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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 05:01


Inlassablement, l’Europe pousse à la déréglementation des services publics européens, aveuglée par un dogmatisme néolibéral qui se fracasse pourtant tant sur la réalité que sur la théorie économique.

La casse des services publics…

C’est le gouvernement socialiste de Lionel Jospin qui a en son temps accepté la lointaine déréglementation des services publics européens. Progressivement, la Commission Européenne essaie de remettre en question les services publics de l’énergie, du transport ferroviaire ou du transport du courrier. Pourtant, les résultats de la déréglementation en Grande-Bretagne montrent bien que cette évolution n’est pas forcément au bénéfice des usagers.

Mieux, le dogmatisme de Bruxelles ignore la théorie économique pour laquelle il existe ce que l’on appelle des « monopoles naturels », des secteurs où les économies d’échelle procurées par la taille poussent logiquement à la constitution d’un monopole. Et parce que les monopoles privés ont un comportement prédateur, la plupart des gouvernements ont légitimement préféré le confier à une entreprise publique. Le transport ferroviaire, l’énergie ou la distribution du courrier sont des « monopoles naturels ».

L’Europe cherche par tous les moyens à casser les entreprises publiques héritées de l’après-guerre. C’est ainsi qu’elle chercher à imposer la séparation des activités de production et de distribution dans le domaine de l’énergie pour imposer la concurrence dans le second. Mais un tel objectif est difficilement compréhensible. En effet, l’essentiel du coût dans l’énergie vient de la production, et non de la commercialisation. La mise en concurrence de la distribution n’aura que peu d’impact sur les prix.


… bénéficie aux gros mais pas aux petits


Et c’est bien là tout le problème : ces positions dogmatiques n’apportent des bénéfices que pour les actionnaires de ces sociétés. Les prix ne sont que rarement baissés, comme le montre le cas de la libéralisation de l’annuaire téléphonique qui a abouti à un doublement du coût du service. Les premiers bénéficiaires ont alors été les chaînes télévisées qui ont profité de leurs budgets publicitaires. En revanche, le consommateur a été le dindon de la farce.

Plus grave, comme le montre cet article de Médiapart signalé par Pascale Fourier, que j’ai eu la chance de rencontrer récemment, cette libéralisation peut également pousser à des comportements dangereux pour la sécurité même des passagers. En effet, il semble que les exigences de certains opérateurs privés ne soient pas forcément les mêmes que celles de notre service public, qui, s’il a des défauts, n’a pas celui de mettre en danger la vie de ses usagers par de telles négligences.

Une efficacité économique plus que douteuse, un bénéfice privatisé pour les actionnaires, des consommateurs mis en danger : elle est belle l’image des services publics libéralisés au nom de l’Europe !


Source : http://www.mediapart.fr/club/blog/cheminot-railleur/14040...


 

Le blog de Laurent Pinsolle

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Elections européennes 2009
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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 01:03

Le PS de Madame Aubry tape sur l’UMP de Monsieur Sarkozy qui tape sur le PS de Madame Aubry et ainsi de suite, avec au milieu Monsieur Bayrou qui se présente comme l'anti-système bien qu'il en soit l'épicentre. Une élection approche, on rejoue donc la partition gauche-droite-gauche-droite qui rassure l'électorat de chacun sur l'identité de l'ennemi. Mais il s'agit cette fois de l'élection européenne. Que se passe-t-il vraiment dans l’hémicycle européen une fois que droite et gauche ont fini leurs chamailleries électorales ? 

Une étude à paraître (Observatoire de l’Europe) portant sur le sens des votes des groupes politiques au Parlement européen pourrait faire grand bruit, au moment où fusent les critiques tant du côté du Front de gauche que de celui de Philippe de Villiers contre les « arrangements et collusions de toujours » entre les grands partis qui siègent au Parlement européen depuis 1979.

Jusqu’ici, personne ne s’était livré au fastidieux travail de recension des votes de chaque groupe puis à leur comparaison. L'étude à venir porte sur l’année 2008 et fait apparaître que le groupe du PPE-DE, majoritaire, qui rassemble les partis de centre-droit en Europe (dont l’UMP pour la France) et le groupe PSE (socialistes) ont voté dans le même sens sur 97% des textes (rapports, résolutions) examinés par le Parlement européen. Un score digne de la Douma de l'ex Union soviétique. Sur 535 votes par appel nominal (votes électroniques, les seuls qui soient enregistrés et donc traçables) les groupes PPE et PSE n’ont voté différemment que dans 18 cas. Et sur ces 18 votes par appel nominal où ils ont divergé, ça n’était pas forcément pour s’opposer puisque l'un des deux groupes à choisi l'abstention 8 fois. C'est à dire que droite et gauche au Parlement européen ne se sont opposées que dans 10 cas sur 535 votes. Sur ces dix textes qui les ont vus s’opposer, un seul était un texte de nature législative. La convergence des votes du PPE et du PSE exprimées en pourcentages est donc de 97%.

Constatant déjà la convergence de leurs politiques au plan national, l’historien Max Gallo avait un jour résumé en disant qu’ « ils se chamaillent sur le perron pour faire oublier qu’ils se partagent la maison ». Le fait est qu'ils soutiennent constamment les mêmes traités et aujourd'hui le même M. Barroso pour un nouveau mandat à la tête de la Commission.

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