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7 juin 2006 3 07 /06 /juin /2006 01:29

Voici le texte que les médias dominants ont refusés de diffuser :


Appel à la commémoration du Programme du Conseil national de la Résistance (15 mars 1944)

Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n'a pas totalement disparu et notre colère contre l'injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l'actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d' accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s'éteigne jamais :

Nous appelons d'abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l'anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des " féodalités économiques", droit à la culture et à l'éducation pour tous, une presse délivrée de l'argent et de la corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales,alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l' Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations,institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau "Programme de Résistance " pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l'intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection :
" Créer, c'est résister. Résister, c'est créer ".



Signataires :

Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

Merci à El Diablo
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Published by le Citoyen Thimèle - dans Combat Républicain
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13 avril 2006 4 13 /04 /avril /2006 20:52

Par Claude Beaulieu,
Président du Comité Valmy

La France est confrontée actuellement à une crise sociale majeure avec l'immense et légitime mouvement de la jeunesse et de l'ensemble des travailleurs contre le CPE.

Sans que cela soit précisé clairement, notamment par les partis de gouvernement qui se réclament de la gauche, la mobilisation actuelle contre le CPE, la précarisation et la destruction méthodique du Code du Travail est menée, en réalité, contre des conséquences directes de la fuite en avant dans la voie du fédéralisme européen.

Cette « construction européenne » a été décidée et orchestrée, dès la fin de la deuxième guerre mondiale, en même temps que le Pacte Atlantique, par l'impérialisme américain. Ces deux démarches stratégiques ont toujours été liées et le sont encore aujourd'hui.

Ainsi, il n'est pas inutile de rappeler que la création, le 4 avril 1949, de l'Alliance atlantique coïncide chronologiquement avec la création du Conseil de l'Europe, le 5 mai 1949. En avril 1948 la création de l'OECE (Organisation européenne de coopération économique), qui avait pour but de répartir les fonds du plan Marshall et qui fut historiquement, un véritable cheval de Troie du renforcement économique, politique, culturel et idéologique de l'hégémonie US sur notre continent ainsi que de la promotion de l' « american way of life ». Dès l'origine les dirigeants américains exigent une Europe fédérale.

Une déclaration de James Paul Warburg, président de la Chase Manhattan Bank, devant le Sénat américain le 17 février 1953 :
"De gré ou de force, nous aurons un gouvernement mondial. Sera-ce par la conquête ou par consentement ? La supranationalité d'une élite intellectuelle et des banquiers internationaux est certainement préférable aux décisions nationales qui se pratiquent depuis un siècle". En juin 1991, David Rockefeller reprenait à son compte cette affirmation qu'il complétait en affirmant que : "Le monde est préparé à marcher vers un gouvernement mondial".

Dans toutes ses étapes, la marche forcée vers l'Europe supranationale et fédérale s'inscrit dans cette volonté de l'impérialisme américain d'enraciner et de renforcer sa domination, économique, politique, culturelle, idéologique et militaire sur le monde.
Dès le traité de Rome, qui crée la Communauté économique européenne, l'objectif fondamental des fédéralistes, avoués ou non, est un processus création d'un grand marché unique où la concurrence sera libre et non faussée. Plus d'un demi-siècle après, nous sommes passés du libéralisme à l'ultralibéralisme, à un capitalisme de plus en plus barbare, complètement intégré dans la mondialisation néo-libérale orchestrée par l'impérialisme des Etats-Unis. Soumise à la volonté et aux impératifs des grandes entreprises, souvent transnationales, de la Finance mondialisée, aux dictats de l'OMC, du FMI, de la Banque mondiale, la « construction européenne », cette contre-révolution supranationale, est devenue un outil de la mondialisation américaine. Le traité de Maastricht de Mitterrand, dès février 1992 prétend rendre cette situation irréversible et condamner le peuple France à un capitalisme de plus en plus sordide à perpétuité, ce que voulait institutionnaliser le La « Constitution » européenne de Giscard, Jospin, Chirac et des autres, heureusement rejeté par notre peuple qui poursuit sa prise de conscience, dans le combat actuel contre le CPE, la précarisation généralisée et la régression sociale.

Le clivage gauche-droite n'a évidemment pas disparu, pas plus que la lutte des classes. Celle-ci a pris une fois encore et comme pendant la Résistance patriotique et anti-nazie un caractère national. Dans notre société, il y a toujours des conservateurs et des progressistes, des réactionnaires, des réformistes, des révolutionnaires même. Mais il y a surtout deux camps qui s'affrontent, de plus en plus durement :

- Le camp des fédéralistes maastrichtiens d'une part, qui de droite ou de « gauche », estiment que la Nation est dépassée. Pour construire l'Europe fédérale des régions qu'ils souhaitent de manière dogmatique, ils mettent en cause maintenant non seulement l'existence de la Nation mais aussi celle de la République, de son unité et de ses principes. ( Ils s'attaquent en particulier, de manière plus ou moins masquée à la laïcité et favorisent le communautarisme.)
Leur politique, intrinsèquement néo-libérale et antisociale, est liée, subordonnée, à la mondialisation néo-libérale et à l'atlantisme lequel les conduit inévitablement à soutenir la politique d'agression et de guerres « préventives » des dirigeants états-uniens et à s'insérer insidieusement dans leur démarche favorable au « choc des civilisations ».

- Celui des républicains patriotes et progressistes, d'autre part. Ils se recrutent dans les sensibilités diverses de l'arc républicain, de droite ou, de plus en plus fréquemment aujourd'hui, de gauche. Ils considèrent au contraire que, pour longtemps encore, non seulement l' Etat Nation n'est pas historiquement dépassé mais qu'il constitue le seul cadre réel permettant de pérenniser la forme républicaine de l'Etat, l'expression de la citoyenneté, et la démocratie. Dans les circonstances politiques actuelles, la France républicaine seule peut reconquérir et exprimer la souveraineté populaire. Rejetant le carcan ultra-libéral, atlantiste, totalitaire et impérialiste de cette Europe ils restent seuls, libres d'élaborer une politique démocratique, de progrès social et de paix conforme à l'intérêt national et à celui des peuples du monde.

Que faire après le succès populaire du 29 mai ? Promouvoir au non d'un rassemblement à « gauche » et du mirage d'une Europe sociale mythique, l'union populaire autour des dirigeants qui se réclament du non de gauche mais qui affirment en même temps, comme Fabius, Mélenchon ou Emmanuelli, qu'ils restent obstinément ancrés dans leur postulat fédéraliste ? Ce dogme supranational a déjà coûté extrêmement cher au peuple de France et aux autres peuples européens, il nous a mené au chaos actuel. Une fois revenue au pouvoir, cette pseudo gauche apatride, serait conduite à continuer inévitablement l'application du programme commun qu'ils ont avec la droite, le traité de Maastricht et sa suite.
Les dirigeants du oui social démocrate préconisent de leur coté, le rassemblement des partisans du oui et du non de gauche, également dans la perspective du mirage trompeur d'une Europe fédérale et néanmoins sociale et de lendemains qui chantent. Une telle persévérance dans l'erreur et le mensonge conscients accroît encore la responsabilité historique déjà considérable que la plupart des dirigeants socialistes portent sur la genèse de la situation actuelle depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

De plus en plus nombreuses des forces de gauche et républicaines progressistes ont pris conscience qu'il est mortifère de laisser se perpétuer cette alternance au pouvoir de la droite et de la prétendue gauche fédéraliste pour y mettre en pratique la même feuille de route néo-libérale européiste et atlantiste.

Afin de créer une alternative crédible et réaliste, permettant de sortir du chaos que génère le capitalisme financier en faillite qui ronge notre pays, le Comité Valmy estime nécessaire de constituer un front uni républicain, patriotique et de progrès social. Ce rassemblement populaire, l'Union du Peuple de France, que nous souhaitons, pour la reconquête de l'indépendance, de la souveraineté et pour la République, s'inscrira naturellement dans une démarche anti-impérialiste et anti-mondialisation des peuples du monde.
Cette question de la nécessité primordiale d'unir le peuple de France autour de la survie de la Nation et de la République est devenue centrale. De la capacité de notre peuple à réaliser cet objectif dépend l'indispensable reprise en main de son droit inaliénable à disposer de lui-même et à maîtriser son destin et la possibilité, également, de bâtir un avenir de progrès social.

La démarche du Comité Valmy s'inspire de l'union et de l'esprit de la Résistance patriotique, républicaine et antifasciste de la seconde guerre mondiale et du programme progressiste du CNR. Entrer en résistance est à l'ordre du jour.

Paris,  le 25 mars 2006
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Published by le Citoyen Thimèle (d'après Claude Beaulieu) - dans Combat Républicain
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