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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 05:00


Dimanche, François Bayrou a osé déclarer que les députés européens du Modem n’avaient jamais voté de la même façon que les ultralibéraux avec lesquels ils siègent au Parlement européen, et qu’ils avaient toujours voté dans le sens de la défense des services publics.

 

Deux déclarations évidemment mensongères, et qui n’ont d’autre but, encore une fois, que de masquer aux Français la duplicité d’un François Bayrou et de son parti qui jouent les contempteurs d’une Europe ultralibérale dont ils sont pourtant depuis 20 ans les soutiens et artisans, avec d’autres.

 

Deux déclarations face auxquelles l’UMP et le PS, tout autant duplices sur l’Europe, n’ont pourtant pas hésité une seule seconde à réagir !

 

Ainsi, le Parti Socialiste, par la voix de Razzy Hammadi, son secrétaire national aux services public, a accusé François Bayrou de « mensonge »  et de « tentative manifeste et démagogique de tromperie des électeurs ». Et déclarant qu’« en ne prenant que trois votes parmi les plus importants pour l'avenir des services publics, on vérifie qu'en fait, la cynique posture de François Bayrou ne résiste pas à l'épreuve des faits ».

 

Quant à l’UMP, par la voix de Frédéric Lefebvre, elle a déclaré que François Bayrou a toujours été un fervent soutien des « ultralibéraux » et même un « ultraconservateur à l'anglo-saxonne ». Rappelant pour exemple que le président du Modem soutient la candidature de Mario Monti à la présidence de la Commission européenne, celui-là même qui en 2004 voulait empêcher l’Etat français de sauver Alsthom au nom de la concurrence et du libéralisme.

 

Razzy Hammadi et Frédéric Lefebvre ont évidemment raison sur ces points, et on peut totalement comprendre qu’il soit de bonne guère pour eux de réagir à de tels mensonges. Seulement, ils sont mal placés, mais vraiment très mal placés, pour dénoncer une duplicité du Modem qui est aussi totalement la leur.

 

Cette Europe ultralibérale que tous les trois dénoncent, c’est pourtant la leur !

 

Qui depuis 20 ans ont voté tous les traités qui ont façonné le caractère ultralibéral de l’Europe, en instaurant le principe suprême de la « concurrence libre et non faussée », en instaurant le libre-échange intégral, en dérégulant à tout-va, en donnant l’indépendance à la banque centrale ?

 

Qui depuis 20 ans ont voté quasiment toutes ces directives toujours plus libérales, toujours plus antisociales ?

 

Toujours ces trois-là, main dans la main !

 

Ce qui ne résiste à l’épreuve des faits, ce n’est pas seulement « la cynique posture de François Bayrou » monsieur Hammadi, c’est aussi celle de votre parti ! Un parti qui prétend défendre bec et ongles les services publics à la française, et dont les députés au Parlement européen ne se sont pourtant pas gênés, il y a quelques semaines, pour voter une nouvelle mesure de déréglementation de l’énergie.

 

Il n’y a pas que le Modem qui « masque la réalité de ses idées » monsieur Lefebvre, il y a aussi votre parti et son représentant à l’Elysée ! Comment ce dernier peut-il dénoncer, dans son récent discours à Nîmes, une Europe défaillante dont les maux sont pourtant tous inscrits et confortés dans le Traité de Lisbonne qu’il a soutenu et imposé aux Français ?

 

A moins d’un mois des élections européennes, il est plus que jamais de salut public que de dénoncer cette tartufferie généralisée au sein des « grands partis » (Modem, UMP, PS, sans oublier les Verts) qui ne peut qu’empêcher l’émergence d’un débat clair et honnête sur l’Europe que les Français méritent d’avoir. Les Français qui souhaitent majoritairement changer cette Europe ont le droit à autre chose que cette perpétuelle intoxication, qui les amène toujours à voter pour les mêmes, pour au final toujours les mêmes désillusions.

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 01:03

Le PS de Madame Aubry tape sur l’UMP de Monsieur Sarkozy qui tape sur le PS de Madame Aubry et ainsi de suite, avec au milieu Monsieur Bayrou qui se présente comme l'anti-système bien qu'il en soit l'épicentre. Une élection approche, on rejoue donc la partition gauche-droite-gauche-droite qui rassure l'électorat de chacun sur l'identité de l'ennemi. Mais il s'agit cette fois de l'élection européenne. Que se passe-t-il vraiment dans l’hémicycle européen une fois que droite et gauche ont fini leurs chamailleries électorales ? 

Une étude à paraître (Observatoire de l’Europe) portant sur le sens des votes des groupes politiques au Parlement européen pourrait faire grand bruit, au moment où fusent les critiques tant du côté du Front de gauche que de celui de Philippe de Villiers contre les « arrangements et collusions de toujours » entre les grands partis qui siègent au Parlement européen depuis 1979.

Jusqu’ici, personne ne s’était livré au fastidieux travail de recension des votes de chaque groupe puis à leur comparaison. L'étude à venir porte sur l’année 2008 et fait apparaître que le groupe du PPE-DE, majoritaire, qui rassemble les partis de centre-droit en Europe (dont l’UMP pour la France) et le groupe PSE (socialistes) ont voté dans le même sens sur 97% des textes (rapports, résolutions) examinés par le Parlement européen. Un score digne de la Douma de l'ex Union soviétique. Sur 535 votes par appel nominal (votes électroniques, les seuls qui soient enregistrés et donc traçables) les groupes PPE et PSE n’ont voté différemment que dans 18 cas. Et sur ces 18 votes par appel nominal où ils ont divergé, ça n’était pas forcément pour s’opposer puisque l'un des deux groupes à choisi l'abstention 8 fois. C'est à dire que droite et gauche au Parlement européen ne se sont opposées que dans 10 cas sur 535 votes. Sur ces dix textes qui les ont vus s’opposer, un seul était un texte de nature législative. La convergence des votes du PPE et du PSE exprimées en pourcentages est donc de 97%.

Constatant déjà la convergence de leurs politiques au plan national, l’historien Max Gallo avait un jour résumé en disant qu’ « ils se chamaillent sur le perron pour faire oublier qu’ils se partagent la maison ». Le fait est qu'ils soutiennent constamment les mêmes traités et aujourd'hui le même M. Barroso pour un nouveau mandat à la tête de la Commission.

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