Culture et mémoire républicaine

 

Recherche

A propos du site

8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 20:26
20071017.FIG000000283-31997-1.jpg
Ah, les courageux ! On connaît désormais quelle sera l'attitude des députés socialistes lors du Congrès de Versailles du 4 février prochain, chargé de réviser la constitution française en préalable à la ratification du Traité de Lisbonne : ils déserteront, purement et simplement !! C'est ce qu'a en effet déclaré ce mardi le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault.
"Nous n'irons pas à Versailles. Un référendum a rejeté le traité précédent. Un nouveau texte a été préparé. Il me paraît impossible que nous participions à la révision préalable de la Constitution dès lors que nous défendons la voie référendaire plutôt que la voie parlementaire", a-t-il affirmé.

Ah, les courageux ! Au nom d'une pitoyable volonté de ne pas se déchirer, avant les élections municipales, entre gens qui n'ont plus rien en commun d'autre que le piteux héritage mitterandien, dans une pure  - et insignifiante, au côté d'un tel enjeu pour la France - logique politico-politicienne, le PS a décidé de ne pas prendre de véritable décision, et ainsi de laisser les mains libres à Sarkozy. Derrière le semblant et l'illusion d'opposition, de rébellion et de respect des engagements pris en faveur d'un référendum - lors de l'élection présidentielle - que souhaite exprimer cette décision profondément incohérente, elle n'est que parfaite inutilité et scandaleuse lâcheté. En effet, quelle peut-être l'utilité, dans la volonté d'obtenir un référendum, de déserter le Congrès de Versailles alors que seuls les votes exprimés sont pris en compte ?! Il ne faut être très intelligent pour comprendre que l'exigence de référendum - et donc de respect de la démocratie - est le dernier des soucis des députés PS, qui sont donc complices de la forfaiture élyséenne.

Ah, les courageux ! Même pas capable d'assumer leur mépris du peuple ! Et évidemment, bonne conscience en poche, les députés socialistes approuveront dans leur très grande majorité le Traité de Lisbonne dès lors que la question sera soumis au vote dans les jours suivants le Congrès, comme l'a ajouté Jean-Marc Ayrault :
"Nous voterons le traité simplifié (sic) européen parce que ses acquis sont supérieurs à ses insuffisances et parce qu'il est enfin une chance de sortir l'Union de sa paralysie politique (sic)".

Opposition de façade, grandes gueules hypocrites et petits bras de vassaux : voilà le spectacle offert par un PS moribond où les cadors ne pensent plus qu'à leur poste et à leur bourse, au lieu de défendre corps et âmes la démocratie française.

Que feront les sénateurs socialistes quant à eux ? Nul doute qu'ils suivront leurs frères et soeurs du Palais Bourbon, solidarité "socialiste" oblige !!

Il y aura évidemment des parlementaires socialistes qui refuseront de suivre la majorité. Mais combien seront-ils ? Autant qu'en 1940 ?!


Quoiqu'il en soit, la lâcheté de nos députés socialistes a dû consoler le Premier ministre slovène, Janez Jansa, présidant depuis peu l'Union Européenne, et meurtri au plus profond de ses convictions démocratiques lorsque il apprit que le premier ministre portugais laissa entendre qu'il pourrait organiser un référendum sur le nouveau traité européen dans son pays. Honte à vous pour cet odieux blasphème, monsieur Socrates !!
Repost 0
Published by le Citoyen Thimèle - dans Editoriaux
commenter cet article
16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 23:00
arton3518.jpg
Semaine faste pour Sarkozy. En l'espace de quelques jours, il aura réussi à parvenir à un degré d'immoralité jamais atteint de la part d'un président de la République.

La réception en grande pompe de Kadhafi en a été l'illustration la plus symbolique, mais aussi et surtout la plus médiatique. Que les choses soient clairs, s'il fallait refuser de recevoir et d'entretenir des relations diplomatiques avec tous les chefs d'Etat et de gouvernement qui ne partagent pas nos conceptions ethiques et politiques, on serait fort isolé. Mais il y a des limites à ne pas dépasser. En traitant, avec une complaisance sans pareille comme l'hôte Sarkozy l'a fait pendant près d'une semaine, un dictateur sans scrupules et arrogant, prédicateur islamiste méconnu, qui a longtemps soutenu le terrorisme et qui le légitime toujours, ces limites ont été largement dépassées.

Sarkozy a oublié qu'on ne vendait pas l'honneur de la République Française pour 10 milliards d'euros. Sarkozy a oublié que la France n'avait pas que des intérêts économiques à défendre, mais aussi des valeurs de par le monde.

Mais cela est-il vraiment surprenant de la part d'un individu pour qui l'argent est LA valeur primordiale ?

Les médias et les commentateurs n'en ont pas fait beaucoup état, mais l'immoralité sarkozyenne a aussi fait escale à Lisbonne, jeudi 13 décembre, pour la signature du fameux traité éponyme, censé remplacer la Constitution européenne, mais qui en réalité en est la copie conforme. Plus qu'un traité, c'est l'arrêt de mort de notre démocratie qu'il a signé. Rien que ça.

Pas en reste de mettre en pièce la République, Sarkozy se permet aussi de vivre luxueusement à son compte, tout en demandant aux français les plus modestes de se serrer la ceinture. Ainsi, on apprend cette semaine de la part de l'excellent Canard Enchaîné que le locataire de l'Elysée percevait toujours son salaire de ministre de l'Intérieur, en plus évidemment de son salaire de Président.

Pour permettre à un ministre qui vient de quitter le gouvernement de subvenir à ses besoins en attendant de retrouver un emploi, il est permit que ce dernier perçoit son traitement intégral pendant les six mois qui suivent son départ du gouvernement. Nicolas Sarkozy avait démissionné de son poste de ministre de l’Intérieur fin mars, pendant la campagne présidentielle. Il aurait donc perçu son salaire de ministre jusqu’en septembre dernier... Mais non ! Il a demandé que soit prolongé ce versement jusqu’en décembre 2007, avant l’entrée en vigueur de son augmentation de salaire au 1er janvier 2008.

Et ce ne sont toujours que trois actes immoraux parmi tant d'autres, des promesses trahies (Euro, BCE, parachutes dorés, Turquie, pouvoir d'achat, ...) aux mesures iniques (paquet fiscal pour les plus aisés et franchises médicales pour les moins aisés, refus de réformer TOUS les régimes spéciaux de retraite, dépénalisation prévue du droit des affaires...) en passant par des scandales à répétition dans lesquels les gouvernants sont mouillés (EADS, IUMM,...).

Sarkozy le candidat nous avait promis une "République irréprochable", et le retour à l'autorité et à la morale. Sarkozy le Président nous offre aujourd'hui tout le contraire... Pour notre plus grand malheur !

Repost 0
Published by le Citoyen Thimèle - dans Editoriaux
commenter cet article