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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 17:23

Par Matozzy



Gauche ou droite? Voila la question qu’on pose inlassablement. Pourtant, tout porte à croire que les français, pour une grande part du moins, en ont assez de cette question qui ne veut pas dire grand-chose en réalité.

Depuis que je suis de ce monde, j’entends parler de la France de droite et de la France de gauche. Ceci est, parait-il, une évidence. Pourtant peu sont capables de véritablement différencier les deux au niveau des actes. Malgré cette forme d’opacité opérationnelle, il semble logique que la démocratie française ne puisse fonctionner sans ce bipartisme. A tel point que l’on parle « d’accident » du 21 Avril 2002, lorsque l’un de ces deux partis (aujourd’hui nommé UMP ou PS) n’est pas représenté au deuxième tour d’une élection présidentielle.

Aujourd’hui, alors que certains commencent à agiter le « spectre » d’un scénario similaire, on nous appelle à voter « utile » dès le premier tour. « Utile » est supposé être un « vote sensé », donné aux deux camps légitimes et uniques qui doivent naturellement se retrouver au second tour et gouverner la France... encore et encore, comme une douce monarchie qui se perpétue de génération en génération. Cette logique est tellement établie, que la plupart n’envisagent même pas qu’il puisse en être autrement...

La France est aujourd’hui définie comme une république fonctionnant sur la base d’un régime présidentiel. Ceci justifiant l’ordre des scrutins entre les élections présidentielles et législatives. Pourtant, depuis quelques jours on commence à parler des législatives... pourquoi ? Tout simplement parce qu’il commence à sembler possible qu’un candidat pourrait renverser le bipartisme établi en venant gagner l’élection présidentielle (d’après certains sondages).

Je ne détaillerai pas les scénarios, ni les conjonctures possibles comme cela a été très bien fait ailleurs. Je m’intéresserai particulièrement au cas du challenger potentiel : François Bayrou. Je fais ici une différence entre Jean-Marie Le Pen et François Bayrou. Le premier a démontré sa capacité à être au deuxième tour mais son incapacité à le gagner. Le deuxième est dans le cas inverse. Cependant, ce dernier est beaucoup plus dangereux pour notre bipartisme national. Si jamais le scénario d’un Bayrou président se concrétisait, il y’aurait peut être un véritable séisme politique dans la particratie française.

Qu’est ce donc que cette appellation « particratie française » ? C’est à mon sens la meilleure définition du régime législatif et exécutif français.

La démocratie, en principe, est le gouvernement de tous au travers de la représentativité. Or, la représentativité n’existe plus en France. Nous élisons bien des députés, mais ceux-ci ne nous représente pas... ils représentent le parti politique auquel ils sont affiliés. Ce sont donc bien les partis politiques qui gouvernent. Cette simple vérité n’est même pas masquée. Elle est d’ailleurs clairement affichée au travers des débats que l’on entend au sujet de l’impossibilité pour un éventuel président Bayrou de gouverner, même s’il était élu président. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce dernier ne pourrait obtenir de majorité parlementaire. On nous explique aujourd’hui, qu’un éventuel président ne pourra pas avoir de majorité parlementaire à des élections qui n’ont pas encore eu lieu ?

A cela, me viennent deux questions :

1) pourquoi ne pourrait-il pas avoir de majorité parlementaire ?

2) pourquoi devrait-il avoir une majorité parlementaire ?

Ces questions peuvent paraître naïves si on les regarde par le prisme dans lequel nos élus nous enferment. Mais avant d’essayer d’y répondre, j’aimerais développer un peu la notion de majorité parlementaire.

Les parlementaires sont aujourd’hui de gauche ou de droite, affiliés à l’UMP ou au PS. Une minorité UDF, Vers, PC subsiste bien, mais elle est considérée comme tolérée car élue avec les voix de l’UMP et du PS (car ceux-ci ont monnayés leurs soutiens contre d’autres soutiens). Ce qui compte aujourd’hui pour un parlementaire, ce n’est pas d’obtenir l’adhésion ou le soutien de ses administrés, mais son étiquette UMP ou PS, et sa place dans le parti.

Les partis politiques considèrent aujourd’hui que les voix des citoyens leur appartiennent. Ils voteront à droite ou à gauche... car ils ne connaissent pas les candidats, car il n’y pas de débat local de société, car il n’y a pas de représentativité. Pour autant, ces élus sont-ils nécessaires et incontournables ? Dans le fond, ont ils même la moindre utilité puisqu’ils votent en fonction des consignes des partis ? Autant nommer un président de l’un de ces deux partis et de lui donner une majorité au pourcentage de son score à l’élection, et de faire de même avec son opposition... puisqu’il est établie, par nos mêmes élus qu’une « cohabitation » est néfaste.

Revenons donc aux deux questions :

1) Un président Bayrou pourrait il obtenir une majorité parlementaire ? J’ai envie de répondre : « Evidemment ». Si jamais un tel homme, issu d’un parti minoritaire, est élu, cela signifiera que les français ne veulent plus du bipartisme gauche-droite. Pourquoi iraient-ils donc obligatoirement voter pour un représentant de ces partis aux législatives ? Non, la logique voudrait plutôt qu’ils votent sur la base d’un projet de société et pour des représentants qui ne basent pas leur représentation sur une étiquette. Une majorité parlementaire est donc possible. Soit par ralliement à l’UDF, soit encore mieux : par ralliement pragmatique et logique. En votant en leur âme, conscience et représentation de leurs administrés, aux projets qui seront présentés. Evidemment, il y’a une part d’utopie dans cette vision, je m’y inscris volontairement.

2) Un président doit il avoir une majorité parlementaire ? A cette question je répondrais « non ». A partir du moment où il n’y a pas de « majorité d’opposition systématique », il n’y a pas besoin de majorité parlementaire. Il incombe aux électeurs de faire un choix à ce sujet et non pas aux partis d’en décider pour tuer la poule dans l’œuf. Les parlementaires doivent jouer leurs rôles et les partis doivent se cantonner aux leurs, et rendre les rennes du pouvoir. Le chemin de la démocratie (si tant est que l’on y aspire) passe par le recul du bipartisme qui dirige la France.

Je veux préciser que je ne cautionne en rien le candidat Bayrou. Je ne dis pas non plus qu’il est « le » canditat capable de faire choir la particratie. Rien ne dit qu’il ne se ralliera pas à un parti majoritaire. J’espère qu’il clarifiera au plus ses positions sur le sujet. J’ai pris cet exemple car il crée une agitation réelle dans les arcannes des « deux grands partis »... car ce scénario possible pourrait faire trembler toute la particratie française.


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Published by le Citoyen Thimèle - dans Elections 2007
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14 février 2007 3 14 /02 /février /2007 23:33

Par Jean-Yves Crevel

Le quotidien Le Matin a l’avantage d’être suisse, donc de n’être soumis ni aux pressions de l’Empire, ni à celle des riches et puissants amis de M. Sarkozy. Il nous révèle donc librement ce que tous taisent en France sous le titre "Mainmise sur la presse tricolore", soit que les Français n’ont droit qu’à un simulacre de débat démocratique où tout est faux, opposants d’opérettes, ralliements vaudevillesques, dissidents sous contrôles, où tout est mis en scène par l’ami des puissances financières et médiatiques, chef de la majorité, ministre de l’intérieur et candidat obligatoire autoproclamé.

Aussi incroyable que cela puisse être, il se peut que la farce fonctionne et que Nicolas Sarkozy devienne ainsi le prochain Président de la République. C’est d’ailleurs cette probabilité conjuguée à une démarche purement dictatoriale ("ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi") qui génère tant de soumissions. Car tous les politiciens professionnels doivent envisager comment ils passeraient les 5 ans à venir dans cette hypothèse.

Dans l’immédiat, les études d’opinion révèlent deux phénomènes majeurs :


1. La forte popularité du centriste François Bayrou

Alors que le centre a autant de charme qu’un attrape-tout et autant de consistance qu‘un trou noir, qu’il est plombé par l’héritage Giscardien, François Bayrou réussit à devenir un outsider crédible simplement en dénonçant la farce médiatique qui devient une insulte à la raison chaque jour plus insupportable aux Français. Il est évident que Bayrou n’a que deux atouts en main : le rejet du couple Ségo-Sarko et sa révolte contre les médias. Résultat : en cas de second tour Royal Bayrou, Royal serait battue.


2. La contre performance des candidats du Non

Alors que toutes les études d’opinion révèle que le rejet de la « construction » européenne ne fait que se renforcer, que les Français seraient encore plus nombreux aujourd’hui qu’en 2005 pour rejeter le TCE, le dernier sondage BVA démontre que pas moins de TRENTE POUR CENT des électeurs du Non auraient disparu à la prochaine présidentielle !



Candidats du Oui
Ségolène Royal 26
Dominique Voynet 1
Sous-total Oui de gauche 27
Corinne Lepage 0
Nicolas Sarkozy 34
Sous-total Oui de droite 34
François Bayrou 14
T O T A L O U I 75

Candidats du Non
Arlette Laguiller 3
Olivier Besancenot 3
Marie-George Buffet 2
José Bové 3
==================== ====
Sous-total Non de gauche 11
Nicolas Dupont-Aignan*
Philippe de Villiers 2
==================== ====
Sous-total Non de droite 2
Jean-Marie Le Pen 12
==================== ====
T O T A L N O N 25


Comment est-ce possible de faire disparaître prêt d’un électeur sur trois ?

Quasiment tous les candidat se revendiquant du Non n’envisagent autre chose que de relancer l’Europe « autrement », alors que les Français ont dit simplement Non, ce qui signifiait qu’à l’aventure, ils préféraient conserver la liberté de leur destin. (ce qu’ils savent, mieux que leurs élites, être tout à fait possible)

Ces résultats calamiteux sont-ils le résultat de la compromission des leaders du non avec les grands partis européistes, PS et UMP ou sont-ils la preuve le l’incompétence de ces leaders ?

Toujours est-il qu’ils se retrouvent dans la position du PDG qui a conduit une entreprise à la faillite, qui doit pour se défendre mettre en avant son incompétence et qui reste soupçonnable à tout moment de délit d’initié, s’il se sait un jour qu’il a revendu ses actions avant de rendre public son fiasco.


(* Absent des réponses proposées. Les sondages où la réponse a été testée ont donné 0%, 0,5% ou 1%)


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