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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 16:18

Par Jean-Yves Autexier, ancien député et sénateur, membre du MRC


« Souveraineté populaire » 

A mesure que la réalité européenne déployait ses atours, les peuples s’alarmaient de la dépossession de leur destin. Non seulement 80% des normes sont aujourd’hui décidées ailleurs qu’au Parlement national qu’ils ont élu, mais leur vote - même aussi explicite qu’un référendum -, est tenu pour non avenu s’il contrevient à la doxa. Le désenchantement est le plus fort dans les couches populaires qui jadis étaient le socle de la gauche. Les récentes élections européennes ont enregistré 50,3% d’abstentions à Neuilly, et  75,7% à Bobigny !

De sorte que je vois avec intérêt le concept de « souveraineté populaire » progresser dans les rangs de la gauche française. Il n’est pas difficile d’en retracer l’origine et le parcours et de l’assumer comme exigence de démocratie. Quand le processus européen s’oppose frontalement au vote populaire, il faut choisir son camp : celui des élites autoproclamées qui savent ce qui est bon pour les peuples, et corrigent énergiquement les mal élevés, ou celui de la souveraineté populaire, qui ne connaît qu’un maître, le suffrage universel. Que cette ligne de fracture passe au sein de la gauche française en dit long sur la dérive qui a fait aller beaucoup de ses dirigeants aussi loin de leurs bases. Point n’est besoin d’être un grand expert politique pour faire le lien entre ces dérives et leurs déboires électoraux.

La souveraineté populaire retrouve donc lentement  droit de cité dans de vastes secteurs de la gauche française. Mais le concept de souveraineté nationale lui demeure plus énigmatique. Le lien entre la gauche et la nation, très fort au moment de la Révolution et de la naissance de la République, s’est distendu avec le temps ; une lecture sommaire du marxisme a poussé, contre la meilleure intuition de Jaurès, à amalgamer la nation avec les intérêts des possédants ; la première guerre mondiale a brisé les certitudes, puis les guerres coloniales, détournant le patriotisme jusqu’à la nausée, ont porté le coup le plus sévère. Le bel héritage de la Résistance et de la Libération a laissé place, à gauche, à une suspicion permanente à l’égard de la nation. L’internationalisme qui devait « conduire à la nation » a mené beaucoup de gens de gauche à la combattre, sans mesurer qu’à chaque fois que la nation ou l’Etat reculaient, c’était l’argent et le marché qui occupaient le terrain laissé libre.  Il me semble que rien pourtant, dans l’idée de souveraineté nationale, ne devrait choquer les Républicains de gauche, mes amis. Il est vrai que le concept embrasse l’histoire, les vivants et les morts, rappelle la continuité de la France, qui ne commence pas avec la Révolution, souligne les permanences. Mais il suffit de lire Jaurès, Mendès France ou les poètes de la Résistance pour mesurer à quel point ce sentiment n’a jamais cessé de les habiter. Et c’est quand elle assumait pleinement la France que la gauche a pu rencontrer la confiance du peuple. 

L’avenir des nations 

L’idée républicaine de la nation est le meilleur antidote au nationalisme, parce qu’elle répond à la difficile question de l’appartenance, dans un univers en apparence mondialisé, en bannissant tout critère ethnique. La nation politique est la brique de base de toute construction internationale sérieuse, c’est « la patrie, apprentissage à l’universelle patrie » de Michelet. Il serait bon que la gauche se réappropriât son propre héritage !

A ceux qui doutent de l’avenir des nations, l’actualité ne cesse d’infliger de flagrants démentis. Les élections européennes de juin 2009 ont montré que les citoyens ne se laissent pas bercer d’illusions : ils ont refusé en masse de servir de caution à une construction politique oligarchique qui les bafoue. Le cadre national est à ce jour le cadre indépassé de la démocratie : c’est la que se confrontent les intérêts antagonistes, que se nouent les enjeux, que se dessinent les projets. C’est seulement dans ce cadre qu’une minorité peut accepter la loi de la majorité. De plus, face à la crise économique mondiale, c’est dans les nations et les Etats que peut se fonder la confiance, denrée la plus rare et la plus nécessaire dans la tourmente financière. C’est au sein de chaque Etat et non au sein d’une Commission absente que les dispositifs de relance et de soutien ont été arrêtés. La crise est épreuve de vérité : les illusions se dissipent et les réalités surnagent. En Allemagne, en Italie, les déconvenues de la gauche ne sont-elles pas liées à ce refus du réel, à cette défiance à l’égard du fait national qu’au contraire ses adversaires n’ont cessé d’utiliser ? Comment promouvoir une certaine conception du service public, de l’égalité et de la protection sociale, des politiques publiques en matière de recherche et d’industrie, si on abdique toute souveraineté pour s’en remettre au marché ? N’est-il pas temps de conclure qu’elle a fait fausse route sur ce point. 

Si la gauche n’est guère entendue à propos de la crise financière, si ses critiques à l’encontre du libéralisme économique ne portent pas, c’est bien-sûr parce qu’elle a beaucoup cédé à ce même libéralisme quand elle était aux affaires, en France, en Grande-Bretagne, en Italie ou en Allemagne. Mais plus encore, en voulant promouvoir un modèle européen destructeur des nations, alors que les peuples aspirent à faire respecter le cadre national et à faire vivre un Etat protecteur, elle se trouve à contre courant. 

Le défi de la gauche est là : ou bien elle parviendra à proposer un projet européen compatible avec la souveraineté populaire et nationale, ou bien elle demeurera dans ses chimères où les électeurs la laisseront pour longtemps. La gauche italienne l’a appris à ses dépens, puisqu’après l’effacement du PCI, la disparition du PSI, le Parti démocrate s’applique énergiquement à rejeter le qualificatif de « gauche », devenu une tunique de Nessus, sans parvenir pour autant à briser la spirale de ses échecs.

Le pire n’étant jamais le plus sûr, il est permis de songer à un sursaut, c'est-à-dire à une gauche française ressemblant à elle-même, célébrant à nouveau les noces du mouvement ouvrier et de la nation républicaine, donnant une forme nouvelle à l’exigence séculaire de souveraineté nationale et populaire, organisant la coopération des nations d’Europe au lieu de conspirer à leur déclin, inventant pour demain les formes de l’action économique au service de l’intérêt général, garantissant la bonne articulation de nos intérêts dans un univers marchand mondialisé…  Cela supposerait bien sûr une révision déchirante en matière européenne : faire en sorte que les nations s’impliquent au lieu de se dissoudre. Cela supposerait aussi que la gauche apprécie mieux ce que la France peut apporter au monde : la conception proprement politique de la nation, l’égalité et son exigence sociale insatiable, la laïcité éprise de liberté, le primat de l’intérêt général et du politique, le dialogue des civilisations et des cultures, le refus des empires et des blocs. 

Il est inutile d’espérer esquiver ou enjamber la question : elle est au cœur de chaque pays d’Europe. La gauche doit la trancher si elle veut retrouver la confiance populaire. A vrai dire ces exhortations s’adresseraient aussi bien à la droite française, dont tant de composantes n’aspirent qu’à se fondre dans « la famille occidentale » et oublient leurs devoirs. Mais renvoyer dos à dos les uns et les autres ne suffit pas. Faire vivre la souveraineté nationale et populaire est un appel auquel personne ne peut se soustraire : la France n’est pas finie, et dans la crise plus que jamais son message est précieux.


Les Cahiers de l'Indépendance, n°8 (juin 2009)
(via l'Observatoire de l'Europe)
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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 16:00


Oh! Pleure et crie souffrance incommensurable !

 

Rappelez vous !

 

Vous aviez mis des décennies à enfouir au fond de vous même (car il fallait bien tenter de vivre, à peu près normalement, comme si de rien n’était) vos souffrances d’enfants « abandonnés » par votre père (ou parfois votre mère) qui a préféré la gloire de l’épopée à ses responsabilités de parent en prenant rendez vous avec l’Honneur de la France, puisqu’il sont « Morts pour la France », morts pour ses valeurs d’alors, son Histoire, sa culture, sa civilisation et les valeurs de 1789

 

Et brutalement, des politiques ont décidé d’anéantir tous vos efforts d’oubli, en faisant remonter en surface et à vos esprits tout ce que vous aviez à peu près réussi à « oublier ».

Ils ont eu le culot de vous dire que vous passiez de « Pupille de la Nation » à part entière au stade de « sous-Pupilles de la Nation de 39/45 » avec diverses catégories (fonction des circonstances de la mort de votre parent. Voir « Catégorisation des Pupilles »)

Souvenez vous, c’était le 13 Juillet 2000, jour du déclassement officiel de quelques 145 000 « Pupilles »

 

Vos amis des associations de l’UNODEF et autres officines ayant pour titre « enfants de déportés ou fusillés pour faits de résistance » (et parfois il est ajouté « patriotes », ce qui sous-entend que les autres « Morts pour la France » n’ont pas été patriotes), devenus « sous-Pupilles » comme vous et dont les parents sont « Morts pour la France », comme les vôtres, ont décidé de dénoncer cette discrimination. Ce en quoi ils ont eu raison !

 

Mais ont-il eu raison de se désolidariser de leurs autres compagnons d’infortune en ne réclamant que pour eux et eux seuls la reconnaissance de leur souffrance à l’identique de celle des porteurs de Kippa de 2000 ?

 

Ils ont obtenu gain de cause, avec l’aide d’associations de « Pupilles de la Nation » qui ont participé, en toute complicité et surtout en connaissance de cause, à la « Commission Dechartre » qui a abouti au second décret discriminatoire du 27 Juillet 2004.

Les bénéficiaires du 2nd décret, ont l’impudence, maintenant, de rejeter le titre de « Pupilles de la Nation » pour se déclarer « victimes de la barbarie nazie » … !!!

Leurs instances associatives participent, d’ailleurs à la « commission Audouin » pour ne discuter que du cas de leurs « exclus » sectoriels en oubliant toutes les autres catégories de « sous-Pupilles de la Nation de 39/45 ».

 

 

Les associations qui soutinrent en 2004  sont « les fils de tués » et « l’anpnogd » (avant qu’un tsunami ne la fasse devenir « anpnogd-lefebvre » du nom de son manipulateur en chef qui abrite, lui aussi, sa Grandeur, derrière une kyrielle de titres ronflants et bling blinguesques, …. tant il est vrai que la petitesse a besoin de « talonnettes titrales » pour se rehausser à un échelon supérieur).

Ce sont d’ailleurs ces mêmes associations (amalgamistes) qui se font complices de la 3éme discrimination qui se prépare (avec l’apport de 3 associations catégorielles dont UNODEF, laquelle démolie toute autre demande !).

Ce faisant, elles refusent d’admettre qu’elles ne servent que de « caution morale » et de « faire valoir » au Pouvoir pour justifier la 3éme discrimination qu’il (le Pouvoir) prépare, prétendant même sauver les quelques 110 à 115 000 dossiers (sur les 120 000 déjà délaissés en 2004) qui seront abandonnés pour la 3éme fois (on peut sauver 5 000 dossiers quand 115 000 sont reconnus, mais pas l’inverse. Il faut être bien naïf pour croire et prétendre l’inverse et considérer ses adhérents comme de parfaits imbéciles pour le leur faire croire).

Si par un exceptionnel hasard, auquel il n’est pas interdit de croire, c’était l’ensemble des 120 000 « sous-Pupilles de la Nation de 39/45 », déjà abandonnés qui étaient reconnus, alors nous pourrions dire que le Pouvoir n’a fait, en se faisant prier, que son devoir mémoriel et rien de plus.

Il faut reconnaître que la pérennisation de ces associations (« les fils de tués »  et « anpnogd-lefebvre ») ne peut exister que dans la mesure où, bénéficiaires de subventions, elles vont dans le sens du Pouvoir (elles sont invitées dans les cérémonies officielles, elles reçoivent les encouragements présidentiels, ….) et se plient à ses directives.

Mais cette fois-ci, par rapport à 2004, le Pouvoir n’a pas un consensus unanime, puisque « Pupilles de la Nation – Homega » a refusé de siéger à la commission, jouant les moutons noirs du troupeau. Ce qui veut dire que le président de cette association pourra regarder droit dans les yeux, n’importe quel « Pupille de la Nation de 39/45 », en lui disant « je ne vous ai pas et jamais trahi…. ».

En effet, la « commission – Audoin » (du nom de l’inventeur du rapport « finalisé » commandé et délimité par l’Elysée) à laquelle elles participent est chargée de définir le champ restrictif qui ne concernera que les enfants de « morts au maquis et dans la résistance », avec toutefois les réserves que ces « sous-Pupilles » apportent la preuve que leur parent, mort, en cours de combat, « n’avait pas d’échappatoire à la mort qu’ils n’aurait pas exploitée » (faute de quoi, leur souffrance ne pourra être reconnue !!! Le rêve), ainsi que les quelques appartenants à la 2éme Catégorie (voir « catégorisation des Pupilles ») :  oubliés du précédent décret parce que « à la marge dudit décret…. ».

Ces associations voyant paraître le bout du tunnel de leur « complaisance – trahison », commencent déjà à vouloir rejeter la responsabilité de l’échec, prévu, prévisible et promis, sur ceux qui ont eu le courage de dire NON. Elles savaient pour avoir pris connaissance du rapport « finalisé » Audouin ce qu’il en serait de la discrimination en cours et elles ont quand même accepté de siéger.

 

Pour le moment, la commission fait du surplace, changement de secrétaire d’Etat oblige.

Un peu comme quand vous arrivez à la caisse d’une grande surface et que le changement de caissière s’opère, vous devez attendre que la nouvelle puisse faire son fond de caisse et prendre la suite de sa collègue, un peu comme une passation de pouvoir.

Il en est de même au grand bazar de la mémoire.

En effet, on trouve de tout dans l’arrière boutique de la Mémoire…. , y compris de la « m…. »

Un Bockel s’en va, vive le Falco nouveau !

Il faut donc lui laisser le temps (au Falco de service) de prendre ses marques…… et ainsi la dernière réunion de la commission prévue  le 07/07/09 a été annulée et sera, éventuellement , remplacée par 2 réunions au cours de Septembre 2009.

A moins que ce moment d’arrêt ne coïncide avec quelque chose de pas joli qui se prépare et dont nous aurons peut-être connaissance à partir de Septembre….. (un 21, par exemple !)

 

Nous n’avons jamais renié la souffrance des « Pupilles des autres conflits » que nous jugeons identiques à la notre, tout comme celle des orphelins de Guerre, allant même jusqu’à reconnaître que la souffrance d’un môme qui perd, aujourd’hui, son père (civil) est identique à la notre, même si les contextes sont différents.

Faire l’amalgame oblige alors, aussi, à exiger l’indemnisation de la souffrance de ce môme d’aujourd’hui !

La souffrance ne se fragmente pas et ne se s’étalonne pas. Elle est ou elle n’est pas.

 

Voir http://www.marcfievet.com/article-33587846.html (détail des mois de juillet depuis 1940)

 

Plus que jamais il est important de lire :

 

« Psychologie des foules » de Gustave le Bon et principalement les paragraphes : « les foules dites criminelles », « les foules électorales » et « les assemblées parlementaires ».

Cela ne date que de …….1895.

 

« Les protocoles des sages de Sion » qui serait, soit disant, un faux, interdit en France.

Mais pourquoi interdire un « faux », alors que « Mein kampf » de l’Adolph d’Hitler ne l’est pas (or il prônait l’antisémitisme dans son livre) ? Dire cela n’est pas faire preuve d’antisémitisme, mais plutôt d’intérêt de compréhension

 

J’ai souvent posé la question de savoir si les « Pupilles de la Nation de 39/45» ne savaient être que des quémandeurs, oubliant qu’un « Pupille de la Nation de 39/45 » a aussi et surtout, en priorité, une obligation, celle léguée en héritage par son parent « Mort pour la France », à savoir être le « garant des valeurs républicaines pour lesquelles son parent s’est sacrifié » (même s’il n’a pas de mandat électoral).

Ce n’est que dans la mesure où il s’acquitte scrupuleusement, de cette obligation qu’il peut-être en droit de quémander une reconnaissance à égalité.

 

Pour mieux comprendre : http://www.pupilles-homega.org/  ( à usage des non – Pupilles » et autres)

Catégorisation des « Pupilles » voir dans « Association / Catégorisation des Pupilles»),


 

Kelly-Eric Guillon

« sous-Pupille de la Nation de 4éme Catégorie de 39/45 », depuis 2000


 

Dernière minute (vue sur 20 minutes ce 14/07/09):

"Les jardins de l'Elysée sont également ouverts aux membres d'environ 140 associations françaises de défense de «victimes» d'attentats, ........, ainsi qu'aux pupilles de la Nation et ........ fonctions."

 

Selon quels critères?

Il est vrai que "Pupilles de la Nation - Homega" qui est la seule à avoir osé refuser de siéger à la commission qui prépare la 3éme discrimination, relative aux "Pupilles de la Nation de 39/45", et avec la complicité d'associations, présentes à la garden-party, n'a aucune chance d'y être invitée, car elle ose se "rebiffer" pour défendre les 120 000 "sous-Pupilles" déclassés depuis 2000.

De toute façon, elle n'a jamais sollicité être invitée à une quelconque cérémonie, tant que l'EGALITE de Reconnaissance ne sera pas rétablie.

 

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Combat Républicain
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