« Jesus Camp », un documentaire sur l'endoctrinement des enfants par les évangélistes américains sorti mercredi 18 avril. Edifiant.
Ils ont une dizaine d’années et sont Américains. Pourtant ils maudissent le sorcier Harry Potter et détestent la pop de Britney Spears. Ils écoutent peut-être du heavy metal, mais dans une version chrétienne, qui célèbre « le sang du fils de Dieu ». Leur idole s’appelle Jésus Christ et ils rêvent de devenir missionnaires. Entre le centre commercial, les soirées entre copains et leurs devoirs scolaires, Tori, Levi et Rachel vivent en apparence comme la plupart des gamins de leur âge, issus de la classe moyenne américaine. A la différence près que leurs parents font partis des quelques 100 millions de chrétiens évangéliques que comptent aujourd’hui les Etats-Unis.
Heidi Ewing et Rachel Grady, les réalisatrices du documentaire « Jesus Camp », qui sortira au cinéma le 18 avril prochain, ont voulu comprendre « en quoi toute une génération d’enfants endoctrinée par l’idéologie évangélique va peser sur l’avenir des Etats-Unis, lorsqu’elle aura atteint l’âge adulte ». Car le premier chrétien évangélique à bénéficier d’un soutien sans bornes de cette communauté religieuse, laquelle détient désormais une majorité de sièges dans 36% des commissions d’Etat du Parti Républicain, n’est autre que le président Georges Bush.
La très populaire pasteur pour enfants Becky Fisher a accepté de se faire filmer au sein du « camp des enfants de feu » dont elle dirige le programme. Chaque été, des centaines d’enfants vont y recevoir un lavage de cerveau fondamentaliste, avec la bénédiction de leurs parents, dont la plupart préfèrent les retirer de l’école pour leur enseigner à la maison « que la science ne prouve rien ». Pour eux le monde est divisée en deux catégories : « ceux qui aiment Jésus et ceux qui ne l’aiment pas ». Becky Fisher leur inculque une conception rigoureusement créationniste (*) du monde et compare son centre à ceux des islamistes radicaux : « Sur 6 milliards de personnes, il y a un tiers d'enfants de moins de quinze ans. C'est là dessus que l'on doit se concentrer. Nos ennemis le font déjà. Je veux voir nos jeunes aussi engagés dans la cause de Jésus que les jeunes musulmans le sont pour l'Islam. Je veux qu'ils soient prêts à donner leur vie pour l'Evangile, parce que nous détenons la vérité. » Galvanisés, plongés dans des transes impressionnantes, les enfants prient devant une effigie en carton de Georges Bush et pleurent pour que l’avortement soit interdit.
Quand théologie et politique se rejoignent, le concept souvent caricaturé des « deux Amériques », l’une laïque et l’autre néo-conservatrice, prend une tout autre dimension. Ni film d’horreur, ni film d’anticipation, Jesus Camp n’en fait pas moins frissonner.
(*) Cette doctrine s’oppose à la théorie de l’évolution, 54% des Américains pensent que l’être humain ne descend pas d’une lignée de primates.
ajouter un commentaire commentaires (2) créer un trackback recommander











Le film de Karl Zero et de Michel Royer ne va surement pas tarder à quitter l'affiche des salles obscures... La maigre publicité faite par les médias pour ce film et le peu de soutien reçu de la part de l'industrie cinématographique y est forcément pour beaucoup! Mais ça ne retire rien à la qualité du film et je vous invite donc à aller le voir! Il vaut vraiment la peine d'être vu! 











A vous la parole