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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 22:10

Par G. Gastaud, président du Collectif Unitaire pour la Résistance, l'Initiative et l'Emancipation Linguistique (CO.U.R.R.I.E.L.)

Une guerre semble déclarée au français par l’intrusion larvée mais massive de l’anglais – ou d’un sous-anglais – dans tous les domaines de la vie sociale, notamment dans le monde de l’entreprise. Cette tendance n’est pas innocente : elle tend à marginaliser une large part de la population, qui pourrait devenir étrangère dans son propre pays. Le phénomène n’est pas propre à la France, et vise à déposséder les peuples de leur propre vison du monde, inséparable de la langue.


La caste financière qui domine notre pays planifie-t-elle le basculement de la France vers le « tout-anglais » pour les, voire pour la, prochaine(s) décennie(s) ? Cette perspective, pour incroyable qu’elle puisse paraître, pourrait être étayée par de nombreux exemples.


Ainsi, sur TF1, on ne compte plus les écrans publicitaires qui s’affichent en anglais, dans la totale indifférence du CSA. La représentante française a chanté en anglais lors de l’eurovision 2008 sans qu’on ne s’en émeuve en haut lieu. Les supermarchés Atac sont rebaptisés Simply Markets (« be happy, be simply » !), Champion devient Carrefour Market pendant que les villes se couvrent d’enseignes en franglish. Berceau de notre littérature, le Val-de-Loire se voit renommé Loire Valley. Les ex-services publics se lâchent : pour vanter le Livret A, la Poste proclame I love L.A., pendant que la SNCF lance ses Family TGV. Sans le veto d’un préfet courageux, l’aéroport Lyon Saint-Exupéry serait déjà Lyon Airports…


Le phénomène est plus flagrant encore dans les entreprises. Chez Toyota, les production operators de chaîne obéissent aux Team managers ; des syndicats de base CGT, CFTC, CGC et UNSA regroupés en Intersyndicale en sont à revendiquer le droit des salariés à travailler en français en France. Quant aux ouvriers de Continental, ils ont appris en anglais leur licenciement collectif.


Des grands groupes n’hésitent plus à rechercher des cadres « english mother language », sans que la dite « Haute autorité », censée sévir contre les discriminations, ne pointe cette véritable préférence nationale à l’envers. Les Français qui suent pour apprendre le Wall Street English vanté dans les rames du métro ne feront pas longtemps le poids face aux anglo-« natifs ».


Les médias ne sont pas en reste, où déferlent les américanismes (du « Morning » au Mouv’ en passant par le « crumble » de France-Inter…). Alors qu’existent les termes français, le média-formatage des cerveaux substitue systématiquement challenge à défi et « meïl » à courriel. On n’en est plus aux traditionnels emprunts d’une langue à une autre quand la gent branchée préfère la positive attitude à l’« attitude positive » et dit plus spontanément yes ! que oui.

Au point que le philosophe Michel Serres – peu soupçonnable de dérives « franchouillardes » – s’indigne : « il y a plus d’anglais aujourd’hui sur les murs de Paris qu’il n’y avait d’allemand sous l’Occupation ». Et Hubert Védrine enchérit : « peut-être le français survivra-t-il à tout cela ; peut-être pas… ».


Dans ce contexte, il n’est sans doute pas excessif d’évoquer un plan totalitaire d’anglophonisation de la France, dont les chefs d’orchestre paraissent de moins en moins clandestins. A commencer par les gouvernements anglais et américain qui, depuis 1945, poussés par leurs firmes transnationales, investissent d’énormes sommes pour anglophoniser la planète, comme le révèle le linguiste Claude Hagège (1). Ensuite, l’Union européenne dont 80% des textes sont, très illégalement, exclusivement rédigés en anglais (2).


L’état-major patronal européen bat la mesure : « les présidents des quarante-six plus grandes sociétés du continent ont obtenu que tous les documents des États candidats à l’intégration dans l’UE soient exclusivement rédigés en anglais », écrivait déjà Hagège en 2006 (1). Le congrès du MEDEF vient d’adopter pour devise : « Ready for the future ! » (« prêt pour l’avenir »). Dans un registre plus institutionnel, et avec de lourdes conséquences, la France a finalement ratifié le protocole de Londres, ouvrant la voie au monopole de fait de l’anglais sur les brevets (cf. BRN n°34 du 27/11/07).


On se souvient qu’Ernest-Antoine Seillière, appelé à intervenir en 2003 devant le Conseil européen, annonça qu’en tant que président de la confédération patronale européenne Business-Europe, il s’exprimerait en « anglais, la langue des affaires et de l’entreprise ». Quant au président de la banque centrale européenne (BCE), il déclarait devant les eurodéputés lors de sa prise de fonction : « I am not a Frenchman ! ».


Dans ce qui s’apparente à une dénationalisation de la langue et des cerveaux, le français est en quelque sorte relégué au rang de langue domestique – le terme est ici littéralement approprié. Car pour dissoudre notre pays dans « l’économie de marché ouverte sur le monde », et pour tenter de désarmer et diviser les résistances populaires, les maîtres du CAC 40 ont entrepris d’effacer ce repère essentiel dont dispose notre peuple pour s’unir et s’identifier : sa langue. Après avoir criminalisé l’héritage révolutionnaire du monde du travail, la Frencheurope d’en haut serait ravie d’araser le « mauvais esprit » de ces écrivains frondeurs que furent Villon et Rabelais, Molière et Descartes, Diderot et Rousseau, Aragon et Éluard, Césaire et Fanon…


À Paris, dans les allées du pouvoir, on montre l’exemple. Ainsi Christine Lagarde ne se cache pas de « manager » Bercy en anglais. Valérie Pécresse, lauréate du Prix de la Carpette anglaise, promeut avec acharnement l’anglophonisation de l’Université en violation de la Constitution qui fait du français la langue officielle de la République. Xavier Darcos impose de fait l’anglais à tous les enfants du primaire sous couvert de l’apprentissage précoce d’une langue étrangère ; mais pourquoi pas l’allemand, l’espagnol, l’italien, ne serait-ce que dans les régions frontalières ?

Quant au chef de l’État, il vient de s’illustrer en inaugurant la nouvelle base militaire d’Abu Dhabi : devant les caméras de la télévision française, c’est en anglais qu’il interrogea l’officier français charger de le « briefer » sur la disposition des forces… Le même avait semé la consternation au Québec par ses déclarations peu avant l’ouverture du sommet de la Francophonie.


Dépossession d’une vision du monde


A ce rythme, combien de temps faudra-t-il pour que la langue du Discours de la méthode et de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen devienne à Paris ce qu’est devenu le gaélique à Dublin ? De même, combien de temps pour transformer ces langues de haute culture que sont l’allemand ou l’italien en jargons bredouillés par des « indigènes » inaptes à l’« employabilité mondiale » ? Au-delà de l’indéniable enjeu national, la cause du français s’articule donc de manière internationaliste à la défense de toutes les langues contre ceux qui veulent déposséder les peuples de leurs concepts, de leur manière de penser, et, au fond, de leur vision du monde.


Car à pensée – impériale – unique, sabir unique. Et tant pis si la classe ouvrière francophone (et a fortiori sa composante immigrée) devient étrangère dans son pays. L’« élite » planétaire américano-formatée se dote ainsi d’une arme linguistique de destruction massive lui permettant d’atomiser psychologiquement la nouvelle plèbe mondiale, vouée à « anglo-baragouiner » sous l’œil méprisant des nouveaux seigneurs. Une telle perspective n’a pas de quoi émouvoir Dominique Strauss-Kahn (FMI) ou Pascal Lamy (OMC), les socialistes français qui pilotent la mondialisation ; ni d’ailleurs Martine Aubry ou Ségolène Royal, dont les euro-retrouvailles lors du rassemblement électoral près de Nantes se sont récemment tenues sous une banderole proclamant fièrement first the people ! (3)

De leur côté, François Chérèque et Bernard Thibault ont accepté que la seule langue de référence de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) soit l’anglais. Un choix d’autant plus paradoxal que le français est langue officielle du Bureau International du Travail (BIT). De même, l’ensemble des syndicats français affiliés (CGT, CFDT, FO) ou candidats (FSU) à la Confédération Européenne des Syndicats (CES) promeut-il sans états d’âme le « nouveau deal européen » prôné par cette dernière (lire p. 13). Un glissement linguistique qui traduit un basculement conceptuel : substituer la culture du marchandage à la tradition syndicale française fondée sur la solidarité de classe (4).


Que dire de la LCR-NPA, dont le journal djeun’ se nomme Red (« Rouge »). Il faudrait également évoquer ces députés PS, UDF et PCF qui entendaient mettre constitutionnellement à égalité le français et les langues régionales… ouvrant ainsi la voie à la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires voulue par l’UMP. Qui connaît l’origine de cette Charte et l’esprit de ses initiateurs ne peut guère en douter : l’arrière-plan n’est autre que l’euro-régionalisation de la République sur des bases ethno-linguistiques. Entre l’anglais « global » et la langue régionale, le français n’a qu’à bien se tenir…


C’est donc en réalité toutes les langues du monde qu’il conviendrait de protéger du tout-globish. Y compris celle de Shakespeare et de Shelley, menacée au premier chef d’un « ajustement structurel » bien peu littéraire par « Business Europe » et consorts. La tâche est immense, mais les forces ne manquent pas pour y contribuer.


http://www.courriel-languefrancaise.org/


 

____


(1) Combat pour le français, Odile Jacob, 2006

(2) Ainsi l’office européen des statistiques vient-il de passer au tout-anglais en abandonnant l’allemand et le français sans un mot de protestation de Berlin ou Paris…

(3) dont on ne sait s’il faut traduire « le peuple d’abord », ou bien « les gens d’abord »…

(4) Le français parlerait de « compromis », ce qui suppose au moins la construction préalable d’un rapport des forces entre classes sociales. L’anglais dit « deal », on est dans le vocabulaire des joueurs de poker, du monde des affaires, ou du commerce de stupéfiants…


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Published by le Citoyen Thimèle - dans Langue française & Francophonie
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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 22:00

Le rapport public 2009 du Conseil d’État révèle, page 54, que le projet de la loi n°2008-125 autorisant les parlementaires à défaire ce que le peuple avait fait le 29 mai 2005 n’aurait été soumis qu’à sa commission permanente[1], contrainte de statuer en 24 heures sur ce forfait.


Rappelons que cette consultation était bien indispensable. En effet, si le gouvernement peut ne tenir aucun compte de l’avis du Conseil d’État, la Constitution rend cette consultation obligatoire pour les projets de lois. Le gouvernement ne peut présenter au parlement que le texte qu’il a soumis au Conseil d’État ou la version du texte modifiée par le Conseil d’État, et en aucun cas une version élaborée après l’avis du Conseil d’État, et non soumise à lui. (Conseil constitutionnel, décision n° 2003-468 DC du 3 avril 2003)

Le rapport annuel du Conseil d’État nous apprend donc que le gouvernement a respecté la procédure a minima, en consultant en urgence l’échelon suprême de la juridiction administrative.

Voilà ce que dit le rapport :

"Plusieurs textes ont dû être examinés trop rapidement. Ainsi, le délai constaté entre l’enregistrement et l’examen en commission permanente du projet de loi autorisant la ratification parlementaire du traité de Lisbonne modifiant le traité sur l’Union européenne et le traité instituant la Communauté européenne et certains actes connexes a été limité à un jour, et celui relatif au projet de de loi de finances rectificative pour 2009, à 3 jours. (...)

Le Conseil d’État est souvent saisi de textes déclarés urgents par le Gouvernement. Ce type de saisine est légitime
lorsque les circonstances justifient des délais d’examen très brefs et le Conseil d’État a toujours répondu à cette exigence malgré les très fortes contraintes d’organisations que celle-ci peut entrainer.

La saisine en urgence n’est en revanche pas justifiée lorsque l’importance et la complexité de la réforme envisagée nécessitent un examen approfondi ou lorsque l’urgence déclarée est démentie par le calendrier parlementaire ou par le rythme de la publication d’un texte au Journal officiel. L’usage de la procédure d’urgence est particulièrement inapproprié lorsque ces deux circonstances se cumulent."

CONSEIL D’ÉTAT - Rapport public 2009 - Page 54

Saisine illégitime...

La loi 2008-125 autorisant le Congrès à ratifier le traité de Lisbonne par voie parlementaire était déjà illégitime en ce que les mandataires du peuple s’arrogeaient le droits d’aller contre la volonté claire de leur mandant. Elle est désormais entachée d’une importante irrégularité en ce que la saisine obligatoire de l’échelon suprême de la juridiction administrative n’était pas justifiée dans sa forme et déclarée "illégitime" par l’instance concernée.

... et avis classé "CONFIDENTIEL"

Le Conseil d’État publie sur son site pas moins de 60.000 décisions, avis et analyses.

S’il est légalement possible qu’un avis du Conseil sur un projet de loi du Gouvernement soit classé confidentiel (Article 6 de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978), il est intellectuellement et moralement choquant qu’un avis aussi important que celui-ci soit caché aux Français. Que contenait donc cet avis ? Voilà une question dont l’absence de réponse publique amène à conclure très logiquement que nous avons quitté l’état de droit, dès lors que l’avis des "juges en premier et dernier ressort des recours pour excès de pouvoir" est classé "Confidentiel" et honteusement caché au peuple qui perd à l’occasion sa souveraineté et la maitrise de son destin par une sinistre et irrégulière farce parlementaire.

Car il ne s’agit pas d’arguties de juristes tatillons ni d’ergotages intellectuels sur le respect du parallélisme des formes.

Ces irrégularités ne concernent pas n’importe quel texte. Avec le traité de Lisbonne, il s’agit de soumettre la France à des décisions contraire à ses intérêts vitaux dans tous les domaines (voir en annexe [2] la liste des domaines passant a la majorité qualifiée). En langage européiste on dit "élargir le domaine où les décisions sont prises à la majorité qualifiée pour que l’Europe fonctionne mieux". Cela ne veut apparemment rien dire de grave, mais il n’en n’est rien. Quand les intérêts de la France seront divergents des intérêts d’une majorité qualifiée des 27 États-membres, ce groupe de pays imposera sa politique, qu’elles qu’en soient les conséquences pour la France.

Jean-Yves CREVEL, DECAPACTU

______

Post-scriptum :

[1]La commission permanente

Les affaires urgentes sont soumises sans examen préalable à la commission permanente.

Cette formation ne comprend que :

* le Vice-président ;

* le président de l’une des sections administratives désigné par arrêté du Premier ministre pris sur proposition du garde des sceaux, ministre de la justice, faite après présentation par le Vice-président du Conseil d’État ainsi que, le cas échéant, le ou les présidents de la ou des autres sections intéressées ;

* deux conseillers d’État par section désignés par arrêté du Vice-président du Conseil d’État après avis du président de la section intéressée.

Sans la procédure d’urgence, l’avis du Conseil d’État aurait été rendu par l’Assemblée générale ordinaire ou plénière.

(L’Assemblée générale plénière comprend le Vice-président, tous les présidents de section et tous les conseillers d’État.

L’Assemblée générale ordinaire comprend :

* le Vice-président du Conseil d’État et les présidents de section ;

* l’un des présidents adjoints de la section du contentieux suppléé, le cas échéant, par un autre président adjoint ;

* les présidents adjoints des sections administratives ;

* dix conseillers d’Etat désignés chaque année par le vice-président du Conseil d’État sur proposition du président de la section du contentieux parmi les conseillers affectés à cette section ;

* un conseiller d’État par section administrative, désigné chaque année par le vice-président du Conseil d’État sur proposition du président de la section administrative intéressée.

Les autres membres du Conseil d’État ont accès à l’assemblée générale ordinaire avec voix consultative ; ils ont voix délibérative dans les affaires dont ils sont rapporteurs.)

[2] Liste des domaines passant a la majorité qualifiée :

Bases juridiques existantes passant à la majorité qualifiée

En matière institutionnelle :

-  Présidences du Conseil - décision du Conseil européen, sans proposition de la Commission (art. 236 TFUE)

-  Modalités de contrôle de l’exercice de compétences exécutives de la Commission (actuelle décision comitologie) (art. 291 TFUE)

-  Cour de justice de l’Union européenne : création des tribunaux spécialisés (art. 257 TFUE) et modification du statut de la cour de justice (à l’exception de son titre I et de son régime linguistique) (art. 281 TFUE)

-  Banque centrale européenne : nomination du président et des membres du directoire - décision du Conseil européen, sur recommandation du Conseil, consultation du Parlement européen et du Conseil des gouverneurs (art. 282 TFUE) ; modification de certains aspects des statuts de la BCE et du SEBC (art. 129 §3 du TFUE)

En ce qui concerne les politiques :

-  Libre circulation des travailleurs, prestations sociales (art. 48 TFUE)

-  liberté d’établissement : accès aux activités non salariées (art. 53 TFUE)

-  Politique économique et monétaire : généralisation de la majorité qualifiée à la définition des mesures nécessaires à l’usage de l’euro (art. 136 TFUE)

-  Politique commune des transports : généralisation du vote à la majorité qualifiée en tenant compte des cas où l’application serait « susceptible d’affecter gravement le niveau de vie et l’emploi dans certaines régions, ainsi que l’exploitation des équipements de transport » (art. 91 TFUE)

-  Coopération administrative dans l’espace de liberté, de sécurité et de justice - consultation du Parlement européen (art. 74 TFUE)

-  Immigration légale (art. 79 TFUE)

-  Coopération judiciaire en matière pénale (art. 82 TFUE)

-  Rapprochement des normes pénales, infractions et sanctions - avec procédure d’appel au Conseil européen (art. 83 TFUE)

-  Eurojust (art. 85 TFUE)

-  Coopération policière pour les aspects non opérationnels (échange d’informations, formation du personnel, équipes communes d’enquête) (art. 87 TUE)

-  Europol (art. 88 TFUE)

-  Culture (mesures d’encouragement) (art. 167 TFUE)

-  Politique étrangère : décisions fondées sur une décision du Conseil européen ou sur proposition du Haut représentant suite à une décision du Conseil européen, mise en oeuvre d’une décision précédente, nomination d’un représentant spécial, « sauf si un Etat membre a l’intention de s’y opposer pour des raisons de politique nationale vitales et qu’il expose » (art. 31 TUE)

-  Politique commerciale commune : généralisation du vote à la majorité qualifiée pour les accords internationaux, avec des restrictions pour les services culturels et audiovisuels et les services sociaux, d’éducation et de santé (article 207 TFUE)

Bases juridiques nouvelles à la majorité qualifiée

En matière institutionnelle :

-  Nomination du Président du Conseil européen (art. 15 TUE)

-  Nomination du Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (art. 18 TUE)

-  Liste des formations du Conseil - décision du Conseil européen, sans proposition de la Commission (art. 236 TFUE)

-  Révision des règles relatives à la nature de la composition du Comité des régions et du Comité économique et social - décision du Conseil sur proposition de la Commission (art. 300 TFUE). La composition des organes consultatifs reste décidée à l’unanimité

-  Initiative citoyenne en vue de la proposition d’une loi européenne - procédure législative ordinaire (article 24 TFUE)

-  Mesures d’exécution du système des ressources propres - acte du Conseil, approbation du Parlement européen. Les dispositions mêmes du système de ressources propres (plafond, catégories) restent décidées à l’unanimité après consultation du Parlement européen

-  Accord de retrait d’un Etat membre (art. 218 TFUE) décision du Conseil sur proposition du négociateur de l’accord (en principe la Commission), après approbation du Parlement européen (art. 50 TUE)

Concernant les politiques :

-  Principes et conditions pour le fonctionnement des services d’intérêt économique général (art. 14 TFUE)

-  Propriété intellectuelle - procédure législative ordinaire pour la création de titres européens et la mise en place d’un régime d’autorisation et contrôle centralisé au niveau de l’UE ; le régime linguistique reste à l’unanimité après consultation du Parlement européen (art. 118 TFUE).

-  Positions communes et représentation unifiée sur la scène internationale de l’Eurozone - décision du Conseil, consultation de la BCE (art. 138 TFUE)

-  Politique spatiale - procédure législative ordinaire (art. 189 TFUE)

-  Energie (fonctionnement du marché, approvisionnement, efficacité, énergies renouvelables, interconnexion) - procédure législative ordinaire (art. 194 TFUE)

-  Mesures d’encouragement dans le domaine de la prévention du crime (art. 84 TFUE)

-  Création d’un mécanisme d’évaluation des mesures adoptées pour la mise en oeuvre de l’espace de liberté, de sécurité et de justice (art. 70 TFUE)

-  Mesures liées à la mise en place d’un « système intégré de gestion des frontières extérieures » (article 77 TFUE)

-  Mesures d’encouragement pour favoriser l’intégration des ressortissants de pays tiers en situation régulière (article 79 TFUE)

-  Santé publique : normes élevées de sécurité pour les médicaments et dispositifs d’usage médical ; Mesures d’encouragement visant la protection de la santé humaine, notamment lutte contre les grands fléaux transfrontières, le tabac et l’alcool (art. 168 TFUE)

-  Tourisme (article 195 TFUE)

-  Sport (article 165 TFUE)

-  Protection civile (article 196 TFUE)

-  Cooperation administrative (artile 197 TFUE)

-  Statut, siège et modalités de fonctionnement de l’agence européenne de défense et d’armements - décision du Conseil sans proposition de la Commission (article 45 TUE)

-  Établissement d’une coopération structurée permanente dans le domaine de la défense, admission ou suspension d’un Etat membre - décision du Conseil sans proposition de la Commission, consultation du Haut représentant (art. 46 TUE)

-  modalités de mise en oeuvre de la clause de solidarité, sauf lorsque celle-ci a des implications militaires (art. 222 TFUE)

-  Mise en place d’un « Fonds de lancement » pour le financement des missions de la politique de défense (article 41 TUE)

-  Aide humanitaire et création du Corps volontaire européen (article 214 TFUE)

-  Administration de l’UE (art. TFUE)

(Source : Rapport d’information sur le traité de Lisbonne du Sénat - Annexe II)
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