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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 18:56
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Ils sont devenus fous ! Sous l'impulsion d'un pouvoir politique pétri de culture communautariste américaine, tout le monde se met à la "diversité" : les entreprises, les médias, les grandes écoles, les administrations, etc.

Commençons par clarifier les termes, parce qu'ils sont volontairement toujours flous.
Par "diversité", il faut entendre "diversité ethnique, des couleurs". Le pouvoir peut bien tenter de nous faire croire de temps à autre qu'il encourage par ses initiatives la diversité sociale, il n'en est rien.
Le concept actuel de diversité n'a pas été inventé en France ; il s'agit d'un courant de pensée américain, qui a imposé à partir des années 1960 dans ce pays la discrimination positive, via l'instauration de quotas ethniques, d'abord dans les universités.
Aujourd'hui, alors que le Medef, tout le CAC 40 et l'ensemble des ministres n'ont plus que ce mot à la bouche, dites-vous qu'il ne s'agit pas un instant de favoriser la mixité sociale via une réduction des inégalités économiques et sociales, mais bien d'importer dans notre pays cette vision de la société communautariste et ethnique. Avec un avantage substantiel à la clé : en faisant, la main sur le coeur, la promotion de la "diversité", on se trouve une cause de substitution bien pratique, qui évite d'avoir à lutter contre les inégalités économiques et sociales. Il est en effet bien plus aisé de créer des filières ethniques, mêmes déguisées, dans les grandes entreprises ou les grandes écoles que de mettre en place les politiques qui permettraient réellement aux enfants des milieux populaires de franchir la porte des meilleurs établissements. Ces politiques nécessiteraient une refonte complète de l'école et une nouvelle répartition des richesses dont personne ne veut en haut lieu.

La diversité remplace donc progressivement le combat contre les inégalités, à l'instar de ce qu'ont vécu les Etats-Unis il y a 50 ans. Cette évolution a été très bien dépeinte par l'écrivain Walter Benn Michaels dans son livre "la diversité contre l'égalité". Il y explique notamment qu'en 50 ans de promotion de la "diversité", les inégalités économiques et sociales n'ont jamais autant progressé aux Etats-Unis.

Liberté, diversité, fraternité : serait-ce la nouvelle devise de notre pays ?


Diversité, diversité, diversité serait plus adapté encore, tant la tempête de la discrimination positive est en train de balayer notre République et ses principes d'égalité et de méritocratie.

Encore aujourd'hui, le ministre de la culture Frédéric Mitterrand annonce qu'il songe à remplacer Patrick de Carolis à la tête de France Télévisions, afin de le remplacer par "un représentant de la France plurielle, nourrie par une véritable diversité culturelle".
Ne pensez pas qu'il envisage un instant de nommer une forte personnalité, enfin en rupture avec le cirage de botte traditionnel, et bien décidée à défendre l'indépendance des médias face aux pressions de tous ordres. Non, Frédéric Mitterrand a une tout autre diversité en tête : il veut un noir, tout simplement. Désolé de devoir dire les choses un peu crûment, mais il faut bien appeler un chat un chat. Il s'agirait d'Alexandre Michelin, déjà en charge de la promotion de la "diversité" dans le cinéma français.

Autre exemple de cette folie furieuse de la diversité : les "labels de la diversité", créés par l'Etat en 2009 pour récompenser les entreprises qui "favorisent la diversité", entendez qui mettent en place des politiques de gestion de leurs ressources humaines adaptées à la discrimination positive. La meilleure preuve du fait que ces labels ne visent pas la diversité sociale est qu'ils ne sont pas remis par le ministre en charge des affaires sociales, mais par...le ministre de l'immigration ! 

Nous n'allons pas multiplier les exemples ici, mais ils sont très nombreux, de ces chaires "diversité" qui fleurissent dans nos universités (récemment Dauphine), en passant par la création de postes de "responsables diversité" dans les grandes entreprises (à la Poste par exemple, où dans une interview hallucinante, la dite responsable nous explique qu'il ne faut plus recruter en fonction des diplômes. En effet, "le recrutement par le diplôme n'est pas une garantie d'équité, car l'accès au diplôme est en partie inégalitaire" (c'est vrai, et c'est pour ça qu'il faudrait prendre les mesures d'ordre économique et social pour qu'il le soit moins !).
La chef de projet diversité à la Poste a elle trouvé une autre solution : fini les diplômes, et vive les recrutements selon "la méthode des habiletés" !, bref la porte ouverte à l'arbitraire le plus total, et la possibilité de faire dans son coin sa petite tambouille de discrimination positive sans aucune contrainte objective, celle du diplôme...

La France est sur une mauvaise pente, sous l'impulsion d'un pouvoir politique fasciné par la discrimination positive (le "commissaire à la diversité" nommé en 2008, Yazid Sabeb, est un idéologue bien connu de la discrimination positive, et Nicolas Sarkozy lui-même a reconnu plusieurs fois qu'il y était favorable. Il n'y a que durant la campagne de 2007 qu'il a oublié d'en parler aux Français...).

Alors qu'elle se présente sous un discours jeune, coloré et moderne, la diversité à la sauce Sarkozy/CAC40/Sabeg/Bébéar (le créateur des labels de la diversité) est un formidable retour en arrière, en rupture complète avec l'égalité républicaine, la méritocratie et le souci constant de réduire les inégalités économiques et sociales capable de rendre vivants ces principes essentiels.

Il faut prendre conscience de ce qui se joue en ce moment. Comme l'explique l'association SOS Egalité qui la combat, la discrimination positive ne pénalisera pas les milieux bourgeois et les enfants de la bourgeoisie : ceux-là auront toujours accès aux cours particuliers, aux bonnes filières et aux meilleurs établissements. Elle se fera violemment contre la masse des milieux populaires qui n'auront plus aucune chance d'accrocher les bons postes. Quant à ses quelques bénéficiaires, ils seront victimes, comme on l'a observé aux Etats-Unis, du soupçon de n'être "que le quota"...et une vie de quota, ce n'est pas non plus toujours drôle !

 

 

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Combat Républicain
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 18:44
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Par Jean-Luc Mélenchon. Extrait de l'article "Décontaminons", publié sur son blog.



"La population active devait diminuer ! Elle augmentera !

On nous dit que le ratio actifs/retraités est passé de 3 à la fin des années 1970, autour de 2 aujourd’hui. Horrible ! Et il va descendre à moins de 1,5 en 2050. Catastrophe ! De toutes les façons il faut bien se garder de croire sur parole ceux qui brandissent des arguments démographiques. Dans les années 2000, les très savants nous jetaient à la figure l’inéluctable baisse de la population comme argument massue. Le taux de fécondité permettait d’annoncer un effondrement de la population active future. Pschitt ! C’est le contraire qui se produit. Pourtant aucun de ces importants n’a cru bon de réviser ses chiffres et de présenter des excuses. Le démographe Hervé Le bras fut mis au pilori pour avoir rappelé que tous ces chiffres ne valaient rien parce que la fécondité finale des femmes n’était pas prise en compte. Autrement dit ces grands modernes et réalistes continuaient à mesurer le nombre d’enfant par femme au même âge que celui de la génération précédente de femmes, avant la pilule la pilule et le travail de masse des femmes ! Bravo les intellos de connivence ! Les femmes font tout simplement leurs enfants plus tard ! Les gros malins n’étaient pas au courant !

Le nombre de retraités baissera !


Et le nombre des retraités ? Autre tableau d’apocalypse ! Selon l’INSEE il devrait augmenter de près de 63 % entre 2006 et 2050. On passerait de 13 millions de retraités en 2007 à 21 millions en 2050. Bigre ! Ils finiraient par nous faire regretter de voir les gens ne pas mourir utilement à l’âge où leur présence ne pèse pas sur les comptes. Restons zen ! L’augmentation du nombre des retraités vient de deux sources d’égale importance. D’abord l’arrivée à l’âge de la retraite de la génération du baby-boom, c'est-à-dire les personnes nées entre 1945 et 1975. Le papy boum ! Peut-on faire remarquer que cet effet est hélas nécessairement limité dans le temps ? Il faut bien mourir et personne n’y échappe. Pour l’instant. Donc suivez la bosse démographique dans le temps et vous verrez que pour finir bientôt la mort la dégonfle. Par contre, entre 2036 et 2040 commenceront à arriver à la retraite les classes « creuses », enfants des baby boomers, conçus après l’arrivée de la pilule en France en 1974 ! Le nombre de nouveaux retraités diminuera alors fortement et d’un coup.

L'allongement de la durée de la vie ralentira

Le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) de 2007 a quand même commencé à relativiser certaines déclarations péremptoires. Pour lui, « la mortalité baisserait moins, conduisant en 2050 à une espérance de vie à la naissance inférieur à celle des anciennes projections, de 2 ans pour les femmes et de 0,5 ans pour les hommes ». L’espérance de vie progresserait de 1,1 ans tous les 10 ans, soit 0,44 trimestres tous les ans. En 2050, il y aurait alors 650000 retraités de moins que dans les prévisions du début des années 2000. Total, entre 2006 et 2050, la population en âge de travailler ne diminuerait pas de 4,1 millions comme annoncé par les affoleurs publics ! Elle resterait stable.

Espérance de vie, et âge de la retraite : repère bidon !

On nous dit : « l’âge de la retraite doit être relevé parce que l’espérance de vie augmente ». Et ca passe comme si c’était la preuve d’un fait inéluctable. Pourquoi ? Quel rapport entre la durée de vie et l’obligation de travailler ? Ca n’a jamais été le cas jusqu’à présent. Au contraire. C’est le phénomène inverse, qui s’est produit en continu depuis le 19ème siècle. L’âge de la retraite n’a cessé de baisser là où l’espérance de vie augmentait. En 1910, quand le droit à la retraite à 65 ans est affirmé pour la 1ère fois, l’espérance de vie est à peine de plus de 50 ans. En 1983, quand a été instaurée la retraite à 60 ans, l’espérance de vie approchait 75 ans ! Donc, baisse de population, augmentation du nombre de retraités, allongement de la durée de vie, les trois arguments massue du terrorisme intellectuel sont des réalités discutables et bien plus ambigües que ne le disent d’habitude les manieurs de d’évidences non démontrées. Pour moi le problème est bien mal posé. En vérité où est le problème ? Comme d’habitude il contourne la question centrale de la vie en société : le partage des richesses produites.

Moins nombreux mais plus productifs

Les comparaisons des faiseurs de panique ne tiennent pas compte de la hausse de la productivité des actifs. Un actif de 1983 produisait bien moins de richesses qu’un actif de 2010 n’en crée à présent. Depuis 1983 et l’instauration de la retraite à 60 ans, la richesse créée par chaque actif a augmenté de 30 % en euros constants. Cela signifie que 2 actifs d’aujourd’hui produisent quasiment autant de richesses que 3 actifs de 1983. Le bon repère n’est donc pas la baisse du nombre d’actifs par retraité. Mais la valeur de la richesse produite et l’affectation de son produit. Car de 1983 à aujourd’hui la part des retraites dans le PIB n’a augmenté que de deux points, passant de 10,3 % à 12,8 % du PIB. Et elle a donc augmenté moins vite que la productivité des actifs. Ce repère personne ne le cite jamais. Tout se passe comme si la quantité de richesses produite dans le pays allait stagner. Alors il faudrait calculer à montant de richesse constant au cours des 40 prochaines années! C’est absurde ! Dans les 40 années à venir, avec un taux de croissance moyen de 1,7 % par an, la richesse de notre pays passera à 3 400 milliards d’euros. Et il s’agit d’euros réels, constants, hors inflation. C’est une masse fantastique. Pour faire face à l’augmentation du nombre de retraités tout en annulant les réformes de la droite, il faudrait transvaser 6 % supplémentaire de la part du PIB pour le financement des retraites. Inutile de s’évanouir ! C’est un transfert tout à fait jouable. En 2050, une fois financés les 204 milliards liés à ce transfert, il restera chaque année près de 1 200 milliards d’euros de richesse nouvelles créés ! ca laisse largement de quoi financer les augmentations de salaire direct et les investissements !

Le partage des richesses, clef du financement


Le problème du financement des retraites se résume donc à un problème de partage de la richesse créée. Les gains de productivité ont été massivement captés par le capital alors qu’ils devraient contribuer à financer les retraites et à faire progresser les salaires. C’est la contraction de la masse salariale qui compromet le financement des retraites. Depuis 1982, les salaires ont perdu 10 points dans le partage de la richesse créée passant de 70 % environ à 60 %.Si ces 10 points n’avaient pas été perdus par les salariés on n’aurait aucun mal à financer aujourd’hui les retraites, compte tenu de la masse de cotisations supplémentaires que génèrerait une hausse de la masse salariale. On peut se demander si l’obstination a toujours faire des comptes pour le futur en oubliant l’augmentation de la richesse n’est pas une autre façon d’annoncer que cette richesse supplémentaire est destinée a devenir des profits plutôt que des salaires ou des pensions !


Le recul de l'âge de la retraite : inefficace et injuste


Le recul de l’âge de la retraite par le report de l’âge légal du départ ou le relèvement de la durée de cotisations ne résout nullement le problème financier. Le COR a calculé en 2008 que le report de l’âge légal à 61,5 ans ne couvrirait que le tiers des besoins de financements supplémentaires en 2020 et à peine 9 % en 2050 ! Cette inefficacité, payée si cher par ceux qui souffrent en étant maintenu au travail, est confirmée par le bilan de la réforme Balladur de 1993. Quel est ce bilan sur lequel personne ne demande jamais aucun compte ? L’allongement de la durée de cotisations, de 37,5 à 40 annuités, n’a permis que 4 % des économies obtenues à la suite de cette réforme ! 4% ! Tout ça pour ça ! Le passage des 10 aux 25 meilleures années représente 16 % de l’économie. 80 % de l’économie est venu de l’indexation des retraites sur les prix et non plus sur les salaires ! Ces chiffres permettent de mesure la portée réelle de chacun des aspects de la saignée qui a été opérée par Balladur ! On mesure mieux aussi ce que valent les airs d’outrage au bon sens de ceux qui moquaient la revendication du maintien des 37,5 annuités de cotisation ! Le passage à 40 annuités n’a servi à (presque) rien pour l’équilibre des comptes mais il a massacré combien de gens ?"

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