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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 15:55

Si le Modem remporte la palme de l'imposture dans ces élections européennes, en dénonçant férocement ce qu'il construit lui-même, la liste "Europe écologie" menée par Daniel Cohn Bendit mérite un zéro pointé.
Le degré zéro de la politique, l'anti-débat résument bien ce qu'on y trouve.

Nous sommes partis d'un constat de bon sens : les deux têtes de liste d'Europe écologie ne sont d'accord sur rien. Daniel Cohn Bendit est un européiste convaincu, il a tout voté, il a soutenu de toutes ses forces la Constitution européenne et son copié-collé le Traité de Lisbonne. José Bové lui était clairement du côté du NON. Fervent militant dans les comités antilibéraux, il était très critique à l'égard du Système euro-libéral que Daniel Cohn Bendit a construit avec d'autres. Il a dénoncé en 2008 le passage en force antidémocratique du Traité de Lisbonne.
Quant à Eva Joly, nous n'avons toujours pas bien compris ce qu'elle faisait sur cette liste, si ce n'est apporter un surplus de notoriété médiatique.

Nous étions donc curieux de voir ce qu'avait à dire la liste Europe écologie pour tenter de dépasser, si c'est possible, l'opposition frontale entre Daniel Cohn Bendit le mondain libéral et José Bové le paysan altermondialiste.

Et bien rien. Sur le site d'Europe-écologie, dans les interventions des candidats, rien.
Pas un mot sur ces divergences, et aucune proposition. Le sujet embarrasse, il est donc tout simplement mis de côté, passé sous silence.

Le site internet de la liste n'aborde donc à aucun moment la question pourtant fondamentale du Traité de Lisbonne, des directives qui constituent près de 80% des lois votées en France.
Il se résume à une succession de bons sentiments écologistes : "une transformation écologique de l'économie", "la protection de la biodiversité", et même "un nouveau rêve européen", sans qu'on nous explique si ce rêve passe par Lisbonne ou pas...

Au-delà de ces quelques slogans il n'y a rien, aucune cohérence intellectuelle.
Comment concilier l'écologie avec un système de libre-échange profondément anti-environnemental, dans la mesure où il consiste à produire à l'autre bout de la planète ce qu'on consomme ici ?
La liste Europe-écologie élude le problème, et n'en dit pas un mot. Tout simplement parce qu'une position sur ce sujet l'aurait obligée à en avoir une autre sur le Traité de Lisbonne et la réglementation européenne, qui précisément interdit toute entrave au libre-échange mondial.

Quid par ailleurs des services publics, du pouvoir d'achat, de l'euro, des délocalisations ? Rien non plus. Pour les mêmes raisons. Avoir une position oblige à trancher entre deux modèles parfaitement contradictoires, incarnés dans deux têtes de liste d'accord sur rien.

Pour un siège à Strasbourg, parce qu'on ne parvient pas à saisir d'autres motivations, Daniel Cohn Bendit et José Bové ont fait le choix de l'union, espérant capter sur leurs noms des électeurs très divers, tout en misant sur l'excellente image dont jouit dans l'opinion le discours écologiste.
 Ils ont fait l'union sans en assumer les conséquences, préférant enfumer au lieu d'expliquer.

C'est bien ce qu'on appelle le degré zéro de la politique, celui qui ne permet pas le débat démocratique. Espérons que le 7 juin dans les urnes, les électeurs auront repéré l'arnaque.



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Published by le Citoyen Thimèle - dans Elections européennes 2009
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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 01:05

On a le droit de soutenir l'actuelle Union Européenne.

On a le droit de la critiquer et de vouloir une autre Europe.


Mais on n'a pas le droit de dire vouloir changer d'Europe lorsqu'on est à l'origine de cette Europe-là ! Sauf à reconaître publiquement ses erreurs.


Or, entre le dernier discours de Nicolas Sarkozy sur l'Europe et la polémique PS-MoDem après la diffusion du petit clip du premier sur le second (voir ici), on assiste à un véritable bal des hypocrites.

 

Quelques rappels :


- la mise en concurrence des systèmes fiscaux et sociaux des États (Acte Unique Européen) a été votée en 1986 par 100% du groupe socialiste, 100% du groupe UDF et 94,3% du groupe RPR. C'était peut-être une bonne chose, mais que les héritiers de ces partis assument leur choix passé !


- l'indépendance de la Banque centrale européenne (traité de Maastricht) a été votée en 1992 par 97% du groupe socialiste, 91,5% des groupes UDF et 54% du groupe RPR. C'était peut-être une bonne chose, mais que les héritiers de ces partis assument leur choix passé !


- le Pacte européen de stabilité a été signé en 1997 par Jacques Chirac (RPR) et Lionel Jospin (PS). C'était peut-être une bonne chose, mais que les héritiers des anciens cohabitants assument leur choix passé !


- les directives européennes de libéralisation des services publics (services d'intérêt économique général : SIEG) et leurs lois de transposition ont été acceptées et votées indifféremment sous les gouvernement PS et RPR-UDF/UMP. C'était peut-être une bonne chose, mais que les héritiers de ces partis assument leurs choix passés !

 

Je détaille ce dernier point, vu que le PS accuse précisément le MoDem (dont les élus sont majoritairement des anciens UDF, je le rappelle) de voter avec l'UMP au Parlement européen en faveur de la libéralisation des services publics :


- gouvernements PS (Rocard, Cresson, Jospin) : directive européenne 90/387/CEE du 28 juin 1990, directive européenne 90/388/CEE du 28 juin 1990, loi du 2 juillet 1990, directive européenne 98/10/CE du 26 février 1998, loi du 2 juillet 1990, directive européenne 97/67/CE du 15 décembre 1997, loi d'orientation pour l'aménagement et le développement durable du territoire du 25 juin 1999 (article 19), loi du 10 février 2000, directive européenne 98/30/CE du 22 juin 1998, directive européenne 91/440/CEE du 29 juillet 1991, directive européenne 2001/12/CE du 26 février 2001, directive européenne 2001/13/CE du 26 février 2001, directive européenne 2001/14/CE du 26 février 2001.


- gouvernements RPR-UDF (Juppé) : directive européenne 96/19/CE du 13 mars 1996, loi du 26 juillet 1996, directive européenne 96/92/CE du 19 décembre 1996, directive européenne 95/18 CE du 19 juin 1995,  loi du 13 février 1997.


- gouvernements UMP (Raffarin) : directive européenne 2002/77/CE du 16 septembre 2002, directive européenne 2002/39/CE du 10 juin 2002, loi du 20 mai 2005, loi du 3 janvier 2003, directive européenne 2003/54/CE du 26 juin 2003, loi du 9 août 2004, loi du 3 janvier 2003, directive européenne 2003/55/CE du 26 juin 2003, loi du 9 août 2004, directive européenne 2004/49/CE du 29 avril 2004, directive européenne 2004/50/CE du 29 avril 2004, directive européenne 2004/51/CE du 29 avril 2004.


 

Le blog de Laurent de Boissieu


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