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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 18:00
Manifeste à l'initiative de l'Observatoire du Communautarisme


"Nous, Français attachés aux principes de la République, nous désolidarisons du
Manifeste pour l’égalité réelle en faveur de la discrimination positive et de ses tentatives visant à manipuler l’opinion.

Nous rappelons par le présent manifeste notre opposition catégorique à l’instauration dans notre pays d’un régime d’inégalité des droits.

Nous affirmons notre indéfectible attachement aux principes de la Révolution française, par laquelle nos ancêtres ont conquis le principe d’égalité en droit de tous les Français, indépendamment de leurs origines, de leur religion ou de leur race.

En aucun cas, la recherche de l’égalité réelle ne saurait, selon nous, autoriser l’introduction dans notre droit positif d’un régime de discriminations « positives ». Seule l’égalité des chances, qui consiste à introduire des discriminations dans les moyens mis en œuvre pour organiser un cursus scolaire, une formation, la préparation d’un concours ou d’une compétition quelconque, nous paraît recevable, et même souhaitable.

Mais ce qu’on appelle aujourd’hui « discriminations positives » consiste à biaiser les résultats d’une sélection ou d’une compétition avec l’obligation pour les autorités d’atteindre des objectifs fixés par avance quant à la « représentation » de chacune des communautés préalablement définies.

La définition de ces communautés elle-même est arbitraire. Les caractères ethniques ne reposent sur aucun critère scientifique reconnu. Les origines culturelles sont sujettes à discussions infinies. Chaque définition possible est arbitraire et lacunaire. Elle oublie des catégories, en crée d’autres de manière artificielle, de manière souvent intéressée, en fonction des modes intellectuelles du moment ou sous la pression de tel ou tel « lobby ». Elles doivent donc être condamnées sans appel.

En revanche, nous ne sommes nullement opposés à l’élaboration d’un code de bonne conduite en matière d’embauche ou de promotion politique auquel les entreprises et les partis politiques adhéreraient sur la base du volontariat, un peu comme pour les normes ISR (Investissement socialement responsable). Mais nous ne pouvons accepter que des quotas soient institués par voie législative ou réglementaire à l’entrée de nos grandes écoles, ni que le recrutement dans la fonction publique s’écarte de la procédure du concours, exclusif, anonyme et universel.

Nous estimons que la revendication communautariste, en s’attachant à la notion de « représentation miroir » des « minorités visibles », attaque le principe de l’universalisme républicain qui ne fait pas dépendre de qualités particulières la capacité à représenter la nation ou l’une de ses circonscriptions.

Nous dénonçons également le caractère stigmatisant des revendications communautaristes qui désignent, pour s’en glorifier ou pour s’en offusquer, la couleur de la peau, la religion, le sexe ou l’âge d’un candidat ou d’un élu.


L'élection d'Obama, un exemple mal choisi

Nous pensons à cet égard que la récente élection de M. Barack Obama à la présidence des Etats-Unis est un exemple très mal choisi pour justifier l’instauration en France d’un régime d’inégalité des droits, même du point de vue des partisans de la « représentation miroir ».

Tout d’abord parce que les Français d’origine africaine ont toujours bénéficié des mêmes droits civiques que leurs compatriotes et n’ont jamais souffert d’un régime juridique de ségrégation, au contraire des Afro-Américains. Or, c’est cette ségrégation, qui a justifié, dans la foulée du mouvement des droits civiques de Martin Luther King, la mise en place, au milieu des années soixante, par le président Lyndon Johnson, des « discriminations positives » et de l’affirmative action. Nous rappelons ici que la ségrégation était un régime d’inégalités des droits au détriment des Noirs américains, qui avaient été, au cours des siècles précédents, déportés aux Etats-Unis comme esclaves. L’affirmative action doit donc être comprise comme une réaction juridique à la réalité juridique de la ségrégation. Or, celle-ci n’a jamais existé en France (à l’exception du statut des Juifs sous le régime anti-républicain de Vichy). En effet, nos « minorités », issues d’une immigration volontaire – et parfois même clandestine – à la recherche d’une vie meilleure, n’ont jamais eu de statut juridique particulier, contrairement à ce qu’affirment les partisans de l’affirmative action.

Ensuite, parce que M. Obama, dont la valeur personnelle et intellectuelle est évidente, n’a nullement eu besoin de quota pour être admis aux prestigieuses universités de Columbia, puis de Harvard, en sortir diplômé avec mention, être élu président de la Harvard Law Review, puis sénateur de l’Illinois, prouvant ainsi qu’un enfant doué et volontaire peut se passer, pour réussir, des privilèges octroyés par la législation. Au contraire, ses origines en quelque sorte « aristocratiques », tant du côté de son père kenyan (luo) que de sa mère américaine, le prédestinaient à de hautes fonctions publiques.

Son élection n’est donc nullement le signe d’une supériorité du régime américain sur le nôtre en matière de promotion sociale ou de lutte contre le racisme. En effet, M. Obama n’est ni fils d’ouvrier, ni descendant d’esclave, mais un produit d’élites nord-américaine et africaine.

Nous rappelons également que M. Obama, contrairement à beaucoup de nos enfants issus de l’immigration, adhère pleinement aux valeurs de son pays d’adoption, à son drapeau, à son hymne national et à ses ambitions planétaires. Il semble, en particulier, n’avoir jamais évoqué, pour exiger une quelconque repentance, le passé esclavagiste de son pays, le génocide des Indiens ou son impérialisme impénitent de « peuple élu » appelé à la direction des affaires du monde. Au contraire, il n’a eu de cesse de revendiquer son attachement à l’histoire américaine, de s’en glorifier, d’exprimer son patriotisme et d’affirmer sa foi dans les grandes destinées de sa nation.

Nous critiquons à cette occasion les orientations de l’instruction publique en France qui, depuis trop d’années, ont remis en cause l’enseignement de notre histoire nationale dans le but, notamment, de mieux intégrer les descendants de nos anciens colonisés. Nous prétendons que nous ne pouvons à la fois défendre la conception française de la nationalité, qui se manifeste dans le droit du sol et qui est celle d’une adhésion volontaire au passé de notre nation et à la construction d’un avenir commun, et nous placer d’un point de vue étranger à nous-mêmes pour juger et enseigner notre histoire. Nous estimons au contraire que l’intégration d’immigrés, en provenance d’anciens territoires français ou d’autres pays, se fera d’autant mieux que la France sera plus indépendante, plus puissante, plus souveraine, plus sûre d’elle-même, aura et répandra une meilleure image d’elle-même, tant pour son œuvre passée que vis-à-vis de ses ambitions à venir.

Nous dénonçons enfin les dispositions de la charte des droits fondamentaux, rejetée à une large majorité (55 %) par le peuple français le 29 mai 2005 et néanmoins ratifiée de manière illégitime par des parlementaires qui n’ont pourtant pas été élus pour cela, et qui prévoit l’instauration, dans la législation interne des Etats membres de l’Union européenne, de dispositions discriminatoires contraires à nos principes fondamentaux. Nous témoignons ainsi de l’opposition du peuple français à toute forme de ségrégation juridique, en rappelant que la Révolution française s’est enracinée dans la révolte contre les discriminations de droit en vigueur sous l’Ancien Régime. On ne pourra donc pas lui faire très longtemps le coup de l’égalité des droits ennemie de la justice, ni oser prétendre que l’égalité réelle justifie l’inégalité des droits. "




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Premiers signataires :

Hervé Beaudin, essayiste
Albert Salon, docteur d’Etat ès lettres, ancien Ambassadeur, président d’associations pour la promotion du français et de la Francophonie
Julien Landfried, Observatoire du communautarisme
François Devoucoux du Buysson, Observatoire du communautarisme
Philippe Foussier, président de Comité Laïcité République
Pierre-André Taguieff, philosophe et historien des idées, directeur de recherche au CNRS
Catherine Kintzler, professeur de philosophie à l'université de Lille-III
Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Combat Républicain
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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 16:13

Voici donc que la Halde présidée par l'ineffable Louis Schweitzer, ancien PDG de Renault dont les exploits  furent de poursuivre la casse sociale dont le célèbre site de Vilvoorde en Belgique (aidé en cela par Lionel Jospin alors 1er ministre français "l'Etat de peut pas tout") et d'imposer la langue anglaise dans les réunions de conseils d'administration de la firme, quand bien même il n'y aurait eu que des français participant à celles-ci, vient se rappeler au "bon" souvenir des français.

Voltaire République, association se réclamant des Lumières et soucieuse d'éducation populaire, est heureuse de porter à la connaissance des blogueurs un poème de source essentiellement discriminatoire à l'égard des vieux selon la Halde:

 « Nous n’avons pas eu la possibilité, faute de temps, d’étudier les textes des manuels. En effet, certains textes pourraient contenir des stéréotypes. Par exemple, en français, le poème de Ronsard ''Mignonne allons voir si la rose...'' est étudié par tous les élèves. Toutefois, ce texte véhicule une image somme toute très négative des seniors. Il serait intéressant de pouvoir mesurer combien de textes proposés aux élèves présentent ce type de stéréotypes, et chercher d’autres textes présentant une image plus positive des seniors pour contrebalancer ces stéréotypes. ». Un poème sur la fuite du temps, c’est en effet attentatoire à la dignité des seniors…
(texte halde).

"Mignonne allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe pourpre au Soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au votre pareil.

Las! Voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a en lieu et place,
Las! las! ses beautés laissé choir!
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusqu'au soir!

Donc, si vous m'en croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse:
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté."


Pierre de Ronsard 1524-1585

Bien entendu, la Halde n'a pas eu le temps d'étudier en profondeur ce texte subversif attentatoire non seulement aux vieux mais aux homosexuels, au système des étoiles, aux pâquerettes et à l'Oréal, Garnier Biotherm et consors qui se décarcassent comme Ducros pour que la femme (pardon le couple homo) soient beaux comme un tracteur!

Donc, nous nous devons de récrire cette « ignominie » ronsardienne.

"Mignon allons voir si la rose"
(option: pâquerette, pivoine, coquelicot, réséda cardamome et  cannabis,
les 5 continents étant alors laissés au choix en fonction de
 l'origine ethnique du lecteur ou de la lectrice)

"Qui ce matin avait déclose
Sa robe pourpre au Soleil,"
(option: Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune, Pluton
sans oublier la Lune injustement discriminée et qu'on aurait tort
d'oublier en intégrant justement une catégorie de la population
jusqu'à ce jour trop discriminée: les couillons
(cf. l'expression couillon de la Lune)

"A point perdu cette vesprée"
 (option: Nonne, Mâtine pour réintégrer dans la vie sociale nos pauvres moines
 dont la face rubiconde orne les camemberts les discriminant
trop et remettant ainsi à l'ordre du jour le rôle
 joué par ce fromage dans la désertification de nos églises)

"Les plis de sa robe pourprée,"
(option: Jean, pantalon de velours, kilt, sari, burqa
parce que voilà un vêtement que la Halde
 a mis en promotion à son rayon solde anti-laïque)

"Et son teint au votre pareil."
(option: fonds de teint de tous les pays unissez-vous!)

"Las! Voyez comme en peu d'espace,
Mignon, elle a en lieu et place,"
(option: bel éphèbe, bears, sm boy, honteuse, et sugar dady,
 les vieux homos sont ici justement réintégrés
dans le concert du communautarisme triomphant
 grâce au travail éreintant de la Halde.
 Mais avec un budget de 11 millions d'euros ça ira!)

"Las! las! ses beautés laissé choir!"
(option: machines à laver, fer à repasser, cafetière électrique
(en effet, pourquoi les séchoirs?
Pardon pour ce kakemphaton involontaire)

"Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusqu'au soir!"
 (option: pour les autres végétaux de semaines en semaines,
de mois en mois, vivaces,  persistants)


"Donc, si vous m'en croyez, mignon,"
(option: mon chéri, mon bébé, mon gros nounours,
 mon papy d'amour, mon Loulou)

"Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse:
Comme à cette fleur, la vieillesse"
(option: le 3ème âge étant appelé à travailler jusqu'à 70 ans,
celui-ci retrouve forcément sa jeunesse selon les principes ultra-libéraux
dont Schweitzer Louis fût l’un des conducators)

"Fera ternir votre beauté."
( et alors à quoi cela sert-il que l'Oréal, Garnier,
Biotherm et autres se décarcasse?)


*

L'auteur de ces lignes demande humblement pardon à la communauté de l'intelligence pour ce palimpseste.

Il est temps de supprimer la Halde qui coûte 11 millions d'euros annuels aux contribuables, de demander des comptes à son j'en foutre de président, Louis Schweitzer. S’il fallait à cet instant récrire tous les textes de notre langue française, il faudrait supprimer (liste non exhaustive) :

"La reine blanche comme un lys"
Ballade des dames du temps jadis, François Villon,

pour discrimination à l’égard des communautés visibles,

"Prince Jésus, qui sur tout a maitrie"
Ballade des pendus, François Villon,

pour islamophobie et Judéophobie insupportables

"Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais romains aux fronts audacieux"

Heureux qui comme Ulysse, Joachim du Bellay,

"Rome, l’unique objet de mon ressentiment !"
Les imprécations de Camille, Horace acte IV, scène 5, Pierre Corneille

pour discrimination anticisalpine

"Où maint Grec affamé, maint avide Argien,
Au travers des charbons va piller le Troyen"
Les embarras de Paris, Nicolas Boileau

pour anti européisme


"Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !"
Le Cid, acte I, scène 4, Pierre Corneille

"Puis, croyez aux discours de ces vieilles personnes
Qui trompent la jeunesse !"
La guenon, le singe et la noix, Jean Pierre Claris de Florian

"Puis sortit un matin pour le champ où l’on pleure
Le cercueil tardif de l’aïeul,
Puis un autre, et puis deux ; et puis la demeure
Un vieillard morne resta seul"
La vigne et la maison, Alphonse de Lamartine

pour discrimination vis à vis du 3ème âge (ou âgisme)

"Ils paraissent armés, les Mores, se confondent,
L’épouvante les prend à demi descendus ;
Avant que de combattre, ils s’estiment perdus.
Ils couraient au pillage, et rencontrent la guerre…"
Récit de Rodrigue, Le Cid Acte IV scène 3, Pierre Corneille

"Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cible
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs"
Le bateau ivre, Arthur Rimbaud

pour discrimination raciale

"Le cruel Dieu des Juifs l’emporte aussi sur toi,
Je te plains de tomber dans ses mains redoutables"
Athalie, acte II, scène 5, Jean Racine

pour antisémitisme

"Pis donner à bouffer à des pigeons idiots
Leur filer des coups d’pied pour de faux"
Les mistrals gagnants, Renaud

pour cruauté envers les animaux

Et enfin :

"Ma patrie est comme une barque
Qu’abandonnèrent ses haleurs
Et je ressemble à ce monarque
Plus malheureux que le malheur
Qui restait roi de ses douleurs"
Richard Ii-40, Louis Aragon

pour patriotisme exacerbé

*

Ce billet ne saurait être complet si nous ne nous référions pas à une grande poétesse lyonnaise , dont nous ne solliciterons pas l'avis à la Halde quant à la publication de ce texte aussi licencieux quant à la pudeur la plus élémentaire.

"Baise m'encor, rebaise-moi et baise
Baise m'encor, rebaise-moi et baise ;
Donne m'en un de tes plus savoureux,
Donne m'en un de tes plus amoureux :
Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise.

Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j'apaise,
En t'en donnant dix autres doucereux.
Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux,
Jouissons-nous l'un de l'autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soi et son ami vivra.
Permets m'Amour penser quelque folie :

Toujours suis mal, vivant discrètement,
Et ne me puis donner contentement
Si hors de moi ne fais quelque saillie."


Louise Labé 1526-1566

Cela aussi serait à récrire façon la Halde?



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