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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 14:49

L'enfumage et le mensonge sont des vices qui gangrènent très largement la sphère politique française.
Si nous les dénonçons avec tant de force, c'est parce que nous croyons qu'ils sont au fondement de tous les maux que nous connaissons. Tant qu'on continuera de vivre et de voter selon des clivages virtuels, éculés, entretenus par les partis qui en profitent, il ne sera pas possible d'avancer sur les sujets importants. Il ne sera pas possible de sortir de la spirale infernale de l'échec et de la déception perpétuelle.

Tant que les Français ne seront pas totalement éclairés sur la réalité des clivages dans leur pays, tant qu'on continuera de leur faire croire à grands renforts de médias que la gauche et la droite sont deux camps opposés, ils ne pourront pas librement, en conscience, se déterminer sur les enjeux majeurs que sont l'Europe, le libre-échange, le libéralisme, l'euro, etc.

Il est donc nécessaire, chaque fois que cela se produit, de démasquer l'enfumage, et de rétablir la vérité des clivages.

PS et UMP sont bien sûr des champions de l'enfumage, en simulant à chaque échéance électorale un débat alors qu'ils partagent à l'évidence les mêmes orientations idéologiques sur la plupart des sujets. 25 ans de pouvoir et un gouvernement en commun aujourd'hui nous l'ont démontré.
Nicolas Sarkozy a mené de ce point de vue là une campagne exemplaire en 2007, en s'érigeant en Homme de la Nation, pour vite se transformer en petit télégraphiste de Bruxelles et de Washington après son élection.

Mais le Modem est peut-être plus coupable encore.
Il l'est tout particulièrement parce qu'il fonde son existence depuis la candidature de François Bayrou en 2007 sur son opposition supposée au Système. François Bayrou a réussi le tour de force lors de l'élection présidentielle d'agréger nombre de voix anti-Système, et beaucoup pensent aujourd'hui de bonne foi qu'il feront acte de rébellion en choisissant le bulletin de vote Modem aux européennes en juin.

Il faut dire la vérité à ces électeurs sincères. Cette vérité que les médias ne diront pas, eux qui préfèrent construire une opposition de rechange, si docile, si pratique, avec François Bayrou et sa boutique (cf l'Express de la semaine dernière, si doux avec le rebelle du centre...).

Comme François Bayrou est un imposteur, le Modem est une imposture.
Il suffit pour s'en convaincre de parcourir ses "12 engagements européens", présentés par son président le 29 mars dernier.

Les engagements, les slogans, les promesses ne collent en rien avec les faits.
Le Modem est un parti européiste, libéral, libre-échangiste, atlantiste, qui a toujours voté les Traités européens, toujours soutenu les directives nocives, toujours participé à l'élaboration d'une "politique étrangère européenne" entièrement soumise à Washington et l'OTAN.

Il ose aujourd'hui, en campagne, afficher le contraire.

Regardez plutôt :

* Engagement numéro 3 : "En Europe, la compétition doit être rendue équitable : nous ne pouvons pas continuer à imposer à nos entreprises, à nos agriculteurs, des normes légitimes et justes, par exemple en matière d’environnement, et accepter qu’entrent chez nous des produits qui ne les respectent pas."

Le mouvement de François Bayrou se serait-il converti au protectionnisme ? A lire ces lignes, on pourrait le croire.
Pourquoi donc continuer à faire campagne pour un Traité, le Traité de Lisbonne, qui reprend mot pour mot la profession de foi ultra libre-échangiste de la Constitution européenne que nous avions pourtant rejetée par référendum ? Rappelons que les Traités européens, que le Modem et ses ancêtres ont toujours votés, interdisent de mettre en place la moindre protection aux frontières intérieures et extérieures de l'Union européenne.
Quand on est conséquent, on tire les conclusions logiques de ces engagements, en annonçant la dénonciation des Traités dans le cas présent. Quand on ne le fait pas, à l'instar du Modem, on trompe les gens. Ni plus ni moins.

 

* Ce n'est pas fini, Engagement numéro 4 : "L'Europe, affaire des citoyens : les gouvernants de nos pays et les dirigeants européens préparent toutes les décisions entre eux, dans le secret, sans que nul en soit informé. Des choix très importants, qui nous concernent tous, sont ainsi décidés. Cela ne doit plus être accepté par les peuples. Pour nous, toutes les décisions qui concernent l’avenir des citoyens européens doivent être prises en pleine lumière : c’est aussi notre affaire de citoyens."

Autre manipulation.
Le Modem semble vouloir rendre plus démocratique le fonctionnement de l'Europe de Bruxelles, qui ne l'est pas du tout aujourd'hui. Les mots employés résonnent doucement à l'oreille des citoyens attachés à la démocratie et la souveraineté du peuple.
Or, en réalité, que demande le Modem ? Que les commissaires non élus et non responsables perdent le monopole d'initiative des textes européens, à la base de 80% de nos lois ? Non, pas du tout.
Que les résultats des référendums soient respectés, même quand les peuples ont dit NON, à l'instar des peuples français, néerlandais et irlandais ces dernières années, et qu'on cesse de passer en force ? Non plus.
En réalité, le Modem réclame la publicité des délibérations, la belle affaire...Bref, sous un discours très volontariste destiné à tromper les plus pressés ("L'Europe, affaire des citoyens", que c'est joli), le programme du Modem cache le statu quo le plus total, l'antidémocratie aménagée, l'antidémocratie aux allures de la démocratie. Bel enfumage.


* Mieux vaut s'asseoir avec l'engagement numéro 5 : "L’Europe ne peut pas organiser la concurrence sauvage des Etats européens entre eux : elle doit, au contraire, les conduire à la coopération. Depuis des années, chaque pays essaie de marquer des points contre les autres. C’est une démarche vouée à l’échec et qui conduit à une impasse."

On est abasourdi par tant de mauvaise foi.
Le Modem ose se plaindre de la concurrence sauvage entre Etats en Europe alors que l'Union européenne fonctionne par construction sur la concurrence "libre et non faussée" !
C'est inscrit noir sur blanc dans tous les Traités que le Modem, que François Bayrou, ont toujours soutenus et qu'ils soutiennent encore. 90% des directives et réglements européens ont pour objectif d'assurer la prééminence de ce principe.
Encore récemment, l'Union européenne a refusé que la France assortisse son aide financière aux constructeurs automobiles d'une interdiction des délocalisations vers l'Europe de l'Est. Les délocalisations font partie du logiciel bruxellois soutenu par le Modem, et la concurrence sauvage en découle mécaniquement.

* Arrêtons-nous enfin sur l'engagement numéro 11 : "Il faut convaincre les Européens que l’Europe n’écrase pas leur identité, au contraire qu’elle la garantit : pour nous, Français, la Nation est un bien commun. La langue française, la création culturelle sont protégées : elles doivent l’être encore plus efficacement. Les régions sont une richesse de l’Europe, elles doivent être mises en valeur, avec leur langue et leur culture. L’Europe est un vivier d’identités et de cultures."

Oui, vous avez bien compris, on doit vous "convaincre" que l'Europe n'écrase pas votre identité.
Si vous aviez cru un instant que la technocratie froide de Bruxelles, la machine à uniformiser et américaniser, avait porté atteinte à notre identité nationale, vous vous êtiez trompé. Le Modem s'est en tout cas fixé comme mission de vous convaincre de votre erreur de perception...

Pas de problème non plus concernant le français, massacré à Bruxelles au profit de l'anglo-américain, alors qu'il est censé être une des trois langues de travail de l'Union. Soyez en convaincus, notre langue est respectée par Bruxelles...

Comme il y a eu pendant longtemps un "sentiment d'insécurité", il n'y a qu'un "sentiment d'acculturation" avec l'Europe de Bruxelles selon le Modem. Comme il n'y a qu'un sentiment de recul de la démocratie, qu'un sentiment de destruction des services publics, qu'un sentiment de triomphe de l'ultralibéralisme mondialisé.

Rassurez-vous.

Nous pourrions développer les 12 engagements du Modem.
Nous avons fait le choix de nous concentrer sur les plus significatifs de l'enfumage d'un parti prétendûment subversif pourtant tellement dans le Système qu'on ne peut pas y être plus...

L'engagement numéro 8 sur l'Europe, "zone de sécurité", vaudrait lui-aussi le détour.
Les frontières disparues, l'Europe est devenue une zone de libre circulation de tous les trafics, de toutes les criminalités, de toutes les immigrations clandestines. Là encore, le Modem (comme l'UMP, le PS, les Verts) a soutenu et soutient les Traités et les politiques qui poussent l'Europe dans cette direction.
Mais restons fidèles à notre promesse, et tenons-nous en à ces quelques remarques.

Merci de faire circuler ce texte à destination des honnêtes électeurs tentés de faire barrage au duopole de l'échec UMPS via le vote "rebelle" Modem. Aussi peu rebelle que le vote écolo Cohn-bendiste, le vote Modem est un vote du Système, pour la préservation du Système.
Un citoyen peut de bonne foi tomber dans les pièges de l'enfumage et de la manipulation de campagne. A nous d'aider à y voir clair, pour que l'éternelle déception cède enfin le pas au changement véritable.


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Published by le Citoyen Thimèle - dans Elections européennes 2009
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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 14:43


La semaine dernière, le parti socialiste a lancé sa campagne pour les élections européennes. L’occasion pour Martine Aubry de plaider pour une « autre Europe », une « Europe un peu (sic) moins sauvage » et de demander aux Français de les aider pour décrocher une majorité au parlement européen en juin.

Une hypocrisie politique

Le Parti Socialiste a trouvé son credo : dénoncer l’Europe libérale du PPE, le Parti Populaire Européen, et rejeter sur la droite la responsabilité de la crise économique. Mais cette grosse ficelle est bien abusive. Il faut savoir que depuis trente ans, le PSE et le PPE dirigent ensemble le parlement européen puisque les deux principaux groupes parlementaires se partagent la présidence du Parlement deux ans et demi chacun, préférant leur monopole à une « concurrence libre et non faussée ».

Mieux, le Parti Socialiste affirme qu’il faut voter pour lui afin de remplacer l’actuel président de la Commission Européenne, Juan Manuel Barroso, alors que les deux principaux leaders de gauche en Europe, Gordon Brown et José Luis Zapatero, lui ont apporté son soutien. Mieux, la perspective d’une majorité de gauche en juin 2009 est complètement illusoire quand on sait que dans la plupart des pays (Allemagne, Grande-Bretagne, Italie…), la gauche est largement derrière la droite.

Une hypocrisie économique

Mais cette immense hypocrisie politique est doublée d’une incroyable hypocrisie économique. En effet, comment le Parti Socialiste Français peut-il se désolidariser des choix économiques européens faits depuis 25 ans ? N’a-t-il pas majoritairement soutenu l’Acte Unique, le traité de Maastricht, le traité de Nice, le Traité Constitutionnel Européen puis le traité de Lisbonne ? Tous ces traités ont obtenu une très large majorité des suffrages des élus du PS.

Et ce sont ces traités qui ont fait avancer la déréglementation dans tous les domaines, qui ont rendu le pouvoir monétaire indépendant des politiques. Ce sont ces traités qui ont tenté de faire de la « concurrence libre et non faussée » un objectif de l’Union Européenne. Ce sont ces mêmes socialistes qui ont accepté la libéralisation des anciens services publics sous Lionel Jospin. Bref, les socialistes sont largement co-responsables du bilan calamiteux de l’Europe.

Il est relativement habile de chercher à faire croire qu’en votant pour le PS, les Français pourraient changer la direction d’une Europe que les socialistes n’ont pourtant pas cessé de soutenir depuis un quart de siècle. Mais pour vraiment la changer, il vaut mieux éviter le bulletin à la rose.


Source : http://changerleurope.fr/le-meeting-de-toulouse-lance-la-...


http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/04/25/a-toulous... 


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