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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 23:32
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Ce 4 février 2008, jour qui fera à n'en pas douter date dans notre histoire, les députés et sénateurs, réunis en Congrès, ont adoptés par 560 voix contre 181 la révision constitutionnelle préalable à la ratification du Traité de Lisbonne. Ce vote avait un enjeu simple : les parlementaires pouvaient-ils OUI ou NON renier de leur propre chef la volonté des français exprimée le 29 mai 2005 à propos de la Constitution européenne, et dont le Traité de Lisbonne est une copie ? Sans aucun scrupule, ils ont répondu à l'affirmative à une écrasante majorité.

Du côté de l'Assemblée Nationale, le groupe UMP a massivement voté pour (306), trois ont voté contre dont le souverainiste Jacques Myard, trois se sont abstenus et six n'ont pas pris part au vote. Au groupe "socialiste, radical et citoyen", il y a eu 17 votes pour, dont celui de l'ineffable Jack Lang, 91 contre, dont ceux de Laurent Fabius et d'Henri Emmanuelli, et 93 abstentions dont celles de Jean-Marc Ayrault, président du groupe, et de François Hollande, premier secrétaire du PS. Il y a eu également trois non-votants dont Jean Glavany. Au sein du groupe de la "gauche démocrate et républicaine", il y a eu 21 votes contre et trois abstentions - celles de trois députés Verts (Yves Cochet, Noël Mamère et François de Rugy). Au groupe du Nouveau centre, il y a eu 20 votes pour et deux contre (Philippe Folliot et Jean-Christophe Lagarde). Parmi les non-inscrits, il y a eu quatre pour dont François Bayrou - qui s'étaient pourtant prononcés pour un référendum pendant sa campagne présidentielle -, quatre contre dont ceux de Jean Lassalle (Modem) et Nicolas Dupont-Aignan et une abstention.

Du côté du Sénat, 149 UMP ont voté pour, quatre contre dont Charles Pasqua, trois se sont abstenus et trois n'ont pas pris part au vote. Au groupe socialiste, il y a eu 15 votes pour, 30 contre dont Jean-Luc Melenchon, 49 abstentions dont celle de Jean-Pierre Bel, président du groupe, et de Pierre Mauroy. Il y a eu deux non-votants. Les 30 membres du groupe Union centriste-UDF ont tous voté pour. A l'inverse des 23 membres du groupe "communiste, républicain et citoyen" qui ont tous voté contre. Au groupe du Rassemblement démocratique et social (RDSE), groupe de radicaux des deux rives, il y a eu 15 votes pour et un contre.

Reste désormais aux deux chambres de se prononcer sur le Traité de Lisbonne lui-même, dont l'issue ne laisse guère de doute. Présenté ce mercredi en conseil des ministres, le projet de loi autorisant la ratification du Traité sera examiné dans la soirée par les députés, qui se prononceront le lendemain par un vote solennel. Le Sénat l'examinera enfin dans la foulée en séance de nuit, pour une adoption définitive du Traité par le Parlement.

Seulement 181 parlementaires auront ainsi respecté la parole du peuple français. Qu'ils soient honorés et remerciés. Les autres, qu'ils aient votés pour ou qu'ils se soient abstenus, l'ont ni plus ni moins trahi. Qu'ils sachent que la lourde faute
contre la démocratie dont ils se sont rendus coupable - véritable coup d'Etat -  ne restera pas impunie, bien au contraire. Nombre de ces individus sans foi ni loi se présenteront aux élections de mars prochain. L'honneur et le bon sens des citoyens que nous sommes doivent nous amener, dans les urnes, à les sanctionner - et à les faire sanctionner - avec la plus grande sévérité. Plus un seul suffrage ne doit aller à ces traîtres, ainsi qu'à l'ensemble de leurs complices, élus et partis.

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Ce coup de force européiste, que nous devons considérer comme une déclaration de guerre faite à la démocratie, à la République et à la France, ne doit pas signifier le début du découragement, du renoncement, de la soumission à l'Empire. Il doit signifier au contraire l'amplification de notre lutte que l'on finira tôt ou tard par reconnaître comme juste. L'européisme totalitaire triomphe aujourd'hui, mais ce n'est que passager. En révélant sa vraie nature, dictatoriale, l'Europe telle qu'elle existe aujourd'hui a signé son arrêt de mort. Comme tous les empires basés sur la contrainte et la violence, cette Europe sombrera, tôt ou tard...

Pour une Europe de nations libres et soeurs, plus que jamais, la lutte continue !
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12 janvier 2008 6 12 /01 /janvier /2008 14:10
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Nicolas Sarkozy présentait ce vendredi à Lille ses voeux  "aux fonctionnaires et aux corps constitués". Drôles de voeux d'ailleurs puisqu'il n'a rien su annoncer de mieux que la réduction du nombre de fonctionnaires... Pour l'occasion, toute l'"élite administrative" était là, y compris quasiment tous les ministres. Pour l'occasion également, étaient mobilisés près d'un millier de policiers et de gendarmes, noyau dur d'un périmètre de sécurité délirant, mettant la ville en état de siège : les alentours de la préfecture entièrement bouclés, plus d'une vingtaine de rues et places interdites à la circulation ou au stationnement, deux stations de métro fermés, sans compter le quasi-bouclage de la circulation le long du convoi présidentiel entre l'aéroport de Lesquin et Lille, sa majesté le président ayant préféré prendre l'avion. De surcroît, le déroulement de la visite du président a été tenu secret jusqu'à la dernière minute.

Alors même que Nicolas Sarkozy est le premier à dénoncer les cheminots grévistes qui prendraient les usagers "en otage" - alors qu'ils ne font qu'user d'un droit légitime pour des revendications légitimes -, le voilà qu'il se permet d'en faire autant, mais là par simple caprice, par sa peur manifeste du moindre contact avec la population, qui pourrait, grand malheur, gêner un tant soit peu sa royale visite.
Non content d'occuper en permanence l'espace médiatique, le président méprise et gêne aussi les français dans leur propre quotidien. Les désagréments pour les habitants de la métropole lilloise ont été ainsi nombreux (bouchons, retards au travail, etc.), n'ayant rien à envier aux "galères" provoqués par les grèves tant décriés.

L'impressionnante - et démesurée - mobilisation des forces de l'ordre avait aussi pour but de museler la moindre contestation qui viendrait de la rue :
la seule et maigre manifestation autorisée - celle de fonctionnaires - a dû rester cantonné à la grande place, tandis qu'une petite cinquantaine de manifestants, bravant leur injuste interdiction de manifester, et parfaitement inoffensifs, ont été arrêtés.

Cette visite mouvementée est purement anecdotique. Pourtant, elle est ô combien révélatrice - tout comme le refus d'organiser un référendum sur le Traité de Lisbonne - de l'état de défiance de Sarkozy envers le peuple français, et en particulier envers ceux, de plus en plus nombreux, à se rendre compte qu'ils se sont fait berner. 
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