Culture et mémoire républicaine

 

Recherche

A propos du site

14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 15:57


C’est l’offre absolument incroyable qu’ont reçue des salariés du Tarn : leur employeur, une entreprise textile, leur a proposé un emploi en Inde pour le salaire modique de 69 euros par mois ! Un nouvel exemple des ravages provoqués par le libre-échange.

Une proposition indécente…

Un responsable de Carreman, l’entreprise en question, a tenté de rejeter la responsabilité de ce courrier sur la loi en affirmant être « conscient que c’est stupide, mais c’est la stupidité de la loi ». Un procédé totalement abusif, d’autant plus que, comme le montre l’article du Monde, le ministère de l’emploi avait estimé qu’une proposition de reclassement à l’étranger « pour des salaires très inférieurs au SMIC ne pouvait être considérée comme sérieuse ».

Il est tout de même complètement indécent de proposer de déraciner des hommes de leur région pour un salaire égal à 5% ou moins que ce qu’ils gagnent aujourd’hui ! Comment ne pas imaginer le désarroi de personnes qui perdent leur emploi et qui se voient proposer une misère pour aller travailler à des milliers de kilomètres ? Cela n’est malheureusement pas la première fois puisqu’une entreprise alsacienne avait proposé à ses salariés de partir en Roumanie pour 110 euros mensuels !

L’Europe d’aujourd’hui coupable

De nombreux experts, au premier rang desquels Maurice Allais, Emmanuel Todd ou Jean-Luc Gréau ont démontré que l’application d’un libre-échange non régulé (il vaudrait mieux dire d’une anarchie commerciale) conduit à la déflation salariale qui s’observe aujourd’hui dans tous les pays développés. Cet exemple en est une nouvelle illustration. Même les partisans de la déréglementation (comme Jacques Delors) en reconnaissent les conséquences, sans pourtant remettre en cause le processus.

L’Europe est particulièrement touchée par ce phénomène car nous sommes le continent le plus ouvert, qui protège le moins ses industriels alors que l’Asie ou l’Amérique n’hésitent pas à recourir à des politiques ouvertement protectionnistes. Les Etats-Unis protègent leur sidérurgie. L’Asie a construit sa formidable industrie automobile en protégeant son marché intérieur. Mais le dogmatisme ultralibéral de la Commission Européenne ne laisse pas la moindre place à un minimum de pragmatisme protecteur.

Cette histoire montre bien les aspects inhumains du fondamentalisme du marché et la menace qu’il fait peser sur notre industrie. Voilà un débat essentiel à l’approche des élections européennes, et où PS, UMP et Modem préfèrent une discrétion bien compréhensible…


Source : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/05...


 

Repost 0
Published by le Citoyen Thimèle - dans Elections européennes 2009
commenter cet article
12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 05:00


Dimanche, François Bayrou a osé déclarer que les députés européens du Modem n’avaient jamais voté de la même façon que les ultralibéraux avec lesquels ils siègent au Parlement européen, et qu’ils avaient toujours voté dans le sens de la défense des services publics.

 

Deux déclarations évidemment mensongères, et qui n’ont d’autre but, encore une fois, que de masquer aux Français la duplicité d’un François Bayrou et de son parti qui jouent les contempteurs d’une Europe ultralibérale dont ils sont pourtant depuis 20 ans les soutiens et artisans, avec d’autres.

 

Deux déclarations face auxquelles l’UMP et le PS, tout autant duplices sur l’Europe, n’ont pourtant pas hésité une seule seconde à réagir !

 

Ainsi, le Parti Socialiste, par la voix de Razzy Hammadi, son secrétaire national aux services public, a accusé François Bayrou de « mensonge »  et de « tentative manifeste et démagogique de tromperie des électeurs ». Et déclarant qu’« en ne prenant que trois votes parmi les plus importants pour l'avenir des services publics, on vérifie qu'en fait, la cynique posture de François Bayrou ne résiste pas à l'épreuve des faits ».

 

Quant à l’UMP, par la voix de Frédéric Lefebvre, elle a déclaré que François Bayrou a toujours été un fervent soutien des « ultralibéraux » et même un « ultraconservateur à l'anglo-saxonne ». Rappelant pour exemple que le président du Modem soutient la candidature de Mario Monti à la présidence de la Commission européenne, celui-là même qui en 2004 voulait empêcher l’Etat français de sauver Alsthom au nom de la concurrence et du libéralisme.

 

Razzy Hammadi et Frédéric Lefebvre ont évidemment raison sur ces points, et on peut totalement comprendre qu’il soit de bonne guère pour eux de réagir à de tels mensonges. Seulement, ils sont mal placés, mais vraiment très mal placés, pour dénoncer une duplicité du Modem qui est aussi totalement la leur.

 

Cette Europe ultralibérale que tous les trois dénoncent, c’est pourtant la leur !

 

Qui depuis 20 ans ont voté tous les traités qui ont façonné le caractère ultralibéral de l’Europe, en instaurant le principe suprême de la « concurrence libre et non faussée », en instaurant le libre-échange intégral, en dérégulant à tout-va, en donnant l’indépendance à la banque centrale ?

 

Qui depuis 20 ans ont voté quasiment toutes ces directives toujours plus libérales, toujours plus antisociales ?

 

Toujours ces trois-là, main dans la main !

 

Ce qui ne résiste à l’épreuve des faits, ce n’est pas seulement « la cynique posture de François Bayrou » monsieur Hammadi, c’est aussi celle de votre parti ! Un parti qui prétend défendre bec et ongles les services publics à la française, et dont les députés au Parlement européen ne se sont pourtant pas gênés, il y a quelques semaines, pour voter une nouvelle mesure de déréglementation de l’énergie.

 

Il n’y a pas que le Modem qui « masque la réalité de ses idées » monsieur Lefebvre, il y a aussi votre parti et son représentant à l’Elysée ! Comment ce dernier peut-il dénoncer, dans son récent discours à Nîmes, une Europe défaillante dont les maux sont pourtant tous inscrits et confortés dans le Traité de Lisbonne qu’il a soutenu et imposé aux Français ?

 

A moins d’un mois des élections européennes, il est plus que jamais de salut public que de dénoncer cette tartufferie généralisée au sein des « grands partis » (Modem, UMP, PS, sans oublier les Verts) qui ne peut qu’empêcher l’émergence d’un débat clair et honnête sur l’Europe que les Français méritent d’avoir. Les Français qui souhaitent majoritairement changer cette Europe ont le droit à autre chose que cette perpétuelle intoxication, qui les amène toujours à voter pour les mêmes, pour au final toujours les mêmes désillusions.

Repost 0
Published by le Citoyen Thimèle - dans Elections européennes 2009
commenter cet article