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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 15:15

Collectif du Pont Mistral à Crest (26) : Acte II – scène 2,5

En Juillet 2008, nous vous alertions d’une manœuvre « politico - policière » qui se mettait en place en vue de casser  le principe de la Liberté d’expression citoyenne (pourtant prévue par la Constitution et  la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen), à l’encontre d’un collectif de citoyens qui osait dénoncer les dérives du système depuis un certain avènement.

En quelques mots, le 19/06/08, à la demande « expresse » d’un député-Maire de Crest -26 (Hervé Mariton – parfois Millonniste, parfois FN, parfois Villepéniste, et présentement UMP, selon les caprices de ses ambitions personnelles de carriérisme - qui voyait d’un mauvais œil la dénonciation du rôle principal, qu’il jouait, dans le fichage de vos enfants et petits enfants dans la « base élèves »), il fut dressé un PV « irrecevable » dans les termes et le principe.
PV pour lequel il fallut plus d’une heure et demie, de recherche dans les tablettes des infractions pour tenter de trouver un motif « plausible », ce qui dénote une difficulté à justifier la recevabilité d’un amande irrecevable.
Des courriers étaient alors adressés aux acteurs de cette comédie, aux médias et aux blogs et sites, dont :
•    Lettre du Parti Ouvrier Européen
•    Lettre de Kelley-Eric Guillon, « sous-Pupille de la Nation de 39/45 » (Poste de Police – Maire de Crest, qui fit répondre par un de ses sbires – Préfecture – procureur de la république – Ligue des droits de l’Homme, ……)
L’affaire en était restée là.

Sauf que l’un des responsables du Collectif est traduit en justice pour avoir refusé de laisser faire cet abus de pouvoir et avoir refusé de payer le PV.
Il passera donc devant les juges le 16 Mars 2009 à 09H45 au tribunal de Die (26).

Ci jointe la photo de l’une des « pancartes » incriminées posées contre et au pied d’un panneau de signalisation routière (Coût du PV = 69 € - décidément tout est bon pour renflouer les caisses réputées vides, pour les citoyens, mais pleines de milliards pour les banques et les grands groupes industriels)

Rappelons nous la chasse, actuellement, menée contre tous ceux qui veulent dire, à leur façon, leur refus des dérives UMPS et qui osent encore dire, dénoncer, manifester leur désaccord.
•    le « casse-toi, pov’con » à double effet (celui qui peut le dire et celui à qui on interdit de le dire). Hervé Eon nous sommes de tout cœur avec toi
•    les poupées vaudoues
•    les poursuites et condamnation des gens de St Lo qui « agaçaient » les grandes oreilles du petit
Seront-ils le dernier rempart avant l’asservissement absolu, consenti et consentant, à un ordre nouveau qui ne sera pas le leur, mais auquel ils devront se plier ? La réponse est entre vos mains !
« Maréchal nous voilà…. », résonne à mon esprit et en mon cœur.

Il nous faut soutenir le droit à l’expression de nos mécontentements, pour ceux qui sont Drômois-Ardéchois (ou d’ailleurs)  par notre présence effective et nombreuse, dans la salle du tribunal et sur la place dudit tribunal.
Il nous faut le soutenir, à distance, en diffusant ce message à vos contacts mail, en leur demandant de diffuser à leur tour….
Il nous faut soutenir cette volonté de se réapproprier notre droit légitime en faisant paraître ce message sur les blogs/sites et accessoirement sur les médias……
Il nous faut le soutenir en lui adressant, par le biais de mon mail, des messages de soutien.
Il nous faut soutenir la Liberté d’Expression
Il nous faut soutenir la volonté de voir le dictateur et ses esclaves (politiques et autres) se « casser », tant qu’il est encore temps de le faire dans l’honneur et la dignité avant que le Peuple ne les y poussent vivement (le fameux « se soumette ou se démettre » pour incompétences)

Kelly-Eric Guillon,
« sous-Pupille de la Nation de 39/45 »
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Published by le Citoyen Thimèle - dans Libertés - Sécurité & Justice
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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 18:30

Par Malakine


Il y a deux ans et demi, au lancement de la campagne présidentielle, nous étions peu à nous revendiquer protectionnistes, nous, les chercheurs d'alternative, lecteurs de Todd, de Sapir, d'El Karoui ou Gréau. Il était difficile de nous faire entendre tant le sujet était tabou, ostracisé, ignoré par tous ceux qui pensaient détenir la vérité révélée des lois de l'économie. La vérité c'était le libre échange, la concurrence, la compétitivité. En dehors de la recherche, l'innovation et la spécialisation, point de salut dans l'inévitable et salutaire compétition mondiale.

Cette époque est déjà bien lointaine. Aujourd'hui, tout le monde ne parle plus que de protectionnisme. Même Sarkozy est accusé d'en faire avec son pseudo plan de sauvetage de l'industrie automobile, qui pourtant ne la protège, ni de la concurrence extérieure, ni de l'effondrement de la demande.

Entre temps la crise est passée par là. Le centre économique du monde et son modèle se sont effondré. Le marché autrefois jugé omniscient et infaillible est devenu synonyme de fraude, de cupidité et d'escroquerie. La mondialisation est en crise globale. Et il apparaît chaque jour que la relance dans le cadre d'une économie ouverte est tout simplement impraticable, personne ne souhaitant avec de l'argent public stimuler l'économie des voisins.

Le commerce mondial s'effondre déjà

S'il existe des encore des libre-échangistes par inertie mentale ou fossilisation intellectuelle, le libre échange en tant que modèle économique est mort du seul fait de la fermeture des débouchés par suite de la dépression mondiale. Comme le souligne Jean Luc Gréau, le commerce mondial s'effondre déjà alors qu'aucune barrière protectionniste n'a encore été mise en place.

Le monde entier est donc en train de redécouvrir le terme de protectionnisme, le plus souvent pour conjurer la tentation d'y succomber, mais de plus en plus, pour l'évoquer comme une porte de sortie à ne pas exclure. Le problème, c'est que le terme est tellement diabolisé par des bien-pensants, que le débat est inopérant.

Les thuriféraires de la mondialisation n'entendent pas perdre la face si vite, et même s'ils n'ont plus aucun modèle ni aucune solution à proposer, continuent de polluer le débat avec leurs représentations fausses et caricaturales. Pour continuer à appartenir au cercle de la raison, ils inventent de toute pièce un modèle repoussoir pour alerter l'opinion contre ses dangers mortels et qualifient de protectionnisme tout ce qu'ils réprouvent, de la xénophobie sur le marché du travail, aux aides d'État qui induisent une distorsion de concurrence en passant par les freins à la liberté de circulation des capitaux.

Reconnaissons qu'autrefois la diabolisation du vocable nous arrangeait bien. Le mot était tellement chargé négativement, tellement provocateur, tellement synonyme de rupture qu'il nous servait de concept-bélier pour attaquer symboliquement le système dans son ensemble. Nous savions pourtant, qu'il ne s'agissait pas d'un système alternatif clé en main comme le communisme avait pu l'être, mais simplement d'un instrument de régulation à redécouvrir pour recouvrer une certaine souveraineté économique, dans le cadre d'un système qui resterait capitaliste et libéral. Le protectionnisme n'était pas le point d'arrivée d'une prétendue société idéale, mais le point de départ de tout changement un peu profond.

Le changement de paradigme n'est plus une revendication. Il est devenu une nécessité.  Il est donc temps que le débat se déroule au sein d'un nouveau cadre que l'on qualifiera de « protectionniste » non plus sur son principe, mais sur ses modalités. Mais avant cela, il est nécessaire de repréciser ce que les « protectionnistes historiques » ont toujours entendu promouvoir.

Protectionnisme et retour du collectif

En préambule, il doit être rappelé que le protectionnisme n'est pas un repli égoïste sur son quant à soi sur le mode « Moi plutôt que les autres ». Le protectionnisme est l'antithèse du narcissisme contemporain ou de la loi de la jungle néolibérale. Il ne s'agit pas de se battre avec le voisins pour s'accaparer les quelques miettes qui restent.

Le plan discours de Sarkozy tendant à relocaliser les usines automobiles en France s'inscrit toujours dans un cadre de compétition généralisée où règne la loi du plus fort. Sarkozy revendique d'avoir voix au chapitre après avoir versé quelques milliards, de la même manière qu'un actionnaire entend influer sur la stratégie de l'entreprise dans laquelle il a investi pour assurer le meilleur rendement à son capital.

Le protectionnisme vise au contraire à restaurer l'idée du collectif et à redécouvrir la solidarité qui unit les agents économique au sein d'un même système. La frontière commerciale est davantage ce qui va unir les acteurs à l'intérieur, qu'un élément qui se défend contre les concurrents à l'extérieur.

Dans un système libéral ouvert, l'agent économique est seul dans une recherche de son intérêt personnel et immédiat maximum. Le consommateur cherche à acheter au meilleur prix. Le producteur, à produire au prix le plus bas. L'actionnaire, à maximiser le rendement de son épargne. Le salarié, le meilleur salaire. Le citoyen, le maximum d'avantages de l'Etat... Selon la théorie libérale, cette somme d'intérêts contradictoires et ces rapports de force doivent aboutir à la prospérité commune par la magie de la concurrence et de la main invisible du marché. On a vu le résultat !

Le protectionnisme vise à tout à l'inverse à recréer une notion de communauté économique au sein de laquelle les acteurs auront intérêt au développement mutuel de l'ensemble ou tout au moins à ne pas scier la branche sur laquelle ils sont assis.

Cela suppose une frontière qui définisse un « nous » et un sentiment d'appartenance suffisant pour faire naître une solidarité entre les agents économiques. Un consommateur, soucieux de donner du travail. Un producteur, de distribuer du pouvoir d'achat. Un actionnaire, du développement du marché comme de la production.

Le périmètre ne devra donc pas être trop étroit pour ne pas tuer toute concurrence en son sein, ni trop vaste pour ne pas voir réapparaître des comportements non-coopératifs à courte vue.

Protectionnisme et souveraineté économique

Dans un système de libre échange, le gagnant est toujours le moins disant. L'entreprise la plus «compétitive» est celle qui paie le moins ses salariés, celle qui fabrique avec le moins de normes, qui paie le moins d'impôts et de charges, qui a le salariat le plus docile et le plus flexible ect …

Lorsque la compétition met en jeu un nombre important d'Etats, elle s'étend vite aux systèmes sociaux. S'ils veulent conserver leur compétitivité, les Etats doivent baisser les salaires, réduire l'Etat providence, réduire les normes, diminuer les impôts. C'est exactement ce que le raisonnement de vient de tenir Sarkozy lorsqu'il a décidé de supprimer la TP.

Le protectionnisme vise à casser cette logique de concurrence fiscale, sociale et normative pour retrouver une souveraineté économique et la liberté de définir les règles qui encadrent l'économie. Plus question de faire de chantage à la perte de compétitivité ou de ne prétendre qu'on ne peut rien changer au système tout seul !

Protectionnisme et partage des richesses

Le couple financiarisation – libre échange a rendu impossible toute forme de lutte des classes. Les salariats sont entrés en concurrence les uns avec les autres et sans possibilités de s'allier, quand le patronat s'est dissous dans des lois économiques anonymes et impersonnelles. Dans ces conditions, le rapport de force ne peut que tourner à l'avantage du capital sur le travail.

Le protectionnisme vise à rétablir l'équilibre. En obligeant tout ou partie de la production à être localisée sur les lieux de consommation, le protectionnisme permettra aux salariés de mieux faire valoir leurs droits. Cette condition ne sera peut-être pas suffisante. D'autres mesures d'accompagnement seront probablement nécessaires (relance de l'inflation, taxation des revenus financiers, indexation des salaires …)

Il est en tout état de cause évident qu'un régime de libre échange ne permet aucune relance des salaires. Les polémiques actuelles sur l'impossible relance par la demande l'illustrent abondamment.

Protectionnisme, spécialisation et échanges extérieur

Le protectionnisme fait l'objet de deux séries de critiques récurrentes : Il ne permettrait pas aux économies de se spécialiser ce qui entrainerait une perte d'efficacité et il nous fermerait aux échanges internationaux, ce qui nous priverait des innovations venues de l'étranger. Les deux critiques sont infondées.

La spécialisation s'effectue naturellement et spontanément au sein du périmètre protégé. L'industrie française a toujours été organisée en pôles spécialisés. Il est d'ailleurs possible d'encourager encore ce mouvement au travers de politiques comme les pôles de compétitivité.

En outre, rien n'interdit une forme de spécialisation à l'échelle mondiale. Il ne sera nullement nécessaire de protéger tous les secteurs, même ceux sur lesquels on n'est pas présent. Le protectionnisme ne vise pas à l'autarcie. La tertiairisation des sociétés développées ne permettrait d'ailleurs plus que l'on y fabrique sur place tout ce que l'on y consomme.

On peut ainsi imaginer, qu'aux termes de négociations commerciales, les grandes zones commerciales se reconnaissent des spécialités et abandonnent certaines production à telle ou telle zones voisines ou partenaires, pour ne protéger que les secteurs jugés stratégiques ou vitaux. Dans ces conditions les échanges internationaux substitueraient. Ils pourraient même se remettrent à croire à mesure que la demande se redressera avec le rééquilibrage entre salaires et profits.

L'argument de la fermeture à l'innovation ne tient pas davantage. Les libre échangistes fossilisés aiment ressortir l'argument de la Trabant (voir la chronique de Philippe Manière dans le dernier Marianne) A les entendre, si que les pays de l'Est étaient technologiquement en retard c'est parce qu'ils étaient protectionnistes, rien à avoir avec le fait qu'ils étaient communistes.

Pourtant le protectionnisme n'implique par la fermeture à la circulation des capitaux, pas plus qu'il n'implique une fermeture à l'immigration. Le but n'est pas de produire « français » mais de produire « en France » aux conditions françaises. Quand bien même on empêcherait l'importation de véhicules hybrides du Japon par des taxes prohibitives, rien n'empêcherait Toyota d'installer en Europe une usine de fabrication de sa Prius.

Aujourd'hui, ce qu'on appelle compétitivité n'a plus grand-chose à voir avec la qualité intrinsèque des produits. Il s'agit uniquement d'organiser une folle concurrence par les coûts. C'est cette concurrence - là et uniquement celle là - que les protectionnistes récusent.

La question n'est plus aujourd'hui de savoir si le protectionnisme est la solution ou une tentation à combattre : la globalisation libre échangiste est en crise et ne permet aucune issue à la crise. Nous devons donc changer de paradigme.

La résurgence du thème du protectionnisme n'est que le symptôme de l'écroulement des dogmes anciens et du système économique qu'ils ont produit. La diabolisation du vocable n'est qu'une tentative de nier la réalité de la crise et de l'impossibilité de s'en sortir par les voies traditionnelles.

Si nous vivions dans un monde rationnel, nous débattrions sereinement des moyens permettant une relance des salaires et de l'investissement productif, de la juste dose de protection à mettre en place, de la bonne taille du marché intérieur, des secteurs de la production à protéger et des moyens de le faire, des mesures d'accompagnement à mettre en place en interne et avec les autres ensembles économiques mondiaux.

Si nous étions dans un monde rationnel, nous tenterions d'imaginer un modèle alternatif à celui qui s'écroule sous nos yeux.

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Economie & Social
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