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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 19:52
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Par Marc Isulnoy


Le 9 mars dernier, le Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN) remettait à M. Brice Hortefeux, Ministre de l’Intérieur et à M. Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères, un rapport de 129 pages, contenant 50 propositions pour lutter contre le racisme et le communautarisme. L’on s’étonnera tout d’abord que messieurs Hortefeux et Kouchner aient demandé au CRAN un rapport pour lutter contre le racisme et le communautarisme. Mme Alliot-Marie, Ministre de la Justice, aurait-elle eu l’idée de confier à Marc Dutroux la rédaction d’un rapport pour lutter contre la pédophilie ?


En effet, le président du CRAN, M. Patrick Lozès, sut nous régaler à maintes reprises de ses fines saillies. L’on se souvient qu’il avait appelé à l’abolition des « privilèges » des blancs, ou encore que le pendant du CRAN pour les blancs était… le Front National ! C’est également ce monsieur qui, en tête de son blog, a fait figurer cette noble profession de foi : « Noir, tout simplement ». Tout un programme ! En fait, ces trois mots résument très bien à eux seuls les principes essentiels du CRAN. Il s’agit d’un mouvement racialiste, dont la couleur de peau constitue la clé de voûte.


L’on pourrait donc s’en tenir là, sans aller plus avant dans l’étude d’un rapport assez consistant. Cependant, la lecture de ce rapport et l’analyse de ses propositions est une nécessité pour comprendre à quel point celles-ci sont dangereuses, non seulement pour notre cohésion sociale, mais aussi pour notre démocratie et nos valeurs républicaines, constamment mises à mal dans le dit rapport. Ce dernier, qui n’évite d’ailleurs pas le verbiage pseudo-intellectuel, ni le jargon sociologisant, dans le but probable de noyer le poisson, est divisé en trois parties principales. La première fait un état des lieux du racisme et des discriminations en France, la seconde en expose les enjeux, la troisième enfin contient les 50 propositions « pour le vivre ensemble ». Il a été rédigé par une commission dont faisait partie M. Lozès, qui pour ce faire a auditionné 26 personnalités.

Le principal présupposé, véritable pierre angulaire du rapport, est que les problèmes majeurs que connaît la France sont le racisme et la discrimination et qu’ils s’expliquent largement par son Histoire. Dans une approche que ne renieraient pas les militants du PIR, le racisme est présent depuis les années 1970 et est le fruit de notre héritage. Le racisme dont seraient depuis toujours victimes les Maghrébins n’est que le résultat de la rancœur nationale liée à la perte de l’Algérie en 1962. Ainsi, la France recréerait un espace colonial à l’intérieur même de ses frontières où elle confinerait les immigrés, véritables citoyens de seconde zone. Le lecteur apprend également que les Nord-Africains ne sont pas les seuls boucs-émissaires d’une France néo-coloniale. A sa grande surprise, les Chinois de France seraient eux-aussi victimes « d’un racisme quotidien » qui se traduirait par des violences à leur égard.


Le rapport parle même le plus sérieusement du monde d’un « péril jaune » dénoncé par de nombreux Français. L’on finit par trembler à l’idée que des restaurants asiatiques puissent être frappés par une Nuit de Cristal d’un nouveau genre. C’est oublier un peu vite que les asiatiques, travailleurs et sérieux, ne font pas parler d’eux et n’exigent pas de droits spécifiques. Il est par ailleurs piquant de constater que ce rapport fait l’impasse sur la première partie du 20ème siècle, qui vit l’installation en France de nombreuses vagues d’immigrés italiens, polonais, etc… Leur assimilation ne fut pas aisée et pourtant, ils finirent par se fondre dans la masse sans exiger d’avantages liés à leurs racines. Mais dans ce pavé de 129 pages, la guerre d’Algérie est l’origine principale des difficultés rencontrées par les immigrés sur le sol français.


Bien entendu, notre Histoire, décrite comme « une mémoire dominante, officielle, hégémonique […] doit être nuancée, relativisée, voire réécrite ». Oui, vous avez bien lu ! Il ne s’agit rien moins que de réviser l’Histoire de France pour complaire à quelques lobbys minoritaires. Il est de même interdit pour les censeurs du CRAN de discuter du bien-fondé de la loi Taubira de 2001 reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’Humanité. Les historiens comme M. Pétré-Grenouilleau, qui offrent une réalité plus nuancée de l’esclavage, qui ne se réduit pas à un crime commis par les blancs, ainsi que les pétitions de ces mêmes historiens contre les lois mémorielles, sont ainsi voués aux gémonies.


Du racisme découle le communautarisme. En effet, pour le CRAN « la lutte contre le communautarisme relève parfois d’un racisme déguisé ». Si l’on comprend bien, les replis communautaires seraient le produit du racisme, les victimes de discriminations ayant naturellement tendance à se regrouper pour faire valoir leurs droits et « affirmer une identité positive ». L’on notera au passage que ce rapport trouve tout à fait normal que les « minorités » puissent affirmer leur identité, quand ce droit est dénié à la majorité des habitants de ce pays. Le communautarisme reproché à certaines minorités n’est donc que la conséquence des politiques discriminatoires à leur encontre. Les revendications spécifiques telles que repas hallal dans les écoles, créneaux réservés aux femmes dans les piscines, etc… ne sont donc que pur « fantasme » ou « obsession franco-française » pour reprendre quelques expressions employées dans le rapport. De là à remettre en cause le « modèle français d’intégration » (qui était d’ailleurs assimilationniste il n’y a pas si longtemps), il n’y avait qu’un pas allègrement franchi par la commission du CRAN.


Ses rédacteurs n’ont d’ailleurs pas hésité à qualifier ce modèle « d’hypocrite ». Les groupes minoritaires doivent donc être reconnus, ce qui passe par une éducation multiculturelle et la reconnaissance de leurs droits politiques et sociaux. Il ne surprendra personne que l’universalisme soit fustigé. Ne reculant devant aucun sacrifice, les auteurs du rapport ont même innové en définissant un nouveau concept : celui de « républicanisme » ! Il s’agit « d’une idéologie dévoyant l’idée de République pour en faire une injonction, ou une incantation sans contenu, qui nie les particularités, les aspirations et les réalités communautaires ». Ce document, qui prétend lutter contre le communautarisme si l’on en croit son intitulé, cherche donc à favoriser ce communautarisme par la mise en avant des différences culturelles ! Comprenne qui pourra…


La définition du racisme, notion qui imprègne tout le rapport, est sommairement mentionnée pour être tout aussi prestement évacuée. En effet, les rédacteurs parlent bien d’une « perspective biologique, essentialiste, du racisme ». Dans le dictionnaire, ce mot est bien défini de la manière suivante : « Idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérachie entre les groupes humains, les races ». Mais, pour les idéologues du CRAN, cette définition, claire comme de l’eau de roche, ne saurait suffire. Le racisme biologisant s’accompagne du « racisme culturel ou différentialiste ». Et ces messieurs de déplorer la dilution de la lutte contre le racisme dans une vision plus large de la lutte contre les inégalités sociales. Un antiracisme abstrait est ainsi opposé à un antiracisme concret visant à « réparer concrètement, voire à prévenir, les injustices ».

L’on comprend aisément que la lutte contre le racisme en tant que tel n’est pas l’essentiel, qui est d’obtenir des avantages matériels fondés sur la seule couleur de peau. Et ces messieurs de regretter que « la diversité paraît avoir absorbé, dans un même mouvement le débat sur les inégalités sociales, les discriminations et le racisme ». Tout en jurant la main sur le cœur ne pas vouloir hiérarchiser les combats, « mais de singulariser l’action contre le racisme et les discriminations fondées sur la couleur de la peau ». Tout est dit. La question cruciale des inégalités sociales passe à la trappe pour faire place nette à la lutte des races.


Ce qui n’empêche nullement les éminences du CRAN de vouloir une égalité parfaite. Pour cela, elle doit passer par l’attribution de droits différents. Effectivement, la législation actuelle ne va pas assez loin. « La discrimination, en devenant un argument de lutte pour l’égalité de traitement, appelle une justification de la différenciation au centre du mécanisme égalitaire ». L’égalité de fait doit donc supplanter l’égalité de droit, quitte à prendre des libertés avec la généralité de la règle de droit, qui doit s’appliquer uniformément à tous, sans considération de race, de sexe ou d’autre particularisme. Les audacieux commissaires vont même jusqu’à affirmer que « l’égalité en droit des citoyens aboutit […] à nier le mécanisme même de l’égalité », bafouant ainsi les principes de l’égalité tout comme ceux de l’Etat de droit. Pour résoudre les inégalités, qui sont toutes, bien entendu, liées à la couleur de peau, il faut donc traiter les citoyens (blancs, noirs…) différemment. Elementaire, mon cher Watson !

 

Tout cela nous amène aux 50 propositions qui se déclinent en quatre catégories principales : observer et mesurer, agir sur le terrain économique, agir sur le terrain politique et social et agir dans le domaine de la culture et de l’éducation. L’on évoquera rapidement sur certaines propositions, comme la création d’un festival des médias de la diversité ou d’une fête nationale de la diversité et de l’égalité, qui semblent relever du folklore, bien qu’elles trahissent une indéniable volonté de formater les consciences. D’autres sont sans conteste bien plus nocives et méritent donc à ce titre d’être davantage développées.


Les deux mesures phares de ce dossier sont la création d’un Observatoire national du racisme, ainsi que l’instauration de statistiques de la diversité. Cet Observatoire se veut « un instrument indispensable pour les politiques publiques en matière de lutte contre le racisme » qui aura vocation à faire des études sur le racisme, à rédiger un rapport annuel sur le racisme (dont on peut sans craindre de se tromper, penser qu’il sera tout aussi nuancé et objectif que le présent rapport), ainsi qu’à émettre des recommandations et à coopérer main dans la main avec la HALDE. L’un de ses axes de travail sera « la question préoccupante » du racisme sur internet. Nous voilà prévenus.


Bien loin d’être impartial, cet Observatoire sera un outil de plus au service de la police de la pensée. M. Yazid Sabeg, Commissaire à la Diversité et à l’Egalité des Chances, personnalité auditionnée par la commission, ne s’en cache d’ailleurs pas : « Je suis pour créer un observatoire qui puisse délivrer un recueil de bonnes pratiques aux enseignants, aux entreprises, aux associations ». Mais que serait cet observatoire sans quelques bonnes compilations de statistiques ? « Pour lutter contre les discriminations […], il convient d’instaurer des statistiques de la diversité, anonymes, autodéclaratives, facultatives, sans constitution de fichiers, validées par la CNIL ». Le CRAN ne se contente pas de faire fi de l’Etat de droit, il prend aussi ses lecteurs pour des imbéciles.


Qui peut imaginer une seule seconde que le CRAN, qui a fait des statistiques ethniques (pudiquement dénommées « statistiques de la diversité » dans le rapport) son cheval de bataille, puisse souhaiter que ces statistiques soient facultatives et autodéclaratives ? Bien entendu, ces statistiques doivent aider les « discriminés » à obtenir les droits qui leur sont dûs. Leur champ d’application concernera d’ailleurs l’emploi, le logement et la représentation politique. Ces statistiques revêtiront une importance capitale pour la mise en œuvre des propositions économiques, destinées à lutter contre le chômage qui ne frappe que les minorités visibles. C’est ainsi que nos cranologues n’ont pas peur d’écrire que « Les Français des minorités visibles […] quand ils sont balayeurs, le restent de père en fils parce que toutes les portes leurs sont fermées », occultant la réussite par leurs propres talents de nombreux Français d’origine étrangère, mais également les difficultés sociales auxquelles se heurtent les petits blancs.


Cependant, pour le CRAN, les blancs étant des privilégiés de par leur couleur de peau, seuls les minorités méritent d’être aidées sans aucune contrepartie. C’est ce postulat qui sous-tend les propositions économiques dont les plus caractéristiques sont la création d’une administration dédiée à la création d’entreprises de la diversité, le conditionnement des aides publiques et des marchés publics à l’obtention du Label Diversité ou la création d’un Fonds de soutien à la lutte contre le racisme. Les emplois actuellement fermés aux étrangers devront également leur être ouverts, oubliant que pour être fonctionnaire, il faut avoir la nationalité française, ce qui semble pas une exigence excessive quand on aspire à travailler pour l’Etat.

Néanmoins cette règle, valable dans tous les pays du monde reste secondaire pour les auteurs du rapport qui désirent pour les minorités l’obtention du maximum de droits avec le minimum de devoirs. Pour couronner le tout, ce rapport préconise la régularisation des sans-papiers ayant vocation à s’installer durablement en France. L’on peut d’emblée se demander si les immigrés clandestins ont bien vocation à rester durablement en France. Qu’il nous soit permis de penser le contraire, en ces temps de chômage persistant des travailleurs Français et étrangers en situation régulière.


Cette proposition, qui n’étonnera pas grand monde, ne nous épargnera pas les habituels poncifs du genre, comme celui selon lequel les travailleurs clandestins occuperaient des emplois que les Français ne veulent plus faire. Mais le CRAN, qui accumule les contradictions dans son argumentation, est prêt à jouer les négriers des temps modernes en offrant une main d’oeuvre à bas coût au grand patronat. L’on ne saurait d’ailleurs reprocher au CRAN une quelconque frilosité entrepreneuriale, puisqu’il souligne à l’envi l’adaptabilité de la « diversité française », dont le bilinguisme et le multiculturalisme sont des atouts pour les entreprises.


C’est exactement la même logique qui prévaut aux Etats-Unis et dans les pays anglo-saxons en général, qui sont, en matière économique, comme en matière de promotion du multiculturalisme, la référence incontournable du rapport. Rappelons donc aux membres du CRAN l’article 6 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui fait partie du bloc de constitutionnalité français : « La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. » Non, M. Lozès, les Français « divers », comme vous les appelez, n’ont pas besoin de vos mesures misérabilistes et paternalistes pour réussir par eux-mêmes dans notre pays !


L’on se réservera le pire pour la fin. Non contents de fouler aux pieds les fondements de notre République, ces tristes sires opèrent un véritable démolissage en règle des principes démocratiques. Notons d’abord la création d’un ministère de la Diversité (que pourrait peut-être occuper M. Lozès ?) qui sera « chargé de coordonner les différentes actions, publiques et privées, menées pour la diversité en France ». L’on se pince également à la lecture de la proposition visant à créer un conseil de la diversité dans le but d’instaurer un dialogue permanent entre toutes les communautés. L’on apprend à cette occasion que « le meilleur moyen de lutter contre le communautarisme est de donner un espace d’expression public aux communautés ». Là, les masques viennent de tomber et de révéler le vrai visage du CRAN, celui d’un mouvement visant à atomiser le corps social en de multiples communautés dont l’existence sera ainsi officieusement légitimée.

Dans la foulée, il fallait bien qu’une proposition soit consacrée aux accommodements raisonnables. Ainsi le calendrier des fêtes religieuses devrait tenir compte des fêtes religieuses autres que chrétiennes, et les musulmans qui « loin de dominer l’espace public, font au contraire l’objet de discriminations massives dans la pratique de leur culte », devraient voir certaines de leurs revendications satisfaites. Toutefois, noyées dans cette masse gluante, deux propositions, particulièrement scandaleuses, ne peuvent qu’attirer l’attention. La première exige que l’on fixe un objectif de 10% d’élus de la diversité dans les élections locales pour favoriser l’intégration politique des minorités. Or, les élus ne représentent pas une couleur de peau, ni une religion, ni un sexe... mais la Nation dans son ensemble, évidence qu’il convient de rappeler encore et encore. L’objectif ultime à atteindre, écrit noir sur blanc dans le rapport est « que demain, nous puissions avoir un président de la République issu des minorités visibles ». En imposant par la force des candidats « divers » et en obligeant les Français à voter pour eux ?


Lamentable vision de la démocratie, réduite à un partage clientéliste du gâteau électoral. C’est cette même vision qui anime la seconde proposition, encore plus audacieuse que la précédente. Il ne s’agira rien moins que d’effectuer, à l’occasion de la création des Conseillers territoriaux, un redécoupage électoral qui tienne compte de la diversité de la population dans les territoires et en particulier […] dans les quartiers difficiles ». Une fois de plus, les Etats-Unis sont mis à l’honneur avec les « safe districts » (« circonscriptions sûres »), découpés sur mesure à New-York pour permettre la représentation des minorités. Ce viol démocratique dissimule cependant mal les intentions de nombre de membres du CRAN, qui sont d’assouvir leurs ambitions politiques à n’importe quel prix, y compris au détriment de l’intérêt général. Leur médiocrité ne leur permettant certainement pas d’envisager une carrière politique par des moyens réguliers, seules des mesures différentialistes pourront les y aider. Assurément, le cranesque rapport n’est d’aucune utilité contre le racisme. Il constitue en revanche une arme redoutable pour dissoudre la cohésion sociale, diviser en communautés plus ou moins antagonistes et cherchant chacune à tirer la couverture à elles pour l’obtention de nombre de droits spécifiques, tout en ressassant un racisme anti-blanc et une haine de la France et de ses institutions qui n’osent pas dire leur nom. Cette copie de très mauvaise qualité, qui au mieux enfile les clichés comme des perles, au pire fourmille de mesures dangereuses pour l’Etat de droit comme pour la démocratie et les droits de l’Homme, ne mérite qu’une seule note : le zéro pointé.

 

Riposte Laïque

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Combat Républicain
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 18:56
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Ils sont devenus fous ! Sous l'impulsion d'un pouvoir politique pétri de culture communautariste américaine, tout le monde se met à la "diversité" : les entreprises, les médias, les grandes écoles, les administrations, etc.

Commençons par clarifier les termes, parce qu'ils sont volontairement toujours flous.
Par "diversité", il faut entendre "diversité ethnique, des couleurs". Le pouvoir peut bien tenter de nous faire croire de temps à autre qu'il encourage par ses initiatives la diversité sociale, il n'en est rien.
Le concept actuel de diversité n'a pas été inventé en France ; il s'agit d'un courant de pensée américain, qui a imposé à partir des années 1960 dans ce pays la discrimination positive, via l'instauration de quotas ethniques, d'abord dans les universités.
Aujourd'hui, alors que le Medef, tout le CAC 40 et l'ensemble des ministres n'ont plus que ce mot à la bouche, dites-vous qu'il ne s'agit pas un instant de favoriser la mixité sociale via une réduction des inégalités économiques et sociales, mais bien d'importer dans notre pays cette vision de la société communautariste et ethnique. Avec un avantage substantiel à la clé : en faisant, la main sur le coeur, la promotion de la "diversité", on se trouve une cause de substitution bien pratique, qui évite d'avoir à lutter contre les inégalités économiques et sociales. Il est en effet bien plus aisé de créer des filières ethniques, mêmes déguisées, dans les grandes entreprises ou les grandes écoles que de mettre en place les politiques qui permettraient réellement aux enfants des milieux populaires de franchir la porte des meilleurs établissements. Ces politiques nécessiteraient une refonte complète de l'école et une nouvelle répartition des richesses dont personne ne veut en haut lieu.

La diversité remplace donc progressivement le combat contre les inégalités, à l'instar de ce qu'ont vécu les Etats-Unis il y a 50 ans. Cette évolution a été très bien dépeinte par l'écrivain Walter Benn Michaels dans son livre "la diversité contre l'égalité". Il y explique notamment qu'en 50 ans de promotion de la "diversité", les inégalités économiques et sociales n'ont jamais autant progressé aux Etats-Unis.

Liberté, diversité, fraternité : serait-ce la nouvelle devise de notre pays ?


Diversité, diversité, diversité serait plus adapté encore, tant la tempête de la discrimination positive est en train de balayer notre République et ses principes d'égalité et de méritocratie.

Encore aujourd'hui, le ministre de la culture Frédéric Mitterrand annonce qu'il songe à remplacer Patrick de Carolis à la tête de France Télévisions, afin de le remplacer par "un représentant de la France plurielle, nourrie par une véritable diversité culturelle".
Ne pensez pas qu'il envisage un instant de nommer une forte personnalité, enfin en rupture avec le cirage de botte traditionnel, et bien décidée à défendre l'indépendance des médias face aux pressions de tous ordres. Non, Frédéric Mitterrand a une tout autre diversité en tête : il veut un noir, tout simplement. Désolé de devoir dire les choses un peu crûment, mais il faut bien appeler un chat un chat. Il s'agirait d'Alexandre Michelin, déjà en charge de la promotion de la "diversité" dans le cinéma français.

Autre exemple de cette folie furieuse de la diversité : les "labels de la diversité", créés par l'Etat en 2009 pour récompenser les entreprises qui "favorisent la diversité", entendez qui mettent en place des politiques de gestion de leurs ressources humaines adaptées à la discrimination positive. La meilleure preuve du fait que ces labels ne visent pas la diversité sociale est qu'ils ne sont pas remis par le ministre en charge des affaires sociales, mais par...le ministre de l'immigration ! 

Nous n'allons pas multiplier les exemples ici, mais ils sont très nombreux, de ces chaires "diversité" qui fleurissent dans nos universités (récemment Dauphine), en passant par la création de postes de "responsables diversité" dans les grandes entreprises (à la Poste par exemple, où dans une interview hallucinante, la dite responsable nous explique qu'il ne faut plus recruter en fonction des diplômes. En effet, "le recrutement par le diplôme n'est pas une garantie d'équité, car l'accès au diplôme est en partie inégalitaire" (c'est vrai, et c'est pour ça qu'il faudrait prendre les mesures d'ordre économique et social pour qu'il le soit moins !).
La chef de projet diversité à la Poste a elle trouvé une autre solution : fini les diplômes, et vive les recrutements selon "la méthode des habiletés" !, bref la porte ouverte à l'arbitraire le plus total, et la possibilité de faire dans son coin sa petite tambouille de discrimination positive sans aucune contrainte objective, celle du diplôme...

La France est sur une mauvaise pente, sous l'impulsion d'un pouvoir politique fasciné par la discrimination positive (le "commissaire à la diversité" nommé en 2008, Yazid Sabeb, est un idéologue bien connu de la discrimination positive, et Nicolas Sarkozy lui-même a reconnu plusieurs fois qu'il y était favorable. Il n'y a que durant la campagne de 2007 qu'il a oublié d'en parler aux Français...).

Alors qu'elle se présente sous un discours jeune, coloré et moderne, la diversité à la sauce Sarkozy/CAC40/Sabeg/Bébéar (le créateur des labels de la diversité) est un formidable retour en arrière, en rupture complète avec l'égalité républicaine, la méritocratie et le souci constant de réduire les inégalités économiques et sociales capable de rendre vivants ces principes essentiels.

Il faut prendre conscience de ce qui se joue en ce moment. Comme l'explique l'association SOS Egalité qui la combat, la discrimination positive ne pénalisera pas les milieux bourgeois et les enfants de la bourgeoisie : ceux-là auront toujours accès aux cours particuliers, aux bonnes filières et aux meilleurs établissements. Elle se fera violemment contre la masse des milieux populaires qui n'auront plus aucune chance d'accrocher les bons postes. Quant à ses quelques bénéficiaires, ils seront victimes, comme on l'a observé aux Etats-Unis, du soupçon de n'être "que le quota"...et une vie de quota, ce n'est pas non plus toujours drôle !

 

 

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