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21 août 2007 2 21 /08 /août /2007 15:26

609019-748322.jpg Ce texte répond à la tribune de Gilles Bon-Maury, Président d'Homosexualités et Socialisme, publiée sur Marianne2007.info, intitulée Homosexualité : 25 ans après la dépénalisation, la droite reste la droite 

Par François Devoucoux du Buysson

Le texte relatif à la loi du 4 août 1982 publié par le président de Homosexualités et Socialisme, Gilles Bon-Maury, sous le titre « Homosexualité : 25 ans après la dépénalisation, la droite reste la droite » entretient la confusion autour des revendications du mouvement homosexuel et de la vocation de la gauche socialiste.

On observera tout d'abord qu'il est abusif de présenter la loi du 4 août 1982 comme une « dépénalisation de l'homosexualité ». En réalité, l'homosexualité n'était plus pénalisée en France depuis l'adoption du Code Napoléon… Ce qui subsistait en 1981, c'était en réalité une différence dans la définition de la majorité sexuelle : alors que les relations hétérosexuelles étaient permises à partir de quinze ans, les relations homosexuelles demeuraient interdites aux mineurs. Ainsi, l'alinéa 2 de l'article 331 du code pénal présenté aujourd'hui comme un odieux symbole pétainiste consacrait-il davantage une disparité dans la définition du détournement de mineur qu' une interdiction de l'homosexualité à proprement parler. Mais le travestissement de la portée réelle de la loi du 4 août 1982 s'avère bien commode pour ceux qui, à l'instar de Gilles Bon-Maury, veulent croire que la France est alors passée des ténèbres à la lumière sous l'effet du phare socialiste.

On retrouve cette vision linéaire un brin candide dans l'évocation de « l'alternance de 1997 (qui) a conduit au PACS » qui fait l'impasse sur les difficultés avec lesquelles cette mesure a été votée par un Parlement pourtant dominé par la gauche plurielle. Plus que l'outrance de Christine Boutin et les calembours des parlementaires de droite, c'est le manque d'enthousiasme des députés socialistes qui a alors fait capoter en 1998 l'adoption d'un texte de loi finalement voté en 1999 dont la plupart des spécialistes s'accordaient à souligner les faiblesses juridiques. Quant à l'affirmation selon laquelle une victoire de la gauche en 2007 se serait traduite par la reconnaissance du mariage entre personnes de même sexe et de l'adoption par les couples homosexuels, elle suppose un peu vite que Ségolène Royal croyait davantage à ces mesures du programme du PS qu'aux bienfaits des 35 heures et du SMIC à 1500 euros…

De même, le texte du président d'Homosexualités et Socialisme, donne une vision du positionnement de la droite à l'égard des revendications homosexuelles qui n'est pas conforme à la réalité. Le clivage séparant sur le plan des mœurs une gauche moderne et ouverte et une droite conservatrice et réactionnaire est une vue de l'esprit. La droite est aujourd'hui tout aussi pénétrée des exigences du mouvement gay que la gauche. Quelle que soit sa place sur l'échiquier politique, chaque parti de gouvernement dispose de son courant homosexuel reprenant à son compte l'intégralité des revendications exprimées par les associations communautaires. Bien qu'ils aient appelé à voter Royal, Voynet, Bayrou ou Sarkozy, les militants de Homosexualités et Socialisme, de la commission LGBT des Verts, de Centr'Egaux (Modem) et de Gay Lib (UMP) ont tous en commun de réclamer le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels. D'ailleurs, au cours des dernières années, c'est la droite qui a donné satisfaction aux revendications du mouvement gay en établissant l'égalité du mariage et du PACS sur le plan fiscal (sans que cette égalisation des droits s'accompagne d'une égalisation des devoirs puisque le PACS n'est pas soumis à l'obligation de fidélité et qu'il peut être rompu par simple recommandé…) ou en votant des dispositions réprimant les propos homophobes malgré un avis négatif de la Commission nationale consultative des droits de l'homme !

Certes, c'est avec discrétion que la droite a choisi de satisfaire aux exigences du mouvement gay. Au Grand Soir, elle préfère les amendements du petit matin. Sans doute cet excès de pudeur tient-il à la volonté de ne pas heurter la frange traditionnelle de l'électorat de droite. Mais il n'y a pas que l'électorat de droite qui a pu être choqué par le tintamarre qui avait accompagné le débat sur le mariage gay célébré par Noël Mamère en 2004. Cette provocation assumée a davantage plu aux people de la rive gauche qu'au peuple de gauche. Et on comprend en effet aisément que des électeurs de gauche ayant vécu Mai 68 dans son ensemble (non seulement les manifs étudiantes mais aussi les grèves dans les usines) aient pu être déboussolés de se voir embrigadés malgré eux dans un combat pour le mariage -symbole bourgeois- qui prenait le pas dans les médias et les discours politiques sur l'accélération des délocalisations et l'érosion du pouvoir d'achat. La primauté du sociétal sur le social dans les discours des partis de gauche a sans doute pesé lourd lors des scrutins de 2007.

Homosexualités et Socialisme, c'est beaucoup d'homosexualité mais peu de socialisme. C'est sans doute ce qui explique que l'on puisse présenter, comme le fait Gilles Bon-Maury, l'Espagne de Zapatero comme un modèle pour la République française. Quitte à oublier que, si l'Espagne est aujourd'hui le pays où les couples homosexuels peuvent se marier et adopter des enfants, il demeure celui où subsistent une monarchie anachronique et une noblesse héréditaire tandis que le salaire minimum y est inférieur à 700 euros par mois… Le mariage gay ne modifie en rien les rapports de production et ne répond pas à la question de la promotion sociale des couches dominées. Aussi l'apport de cette réforme à un projet de transformation sociale mérite-t-il d'être questionné au risque de basculer du socialisme vers un sociétalisme confus qui pourrait dérouter jusqu'à l'électorat de la gauche.

Alors quitte à célébrer l'anniversaire du 4 août comme le propose Gilles Bon-Maury, il vaut toujours mieux se référer à celui de 1789 qui constitue assurément une meilleure boussole pour la gauche.
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17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 22:46

La Légion d'honneur a été instituée en 1802 par Napoléon Bonaparte dans le but de récompenser les "mérites éminents" rendus à la Nation, qu'ils soient militaires ou civils. Deux cents ans plus tard, on peut sérieusement se demander si c’est encore bien cela que l’on cherche à distinguer. Il ne se passe en effet plus une seule promotion sans que l'on puisse ressentir le moindre écœurement à l'évocation des noms de certains « distingués ».  On peut ainsi se demander quels sont les éminents services rendus à la Nation française qui ont pu valoir à Tony Parker, entre autres, d’être distingué de la sorte. Je ne savais pas que s’exiler aux Etats-Unis pour pouvoir gagner des millions sans en reverser le moindre centime à ses compatriotes méritait un tel honneur ! Quelque soit l’image qu’il peut donner du sport français, quelque soit le talent qu’il peut avoir, il n’a rendu aucun service imminent à la France ou aux français.

Tony Parker n’a de toute façon que faire du sort de la France et des français, comme tant d’autres célébrités « promues » qui ont été jusqu’à l’exil fiscal. A-t-on menacé de dégradation Johnny Hallyday, Amélie Mauresmo ou Alain Delon qui ne veulent plus contribuer à l’effort national ?! Bien sûr que non ! Et ne parlons même pas de l’attribution de la Légion d’honneur à des personnalités artistiques étrangères telles que Steven Spielberg ou Barbara Streisand, summum du ridicule s’il en est !

Si le ridicule, l’ubuesque est souvent atteint, le dégoût n’est pas en reste comme lorsque Chirac osa décerner le 22 septembre dernier à Vladimir Poutine les insignes de grand-croix de la Légion d’honneur, grade le plus élevé dans cette distinction ! Poutine… cet assassin ! Ce fossoyeur de libertés… mais ce « grand » chef d’Etat dont nous avons tant besoin !

Si nous n’avons sans doute rien à redire d’un très grand nombre de « promotions », il est sans conteste que le détournement de plus en plus fréquent par les politiques de cette décoration à des fins intéressées souille la valeur de cette décoration, et insulte les « distingués » méritants.

Pire encore est le dégoût quand des gens méritants, qui ont ou auraient sacrifiés leur vie pour leurs concitoyens, pour leur pays et ses valeurs, n’ont jamais été honorés de cette manière. C’est véritablement une insulte à tous ces gens de grande valeur que de décerner cette distinction à la première personnalité venue, mais aussi pour le protagoniste de l’accepter.

Le Président actuel veut réhabiliter le « mérite ». Peut-être serait-il inspiré de le réhabiliter ici… comme ailleurs.

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