour être prise à la légère. Le train qui dérailla ce soir-là n’était pas un train de "permissionnaires" mais celui de la 12e SS-Panzer-Division "HitlerJugend" partie renforcer l’armée allemande en Normandie. Aucun de ces jeunes Waffen SS ne fut tué, ni même blessé dans l’attentat. Par contre, le lieutenant Hauck et ses troupes déclenchèrent une répression sauvage sur les civils du village, allant chercher les habitants jusque dans leur lit. La plus jeune des victimes avait 15 ans, la plus vieille 75. Les soldats de la Wehrmacht, détachés à Ascq, ont pu prévenir les autorités supérieures allemandes à Lille. Avertie par le facteur enregistrant Elie Derache, gravement blessé, qui n’a cessé de télégraphier à Lille pour demander des secours, la Feldgendarmerie, arrivée sur place, a fait cesser les tirs. La Gestapo n’est pas intervenue. » M. Stievenard ne cachait pas jeudi sa satisfaction d’avoir été entendu par la justice : « À la veille de la fête nationale, je me réjouis, au nom des Villeneuvois, au nom du respect de la Mémoire, que des suites judiciaires soient données à ces propos insultants pour les familles des Massacrés, pour les Ascquois et pour l’ensemble des Villeneuvois, à ces propos inadmissibles dans notre République. »


Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : HISTOIRE
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Mardi 18 juillet 2006 2 18 07 2006 18:13

Le 17 juillet 1936, la garnison espagnole de Melilla se soulève contre le gouvernement républicain, sous le commandement du général Franco. C'est le début d'une guerre civile de trois ans et un prélude aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale.


La jeune république espagnole est à cette époque victime d'une flambée de violences qui se soldent par plusieurs centaines de morts. Ces violences sont le résultat de l'instabilité politique. Elles culminent avec la victoire électorale du Front Populaire le 16 février 1936 et débouchent sur l'assassinat du député monarchiste José Calvo Sotelo (43 ans) le 13 juillet de la même année, peu après qu'il ait été menacé par la Pasionaria,
Dolores Ibarruri, députée communiste.

Le soulèvement militaire , qualifié par ses auteurs  de "glorioso Movimiento" (le glorieux Mouvement), survient le 17 juillet 1936 dans la garnison de Melilla, une enclave espagnole en territoire marocain, conformément à un plan préparé de longue date. L'inspirateur principal en est le général Emilio Mola, ancien chef de la police devenu gouverneur militaire de Pampelune, dans une région de petits paysans carlistes et catholiques, farouchement hostiles à la République, la Navarre. Il est associé au général Sanjurjo, en exil à Lisbonne, ainsi qu'au général Francisco Franco y Bahamonde, gouverneur militaire des Canaries.

Dès le lendemain, le général Franco quitte son poste dans les îles Canaries. Il se rend en secret à Melilla et débarque deux jours plus tard en Andalousie avec ses troupes. Il s'agit essentiellement de musulmans marocains ou «maures» («los Regulares») et de soldats de la Légion étrangère(ou «tercio», par allusion aux glorieuses armées du Grand Siècle espagnol, fin du XVIe- début du XVIIe).


Dans le même temps se soulèvent les garnisons de la plupart des grandes villes espagnoles. Mais une bonne partie de l'armée, la moitié environ, reste fidèle au gouvernement.  Sur certains navires de guerre, il arrive que les marins s'emparent de leur officiers rebelles et les exécutent dans les formes. Sur d'autres navires, les officiers rebelles ont le dessus et font pendre aux vergues les marins qui refusent de les suivre.

En définitive, en trois jours, les rebelles "nationalistes" s'emparent de la Galice et de la Vieille-Castille, près de la frontière avec le Portugal, ainsi que d'une partie de la Navarre, du Léon et des Asturies. En Navarre et Aragon, les insurgés bénéficient du soutien de milices carlistes, les requetes. Ce sont des paysans-soldats bien entraînés, catholiques fervents et monarchistes enthousiastes. Les nationalistes s'implantent aussi en Andalousie, à Cordoue, Grenade et Cadix, avec l'aide de bataillons ou «tabors» maures et d'unités ou  «banderas» de la Légion. Mais à Barcelone, ils sont repoussés par les milices ouvrières. Ils échouent aussi à Valence et dans le Levant méditerranéen.


Les nationalistes, qui escomptaient une reddition rapide du gouvernement, en sont pour leurs frais. Les grandes villes leur échappent (Madrid, Barcelone, Valence). Et ils ne se maintiennent principalement que dans le Sud. Encore est-ce avec le concours de troupes marocaines.

Le général Mola projette de s'emparer de Madrid en faisant converger sur la capitale quatre colonnes de troupes et en combinant leur action avec le soulèvement de civils madrilènes favorables au Mouvement. C'est ce qu'il appelle la "cinquième colonne" (l'expression fera florès). Mais la manoeuvre échoue devant la mobilisation impromptue des habitants. La capitale reste aux mains des troupes légalistes commandées par le général Miaja.


Au terme des «trois jours de juillet» (18, 19 et 20 juillet), l'Espagne apparaît divisée en deux, avec un léger avantage au gouvernement, qui garde le contrôle des principales zones industrielles, de la capitale ainsi que de 14 millions d'habitants contre 10,5 aux insurgés. L'armée elle-même est divisée. La plus grande partie des officiers d'état-major sont restés fidèles à la République. Toutefois, les officiers intermédiaires, issus de la moyenne bourgeoisie, ont, eux, rejoint massivement le Mouvement et ils vont cruellement manquer au gouvernement. À première vue, le pronunciamiento a échoué. 

Mais le 21 juillet, le général Franco, qui prend la tête du Mouvement après la mort accidentelle du général Sanjurjo (qui avait été pressenti pour ce rôle), n'a pas l'intention de capituler. Et le 14 août 1936, les troupes maures et les légionnaires s'emparent de Badajoz, au sud. Leur victoire se conclut par un massacre atroce de la population. D'un point de vue stratégique, elle permet de relier les zones nationalistes du sud et du nord. Elle permet aussi à la rébellion de tenir les régions frontalières du Portugal, ce qui facilite son ravitaillement en armes et munitions.

Les nationalistes arrivent aux portes de Madrid mais, de façon inattendue, diffèrent l'assaut sur la capitale le temps de secourir les défenseurs de l'Alcazar de Tolède, une forteresse où 1600 personnes supportent le siège de l'armée régulière. La propagande exalte les hauts faits des "héros de l'Alcazar". Le colonel Moscardó devient mondialement célèbre pour avoir refusé de rendre la forteresse quand les assiégeants l'avaient menacé d'exécuter son fils. Le général Franco sort de son rôle subalterne et acquiert aussi une notoriété mondiale.

Mais le répit a entre-temps permis aux républicains de consolider la défense de la capitale avec pas moins de 30 km de tranchées... et le soutien essentiellement psychologique de volontaires étrangers. En novembre, ils peuvent ainsi repousser les assauts franquistes.

Le conflit va dès lors se prolonger pendant deux ans et demi, opposant des armées de plus de 800.000 hommes chacune, avec un soutien actif de l'étranger (les républicains par les Brigades Internationales et l'URSS, les nationalistes par l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie).
En s'internationalisant, la guerre civile va devenir aussi un enjeu majeur de la lutte que se livrent dans toute l'Europe les démocrates et les mouvements totalitaires. Il verra de nombreux massacres de civils comme celui tristement célèbre de Guernica par le bombardement aérien opéré par la légion Condor allemande. Il va se doubler d'une révolution sociale et anticléricale où les anarchistes de la CNT (Confederación Nacional del Trabajo) et de la FAI (Federación anarchista ibericaa) jouent le premier rôle avec les paratrotskistes du POUM (Partido Obrero de Unificaciòn Marxista).

Mais les divisions au sein des "républicains" (entre trotskystes et anarchistes et les plus modérés, démocrates, communistes et socialistes), aggravé par les purges staliniennes exercées au premier, va considérablement les affaiblir et les nationalistes l'emportèrent finalement en 1939. Le 1er avril la guerre civile est terminé et c'est dès lors la dictature de Franco qui commence, pour ne finir qu'en 1975 où la répression contre tous les républicains, qui ne purent fuire, fut terrible.

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : HISTOIRE
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Dimanche 6 août 2006 7 06 08 2006 13:49


 

A 8 h 15 du matin, le 6 août 1945, le bombardier B-29 américain baptisé « Enola-Gay » et piloté par le commandant Paul Tibbets lâchait sur la ville japonaise de Hiroshima la première bombe atomique de l’histoire. C’était la fin de la seconde guerre mondiale, et le début de l’ère nucléaire. La bombe allait tuer, d’un coup, 100 000 personnes, et provoquer des formes inédites de souffrance humaine. L’Américain John Hersey fut l’un des premiers journalistes étrangers à se rendre sur place. Paru d’abord dans The New Yorker, son témoignage est considéré comme l’un des classiques du reportage de guerre.


 Ce matin-là, avant 6 heures, il faisait si clair et si chaud déjà que la journée s’annonçait caniculaire. Quelques instants plus tard, une sirène retentit : la sonnerie d’une minute annonçait la présence d’avions ennemis, mais elle indiquait aussi, par sa brièveté, aux habitants de Hiroshima qu’il s’agissait d’un faible danger. Car chaque jour, à la même heure, quand l’avion météorologique américain s’approchait de la ville, la sirène retentissait.

Hiroshima avait la forme d’un ventilateur : la cité était construite sur six îles séparées par les sept fleuves de l’estuaire qui se ramifiaient vers l’extérieur à partir de la rivière Ota. Ses quartiers d’habitations et de commerces couvraient plus de six kilomètres carrés au centre du périmètre urbain. C’est là que résidaient les trois quarts des habitants. Divers programmes d’évacuation avaient considérablement réduit sa population. Celle-ci était passée de 380 000 âmes avant la guerre à quelque 245 000 personnes. Les usines et les quartiers résidentiels, ainsi que les faubourgs populaires, se situaient au-delà des limites de la ville. Au sud se trouvaient l’aéroport, les quais et le port sur la mer intérieure saupoudrée d’îles. Un rideau de montagnes fermait l’horizon sur les trois côtés restants du delta.

Le matin était redevenu calme, tranquille. On n’entendait aucun bruit d’avion. Alors, soudain, le ciel fut déchiré par un flash lumineux, jaune et brillant comme dix mille soleils. Nul ne se souvient avoir entendu le moindre bruit à Hiroshima quand la bombe a éclaté. Mais un pêcheur qui se trouvait sur sa barque, près de Tsuzu, dans la mer Intérieure, vit l’éclair et entendit une explosion terrifiante. Il se trouvait à trente-deux kilomètres de Hiroshima et, selon lui, le bruit fut beaucoup plus assourdissant que lorsque les B-29 avaient bombardé la ville d’Iwakuni, située à seulement huit kilomètres.

Un nuage de poussière commença à s’élever au-dessus de la ville, noircissant le ciel comme une sorte de crépuscule. Des soldats sortirent d’une tranchée, du sang ruisselant de leurs têtes, de leurs poitrines et de leurs dos. Ils étaient silencieux et étourdis. C’était une vision de cauchemar. Leurs visages étaient complètement brûlés, leurs orbites vides, et le fluide de leurs yeux fondus coulait sur leurs joues. Ils devaient sans doute regarder vers le ciel au moment de l’explosion. Leurs bouches n’étaient plus que blessures enflées et couvertes de pus...

Des maisons étaient en feu. Et des gouttes d’eau de la taille d’une bille commencèrent à pleuvoir. C’étaient des gouttes d’humidité condensée qui tombaient du gigantesque champignon de fumée, de poussière et de fragments de fission qui s’élevait déjà plusieurs kilomètres au-dessus de Hiroshima. Les gouttes étaient trop grosses pour être normales. Quelqu’un se mit à crier : « Les Américains nous bombardent d’essence. Ils veulent nous brûler ! » Mais c’étaient des gouttes d’eau évidemment, et pendant qu’elles tombaient le vent se mit à souffler de plus en plus fort, peut-être en raison du formidable appel d’air provoqué par la ville embrasée. Des arbres immenses furent abattus ; d’autres, moins grands, furent déracinés et projetés dans les airs où tournoyaient, dans une sorte d’entonnoir d’ouragan fou, des restes épars de la cité : tuiles, portes, fenêtres, vêtements, tapis...

Sur les 245 000 habitants, près de 100 000 étaient morts ou avaient reçu des blessures mortelles à l’instant de l’explosion. Cent mille autres étaient blessés. Au moins 10 000 de ces blessés, qui pouvaient encore se déplacer, s’acheminèrent vers l’hôpital principal de la ville. Mais celui-ci n’était pas en état d’accueillir une telle invasion. Sur les 150 médecins de Hiroshima, 65 étaient morts sur le coup, tous les autres étaient blessés. Et sur les 1 780 infirmières, 1 654 avaient trouvé la mort ou étaient trop blessées pour pouvoir travailler. Les patients arrivaient en se traînant et s’installaient un peu partout. Ils étaient accroupis ou couchés à même le sol dans les salles d’attente, les couloirs, les laboratoires, les chambres, les escaliers, le porche d’entrée et sous la porte cochère, et dehors à perte de vue, dans les rues en ruines... Les moins atteints secouraient les mutilés.

Des familles entières aux visages défigurés s’aidaient les unes les autres. Quelques blessés pleuraient. La plupart vomissaient. Certains avaient les sourcils brûlés, et la peau pendait de leur visage et de leurs mains. D’autres, à cause de la douleur, avaient les bras levés comme s’ils soutenaient une charge avec leurs mains. Si on prenait un blessé par la main, la peau se détachait à grands morceaux, comme un gant...

Beaucoup étaient nus ou vêtus de haillons. Jaunes d’abord, les brûlures devenaient rouges, gonflées, et la peau se décollait. Puis elles se mettaient à suppurer et à exhaler une odeur nauséabonde. Sur quelques corps nus, les brûlures avaient dessiné la silhouette de leurs vêtements disparus. Sur la peau de certaines femmes – parce que le blanc reflétait la chaleur de la bombe, et le noir l’absorbait et la conduisait vers la peau –, on voyait le dessin des fleurs de leurs kimonos. Presque tous les blessés avançaient comme des somnambules, la tête dressée, en silence, le regard vide.

Des silhouettes humaines sur les murs

Toutes les victimes ayant subi des brûlures et les effets de l’impact avaient absorbé des radiations mortelles. Les rayons radioactifs détruisaient les cellules, provoquaient la dégénération de leur noyau et brisaient leurs membranes. Ceux qui n’étaient pas morts sur le coup, ni même blessés, tombaient très vite malades. Ils avaient des nausées, de violents maux de tête, des diarrhées, de la fièvre. Symptômes qui duraient plusieurs jours. La seconde phase commença dix ou quinze jours après la bombe. Les cheveux se mirent à tomber. Puis vinrent la diarrhée et une fièvre pouvant atteindre 41 degrés.

Vingt-cinq à trente jours après l’explosion survenaient les premiers désordres sanguins : les gencives saignaient, le nombre de globules blancs s’effondrait dramatiquement tandis qu’éclataient les vaisseaux de la peau et des muqueuses. La diminution des globules blancs réduisait la résistance aux infections ; la moindre blessure mettait des semaines à guérir ; les patients développaient des infections durables de la gorge et de la bouche. A la fin de la deuxième étape – si le patient avait survécu – apparaissait l’anémie, soit la baisse des globules rouges. Au cours de cette phase, beaucoup de malades mouraient d’infections dans la cavité pulmonaire.

Tous ceux qui s’étaient imposé un certain repos après l’explosion avaient moins de risques de tomber malades que ceux qui s’étaient montrés très actifs. Les cheveux gris tombaient rarement. Mais les systèmes de reproduction furent affectés durablement : les hommes devinrent stériles, toutes les femmes enceintes avortèrent, et toutes les femmes en âge de procréer constatèrent que leur cycle menstruel s’était arrêté...

Les premiers scientifiques japonais arrivés quelques semaines après l’explosion notèrent que le flash de la bombe avait décoloré le béton. A certains endroits, la bombe avait laissé des marques correspondant aux ombres des objets que son éclair avait illuminés. Par exemple, les experts avaient trouvé une ombre permanente projetée sur le toit de l’édifice de la chambre de commerce par la tour du même bâtiment. On découvrit aussi des silhouettes humaines sur des murs, comme des négatifs de photos. Au centre de l’explosion, sur le pont qui se situe près du Musée des sciences, un homme et sa charrette avaient été projetés sous la forme d’une ombre précise montrant que l’homme était sur le point de fouetter son cheval au moment où l’explosion les avait littéralement désintégrés...


John Hersey


À la fin de 1945, plus de 60 000 personnes étaient mortes des suites de l'ingestion, de l'inhalation ou d'un contact avec les radiations. Au total, la bombe avait fait plus de 140 000 morts à la fin de 1945. Toutefois, la bombe continuera à tuer durant les décennies suivantes: malformations, cancers, septicémies et de nombreuses affections liées à la radioactivité.D'après la ville d'Hiroshima, le total des morts s'élevait le 6 août 2004  à 237 062 personnes et il y avait encore 270 000 hibakusha (personnes touchées par la bombe) vivants.

Trois jours plus tard, les américains lancèrent une nouvelle bombe nucléaire, cette fois sur Nagazaki. Plus de 75 000 habitants furent tués sur le coup sur les 240 000 que comptait Nagasaki. Tout comme à Hiroshima, de nombreuses personnes allaient mourir des suites de l'explosion. On pense que le nombre total des morts à Nagasaki s'est élevé à 100 000 personnes, y compris les décès (cancers, brûlures, maladies) dans les semaines et les mois qui suivirent.


Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : HISTOIRE
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Lundi 28 août 2006 1 28 08 2006 16:10
Le 6 juin dernier, la SNCF, poursuivie par la famille d'Alain Lipietz (dirigeant des Verts), avait été condamnée pour sa participation à la déportation. Les juges administratifs de Toulouse avaient alors considéré que l'administration française "avait permis et facilité une opération qui devait être normalement le prélude à la déportation des personnes concernées".

La SNCF avait été condamnée à verser 21.000 euros à chacun des requérants. Son avocat, Maître Yves Baudelot, avait plaidé, et avec raison, que l'entreprise était contrainte d'obéir aux ordres.
Ce que je craignais à ce moment quant à cette décision absurde, qui faisait jurispudence, est arrivé. Environ 200 plaintes ont été ainsi récemment engagées contre la SNCF pour son rôle dans la déportation pendant la Seconde Guerre Mondiale, a-t-on appris ce jour par un de leurs avocats.

Ce dernier a d'ailleurs précisé que cette action se fondait sur la condamnation de l'entreprise publique le 6 juin dernier par le tribunal administratif de Toulouse.

L'entreprise devrait donc recevoir avant cette date "au moins 200 lettres" provenant de personnes résidant au Canada, aux Etats-Unis, en Belgique, en Israël et en France et réclamant réparation du préjudice subi par elles-mêmes ou par des parents proches.

Un autre avocat, Me Avi Bitton, estime que la responsabilité de l'entreprise, qui a transporté plusieurs dizaines de milliers de personnes vers les camps de la mort, est engagée.

Ainsi, pour lui, "A la différence de l'Etat, elle refuse de le reconnaître alors qu'il y a un fait précis: le ministère de l'Intérieur payait à l'époque des billets de troisième classe à l'entreprise. Celle-ci acheminait le plus souvent les déportés dans des wagons à bestiaux. Elle n'obéissait ni à un ordre, ni à une contrainte. C'était sa propre initiative", avance-t-il.

La SNCF aurait ainsi assurée seule les déportations?! Il faut être un bel ignorant pour croire ça!

La SNCF, qui disposera de deux mois pour répondre à ces requêtes, n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Espérons que la Justice ne se laissera pas entraîner dans cette repentance à tout-va!


D'après Reuters
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : HISTOIRE
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Mercredi 13 septembre 2006 3 13 09 2006 00:34


4500 personnes tuées le 11 septembre. Cela vous évoque sans doute l'attentat contre les Etats-Unis en 2001. Il s'agit en fait du nombre de morts suite au coup d'Etat du Général Pinochet, sous la direction de la CIA, au Chili, en 1973. Kissinger, assistant aux Affaires de Sécurité Nationale des USA est désigné pour diriger l'opération. Aujourd'hui, la coordination «Kissinger Out» demande son exclusion du Comité Olympique International pour son passé criminel.

Le gouvernement d'Union populaire du Chili est renversé dans des conditions dramatiques le 11 septembre 1973.

C'est pour le pays la fin d'une pratique démocratique vieille de plusieurs décennies qui lui avait valu le surnom autrefois élogieux de «Prusse de l'Amérique du sud» ou encore de «Suisse de l'Amérique du sud».

Une élection hasardeuse

Salvador Allende avait été élu trois ans plus tôt à la présidence de la République avec 36,3% des suffrages, face à deux candidats de droite dont Jorge Alessandri, qui a obtenu 35% des suffrages, et Radomiro Tomic (27,8% des suffrages).

L'élection avait été validée par le Parlement grâce au soutien de la démocratie-chrétienne. Pour la première fois, un socialiste accédait par les urnes à la tête d'un pays d'Amérique latine.

Une présidence fragile

Le nouveau président s'appuie sur une coalition hétérogène qui va du centre à l'extrême gauche révolutionnaire (trotskystes et maoïstes) en passant par les communistes. Ses mesures sociales (augmentation des salaires, nationalisation des mines de cuivre et des principales entreprises du pays, réforme agraire,...), tantôt trop modérées, tantôt trop radicales, ne font jamais l'unanimité dans son camp.

Salvador Allende doit par ailleurs faire face à une opposition de droite majoritaire au Parlement. Elle est soutenue en sous-main par les agents secrets de la CIA américaine et financée par les multinationales implantées dans le pays, au premier rang desquelles figure le trust de télécom ITT.

Le Chili est bientôt secoué par l'agitation violente de l'extrême-gauche révolutionnaire (le MIR) et paralysé par des grèves à répétition, dont celle des camionneurs. Les prix flambent et la production alimentaire s'effondre. Les ménagères descendent dans la rue.

Pour faire face aux menaces qui l'assaillent de toutes parts, Salvador Allende appelle les militaires à son secours.
En novembre 1972, le commandant en chef de l'armée de terre, Carlos Prats, devient chef du gouvernement et ministre de l'Intérieur (il sera assassiné à Buenos Aires, en Argentine, en 1974). Mais le Parlement prive Salvador Allende de tout moyen d'action et tente de le récuser. Le président ne voit bientôt plus d'autre issue que dans un référendum...



L'armée s'insurge

C'est alors que le chef des armées, le général Augusto Pinochet, décide de mettre un terme par la force à l'expérience socialiste.

Le matin du 11 septembre 1973, des unités de la marine neutralisent le port de Valparaiso.

Peu après, à Santiago-du-Chili, les soldats investissent le palais présidentiel de La Moneda, construit en 1806.

Vers midi, l'aviation bombarde le palais et les soldats y pénètrent enfin. Le président demande à ses défenseurs de quitter les lieux. Resté seul, il se suicide d'une rafale de mitraillette (thèse officielle). Il a 65 ans.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont raflées et concentrées dans le sinistre stade de Santiago.

Trois mille d'entre elles disparaissent tragiquement dans les geôles militaires, ce qui vaudra un quart de siècle plus tard une inculpation de crime contre l'humanité à Augusto Pinochet.


par Jean-Michel Freguin, ReSPUBLICA

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : HISTOIRE
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Lundi 25 septembre 2006 1 25 09 2006 00:00
La vision du christianisme est de nos jours forcément négative pour les progressistes que nous sommes. Pourtant, le christianisme des origines changea profondément les consciences. C'est Jésus et sa philosophie chrétienne qui opéra un véritable changement dans la vision de la personne humaine, qui donnera plus tard naissance au concept des droits de l'homme. Le christianisme déclara que tous les Hommes étaient frères et qu'il n'y avait plus ni maîtres ni esclaves, ce qui était véritablement à contre-courant des idéologies des sociétés esclavagistes de l'antiquité. L'universalisme chrétien se perpétua jusqu'à notre époque sous des traits bien distincts de ceux de l'Eglise catholique.

Dans les périodes révolutionnaires de ces deux derniers siècles, l'allusion au Christ ne fut jamais rare. L'Histoire nous regorge de multiples exemples et citations : ainsi, lors du sac des Tuileries en février 1848, la foule pénétra dans l'oratoire de la reine Marie-Amélie et s'arrêta devant le crucifix pendu au mur. Selon la légende, un élève de Polytechnique, école alors considérée comme le foyer de l'extrême gauche, aurait alors pris l'objet en déclarant : « Voici notre maître à tous » et l'aurait transporté jusqu'à l'Eglise Saint-Roch pour le remettre au curé. De nombreuses gravures ont immortalisé cette scène, que Georges Sand commente dans un article de la Vraie République : « Le vrai christianisme, c'est à la fois une philosophie et une religion. A cet état de croyance sincère et profonde, l'Evangile est la religion du peuple. C'est pourquoi vous l'aviez vu porter en triomphe l'image du Christ dans la nouvelle République ; c'est pourquoi il n'a pas fait, comme en 1830, la guerre aux croix des églises de Paris ; c'est pourquoi les arbres de la liberté ont reçu l'eau bénite. Le peuple républicain et le prêtre catholique se sont donc réconciliés en 1848 ».

Les premiers mois d'existence de l'éphémère deuxième République marquèrent alors l'union du Christ et des partisans de l'ordre nouveau. Les esprits y avaient d'ailleurs été préparés par les théoriciens du socialisme utopique, très sensibles à la portée révolutionnaire des Evangiles, et par l'apparition au sein du monde catholique de courants s'efforçant de concilier la foi et la démocratie et considérant le renversement d'un pouvoir injuste comme un devoir religieux. En février 1848, le Christ était donc monté sur les barricades aux côtés des ouvriers et des bourgeois et chacun s'en félicitait. Les membres du clergé furent conviés, tous cultes confondus, à planter les arbres de la liberté. On y déclara d'ailleurs que « La République n'oubliera jamais que le Christ expira sur la croix pour avoir apporté aux hommes le symbole divin qu'on lit sur nos drapeaux : Liberté, égalité, fraternité ».

Et pour les tenants de la gauche, il incarne non pas le patriotisme ou le modérantisme républicain mais le socialisme. Victor Considérant, philosophe et futur participant à la Commune, déclara : « Le Christ glorieux est ressuscité et vous ne le re- tuerez pas, car il est esprit. Le Christ est une idée et cette idée a pris possession de la conscience des peuples...Cette idée, c'est le socialisme. Il faut enfin que le vrai sens du christianisme éclate. Il faut qu'on sache où sont les vrais chrétiens et où sont les hérétiques. Scribes, pharisiens, votre heure est proche. Parce que voici l'heure de la démocratie, c'est-à-dire de l'Evangile dans le monde et dans l'Eglise ». L'extrême-gauche cherche aussi à se revendiquer du Christ. Dans Le Christ républicain, on y affirme : «nous, pauvres prolétaires, nous sommes rouges, parce que le Christ a versé son sang pour nous racheter, son sang par lequel nous voulons nous régénérer. Nous sommes rouges, parce que l'ange exterminateur a marqué le haut de nos portes avec le sang de l'agneau, pour distinguer, au jour de la vengeance, les élus d'avec les réprouvés de Dieu ».
Pourtant, en juin 1848, le clergé n'est pas aux côtés des ouvriers insurgés, mais plutôt auprès de la bourgeoisie et des troupes de Cavaignac qui répriment l'insurrection populaire. Entre républicains, laïcs et cléricaux c'est alors la rupture...

Tout ceci ne signifia pas pour autant la disparition totale du thème du Christ révolutionnaire. On le vit aussi réapparaître lors de la révolution russe de 1917 sous la forme d'un Jésus érigé au rang de précurseur de Lénine et bolchevique avant l'heure. Aujourd'hui l'image d'un Jésus socialiste reste minoritaire dans le paysage politique français. Il existe un mouvement s'y associant, Gauche Ouvrière et Chrétienne, mais il reste toujours assez marginalisé. En Amérique du Sud, la religion et l'altermondialisme font assez bon ménage, en témoigne Hugo Chavez qui déclara même récemment que « Jésus avait été le premier socialiste et Judas le premier capitaliste ».


Publié initialement pour Libertés
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : HISTOIRE
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Lundi 8 janvier 2007 1 08 01 2007 14:26
Article originellement dédié à toute la délégation française , Jacques Chirac en tête, qui était allé lécher les pieds aux autorités chinoises  (28/10/2006), je dois le dédier aujourd'hui à Ségolène Royal, qui est allé faire un pèlerinage (oui oui un pèlerinage, qu'est-ce que ça paraît être d'autres ? Diplomatie vous croyez ?) chez les très sympathiques dirigeants du Parti Communiste Chinois !





Les manifestations de la place Tiananmen en 1989 sont le symbole du mouvement étudiant qui exigeait des réformes politiques et dénonçait la corruption en République populaire de Chine. La répression sanglante qui s'ensuivit de manifestants pacifiques sur la place Tiananmen est l'une des images fortes de la lutte pour la démocratie en Chine et dans le monde entier.

Les faits


En hommage à l’ancien dirigeant du PCC, Hu Yaobang, qui a dû quitter son poste en janvier 1987 en raison de ses convictions libérales, des centaines de milliers d’étudiants se mobilisent et s'installent sur la place Tiananmen, le 2 avril 1989. La mort inopinée de Hu Yaobang, le 15 avril, provoque une grande émotion qui vient renforcer le mouvement de protestation en faveur de la démocratie ; la manifestation du 22 avril n’est pas autorisée et le pouvoir est pris au dépourvu. Les manifestants campent alors devant le monument des héros du peuple alors que des manifestations similaires se déroulent dans de nombreuses autres grandes villes de la RPC.

Le pouvoir est face à un mouvement d’une ampleur sans précédent : 200 000 étudiants défient le pouvoir et réclament des réformes politiques dans le pays. Le mouvement de Tiananmen se déroule en pleine politique de réforme de l'URSS de Gorbatchev et alors que le 16 mai les leaders soviétique et chinois se retrouvent à Pékin.

Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, après des semaines d'agitation, Deng Xiaoping et les neuf membres du Comité permanent du PCC confient au Premier ministre Li Peng la charge de mener à bien la répression. Fort de la loi martiale votée le 19 mai précédent, celui-ci ordonne aux forces de sécurité de tirer sur la foule. Appuyée par les chars, l'armée populaire de libération investit la place Tiananmen où étaient rassemblés les étudiants à Pékin et la fait violemment évacuer. Le nombre de victimes est évalué à 1 400 au cours du seul week-end, auxquels s'ajoutent plus de 10 000 blessés.

Des dizaines de milliers de personnes sont également arrêtées durant les semaines suivantes. Par la suite, des procès eurent lieu, plusieurs insurgés furent envoyés en prison, quelques autres furent comdamnés à mort et fusillés.


La censure actuelle

En mai et en juin 1989, la télévision a montré au peuple chinois des émeutiers pillant les magasins, blessant et tuant des policiers. Cette version est toujours celle des livres d'histoire en RPC.

Aujourd'hui encore, il n'est pas autorisé de parler de cette tragédie en RPC et l'événement a été gommé de l'histoire officielle. En fait, il n'est pas évoqué par les manuels scolaires, même dans sa version officielle (« un complot contre-révolutionnaire »). De nombreux Chinois, surtout les jeunes, n'ont qu'une très vague idée de ce qui s'est passé. De rares ouvrages d'historiens chinois traitant de cette question taboue ont été publiés, mais dans la région autonome de Hong-Kong. L'ancienne colonie britannique est d'ailleurs le seul endroit où se déroulent des manifestations de commémoration.

Une « grande muraille électronique » a été édifiée autour des nombreux sites étrangers évoquant l'événement. Une force de police spécialisée traque les mots-clé « Tiananmen » ou « 6-4 » (liu-si, le 4 juin, comme il est connu en Chine). Pour contourner l'espace de quelques heures cette censure, certains internautes font héberger leurs documents sur le sujet sur des sites érotiques, ou en remplaçant les mots-clés traqués par des astérisques. Le régime est parvenu cependant jusqu'ici à entretenir une amnésie quasi complète de la population.



Source: Wikipédia




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