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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 21:53
« Ils m'appellent tyran. Si je l'étais, ils ramperaient à mes pieds, je les gorgerais d'or, je leur assurerais le droit de commettre tous les crimes, et ils seraient reconnaissants. Si je l'étais, les rois que nous avons vaincus, loin de me dénoncer (quel tendre intérêt ils prennent à notre liberté ! ) me prêteraient leur coupable appui ; je transigerais avec eux. Dans leur détresse, qu'attendent-ils, si ce n'est le secours d'une faction protégée par eux, qui leur vende la gloire et la liberté de notre pays ? On arrive à la tyrannie par le secours des fripons ; où courent ceux qui les combattent ? Au tombeau et à l'immortalité. »
Robespierre, dernier discours (8 thermidor an II)


Pour les républicains sincères, ce 28 juillet 2008 marque l’anniversaire funeste du 10 thermidor an II où les derniers soutiens de la cause populaire tombèrent sous le coup d’une conspiration de terroristes, de bourgeois et d’ennemis du Bien public. Comme le reconnurent beaucoup dès le début du XIXième siècle, et même certains des assassins de Robespierre, le cours de la Révolution Française eut été bien différent si l’effort démocratique et social du gouvernement de Salut Public n’avait été réduit à néant par des factieux. Avec Thermidor, c’est un idéal républicain de justice et de progrès sociaux, puisant ses sources dans le Contrat Social de Rousseau, que l’on s’applique encore aujourd’hui à salir en perpétuant jusque dans nos salles de classe les calomnies des thermidoriens, largement démasquées depuis par plusieurs générations d’historiens. Face à tous les nouveaux muscadins qui dénigreront une fois de plus la figure de Robespierre, Voltaire République reprendra à son compte ces mots de Jaurès : « ici, sous ce soleil de juin 93 qui échauffe votre âpre bataille, je suis avec Robespierre, et c’est à côté de lui que je vais m’asseoir aux Jacobins. Oui, je suis avec lui parce qu’il a à ce moment toute l’ampleur de la Révolution.[…]Hors de lui le reste est secte. » (Histoire de la Révolution française, 1903)


Nous donnons ici la liste des patriotes, figures majeurs ou illustres inconnus, qui succombèrent le 10 Thermidor à la conspiration :

§    -Jean-Claude Bernard, ex-prêtre, membre du Conseil général de la Commune ;
§    -Charles-Jacques Bougon, membre du Conseil général de la Commune ;
§    -Christophe Cochefer, ancien tapissier et membre du Conseil général de la Commune ;
§    -Georges Couthon, député de la Convention ;
§    -Jean-Barnabé Dhazard, perruquier, membre de la Commune ;
§    -René-François Dumas, ex-président du Tribunal révolutionnaire ;
§    -Jean-Baptiste Fleuriot-Lescot, maire de Paris ;
§    -Jean-Etienne Forestier, fondateur et membre de la Commune ;
§    -Antoine Gency, tonnelier, membre du Conseil général de la Commune ;
§    -Adrien-Nicolas Gobeau, ex-substitut de l’accusateur public, membre de la Commune ;
§    -Étienne-Nicolas Guérin, ex-caissier général de la manufacture de Gressy, membre du Conseil général de la Commune ;
§    -François Hanriot, ex-commandant de la garde nationale ;
§    -Denis-Étienne Laurent, officier municipal ;
§    -Jean-Baptiste de Lavalette, ex-général de brigade de l’armée du Nord ;
§    -Claude-François de Payan, agent national à la Commune de Paris ;
§    -Jean-Marie Quenet, marchand de bois, membre de la Commune de Paris et administrateur ;
§    -Augustin Robespierre, député de la Convention ;
§    -Maximilien Robespierre, député de la Convention ;
§    -Louis-Antoine-Léon Saint-Just, député de la Convention ;
§    -Antoine Simon, cordonnier, geôlier du Dauphin ;
§    -Nicolas-Joseph Vivier, juge au Tribunal révolutionnaire du troisième arrondissement et président des Jacobins la nuit du 9 au 10 thermidor ;
§    -Jacques-Louis Frédéric Wouarmé, employé à la Commission du commerce et membre de la Commune de Paris.


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Published by le Citoyen Thimèle - dans CULTURE & MEMOIRE REPUBLICAINE
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27 juillet 2008 7 27 /07 /juillet /2008 00:55

"
Le peuple. Les citoyens. Les étrangers. Les nationaux. La laïcité. Les droits de l'Homme. L'universel... Que signifient au fond ces mots trop usés, sans cesse invoqués et rarement définis ? La République, répétons-nous, à tout bout de champ. Bien sûr, mais encore ? De quoi parle-t-on, en fait ? Questions élémentaires, donc fondamentales. Une jeune fille qui va bientôt voter est en droit de s'interroger. Un ancêtre attentif peut tenter de lui répondre, en termes simples et accessibles à tous. Cela s'appelait jadis l'instruction civique.
"

Régis Debray, La République expliquée à ma fille, Editions du Seuil, 1998

Tous les hommes politiques, ou presque, se réclament de la République. A tel point que le mot ne voudrait plus rien dire. A tel point que le citoyen le moins averti n'en reconnaît plus ses vrais défenseurs des imposteurs.
Face à cela, Régis Debray s'est lancé, il y a de cela dix ans, dans l'écriture d'un petit mais très instructif manuel pédagogique, qui n'a absolument pas perdu en actualité - et en pertinence. Sous la forme d'un dialogue entre lui et sa propre fille, dans un langage clair et accessible à tous, il répond en effet à quelques questions élémentaires et fondamentales sur cette République et ses valeurs que chaque citoyen et citoyen en devenir est susceptible de se poser.
Manuel d'émancipation, véritable plaidoyer pour la République, cet ouvrage est plus que jamais à mettre entre toutes les mains !

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