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14 juillet 2006 5 14 /07 /juillet /2006 21:26

Le Chant des partisans est l'hymne de la Résistance Française (et même européenne) durant l'occupation allemande, pendant la Seconde Guerre Mondiale.

A Londres, où se retrouvent de nombreux responsables de la Résistance, tels que Fernand Grenier, Emmanuel d'Astier de la Vigerie dit « Bernard », on souhaite créer un chant de la Résistance. « On ne gagne la guerre qu'avec des chansons... Il faut un chant qui ait l'air de venir des maquis », dit Emmanuel d'Astier de la Vigerie. Plus qu'un chant des maquis, il deviendra un appel à la lutte fraternelle pour la liberté.

L'idée et l'ébauche de la mélodie du Chant des Partisans sont de la chanteuse et compositrice Anna Marly qui le créa au début de l'année 1943. Joseph Kessel et son neveu, Maurice Druon, tous deux hommes de droite et tous deux futurs académiciens, en remanièrent les paroles le 30 mai, et c'est la sœur de Jean Sablon, Germaine, qui l'amena à sa forme finale et en fit un succès.

Largué par la Royal Air Force sur la France occupée, et écouté clandestinement, ce succès se répandit immédiatement tant en France qu'ailleurs dans les milieux de la Résistance. Il se prolongea dans de nombreuses interprétations ultérieures dont celle d'Yves Montand est la plus célèbre.

Ce chant de la fraternité est repris jusqu'à aujourd'hui. Outre Germaine Sablon, Armand Mestral, Marc Ogeret, Yves Montand, Jean Ferrat, Johnny Hallyday et Jean-Louis Murat ont interprété cette chanson que le groupe Zebda a également adaptée sous le nom de Motivés


Le Chant des Partisans

Paroles de Maurice Druon et Joseph Kessel, Musique de Anna Marly



1er couplet


Ami, entends-tu
Le vol noir des corbeaux
Sur nos plaines.
Ami entends-tu
Les cris sourds du pays
Qu'on enchaîne,
Ohé partisans
Ouvriers et paysans
C'est l'alarme !
Ce soir l'ennemi
Connaîtra le prix du sang
Et des larmes...


 

2e couplet


Montez de la mine,
Descendez des collines,
Camarades.
Sortez de la paille
Les fusils, la mitraille,
Les grenades.
Ohé! les tueurs
à la balle et au couteau
Tuez vite !
Ohé! saboteurs
Attention à ton fardeau...
Dynamite...


 

3e couplet


C'est nous qui brisons
Les barreaux des prisons
Pour nos frères.
La haine à nos trousses
Et la faim qui nous pousse,
La misère.
Il y a des pays
Où les gens au creux des lits
Font des rêves.
Ici, nous vois-tu
Nous on marche et nous on tue
Nous on crève...


 

4e couplet


Ici, chacun sait
Ce qu'il veut, ce qu'il fait
Quand il passe
Ami, si tu tombes,
Un ami sort de l'ombre
à ta place.
Demain du sang noir
Séchera au grand soleil
Sur les routes.
Chantez compagnons,
Dans la nuit, la liberté
Nous écoute...

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Published by le Citoyen Thimèle - dans CULTURE & MEMOIRE REPUBLICAINE
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14 juillet 2006 5 14 /07 /juillet /2006 21:22

Le Chant du Départ est un chant révolutionnaire et un hymne de guerre, écrit par Etienne Nicolas Méhul (pour la musique) et Marie-Joseph Chénier (pour les paroles) en 1794.

Ce chant fut appelé le "frère de la Marseillaise" par les soldats républicains. Il est composé le 14 juillet 1794. il est ensuite présenté à Robespierre, qui le qualifie "de poésie grandiose et républicaine qui dépasse tout ce qu'a fait ce girondin de Chénier."

Le chant est tout d'abord exécuté par l'orchestre et les chœurs du Conservatoire de Musique le 14 juillet 1794. Il est immédiatement imprimé à près de 18 000 exemplaire et distribué aux 14 armées de la république.

Le Chant du départ est aussi devenu l'hymne officiel du Premier Empire. Le titre original du Chant du départ est "Hymne à la liberté" (le nom fut changé par Robespierre).

C'est un tableau musical : à chacune des sept strophes l'hymne est chanté par un individu ou des groupes d'individus différents.

Dans le premier verset il s'agit par exemple d'un député qui parle à des soldats, il les encourage à se battre pour défendre la République. Dans le second verset il s'agit d'une mère de famille qui donne son fils à la patrie. Dans le quatrième verset il s'agit d'un enfant qui chante Joseph Bara et Joseph Agricol Viala, deux jeunes Français (12 ans et 13 ans) qui sont morts pour la république. Alors qu'il était entouré de Vendéens qui lui demandaient de crier "Vive Louis XVII" ; Bara refusa et lança : "Vive la République", cri pour lequel il fut exécuté sur le champ. Quant à Viala il mourut frappé par une balle en essayant de couper les cordes d'un ponton de l'ennemi. Ses derniers mots furent : "Je meurs, mais c'est pour la Liberté".

Le chant survécut à la Révolution et au Premier Empire. Il fut un chant très populaire  pendant plus d'un siècle. Aujourd'hui il est toujours chanté par l'armée française.


Le Chant du Départ

paroles de Marie-Joseph Chénier, musique de Méhul

Un député du peuple

La victoire en chantant nous ouvre la barrière ;

La liberté guide nos pas,

Et du nord au midi la trompette guerrière

A sonné l'heure des combats.

Tremblez, ennemis de la France,

Rois ivres de sang et d'orgueil !

Le peuple souverain s'avance ;

Tyrans descendez au cercueil.

-

La République nous appelle,

Sachons vaincre ou sachons périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Chant des guerriers

La République nous appelle,

Sachons vaincre ou sachons périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Une mère de famille

De nos yeux maternels ne craignez pas les larmes :

Loin de nous de lâches douleurs !

Nous devons triompher quand vous prenez les armes :

C'est aux rois à verser des pleurs.

Nous vous avons donné la vie,

Guerriers, elle n'est plus à vous ;

Tous vos jours sont à la patrie :

Elle est votre mère avant nous.

-

Choeur des mères de famille

La République vous appelle,

Sachez vaincre ou sachez périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Chant des guerriers

La République nous appelle,

Sachons vaincre ou sachons périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Deux vieillards

Que le fer paternel arme la main des braves ;

Songez à nous au champ de Mars ;

Consacrez dans le sang des rois et des esclaves

Le fer béni par vos vieillards ;

Et, rapportant sous la chaumière

Des blessures et des vertus,

Venez fermer notre paupière

Quand les tyrans ne seront plus.

-

Choeur des vieillards

La République vous appelle,

Sachez vaincre ou sachez périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Chant des guerriers

La République nous appelle,

Sachons vaincre ou sachons périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Un enfant

De Barra, de Viala le sort nous fait envie ;

Ils sont morts, mais ils ont vaincu.

Le lâche accablé d'ans n'a point connu la vie :

Qui meurt pour le peuple a vécu.

Vous êtes vaillants, nous le sommes :

Guidez-nous contre les tyrans ;

Les républicains sont des hommes,

Les esclaves sont des enfants.

-

Choeur des enfants

La République vous appelle,

Sachez vaincre ou sachez périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Chant des guerriers

La République nous appelle,

Sachons vaincre ou sachons périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Une épouse

Partez, vaillants époux ; les combats sont vos fêtes ;

Partez, modèles des guerriers ;

Nous cueillerons des fleurs pour en ceindre vos têtes :

Nos mains tresserons vos lauriers. Et, si letemple de mémoire

S'ouvrait à vos mânes vainqueurs,

Nos voix chanterons votre gloire,

Nos flancs porteront vos vengeurs.

-

Choeur des épouses

La République vous appelle,

Sachez vaincre ou sachez périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Chant des guerriers

La République nous appelle,

Sachons vaincre ou sachons périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Une jeune fille

Et nous, soeurs des héros, nous qui de l'hyménée

Ignorons les aimables noeuds ;

Si, pour s'unir un jour à notre destinée,

Les citoyens forment des voeux,

Qu'ils reviennent dans nos murailles

Beaux de gloire et de liberté,


Et que leur sang, dans les batailles,


Ait coulé pour l'égalité.

-

Choeur des jeunes filles

La République vous appelle,

Sachez vaincre ou sachez périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Chant des guerriers

La République nous appelle,

Sachons vaincre ou sachons périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Trois guerriers

Sur le fer devant Dieu, nous jurons à nos pères,

A nos épouses, à nos soeurs,

A nos représentants, à nos fils, à nos mères,

D'anéantir les oppresseurs :

En tous lieux, dans la nuit profonde,

Plongeant l'infâme royauté,

Les français donneront au monde

Et la paix et la liberté.

-

Choeur général

La République vous appelle,

Sachez vaincre ou sachez périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)

-

Chant des guerriers

La République nous appelle,

Sachons vaincre ou sachons périr ;

Un Français doit vivre pour elle,

Pour elle un Français doit mourir. (bis - les deux derniers vers)


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