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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 16:13

Voici donc que la Halde présidée par l'ineffable Louis Schweitzer, ancien PDG de Renault dont les exploits  furent de poursuivre la casse sociale dont le célèbre site de Vilvoorde en Belgique (aidé en cela par Lionel Jospin alors 1er ministre français "l'Etat de peut pas tout") et d'imposer la langue anglaise dans les réunions de conseils d'administration de la firme, quand bien même il n'y aurait eu que des français participant à celles-ci, vient se rappeler au "bon" souvenir des français.

Voltaire République, association se réclamant des Lumières et soucieuse d'éducation populaire, est heureuse de porter à la connaissance des blogueurs un poème de source essentiellement discriminatoire à l'égard des vieux selon la Halde:

 « Nous n’avons pas eu la possibilité, faute de temps, d’étudier les textes des manuels. En effet, certains textes pourraient contenir des stéréotypes. Par exemple, en français, le poème de Ronsard ''Mignonne allons voir si la rose...'' est étudié par tous les élèves. Toutefois, ce texte véhicule une image somme toute très négative des seniors. Il serait intéressant de pouvoir mesurer combien de textes proposés aux élèves présentent ce type de stéréotypes, et chercher d’autres textes présentant une image plus positive des seniors pour contrebalancer ces stéréotypes. ». Un poème sur la fuite du temps, c’est en effet attentatoire à la dignité des seniors…
(texte halde).

"Mignonne allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe pourpre au Soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au votre pareil.

Las! Voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a en lieu et place,
Las! las! ses beautés laissé choir!
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusqu'au soir!

Donc, si vous m'en croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse:
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté."


Pierre de Ronsard 1524-1585

Bien entendu, la Halde n'a pas eu le temps d'étudier en profondeur ce texte subversif attentatoire non seulement aux vieux mais aux homosexuels, au système des étoiles, aux pâquerettes et à l'Oréal, Garnier Biotherm et consors qui se décarcassent comme Ducros pour que la femme (pardon le couple homo) soient beaux comme un tracteur!

Donc, nous nous devons de récrire cette « ignominie » ronsardienne.

"Mignon allons voir si la rose"
(option: pâquerette, pivoine, coquelicot, réséda cardamome et  cannabis,
les 5 continents étant alors laissés au choix en fonction de
 l'origine ethnique du lecteur ou de la lectrice)

"Qui ce matin avait déclose
Sa robe pourpre au Soleil,"
(option: Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune, Pluton
sans oublier la Lune injustement discriminée et qu'on aurait tort
d'oublier en intégrant justement une catégorie de la population
jusqu'à ce jour trop discriminée: les couillons
(cf. l'expression couillon de la Lune)

"A point perdu cette vesprée"
 (option: Nonne, Mâtine pour réintégrer dans la vie sociale nos pauvres moines
 dont la face rubiconde orne les camemberts les discriminant
trop et remettant ainsi à l'ordre du jour le rôle
 joué par ce fromage dans la désertification de nos églises)

"Les plis de sa robe pourprée,"
(option: Jean, pantalon de velours, kilt, sari, burqa
parce que voilà un vêtement que la Halde
 a mis en promotion à son rayon solde anti-laïque)

"Et son teint au votre pareil."
(option: fonds de teint de tous les pays unissez-vous!)

"Las! Voyez comme en peu d'espace,
Mignon, elle a en lieu et place,"
(option: bel éphèbe, bears, sm boy, honteuse, et sugar dady,
 les vieux homos sont ici justement réintégrés
dans le concert du communautarisme triomphant
 grâce au travail éreintant de la Halde.
 Mais avec un budget de 11 millions d'euros ça ira!)

"Las! las! ses beautés laissé choir!"
(option: machines à laver, fer à repasser, cafetière électrique
(en effet, pourquoi les séchoirs?
Pardon pour ce kakemphaton involontaire)

"Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusqu'au soir!"
 (option: pour les autres végétaux de semaines en semaines,
de mois en mois, vivaces,  persistants)


"Donc, si vous m'en croyez, mignon,"
(option: mon chéri, mon bébé, mon gros nounours,
 mon papy d'amour, mon Loulou)

"Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse:
Comme à cette fleur, la vieillesse"
(option: le 3ème âge étant appelé à travailler jusqu'à 70 ans,
celui-ci retrouve forcément sa jeunesse selon les principes ultra-libéraux
dont Schweitzer Louis fût l’un des conducators)

"Fera ternir votre beauté."
( et alors à quoi cela sert-il que l'Oréal, Garnier,
Biotherm et autres se décarcasse?)


*

L'auteur de ces lignes demande humblement pardon à la communauté de l'intelligence pour ce palimpseste.

Il est temps de supprimer la Halde qui coûte 11 millions d'euros annuels aux contribuables, de demander des comptes à son j'en foutre de président, Louis Schweitzer. S’il fallait à cet instant récrire tous les textes de notre langue française, il faudrait supprimer (liste non exhaustive) :

"La reine blanche comme un lys"
Ballade des dames du temps jadis, François Villon,

pour discrimination à l’égard des communautés visibles,

"Prince Jésus, qui sur tout a maitrie"
Ballade des pendus, François Villon,

pour islamophobie et Judéophobie insupportables

"Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais romains aux fronts audacieux"

Heureux qui comme Ulysse, Joachim du Bellay,

"Rome, l’unique objet de mon ressentiment !"
Les imprécations de Camille, Horace acte IV, scène 5, Pierre Corneille

pour discrimination anticisalpine

"Où maint Grec affamé, maint avide Argien,
Au travers des charbons va piller le Troyen"
Les embarras de Paris, Nicolas Boileau

pour anti européisme


"Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !"
Le Cid, acte I, scène 4, Pierre Corneille

"Puis, croyez aux discours de ces vieilles personnes
Qui trompent la jeunesse !"
La guenon, le singe et la noix, Jean Pierre Claris de Florian

"Puis sortit un matin pour le champ où l’on pleure
Le cercueil tardif de l’aïeul,
Puis un autre, et puis deux ; et puis la demeure
Un vieillard morne resta seul"
La vigne et la maison, Alphonse de Lamartine

pour discrimination vis à vis du 3ème âge (ou âgisme)

"Ils paraissent armés, les Mores, se confondent,
L’épouvante les prend à demi descendus ;
Avant que de combattre, ils s’estiment perdus.
Ils couraient au pillage, et rencontrent la guerre…"
Récit de Rodrigue, Le Cid Acte IV scène 3, Pierre Corneille

"Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cible
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs"
Le bateau ivre, Arthur Rimbaud

pour discrimination raciale

"Le cruel Dieu des Juifs l’emporte aussi sur toi,
Je te plains de tomber dans ses mains redoutables"
Athalie, acte II, scène 5, Jean Racine

pour antisémitisme

"Pis donner à bouffer à des pigeons idiots
Leur filer des coups d’pied pour de faux"
Les mistrals gagnants, Renaud

pour cruauté envers les animaux

Et enfin :

"Ma patrie est comme une barque
Qu’abandonnèrent ses haleurs
Et je ressemble à ce monarque
Plus malheureux que le malheur
Qui restait roi de ses douleurs"
Richard Ii-40, Louis Aragon

pour patriotisme exacerbé

*

Ce billet ne saurait être complet si nous ne nous référions pas à une grande poétesse lyonnaise , dont nous ne solliciterons pas l'avis à la Halde quant à la publication de ce texte aussi licencieux quant à la pudeur la plus élémentaire.

"Baise m'encor, rebaise-moi et baise
Baise m'encor, rebaise-moi et baise ;
Donne m'en un de tes plus savoureux,
Donne m'en un de tes plus amoureux :
Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise.

Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j'apaise,
En t'en donnant dix autres doucereux.
Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux,
Jouissons-nous l'un de l'autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soi et son ami vivra.
Permets m'Amour penser quelque folie :

Toujours suis mal, vivant discrètement,
Et ne me puis donner contentement
Si hors de moi ne fais quelque saillie."


Louise Labé 1526-1566

Cela aussi serait à récrire façon la Halde?



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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 20:36

"Depuis plusieurs années, la Mairie de Paris mène une politique active et audacieuse sur la dénomination des lieux publics de la Capitale. Par définition, cette politique suscite débat. La dénomination de ces lieux publics (rues, places, voies etc) est diverse, voire hétérogène.

Rappelons ainsi certains noms :

Le général pacifiste et parachutiste Jacques Pâris de la Bollardière

L’écrivain Romain Gary

L’émir Abd-el-Kader

L’espalanade du « 9 novembre 1989 »

Theodor Herzl, fondateur du sionisme

Célestin Hennion, préfet de police de Paris sous Clémenceau

Jean Paul II

Et bien d’autres. Pour le moins, certaines de ces dénominations ont suscité controverses. Mais, la Mairie de Paris a décidé de dénommer ainsi ces lieux publics. Elle a donc choisi et tranché, sans rechigner à la polémique. Nous ne contestons pas les prérogatives d’un Maire, d’une Mairie, d’une Commune, à partir du moment où les choix s’inscrivent dans les valeurs fondamentales de la République :

« Liberté, égalité, fraternité »

et dans le préambule de la Constitution de 1946, repris en 1958

« La France est une république démocratique, laïque et sociale ».

C’est dans le cadre de ces prérogatives et de ces valeurs que les soussignés demandent à la Mairie de Paris de nommer un lieu public « Robespierre ». Nous ne demandons pas à la Mairie de Paris de partager l’appréciation qui est à la nôtre concernant Maximilien Robespierre. Pour nous, initiateurs de cette demande, Robespierre eut, entre autres mérites, d’être :

Celui qui agit pour que la devise « Liberté, Egalité » soit complétée par « Fraternité », devise qui devint celle de la République, jusqu’à nos jours.

Celui qui combattit pour l’abolition de l’esclavage et l’obtint

Celui qui, le premier comme responsable politique, se prononça pour l’abolition de la peine de mort

Celui qui instaura le « maximum » des prix, ce qui dans les temps que nous connaissons, n’est ni une utopie ni un fantasme.

Celui qui agit pour la Constitution de 1793, première Constitution républicaine de notre pays

Celui qui entra au Comité de salut public en juillet 1793 pour en sortir à sa mort, la Révolution sauvée.

Celui qui resta dans le cour et dans la mémoire des hommes comme « l’Incorruptible », et à ce titre salué par tant de républicains, au nombre desquels nous ne mentionnerons que Jean Jaurès.

Celui qui fut un des fondateurs de la République.

Celui qui définit la République comme « une et indivisible ».

Celui qui se prononça contre la guerre et contre le militarisme.

Répétons-le, ces mérites que nous reconnaissons à Maximilien Robespierre, comme les mérites que nous reconnaissons à d’autres personnages historiques de la Révolution française, également fondateurs de la République et porteurs de ses valeurs, nous ne demandons à personne d’autre qu’à nous mêmes l’honneur de les porter.

Nous demandons, en toute justice, que le nom de Robespierre soit officiellement inscrit dans le patrimoine topographique de la capitale.
"


Pour signer la pétition, complétez les informations ci-dessous et envoyez-les à cette adresse : libre.pensee@wanadoo.fr

Nom :
Prénom :
Qualité :
Adresse électronique :


Premiers signataires :

Antonini Bruno, professeur de philosophie
Aurigny Michel, Président de l’Association des Amis de Gracchus Babeuf
Bellon André, ancien député
Bianchi Serge, Professeur émérite des Universités
Blondel Marc, Président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée
Brunel Françoise, maître de conférences d’histoire, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Cazals Rémy, Professeur émérite d’Histoire, Univ, Toulouse le Mirail
Chavinier Pierre, Maire-adjoint de Boissy Saint-Léger (94)
Delpont Hubert, Docteur en histoire
Dubois Claude, syndicaliste (75)
Eliard Michel, professeur émérite, sociologie Univ, Toulouse-le Mirail
Eyschen Christain, secrétaire général de Fédération Nationale de la Libre Pensée
Foucault Didier, Maître de conférences d’histoire, Univ, Toulouse Le Mirail
Gainot Bernard, Maître de Conférences Paris I
Gavois Marc Olivier, historien
Goussot Dominique, libre-penseur
Grandazzi François, libre-penseur, syndicaliste
Iafelice Michel, historien
Lacroix-Riz Annie, Professeur Université Paris VII
Lafouge Jacques, franc-maçon et libre penseur
Landron Michel, syndicaliste enseignant
Le Fur Catherine, Libre-Pensée (75)
Marie Jean-Jacques, historien
Marie-Schwartzenberg Nadine, attachée de recherches au CNRS
Marsot Bruno, libre-penseur, fédération de la Côte d’Or
Mazauric Claude, Professeur émérite des Universités
Pena-Ruiz Henri, universitaire
Perron-Bossut Nicole, historienne, libre-penseuse
Picquier Marcel, président de l’Association lyonnaise des amis d ‘Etienne Dolet
Roy Pierre, historien, responsable d’association pacifiste Salamero Evelyne, Libre-Pensée (75)
Schiappa Jean-Marc, Président de l’IRELP (Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée)
Scot Jean-Paul, Universitaire
Singer Claude, syndicaliste, directeur de /L’Idée Libre
Violet Paul, Ancien Maire-Adjoint de Paris (1983-1995)
Yon André, Maire-adjoint de Boissy Saint-Léger (94)


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