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11 août 2006 5 11 /08 /août /2006 18:12
Par René Pommier


M'étant absenté quelque temps, je viens seulement de prendre connaissance de l'article de M. Xavier Ternisien, « Du racisme anti-arabe à l'islamophobie », paru dans Le Monde du 10 octobre 2003. Dans cet article, M. Ternisien s'évertue à expliquer l'islamophobie sans tenir le moindre compte de ce qui en est, me semble-t-il, la cause première, la cause, profonde, la cause principale, à savoir l'islam lui-même. Selon M. Ternisien, l'islamophobie s'expliquerait essentiellement par un racisme anti-arabe qui s'expliquerait lui-même en grande partie par le passé colonial français. On ne saurait certes nier qu'un certain nombre de Français, un nombre assurément trop grand, n'aiment pas l'islam parce qu'ils n'aiment pas les arabes à cause de la guerre d'Algérie et surtout de l'immigration. Mais il y a sans doute un nombre encore plus grand de Français, qui sont islamophobes sans être le moins du monde anti-arabes.

C'est mon cas. Je me sens profondément islamophobe. Or, bien que j'aie été envoyé en Algérie pour participer aux opérations dites de maintien de l'ordre, comme la plupart des gens de ma génération, mon aversion pour l'islam ne se nourrit aucunement d'un ressentiment anti-arabe. Loin d'avoir été un partisan de l'Algérie française, avec quelques-uns de mes camarades de l'E.N.S. de la promotion 1955, j'ai milité pour soutenir les efforts de Pierre Mendès-France en faveur de la paix. Mon islamophobie ne se nourrit que de mon aversion pour l'islam qui n'est elle-même qu'une des facettes d'une aversion générale qui englobe toutes les religions, tous les mouvements sectaires, et, bien sûr, l'astrologie et toutes les formes d'obscurantisme. Pour être islamophobe il n'est nul besoin d'être raciste, il suffit d'être rationaliste.

Si un chrétien, un juif ou un musulman ont le droit, et personne ne songe à le leur contester, de dire tout le bien qu'ils pensent de leurs religions respectives et notamment de prétendre qu'elles ont été instituées par Dieu, les incrédules doivent avoir le droit de dire tout le mal qu'ils en pensent, eux, et notamment d'affirmer qu'elles sont une insulte à l'intelligence humaine. Les croyances que les premiers ont le droit de présenter comme des vérités éternelles et divines, les seconds doivent avoir le droit de les regarder comme un tissu de stupidités anachroniques et de le dire sans ménagement. On ne pourrait leur demander de se taire ou, du moins d'avoir recours à la litote, que si les croyants en faisaient autant. Or, s'il est vrai que les chrétiens d'aujourd'hui tendent à être de moins en moins dogmatiques, au point que les incrédules sont de plus en plus souvent obligés de leur rappeler à quoi ils sont censés croire, il n'en est pas de même des musulmans. Et c'est sans doute ce qui fait qu'à la différence de la religion chrétienne, maintenant trop peu sûre d'elle-même pour être encore oppressive, la religion musulmane reste profondément néfaste et tyrannique. Et c'est aussi pourquoi l'islamophobie reste pleinement justifiée.

Athéisme.org
(octobre 2003)
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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 13:54
Messaoud Bouras, 41 ans. Issu d'une famille musulmane de Roubaix, il a renié sa religion et divorcé pour cause d'intolérance. Il dénonce aujourd'hui l'Islam et son lobbyisme. Et tout cela lui vaut une vie infernale, jusqu'aux menaces de mort! Je ne peux que soutenir cet homme, qui milite pour la liberté, pour la République.

Les barbus le rasent

par Judith Perrignon


Par les temps qui courent, il serait presque soulagé. Qu'enfin ça pète, que la figure du Prophète dessine le visage intolérant de l'islam, que les Arabes et les juifs se haïssent à découvert, que la République française n'ait d'autres choix que de reconnaître son échec. Ainsi, il se sent moins seul, avec son histoire et ses désillusions. La preuve, après enquête et recoupements, le voilà dans le journal.

Messaoud Bouras a apostasié l'islam, le Prophète, et le temps passant, tous ses adeptes. Il n'a pas vu ses enfants depuis deux ans. Ils vivent à Roubaix, là où il naquit, grandit et milita. Il n'y met plus les pieds. Mon divorce a pour origine l'intolérance religieuse. Il est au chômage. Il a les joues creuses, les yeux brillants chapeautés d'épais sourcils, des mots gonflés par la douleur, parfois tentés par la provocation. Il respire les combats perdus. Et s'il écrit un jour son histoire, il l'appellera : les Musulmans m'ont tué.

Chapitre I. Messaoud naît à Roubaix, de parents kabyles venus en France au début des années 60. Il est l'aîné de neuf enfants. Le père est ouvrier teinturier du textile, chez Caullier et Delaoutre, musulman classique qui fait la prière et le ramadan, la mère est pieuse et (alors) sans foulard. La famille, installée dans le quartier populaire de l'Alma, prêche le sérieux et le respect à ses enfants. Messaoud est fragile, il fait des bronchites à répétition, il est régulièrement hospitalisé. A 6 ans, il est donc mis dans une école spécialisée, pas à l'Alma. Le jour, il grandit loin du quartier, ici comme ailleurs chaudron communautaire. Il y revient, toujours malingre, à l'âge ordinaire des premiers prurits virils, collège Anne-Franck. J'étais chétif, je n'appartenais à aucune bande, je n'avais pas de grand frère, je me faisais racketter, frapper, on me disait : "Tu parles comme un Français." Tout me prédisposait à une attitude de recul vis-à-vis du communautarisme. Le prof de français a repéré la graine d'affranchi, il l'encourage à lire.

Chapitre II. Tandis que le textile s'effondre, met au chômage technique le père et au chômage tout court oncles et cousins, Messaoud passe brillamment son bac au lycée Maxence-Van ... Meer, et participe à la marche des beurs. Il s'éveille politiquement, lance une association de jeunes issus de l'immigration, fait de l'animation de quartier, affronte son père pour protéger les frangines, suit les cours d'économie à la fac d'éco de Lille. En 1988, Messaoud est responsable du suivi scolaire du quartier de l'Alma. Muni d'une licence, il se lance dans la vie professionnelle, au coeur de l'action sociale, chargé auprès de mairies ou d'offices HLM, de la jeunesse, de logement, de développement social de quartier. En 1995, alors que la violence grimpe les escaliers des cités, il est chargé de mission de sécurité par l'Opac du Pas-de-Calais. J'ai fait plus de 200 procédures, concernant les agressions, le vandalisme, commis dans une immense majorité par des jeunes issus de l'immigration. Au tribunal, je demandais une sanction exemplaire, la fin de la loi du silence. Mais ça me valait d'être poursuivi, insulté, traité de "sale Blanc", de "pauvre harki". Il retombait sur les costauds et les caïds des cours de récré. Il était alors sympathisant des Verts. Pensait et pense encore : Une grande partie de la gauche a sombré dans l'idéologie victimaire, c'est une vision postcoloniale.

Chapitre III. Il raconte un mariage qui très vite tourne mal, deux enfants naissent, Syriane puis Gybril. La mésentente s'installe, la religion s'en empare, à moins que ce ne soit l'inverse. L'épouse a fait du droit, ne porte pas le voile, mais invoque la loi divine, appelle frères et imam à la rescousse, pour contrer son mari si peu pratiquant, même les jours de ramadan. Tous l'appellent le mécréant. Les insultes ont changé, celles de l'enfance étaient empreintes de guerre coloniale, celle d'aujourd'hui emprunte à la religion revenue en force avec les années 90. En 2002, après onze années de vie conjugale, Messaoud Bouras ramasse quelques affaires, s'enfuit et engage une procédure de divorce. Le juge aux affaires familiales ne lui accorde qu'un droit de visite à l'amiable. Mais l'accord est introuvable. Il raconte la brutalité des frères, des mains courantes après ses plaintes à la police. Elle se plaint du harcèlement par SMS. Il n'a plus revu ses enfants, aujourd'hui 11 et 8 ans. Un troisième est né, d'une mère française. Ils l'ont appelé Benjamin, il a 2 ans : C'est un prénom juif, j'ai beaucoup combattu la judéophobie de ma communauté, c'est aussi une référence à un film que j'ai vu à 14 ans, l'Oncle Benjamin, avec Jacques Brel, histoire d'un médecin libre-penseur et épicurien.

Chapitre IV. Il part en guerre. Et tout s'imbrique, déchirure familiale et combat politique. L'année où il fuit sa femme, il quitte aussi les Verts, devenu selon lui l'instrument du lobbying politique des islamistes. Il y a effectivement parmi les responsables écologistes des représentants de mouvances musulmanes, aux interfaces religieuses proches de Tariq Ramadan. Bouras dénonce publiquement, via la presse locale, un cercle de réflexion subventionné par la mairie, parfois tribune antisémite. L'association porte plainte en diffamation, défendue par Me Jean-Louis Brochen (M. Martine Aubry). Messaoud gagne le procès. Mais il est définitivement persona non grata, mort politiquement et socialement à Roubaix, dit-il. Il ne donne à personne sa nouvelle adresse. Il est menacé par une avalanche de mails. Il les garde tous. Il inonde à son tour élus et journalistes.

Il a relu tout le Coran. Je n'y ai pas trouvé une seule fois le mot "amour". Jésus dit à la foule qui veut lapider la femme infidèle qu'il faut pardonner, le Coran ordonne de la tuer. Il est intarissable, explique que la tolérance a généré l'intolérable, assure que s'il existe des musulmans modérés, il n'y aura jamais d'islam des Lumières. Les versets sont incompatibles avec les droits de l'homme. En fait, l'islamisme n'est pas né de la misère, mais de la frustration de la puissance perdue et du besoin de pouvoir. L'islam a raté la modernité. Il n'a rien créé : ni la démocratie, ni la croissance économique.

Il prend des risques à parler ainsi. On le traitera de dingue tendance parano, mais bien des connaisseurs du bocal de Roubaix confirment ce qu'il raconte de la construction politique locale. D'autres le diront lepénisé par la rancoeur. Il a rejoint le discret mouvement des musulmans laïques de France, il craint Sarkozy : C'est un libéral qui veut remplacer les mécanismes de solidarité par la charité communautaire. Et en veut à la gauche. Par choix électoraliste, Lille et Roubaix sont devenus les capitales françaises de l'islamogauchisme. Villes qui tentent écoles islamiques et piscines municipales avec jour des hommes et jour des femmes.

Il est trop tôt pour dire la fin de l'histoire. Messaoud Bouras promène sa silhouette de soldat amoché du côté de Lille, avec dans son cartable un livre, la Schizophrénie de l'islam, et des coupures de presse où il est question de lui. Il connaît le frisson de la liberté conquise. La culture musulmane prédispose à l'immaturité sexuelle, affective et psychologique. Moi, j'ai fait beaucoup de progrès. Il peut aussi sombrer. Il a des douleurs violentes à la tête, autour des yeux, dans la mâchoire. Il était un enfant chétif. Mais cette fois, c'est lié à la pression et au bruit des sirènes identitaires.


Libération, 1er mars 2006

Le blog de Messaoud Bourras

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