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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 14:43


La semaine dernière, le parti socialiste a lancé sa campagne pour les élections européennes. L’occasion pour Martine Aubry de plaider pour une « autre Europe », une « Europe un peu (sic) moins sauvage » et de demander aux Français de les aider pour décrocher une majorité au parlement européen en juin.

Une hypocrisie politique

Le Parti Socialiste a trouvé son credo : dénoncer l’Europe libérale du PPE, le Parti Populaire Européen, et rejeter sur la droite la responsabilité de la crise économique. Mais cette grosse ficelle est bien abusive. Il faut savoir que depuis trente ans, le PSE et le PPE dirigent ensemble le parlement européen puisque les deux principaux groupes parlementaires se partagent la présidence du Parlement deux ans et demi chacun, préférant leur monopole à une « concurrence libre et non faussée ».

Mieux, le Parti Socialiste affirme qu’il faut voter pour lui afin de remplacer l’actuel président de la Commission Européenne, Juan Manuel Barroso, alors que les deux principaux leaders de gauche en Europe, Gordon Brown et José Luis Zapatero, lui ont apporté son soutien. Mieux, la perspective d’une majorité de gauche en juin 2009 est complètement illusoire quand on sait que dans la plupart des pays (Allemagne, Grande-Bretagne, Italie…), la gauche est largement derrière la droite.

Une hypocrisie économique

Mais cette immense hypocrisie politique est doublée d’une incroyable hypocrisie économique. En effet, comment le Parti Socialiste Français peut-il se désolidariser des choix économiques européens faits depuis 25 ans ? N’a-t-il pas majoritairement soutenu l’Acte Unique, le traité de Maastricht, le traité de Nice, le Traité Constitutionnel Européen puis le traité de Lisbonne ? Tous ces traités ont obtenu une très large majorité des suffrages des élus du PS.

Et ce sont ces traités qui ont fait avancer la déréglementation dans tous les domaines, qui ont rendu le pouvoir monétaire indépendant des politiques. Ce sont ces traités qui ont tenté de faire de la « concurrence libre et non faussée » un objectif de l’Union Européenne. Ce sont ces mêmes socialistes qui ont accepté la libéralisation des anciens services publics sous Lionel Jospin. Bref, les socialistes sont largement co-responsables du bilan calamiteux de l’Europe.

Il est relativement habile de chercher à faire croire qu’en votant pour le PS, les Français pourraient changer la direction d’une Europe que les socialistes n’ont pourtant pas cessé de soutenir depuis un quart de siècle. Mais pour vraiment la changer, il vaut mieux éviter le bulletin à la rose.


Source : http://changerleurope.fr/le-meeting-de-toulouse-lance-la-...


http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/04/25/a-toulous... 


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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 23:00

Attention, nous publions un avis d'enfumage !

Le coupable, le parti socialiste, qui a décidé une nouvelle fois de mener sa campagne des élections européennes sur le thème de l'"Europe sociale".
Salaire mimum européen, harmonisation fiscale, tout y sera de nouveau. Comme tous les 5 ans, à chaque élection du parlement européen, le PS rejoue le même morceau, en continuant en parallèle de voter les directives et les Traités.

Une nouveauté malgré tout cette année, un article du Monde, le parti socialiste mènera aussi campagne contre José Manuel Barroso, le président de la commission de Bruxelles, "un homme de droite dont le libéralisme économique, le conservatisme et l'atlantisme ne sont plus à prouver".

Tout cela est vrai, mais il est bien dommage que le parti socialiste n'ait rien fait plus tôt et qu'il ait presque toujours voté au parlement européen puis à l'assemblée nationale les textes proposés par ce même Barroso...
Notons aussi que les grands technocrates bruxellois issus de ses rangs, Pascal Lamy ou Jacques Delors, ne se sont pas fait beaucoup remarquer de leur temps pour leur antilibéralisme militant.

Plus grave, et c'est en cela que ce positionnement relève de l'enfumage, le parti socialiste ne fera rien contre les Traités européens, et notamment le très libéral Traité de Lisbonne, digne héritier de la Constitution européenne.

Alors qu'il ne s'était déjà pas opposé à son adoption en catimini par le parlement français en février 2008, le parti socialiste considère aujourd'hui le Traité de Lisbonne comme "une donnée".
"Les querelles institutionnelles ne sont plus de saison car l'ordre du jour de la nouvelle mandature est économique et social" nous explique-t-on au PS, comme si les Traités européens n'avaient rien à voir avec le contenu des politiques européennes et nationales, comme si toutes les directives et plus de 80% de nos lois n'en découlaient pas directement.

C'est pourtant bien dans le Traité de Lisbonne qu'est inscrit le pouvoir exorbitant de la Commission de Bruxelles, seule autorisée à proposer des directives.
C'est bien dans ce Traité qu'est gravée dans le marbre l'indépendance totale de la Banque centrale européenne. C'est dans Lisbonne qu'on retrouve le carcan de l'euro, qui nous empêche d'agir face à la crise et nous plonge plus vite et plus fort que les autres dans la récession (cf les derniers chiffres publiés par Eurostat).

C'est dans ce Traité que figurent la déréglementation des services publics, le culte de la concurrence libre et non faussée, l'obligation absolue de libre-échange à l'intérieur de l'Europe et à l'extérieur, pourtant à la source de la crise mondiale et des délocalisations en cascades.

Et dans ces conditions  le PS voudrait nous faire croire, comme en 1989, comme en 1994, comme en 1999, en 2004 et à chaque échéance européenne, qu'il défendra "l'Europe sociale" ?

C'est une nouvelle fois se moquer du monde.

C'est déjà très grave en temps normal. Mais en période de crise généralisée et de faillite du modèle euro-libéral, c'est criminel.


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