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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 01:05

On a le droit de soutenir l'actuelle Union Européenne.

On a le droit de la critiquer et de vouloir une autre Europe.


Mais on n'a pas le droit de dire vouloir changer d'Europe lorsqu'on est à l'origine de cette Europe-là ! Sauf à reconaître publiquement ses erreurs.


Or, entre le dernier discours de Nicolas Sarkozy sur l'Europe et la polémique PS-MoDem après la diffusion du petit clip du premier sur le second (voir ici), on assiste à un véritable bal des hypocrites.

 

Quelques rappels :


- la mise en concurrence des systèmes fiscaux et sociaux des États (Acte Unique Européen) a été votée en 1986 par 100% du groupe socialiste, 100% du groupe UDF et 94,3% du groupe RPR. C'était peut-être une bonne chose, mais que les héritiers de ces partis assument leur choix passé !


- l'indépendance de la Banque centrale européenne (traité de Maastricht) a été votée en 1992 par 97% du groupe socialiste, 91,5% des groupes UDF et 54% du groupe RPR. C'était peut-être une bonne chose, mais que les héritiers de ces partis assument leur choix passé !


- le Pacte européen de stabilité a été signé en 1997 par Jacques Chirac (RPR) et Lionel Jospin (PS). C'était peut-être une bonne chose, mais que les héritiers des anciens cohabitants assument leur choix passé !


- les directives européennes de libéralisation des services publics (services d'intérêt économique général : SIEG) et leurs lois de transposition ont été acceptées et votées indifféremment sous les gouvernement PS et RPR-UDF/UMP. C'était peut-être une bonne chose, mais que les héritiers de ces partis assument leurs choix passés !

 

Je détaille ce dernier point, vu que le PS accuse précisément le MoDem (dont les élus sont majoritairement des anciens UDF, je le rappelle) de voter avec l'UMP au Parlement européen en faveur de la libéralisation des services publics :


- gouvernements PS (Rocard, Cresson, Jospin) : directive européenne 90/387/CEE du 28 juin 1990, directive européenne 90/388/CEE du 28 juin 1990, loi du 2 juillet 1990, directive européenne 98/10/CE du 26 février 1998, loi du 2 juillet 1990, directive européenne 97/67/CE du 15 décembre 1997, loi d'orientation pour l'aménagement et le développement durable du territoire du 25 juin 1999 (article 19), loi du 10 février 2000, directive européenne 98/30/CE du 22 juin 1998, directive européenne 91/440/CEE du 29 juillet 1991, directive européenne 2001/12/CE du 26 février 2001, directive européenne 2001/13/CE du 26 février 2001, directive européenne 2001/14/CE du 26 février 2001.


- gouvernements RPR-UDF (Juppé) : directive européenne 96/19/CE du 13 mars 1996, loi du 26 juillet 1996, directive européenne 96/92/CE du 19 décembre 1996, directive européenne 95/18 CE du 19 juin 1995,  loi du 13 février 1997.


- gouvernements UMP (Raffarin) : directive européenne 2002/77/CE du 16 septembre 2002, directive européenne 2002/39/CE du 10 juin 2002, loi du 20 mai 2005, loi du 3 janvier 2003, directive européenne 2003/54/CE du 26 juin 2003, loi du 9 août 2004, loi du 3 janvier 2003, directive européenne 2003/55/CE du 26 juin 2003, loi du 9 août 2004, directive européenne 2004/49/CE du 29 avril 2004, directive européenne 2004/50/CE du 29 avril 2004, directive européenne 2004/51/CE du 29 avril 2004.


 

Le blog de Laurent de Boissieu


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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 15:57


C’est l’offre absolument incroyable qu’ont reçue des salariés du Tarn : leur employeur, une entreprise textile, leur a proposé un emploi en Inde pour le salaire modique de 69 euros par mois ! Un nouvel exemple des ravages provoqués par le libre-échange.

Une proposition indécente…

Un responsable de Carreman, l’entreprise en question, a tenté de rejeter la responsabilité de ce courrier sur la loi en affirmant être « conscient que c’est stupide, mais c’est la stupidité de la loi ». Un procédé totalement abusif, d’autant plus que, comme le montre l’article du Monde, le ministère de l’emploi avait estimé qu’une proposition de reclassement à l’étranger « pour des salaires très inférieurs au SMIC ne pouvait être considérée comme sérieuse ».

Il est tout de même complètement indécent de proposer de déraciner des hommes de leur région pour un salaire égal à 5% ou moins que ce qu’ils gagnent aujourd’hui ! Comment ne pas imaginer le désarroi de personnes qui perdent leur emploi et qui se voient proposer une misère pour aller travailler à des milliers de kilomètres ? Cela n’est malheureusement pas la première fois puisqu’une entreprise alsacienne avait proposé à ses salariés de partir en Roumanie pour 110 euros mensuels !

L’Europe d’aujourd’hui coupable

De nombreux experts, au premier rang desquels Maurice Allais, Emmanuel Todd ou Jean-Luc Gréau ont démontré que l’application d’un libre-échange non régulé (il vaudrait mieux dire d’une anarchie commerciale) conduit à la déflation salariale qui s’observe aujourd’hui dans tous les pays développés. Cet exemple en est une nouvelle illustration. Même les partisans de la déréglementation (comme Jacques Delors) en reconnaissent les conséquences, sans pourtant remettre en cause le processus.

L’Europe est particulièrement touchée par ce phénomène car nous sommes le continent le plus ouvert, qui protège le moins ses industriels alors que l’Asie ou l’Amérique n’hésitent pas à recourir à des politiques ouvertement protectionnistes. Les Etats-Unis protègent leur sidérurgie. L’Asie a construit sa formidable industrie automobile en protégeant son marché intérieur. Mais le dogmatisme ultralibéral de la Commission Européenne ne laisse pas la moindre place à un minimum de pragmatisme protecteur.

Cette histoire montre bien les aspects inhumains du fondamentalisme du marché et la menace qu’il fait peser sur notre industrie. Voilà un débat essentiel à l’approche des élections européennes, et où PS, UMP et Modem préfèrent une discrétion bien compréhensible…


Source : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/05...


 

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