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5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 13:05
Nicolas Sarkozy est un grand farceur, un immense illusionniste. Certainement l'un des meilleurs qu'on n'ait jamais eu dans ce pays. La situation de l'Europe ne serait pas grave que cela en serait comique. C'est ainsi que depuis le début de son mandat de président de l'Union Européenne, l'occupant de l'Elysée n'a eu de cesse de jouer à l'eurosceptique, de critiquer l'Europe telle qu'elle est construite actuellement. Comme si, évidemment, il n'en était pas l'un des acteurs les plus farouches ! « Ça ne va pas, ça ne va pas du tout, l’Europe inquiète ! » a-t-il reconnu devant les téléspectateurs de France 3, lundi soir. Son souhait ? « Il faut une Europe qui protège ! » a-t-il scandé une bonne dizaine de fois.Voilà qui rappelle d'autres envolées, celles de sa campagne électorale de 2007. Depuis cette époque, il n'a de cesse de s'en prendre à l'indépendance de la BCE, et à sa politique de l'euro fort, et au credo libre-échangiste destructeur.

Plafonnement de la TVA, fiscalité, environnement, immigration, Nicolas Sarkozy a ainsi exposé les grands chantiers qui l’attendaient pendant ces six mois prochains mois. « Ce qui est important, c’est de faire bouger les choses, a-t-il prévenu. Je veux créer un choc salutaire. » Et d’ajouter, fier et grave : « Il faut changer profondément notre façon de faire l’Europe ».

Il y en aurait hélas beaucoup pour croire encore à ses discours, véritable tour d'illusionniste. Pas nous. Nicolas Sarkozy brasse du vent. Et joue en toute conscience l'idiot utile de l'européisme. Jamais, depuis ses critiques proférées à l'encontre de l'Europe de Bruxelles, il ne s'est donné les moyens pour donner une réalité à ses prétendues revendications.

En juin dernier, lors de la négociation du traité européen chargé de remplacer la Constitution européenne, le futur Traité de Lisbonne, il s'est tout bonnement couché devant l'idéologie européiste. Il a accepté sans le moindre rechignement un traité, véritable copie de la Constitution européenne, qui pérennisait le système qu'il avait tant combattu... verbalement. Un traité qui enterre donc ses revendications, ainsi même que la possibilité future de se battre pour. Un traité qui fait de lui un simple préfet docile de Bruxelles, chef d'un gouvernement de fantoches. Qui plus est, un traité qu'il a imposé à des Français cocus deux fois, en 2005 et en 2007.

Aujourd'hui, Sarkozy le clown, Sarkozy le comique-troupier que tous les européistes raffolent, nous refait le coup de l'eurosceptique en guerre contre les tenants de Bruxelles. Pures gesticulations donquichottiennes ! Pure tromperie ! Pure comédie nauséabonde ! Il sait très bien que les Français, et l'ensemble des peuples européens, n'en peuvent plus de cette Europe folle. Alors, au lieu de tenir un langage eurobéat qui fait fuire tout le monde, il surfe sur cette vague «eurosceptique »... pour mieux la manipuler et la faire taire.

Que les euro-intégristes de base de tous poils se rassurent, Nicolas Sarkozy est des leurs. Il n'est en rien un eurosceptique, un gaullo-souverainiste, un nationaliste ou que sais-je encore. Il est au contraire leur meilleur allié. Il est même sans aucun doute l'un des soldats les plus zélés et les plus habiles de la cause européiste totalitaire. Eurosceptique par devant, européiste par derrière, il en est absolument le meilleur gardien.

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Editoriaux
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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 12:19


Bravo et merci au Peuple irlandais !


Ils l'ont fait ! Malgré la propagande infâme et les féroces intimidations dont ils ont été victimes pendant des semaines, les Irlandais ont nettement rejeté le Traité de Lisbonne, avec 53,4% de « NON » contre 46,6 % de « OUI ». Ce qui paraissait encore improbable pour bon nombre d'observateurs il y a encore deux semaines a bien eu lieue. Une véritable claque pour ceux qui prétendent faire l'Europe à la place des peuples. Et une grande joie bien légitime pour tous leurs pourfendeurs !

C'est ainsi que le seul peuple de l'Union Européenne à être consulté sur ce traité, quasi-copie de la défunte Constitution européenne, s'est clairement prononcé contre une vision de l'Europe qu'il confortait. Les Irlandais ont dit NON à cette Europe qui méprise le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Les Irlandais ont dit NON à cette Europe qui se fait le relais d'une mondialisation libérale totalement débridée et destructrice. Les Irlandais ont dit NON à cette Europe qui impose aux Etats de mener des politiques toujours plus injustes et inefficaces. Les Irlandais ont dit NON à cette Europe qui entend inféoder les pays européens à la logique militariste américaine.

Et pourtant, comme si de rien n'était, minimisant et méprisant le vote des Irlandais, l'intelligentsia européiste a appelé unanimement à poursuivre la ratification du Traité de Lisbonne. Le problème ne serait en effet pas ce traité, mais les Irlandais. Le
« NON » irlandais ne concernerait qu'eux-mêmes. Ce serait un « NON » égoïste, qu'il ne faudrait pas prendre en compte. Ainsi, on oppose l'Irlande et l'Europe. Ainsi on prétend nous faire croire, avec le plus grand mépris, que ce ne sont pas quatre millions d'Irlandais qui peuvent décider du sort de 500 millions d'Européens !

Ils oublient bien de préciser que les Irlandais sont les seuls Européens à n'avoir pas été bâillonnées, et à avoir eu le droit de se prononcer librement sur ce traité. Le vote des Irlandais a sans conteste plus de valeur que toutes les ratifications parlementaires, souvent organisées en catimini, sans le moindre débat public et sans mandat clair du peuple.

Le résultat de ce référendum n'est donc aucunement de l'ordre de l' « incident », comme a osé l'affirmer Nicolas Sarkozy. Il est primordial. Il est prépondérant. Il est même certain qu'il ne soit que la partie émergée de l'iceberg. Déjà, les peuples français et néerlandais, consultés sur un texte similaire en 2005, avaient infligés tous les deux un « NON » franc et massif. On sait très bien ce qu'il en aurait été si les Anglais, si les Danois, si les Allemands avait été consultés. Le résultat aurait été négatif. Si l'ensemble des peuples européens était aujourd'hui consulté, ce serait à coup sûr un terrible désaveu pour les promoteurs de cette Europe-là.

En cherchant à « déseuropéaniser » le vote des Irlandais, à l'isoler, à le faire passer pour un simple vote égoïste, l'intelligentsia européiste veut éviter que les peuples européens prennent conscience que les Irlandais ont osé affirmer haut et fort ce qu'ils sont pour l'instant sommés de penser tout bas.

Conséquences d’ores et déjà concrètes de ce résultat, le Président Tchèque, Vaclav Klaus, seul dirigeant de l’UE à s’avouer « eurosceptique », entend mettre fin à la ratification du Traité de Lisbonne. Pour lui, sa ratification a pris fin avec « la décision des électeurs irlandais », estimant par ailleurs que le NON des Irlandais était « une victoire de la liberté et de la raison, sur les projets élitistes artificiels et la bureaucratie européenne ».

Un obstacle de plus qui n’empêchera sans doute pas l'Europe de Bruxelles de faire tout son possible pour annuler au maximum les répercussions que pourrait avoir ce vote. Elle trouvera évidemment une parade pour aller à l'encontre de cette volonté populaire toute fraîchement exprimée. Quoiqu'il en soit, le vote des Irlandais du 13 juin 2008 ne s'effacera pas nos mémoires.

Tout comme les Français et les Néerlandais en 2005, les Irlandais ont montré la voie de la liberté et de l'honneur. Ils ont rappelé aux yeux de tous les européens que les Nations étaient plus que jamais des réalités. Des Nations qui n'entendaient pas se dissoudre dans un prétendu « peuple européen », si tant est qu’ils se donnaient les moyens de s'affirmer.

Ne tombons pas aujourd'hui dans les lendemains qui déchantent. Nous avons assisté ce vendredi 13 juin à une grande victoire ! Si nous n'avons pas gagné la guerre, loin de là, nous avons remporté une grande bataille. Ce que nous ont montré les Irlandais, c'est que les peuples européens n’étaient pas aussi résignés que l'on dit à cette construction européenne. Loin d’être vaines, les spectaculaires victoires des peuples qui disent « NON » sont autant de coups portés à cette Europe totalitaire. Ils sont autant d’exemples à suivre pour les peuples européens. Ils sont autant d’espoirs. Ils sont autant d’incitation à leur libération, mentale et politique. L’Europe de Bruxelles pourra toujours faire la sourde oreille, elle pourra magner la propagande autant qu’elle le souhaitera, elle ne pourra cacher beaucoup plus longtemps sa vraie nature, qui finira peu à peu par se révéler à tous. Et inévitablement, par l'abattre.


Quoiqu’il en soit, il faut que cette victoire soit, ici et ailleurs en Europe, un encouragement à décupler notre rage de vaincre. Les élections européennes de l’année prochaine seront l’occasion de passer à l’offensive, et de transformer ces « NON » en constitution d'un projet alternatif. A tous les républicains, patriotes et progressistes partisans d’une Europe des Nations d’être unis pour ce grand combat.


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