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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 23:00

Attention, nous publions un avis d'enfumage !

Le coupable, le parti socialiste, qui a décidé une nouvelle fois de mener sa campagne des élections européennes sur le thème de l'"Europe sociale".
Salaire mimum européen, harmonisation fiscale, tout y sera de nouveau. Comme tous les 5 ans, à chaque élection du parlement européen, le PS rejoue le même morceau, en continuant en parallèle de voter les directives et les Traités.

Une nouveauté malgré tout cette année, un article du Monde, le parti socialiste mènera aussi campagne contre José Manuel Barroso, le président de la commission de Bruxelles, "un homme de droite dont le libéralisme économique, le conservatisme et l'atlantisme ne sont plus à prouver".

Tout cela est vrai, mais il est bien dommage que le parti socialiste n'ait rien fait plus tôt et qu'il ait presque toujours voté au parlement européen puis à l'assemblée nationale les textes proposés par ce même Barroso...
Notons aussi que les grands technocrates bruxellois issus de ses rangs, Pascal Lamy ou Jacques Delors, ne se sont pas fait beaucoup remarquer de leur temps pour leur antilibéralisme militant.

Plus grave, et c'est en cela que ce positionnement relève de l'enfumage, le parti socialiste ne fera rien contre les Traités européens, et notamment le très libéral Traité de Lisbonne, digne héritier de la Constitution européenne.

Alors qu'il ne s'était déjà pas opposé à son adoption en catimini par le parlement français en février 2008, le parti socialiste considère aujourd'hui le Traité de Lisbonne comme "une donnée".
"Les querelles institutionnelles ne sont plus de saison car l'ordre du jour de la nouvelle mandature est économique et social" nous explique-t-on au PS, comme si les Traités européens n'avaient rien à voir avec le contenu des politiques européennes et nationales, comme si toutes les directives et plus de 80% de nos lois n'en découlaient pas directement.

C'est pourtant bien dans le Traité de Lisbonne qu'est inscrit le pouvoir exorbitant de la Commission de Bruxelles, seule autorisée à proposer des directives.
C'est bien dans ce Traité qu'est gravée dans le marbre l'indépendance totale de la Banque centrale européenne. C'est dans Lisbonne qu'on retrouve le carcan de l'euro, qui nous empêche d'agir face à la crise et nous plonge plus vite et plus fort que les autres dans la récession (cf les derniers chiffres publiés par Eurostat).

C'est dans ce Traité que figurent la déréglementation des services publics, le culte de la concurrence libre et non faussée, l'obligation absolue de libre-échange à l'intérieur de l'Europe et à l'extérieur, pourtant à la source de la crise mondiale et des délocalisations en cascades.

Et dans ces conditions  le PS voudrait nous faire croire, comme en 1989, comme en 1994, comme en 1999, en 2004 et à chaque échéance européenne, qu'il défendra "l'Europe sociale" ?

C'est une nouvelle fois se moquer du monde.

C'est déjà très grave en temps normal. Mais en période de crise généralisée et de faillite du modèle euro-libéral, c'est criminel.


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Published by le Citoyen Thimèle - dans Elections européennes 2009
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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 22:59


Ce mercredi, après 44 jours de grève générale en Guadeloupe, un accord répondant aux principales revendications du collectif LKP – dont la plus emblématique portant sur la hausse de 200 euros des bas salaires - a été signé, permettant la reprise de l'activité.

 

C’est incontestablement un soulagement et une victoire pour des Guadeloupéens qui ont pendant un mois et demi exprimé avec force et détermination leur volonté d’en finir avec des injustices sociales devenues de plus insupportables. Des injustices qui plaçaient à des prix abusifs certains produits de base, comme le carburant et l’alimentation. Des injustices qui laissaient les plus bas salaires à un niveau nettement inférieur à ceux de la métropole.

 

Des injustices qui sont dues pour l’essentiel à des monopoles économiques – tenus pour l’essentiel par les « Békés », les descendants des colons blancs - que les dirigeants à Paris ont laissé subsister – voire encourager -, au lieu de considérer et de traiter la Guadeloupe, ainsi que l’ensemble des DOM, comme n’importe quel département français. Avec la législation et la rigueur républicaine qui va avec.

 

C’est cette absence de République qui, dans les DOM, a créé cette puissante vague d’exaspération sociale face à laquelle le gouvernement a montré et montre toujours une irresponsable légèreté. S’enfonçant, ainsi, dans une double stratégie du pourrissement et de l’étouffement – la peur de la contagion jusqu’en métropole étant là -, quitte à se mettre à dos les Français d’outre-mer, quitte à faire plonger les économies locales… plutôt que de brusquer les patronats locaux et leurs privilèges. Des Français d’outre-mer qui, malgré l’effort financier final assez conséquent, n’oublieront pas de si peu le peu de cas qu’on fait d’eux les dirigeants parisiens. Un ressentiment qui fera le lit des antirépublicains, indépendantistes et ethnistes de tous poils, déjà bien ancré par tant de défections de la mère patrie...

 

On a ainsi pu constater aux élections prud’homales de 2008 que l'Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe (UGTG), syndicat indépendantiste et racialiste, avait progressé de neuf sièges, pour en arriver à avoir 26 élus sur 44 à pourvoir. Une UGTG dont le secrétaire générale n’est autre qu’Elie Domota, le porte-parole du « Lyannaj Kont Pwofitasyon », le LKP. 

 

Un LKP qui, au milieu de ses revendications pour la plupart profondément légitimes, réclamait entre autres :

 

- La priorité d’embauche pour les Guadeloupéens.

- L’embauche obligatoire de Guadeloupéens dans toutes les entreprises qui bénéficient d’aide publique.

- La mise en place de mécanismes fiscaux et douaniers pour développer la préférence guadeloupéenne.

 

Une préférence régionale – et mécaniquement ethniste - qui n’a pourtant pas ému le moins du monde la gauche métropolitaine, qui, de Besancenot à Royal, n’a d’ordinaire pas de mots assez forts pour fustiger la « préférence nationale » du Front National de Jean-Marie Le Pen.

 

Il faut bien avouer que, pour la gauche bien-pensante, le souci d’identité c’est légitime, « cool » et « kiffant » quand ça concerne les « personnes issues de la diversité », une minorité visible, une ethnie. Mais quand on parle de l’« identité nationale » française, c’est évidemment, ni plus ni moins, le signe d’un misérable nationalisme xénophobe qui pointe le bout de son nez.

 

Et, quand Elie Domota use d’approches et propos racialistes à outrance, et finit par demander aux « Békés » de se « casser » de « son » île s’ils ne respectent pas les accords salariaux, ils ne peuvent évidemment rien avoir à redire. Non. C’est tout à fait normal. Rien à voir avec ces salauds, qui, en métropole, osent encore prôner l’assimilation, osent encore refuser que certaines coutumes archaïques soit considérés comme « acceptables » en France. Le racisme n’est évidemment l’apanage que des méchants « blancs ».

 

Une gauche métropolitaine qui ne bronche pas davantage, dans un autre domaine, quand Elie Domota fustige les « prestations sociales ». Des « prestations » qui sont au cœur plus que jamais de leurs programmes et que le porte-parole du LKP leur préfère, dans un souci clairvoyant de revaloriser le travail, une baisse des cotisations sociales.

 

Quoiqu’il en soit, si aujourd’hui, la situation en Guadeloupe est donc provisoirement « calmée », la Martinique est quant à elle toujours en grève générale. Une grève générale reconductible qui pourrait suivre aussi à la Réunion. Une situation que le gouvernement devrait prendre un peu plus au sérieux, même si cela – ô blasphème ! – doit le contraindre à faire face, enfin, à des problèmes analogues en métropole. La République est à ce prix.

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Editoriaux
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