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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 16:40

C'est Jean-Luc Mélenchon qui le révèle dans son blog. A Bruxelles, les députés "socialistes" français et européens ont voté, main dans la main avec le PPE, une nouvelle mesure de déréglementation de l’énergie. Pour des gens qui, en France, veulent rompre avec cette Europe libérale, pour des gens qui prétendent défendre bec et ongles le service public français de l'énergie, c'est tout de même assez étrange !
Les Français peuvent-ils encore raisonnablement voter pour des gens comme ça ? 



"[Le parlement européen s’est prononcé] sur la libéralisation de l’énergie. Ce vote portait sur le 3ème paquet de directives sur la libéralisation du marché de l’électricité et du gaz. Ces directives, on le devine, visent à renforcer la libre concurrence et à achever la libéralisation du secteur.


Que sait faire d’autre l’Union Européenne ? Au cas précis il s’agissait d’accélérer le démantèlement des entreprises intégrées de service public, chiennes galeuses accusées de fausser la concurrence.

Le vote a eu lieu. Sans surprise, EDF et GDF vont devoir séparer plus fortement leurs activités de production, de fourniture (services de distribution, en contact avec le client) et de transport (les lignes, les gazoducs etc).


Bien sûr cette cette désintégration ouvre la voie à une privatisation rampante des réseaux et de la distribution. C’est d’ailleurs commencé avant même le vote. Maintenant c’est la loi. On connait l’enchainement. Tout va se faire par des filialisations et des externalisations au profit du privé. Adieu l’égalité devant le service public. Adieu les investissements de long terme dans le réseau. Voici enfin l’ère de la modernité.


Cela veut dire que ce qui marchait bien pour tous va complètement dysfonctionner, que tout vaudra plus cher et que tout finira dans un scandale à l’occasion duquel on rappellera l’État pour réparer des dégâts inouïs ! Les rapaces vont encore se goinfrer et les gens souffrir.


C’est justement ce que dénonce actuellement le mouvement des agents des services de distribution d’EDF et GDF nommés dorénavant ERDF et GRDF en application des règles de dépeçage.

Certes, sous la pression des États, le compromis final voté par le Parlement européen n’impose certes plus une séparation patrimoniale totale et obligatoire entre les activités de production et celles de transport. Si cela avait été fait cela aurait valu une privatisation directe. Mais il impose une séparation accrue. Comme d’habitude, des petits pas toujours dans la même direction. Jusqu’à la prochaine fois. En pleine campagne européenne ça vaut la peine de savoir qui a voté comment. Surtout que les intéressés ne vont pas s’en vanter.


En effet, le PPE et le PSE ont massivement voté pour (187 voix du PSE pour, 2 contre, 2 abstentions !).La majorité de la GUE et des Verts ont voté contre. Les socialistes français ont brillé. Illisibles comme un de leur meeting. La majorité a voté pour comme l’ensemble du PSE.


Et parmi ceux-ci Françoise Castex, Vincent Peillon, Stéphane Le Foll, Pervenche Bérès, Jean-Louis Cottigny, Béatrice Patrie, Bernard Poignant, Catherine Trautmann.


Benoît Hamon et Harlem Désir se sont abstenus. Kader Arif et Henri Weber n’ont pas pris part au vote.

Seules Marie-Noelle Lienemann et Anne Ferreira ont voté contre.


Dites merci. Vous auriez pu aller le dire au meeting de lancement de campagne du PS a Toulouse le 24 avril."


 

Le blog de Jean-Luc Mélenchon


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Published by le Citoyen Thimèle - dans Elections européennes 2009
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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 17:11

Par Slovar

Le populisme du godillot Bertrand lui fait vanter les mérites d'une Europe qui protège alors qu'elle ne fait que déréglementer les marchés et autoriser de petits arrangements aux industriels de tout poils.

Pour une Europe qui protège et plus modestement : « Quand l'Europe peut, l'Europe veut ». Ce sont les deux « remarquables » slogans que l'UMP a fait créer par des créatifs de comm. en petite forme (mais à quel prix ?).

Le populisme de Bertrand à la pêche aux voix...

Le ton est à la hauteur de l'engagement de l'UMP, puisque, même François Fillon a été obligé de reconnaître « que la constitution des listes UMP pour les élections européennes était naturellement compliquée » en ajoutant : « Ce n'est pas simple parce que, dans nos partis politiques, il y a toujours une tentation à choisir ceux qui sont tous pareils, c'est assez naturel parce qu'un parti politique, ce n'est pas une représentation très complète de la société française ».

 

Et pourtant de temps en temps, nous avons des fulgurances comme celle du « gentil » Xavier Bertrand dans une interview à 20Minutes : « On a trop longtemps souffert d’une Europe de technocrates, déconnectés de la réalité ».

  

Etonnant non, comme propos lorsqu'on connaît la proximité entre le Président de la République avec José Manuel Barroso (le patron desdits technocrates que l'UMP soutien pour un deuxième mandat) et l'absence de jugement de cet ordre jusqu'à présent de la part de l'UMP. Par contre un emprunt à Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon fondateur du MPF et grand pourfendeur de la technocratie bruxelloise ne fait jamais de mal lorsqu'il faut aller à la pêche aux voix.

 

« Pendant longtemps, dès qu’il y avait un problème, on disait que c’était à cause de l’Europe. Il faut apprendre à dire «grâce à l’Europe». On a évité la catastrophe financière grâce à l’Europe ». Alors là, c'est nouveau et ça amuse. Lorsqu'on sait que TOUS les pays de l'Union Européenne ont lancé leurs propres plans de sauvetage des banques et de relance alors que la commission européenne se contentait de menacer de représailles financières les pays qui apporteraient une aide directe à leurs entreprises, on croit rêver. Mais le « gentil » Xavier a certainement oublié.


L'Europe en action ?

« La Commission européenne veillera à ce que le plan français d'aide à l'automobile « ne puisse pas avoir d'effets collatéraux négatifs » pour d'autres pays de l'UE, a averti jeudi 12 février son président José Manuel Barroso en recevant à Bruxelles le Premier ministre français François Fillon (...), le Commissaire européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia avait déclaré que la Commission européenne bloquera toute mesure protectionniste de la part des pays membres de l'Union. Il faut refuser toute mesure protectionniste dans le domaine économique, social, financier ». Mais aussi : « Le président de la Commission européenne affirme qu'il ne faut pas introduire «des distorsions dans la concurrence» dans le marché européen. En cause: les 10,5 milliards d'euros que Paris veut octroyer à six banques » selon Libération.


Mais c'est vrai que depuis que Frédéric Lefebvre à déclaré que « Le journal Libération a perdu beaucoup de lecteurs. C'est devenu parfois une forme de tract », Xavier ne doit pas le lire, ou alors très vite pour ne pas être surpris par le porte parole et commissaire politique de son mouvement, ce qui explique cette méconnaissance des faits... Néanmoins, merci l'Europe... pour sa participation active à la résorption de la catastrophe financière ! 

 

D'ailleurs, heureusement que nous avons des élections proches, qui nous permettent d'apprendre que : « L’Europe doit davantage protéger l’emploi. Il existe un fond d’ajustement à la mondialisation avec un plafond de dépenses de 500 millions d’euros par an. Seulement 67 millions ont déjà été utilisés, le reste dort dans un tiroir alors qu’on en a besoin ». Vraiment Xavier Bertrand à raison de dire : il faut apprendre à dire «grâce à l’Europe» !!!!! 


Et bien, fort de ces déclarations, celui dirige l'UMP a décidé de faire un geste important pour nous faire mieux aimer l'Europe « qui protège et qui peut quand elle veut ». « L'Europe qui protège » façon UMP se déclinera cette année sur « 10 000 tee-shirts, 20 000 préservatifs et autant d'éthylotests » comme l'indique Le Figaro.


Bravo les mecs, provoquer le Pape et les alcooliers, ça c'est courageux !!! Mais en ce qui concerne la protection des consommateurs, il semble que l'UMP ait des « pudeurs de jeune fille » puisqu'on ne trouve pas trace de déclaration outragée sur la nouvelle directive des « technocrates » de Bruxelles la « directive de dérèglementation ». 


Rappel sur le site de Novethic

Un projet de directive européenne portant sur une déreglementation des formats et des volumes d'emballages est entre les mains du parlement européen. Abrogeant toute norme existante, cette directive pourrait tout autant favoriser la diminution des emballages que leur multiplication. 


Les directives qui norment les formats d'emballages datent du milieu des années 70. A l'époque, la grande diversité nationale des formats d'emballages est apparue comme un frein à la libre circulation des marchandises entre les membres de la communauté européenne et c'est pourquoi des règles communes ont été mises en place notamment pour les produits destinés à l'exportation. Depuis, de nombreux amendements ont modifié ces directives et, en 2000, un arrêt de la Cour européenne de justice concernant le « cassis de Dijon », faisant jurisprudence, a permis de légaliser la commercialisation de tous les formats nationaux dans un autre état membre de l'Union.

 

C'est donc dans un souci à la fois de conformité avec les pratiques du marché et de prise en compte des évolutions des consommateurs, que la Commission Européenne propose une nouvelle directive abrogeant les deux précédentes « pour permettre une plus grande souplesse au bénéfice du consommateur et de l'industrie des produits de consommation ». Cela inclut les produits alimentaires mais aussi tout autre type de produits emballés comme les détergents, la laine, les peintures, etc… à l'exception du vin, des spiritueux, du café soluble et du sucre blanc pour lesquels les formes obligatoires resteront valables encore vingt ans.

 

Or comme l'écrit Jean Quatremer pour Libé : « Il faut dire que, coïncidence heureuse, cette directive a été proposée par… le Néerlandais Fritz Bolkestein, (et oui, encore lui) le commissaire chargé du marché intérieur, pour qui « régulation » était un gros mot. C’est la même logique que la directive service, celle de l’abandon de toute harmonisation ». 


La déréglementation continue à l'échelle européenne

Et voila qu'au moment où les gouvernants et politiques des pays de l'Union appellent à la régulation dans beaucoup de domaines la commission certainement « travaillée au corps » par les lobbies qui ont pignon sur rue et en réalité font la très grande majorité des directives « consommation » nous sort sa directive déréglementation.

 

Officiellement, cette réforme est mise en œuvre dans l’intérêt bien compris du consommateur. C’est pour son bien qu’elle le prive de repères, pour ainsi dire à sa demande. Il s’agit de « répondre à ses goûts » avant même qu’il les formule ; de « mieux l’informer », de « stimuler la concurrence », de « favoriser la transparence » Jusqu’à présent, le consommateur européen savait qu’il achetait son beurre en plaquette d’une demi-livre, son riz en paquets de 500 grammes et sa peinture en pots d’un kilo. Désormais, les fabricants peuvent présenter leurs produits pré-emballés dans les quantités qu’ils décident eux-mêmes. Par exemple 480 grammes de riz, 85 centilitres de peinture. Et même, à partir d’octobre 2012, des plaquettes de beurre de 240 grammes, voire 230 – il faudra bien regarder - Le blog Déchiffrages.

 

Pour bien comprendre cette directive conçue dans « l'intérêt des consommateurs », revenons en au blog de Quatremer. « Faire ses courses va devenir un vrai casse-tête. Les plaquettes de beurre de 230 ou de 126,5 grammes, les conserves de petits pois de 320 ou 624 g, les tubes de dentifrice de 84 ou 135 millilitres, c'est pour bientôt. Il paraît que c'est pour «satisfaire les consommateurs qui demandent des paquets plus adaptés à leurs besoins», comme le martèle Ton Van Lierop, le porte-parole du commissaire européen à l'Industrie, Günter Verheugen. On peut avoir un gros doute : ne s'agit-il pas plutôt de rendre plus difficile toute comparaison de prix entre les produits, voire de permettre aux industriels de diminuer subrepticement la quantité par emballage sans baisser les prix ? Quinze grammes par ci, cinq centilitres par là, cela finit par faire de gros bénéfices. » 

 

Les Etats membres se sont donc entendus, en accord avec le Parlement, pour que la libéralisation n’intervienne que le 11 avril. Elle ne s’appliquera au lait, au beurre, aux pâtes et au café qu’à partir du 11 octobre 2012 et au sucre blanc à partir du 11 octobre 2013. Et le consommateur dans tout ça ? La Commission compte sur les Etats pour appliquer correctement une directive de 1998 prévoyant un affichage du prix au kilo ou au litre des produits, ce qui permettra de comparer les prix. Mais, pour l’instant, seules la France et la Finlande ont rendu cet affichage obligatoire pour les petits commerces. Et dans les supermarchés, il faut vraiment avoir de bons yeux pour lire les étiquettes en très petits caractères.

 

Du coup les industriels sont contents, le gouvernement va parler de pouvoir d'achat et les consommateurs, comme d'habitude vont se faire avoir... Tout compte fait, le slogan de l'UMP n'est pas si mauvais puisque : « Quand l'Europe peut, l'Europe veut... » mais, dans un soucis de « populisme » ils aurait pu le faire suivre de « l'Europe qui protège mon c... ».



Le blog de Slovar

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