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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 19:11

La Commission européenne vient de lancer une nouvelle attaque massive contre le Code du Travail de plusieurs pays européens, dont la France.

Les Commissaires européens, qui n’ont jamais été élus à ces fonctions stratégiques par qui que ce soit, et parmi lesquels on compte 1 Français sur 27, ont en effet décidé de mettre à l’ordre du jour leur projet de révision de l’actuelle Directive européenne sur le temps de travail.


Ce projet, qui sera examiné au prochain conseil des ministres européens de l’Emploi et des Affaires sociales le 9 juin à Luxembourg, prévoit le maintien et la pérennisation de la procédure dite d’« opting out », procédure qui permet à une entreprise de déroger, dans un cadre individuel, à la règle du maximum de 48 heures hebdomadaires de travail. Rappelons que cette règle des 48 heures de travail maximum par semaine avait été établie pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs, de même que leur bien-être et leur vie de famille.

L’Europe veut repousser de 48 à 60 heures la durée maximum de travail autorisée

Si cette nouvelle Directive européenne banalisant le travail au-delà des 48 heures par semaine est avalisée par les ministres des 27 États européens, les salariés ne disposeront alors plus que d’une ultime protection juridique : la Commission européenne propose de limiter la durée maximale hebdomadaire à 60 heures de travail calculée en moyenne sur trois mois. Du reste, le même projet de révision de la Directive prévoit aussi d’étendre à 12 mois, au lieu de 3, la période de référence pour le calcul de la durée moyenne de travail hebdomadaire.

Autant dire que ce que la Commission européenne a en tête, c’est bien de rendre licites, sinon banales, des semaines de travail pouvant aller jusqu’à 60 heures.

Elle se retranche hypocritement derrière l’idée que cette durée résulterait de « négociations » effectuées par les entreprises au cas par cas avec leurs salariés. Mais, compte tenu de la situation de l’emploi et de la précarisation croissante des contrats de travail, il n’est pas besoin d’être devin pour prévoir que ces « négociations » opposant le salarié-pot-de-terre à l’employeur-pot-de-fer risqueront de tourner rapidement à l’alternative : « c’est 60 heures de travail par semaine ou vous prenez la porte. »

Cerise sur le gâteau, ce projet de « modernisation » de la Directive européenne sur le temps de travail prévoit également que le temps de garde sur le lieu de travail ne soit plus considéré comme temps de travail effectif, contrairement à la jurisprudence européenne actuelle.

Une régression sociale de 90 ans en arrière

La « modernisation » concoctée par les dictateurs de Bruxelles revient, avec un cynisme consommé, à affubler du terme de modernité ce qui constitue au contraire une formidable régression sociale. Comme vient de s’en indigner le syndicat FO, il s’agit en effet rien moins que de supprimer la limite des 48 heures de travail hebdomadaire, durée qui avait été fixée par la Convention n°1 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) en... 1919 !

Cette régression sociale de 90 ans en arrière est si spectaculaire que ce projet de révision de la Directive sur le temps de travail - voulu par la Commission européenne depuis des années - a été bloqué depuis des années par quelques États, dont la France. Mais cette fois-ci, il est possible qu’elle soit enfin entérinée par les 27 ministres de l’Emploi et des Affaires sociales qui doivent se réunir à Luxembourg.  Les lobbys industriels très actifs auprès de la Commission européenne exercent une pression considérable, de nombreux nouveaux États membres y sont favorables, et plusieurs capitales jusque-là rétives, dont Paris et Londres, ont souligné cette semaine leur volonté d’aboutir sur ce texte.

CONCLUSION : LE VISAGE HIDEUX DE LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE

Avec ce goût pour les antiphrases cyniques et odieuses qui est celui de toutes les dictatures, la « construction européenne » est une déconstruction de tout ce qu’avaient bâti nos aïeux. Sa prétendue « modernité » camoufle un retour impitoyable et sournois à l’Europe du XIXe siècle. Avec les enfants que l’on est en train de remettre au travail à partir de 12 ans, avec des semaines de travail de plus en plus interminables, avec une précarité sociale croissante et tous azimuts, avec la paupérisation du plus grand nombre tandis qu’une infime minorité de fortunes indécentes donne des leçons de morale, la construction européenne nous ramène avec obstination et aveuglement à l’Europe de Dickens.

Ainsi donc, la « construction européenne » apparaît chaque année un peu plus pour ce qu’elle est : une phénoménale régression historique, politique, économique et sociale, une sorte de Restauration dans l’esprit de Louis XVIII et du retour de ces nobles émigrés qui n’avaient, selon le mot fameux de Talleyrand, « rien oublié, ni rien appris ».

La dictature européenne est en train de faire régresser la France et tout le continent européen vers une situation moralement inhumaine et socialement explosive, celle-là même qui provoqua toutes les convulsions tragiques des deux siècles passés.

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Economie & Social
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8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 12:03


On le sait, nos chers amis européistes, qui prétendent penser mieux que tout le monde, excellent dans l'art de mépriser les peuples. Que ce soit dans les menaces et culpabilisations incessantes, dans l'insulte gratuite ou dans le piétinement des volontés populaires, ils semblent même y prendre un malin et délicieux plaisir. Cette semaine, les peuples néerlandais et irlandais ont reçu les honneurs de l'intelligentsia européiste. Aussi jouissif pour ces derniers que révoltant pour tout citoyen qui se respecte.

 Le "non" néerlandais liquidé, trois ans après

 Le jeudi 5 juin, trois ans quasiment jour pour jour après le "NON" des Néerlandais à la Constitution européenne, le Parlement des Pays-Bas ratifiait sa quasi-copie, le Traité de Lisbonne, à une majorité de 111 voix contre 39. Ce qui est un véritable viol de la démocratie s'est pourtant déroulé dans la plus stricte indifférence générale, comme en France il ya trois mois. Au plus grand bonheur des intégristes "européens", qui savourent allègrement le fait d'avoir mis à terre la volonté populaire. On achève bien les consciences citoyennes...

Irlandais, marche ou crève !


Le lendemain, pourtant, la ratification du traité par l'Irlande, qui doit s'y faire par référendum, semblait compromise. En effet, le quotidien Irish Times publiait un sondage donnant pour la première fois le "non" en tête à 35 %  contre 30 % au "oui" - 28 % restant indécis. La probabilité d'un "non" Irlandais, à une semaine du scrutin, a littéralement délié les langues des grands démocrates européistes. Réagissant à ce sondage, la propagande "oui-ouiste" a redoublé d'efforts, passant des arguments bling-bling (voir photo ci-dessus) à ceux catastrophistes, non moins sérieux. Dirigeants et éditorialistes de toute l'Europe sont venus à la rescousse, exhortant les Irlandais à choisir entre "oui", et ce qu'ils appellent la "catastrophe", la "crise" ou encore le "chaos". La Commission européenne a précisé qu'il n'existait pas de "plan B". D'autres ont rappelé que les Irlandais n'avaient aucune raison de se plaindre d'une Europe qui l'a engraissée financièrement. En d'autres termes, les Irlandais doivent faire ce qu'on leur dit : ils n'ont pas le choix et n'ont pas à se protester. Que l'"Europe" leur impose à longueur de temps leur sinistre diktat et aliène leur liberté, cela est évidemment secondaire. On le sait, la sauvegarde de la démocratie, partout en Europe, ne fait absolument pas partie des soucis des "européens" bien-pensants, loin de là.

Rendez-vous jeudi prochain

La semaine prochaine, jeudi 12 plus précisément, aura donc lieu le référendum irlandais. Nul doute que d'ici là, et bien sûr au-delà, l'entreprise jouissive va continuer. Nul doute que la machine propagandiste de l'intelligentsia européiste va tourner à plein régime. Nul doute que les donneurs de leçons d'après-scrutin-négatif-européen se tiennent déjà prêts.

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