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3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 23:06


Communiqué de l'A.FR.AV


Madame, Monsieur,

Voici le courriel que nous venons d'envoyer aux députés et sénateurs français afin de leur faire part de notre profonde inquiétude devant l'anglicisation qui est en train de sévir partout dans notre pays et en Europe.

Madame, Monsieur le Sénateur,

Madame, Monsieur le Député,

Devant l'anglicisation qui prend des allures folles désormais,

Et en vue de l'élection présidentielle de 2007,

Nous avons l'honneur de vous demander de bien vouloir vous mobiliser pour arrêter l'anglicisation de notre pays et de l'Europe.

et, PARCE QUE C'EST :

La langue de la République,

La langue de la Francophonie,

une langue contre-pouvoir au tout anglais,

nous vous demandons d'agir pour une politique volontariste

en faveur de la langue française et de la Francophonie.

- Langue de la République et non langue d'une communauté ethnique, régionale ou religieuse, elle unit les Français entre eux au-delà de leurs différences. Les Corses, les Bretons, les Provençaux, les Basques, les Alsaciens, les Occitans, jusqu'aux Français d'Outre-mer, sont alors tous rassemblés et solidaires à travers elle pour plus de Liberté, d'Égalité et de Fraternité.

- Langue de la Francophonie et non langue d'une seule nation, nous l'avons en partage avec plus de 60 pays de par le monde. Du Québec au Sénégal, du Togo à la Roumanie, du Maroc aux Comores, de l'Acadie au Vietnam, des Marquises au Vanuatu, elle nous permet de vivre l'international en français, de tisser des liens fraternels tout autour de la terre, de favoriser le dialogue entre pays riches et pays pauvres, d'aider au développement solidaire.

- Langue contre-pouvoir au tout anglais, elle est, dans le contexte actuel de la mondialisation de l'économie, une arme de lutte contre l'uniformisation du monde par l'anglais. Entre communautarisme et mondialisme, entre tout ayatollah et tout Coca-Cola, elle est un juste milieu. Et si la liberté, c'est d'avoir le choix, alors, au nom de la liberté, la langue française doit à son niveau, et avec d'autres langues, contribuer à ce qu'il y ait toujours le choix, dans la communication internationale, de pouvoir s'exprimer autrement qu'en anglais.

S'il vous plaît, osez dire "NON" à tous ces capitulards :

À Yves Daudigny, Président du Conseil général de l'Aisne, pour son "Aisne, it's open"

À Georges Frêche, Président du Conseil Régional du Languedoc-Roussillon, pour son "South of France"

À Gérard Bailly, Président du Conseil général du Jura, pour son "Made in Jura"

Et, s'il vous plaît, osez dire "NON" aussi à l'Europe qui parle américain :

Et oui, au cas où vous ne le sauriez pas encore, maintenant, il va y avoir "Together - Since 1957", le logo officiel de la Communauté européenne pour fêter les 50 ans du Traité de Rome.

Nous autres, occitans francophones, savons que l'on peut perdre une langue puisque nos ancêtres ont perdu leurs dialectes au profit du français au siècle dernier.

Aujourd'hui avec l'anglais impérial, nous avons l'impression que l'on nous refait le coup de la langue. Avec le français, c'était au nom de la République ; avec l'anglais, ce serait au nom de la mondialisation. La seule différence, c'est qu'au nom de la République, on demandait aux peuples des Régions de s'unir pour former un seul peuple pour le bien de ces peuples ; la mondialisation, elle, demande aux peuples de disparaître, non pas pour leur bien ou pour plus de démocratie (la démocratie à l'échelon mondial ne veut plus rien dire), mais pour ne former qu'un magma uniforme où seules gouverneraient, à l'échelle du monde, la finance internationale et les multinationales apatrides qui rêvent, comme tout dictateur, que d'une seule monnaie, que d'une seule langue, et que d'une seule pensée (pensée unique).

Dans ces conditions et afin de casser cette dictature en préparation, merci pour vos actions - et il y a urgence - pour la langue française, pour la Francophonie, pour le respect du plurilinguisme, pour la lutte contre le tout anglais et pour vos actions, aussi, contre le bilinguisme langue nationale-anglais, vraie insulte pour les autres grandes langues d'Europe telles l'allemand, l'espagnol et l'italien.

Dans l'attente, recevez, Madame, Monsieur le Sénateur, Madame, Monsieur le Député, l'expression de toute notre considération.


par Régis Ravat, Président de l'A.FR.AV
www.francophonie-avenir.com
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9 octobre 2006 1 09 /10 /octobre /2006 22:02

Par Alfred Mignot


Candidat à la direction de l’OMS, le « French Doctor » Bernard Kouchner prétend, rapporte Le Figaro, « qu’il a d’ores et déjà reçu le soutien des pays de la francophonie ». Une assertion étonnante, car dans son dernier ouvrage, paru à la mi-septembre (Deux ou trois choses que je sais de nous, Robert Laffont), l’ancien ministre s’y montre sous un jour digne d’un militant de la francophobie...

La presse quotidienne française rapportait dans ses éditions de samedi 7 octobre que le Français Bernard Kouchner fait activement campagne pour se faire élire à la direction générale de l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, élection qui doit intervenir le 9 novembre prochain.

A priori, il est permis de considérer que tout citoyen français soucieux de « la place de la France dans le monde » pourrait considérer cette candidature avec sympathie, et cela indépendamment de ses opinions politiques. En effet, si entre 1988 et 2002 Bernard Kouchner participa à quasiment tous les gouvernements socialistes, et fut même Haut représentant de l’ONU au Kosovo en guerre (1999-2001), c’est d’abord pour son action humanitaire qu’il se fit connaître, étant à la fois co-fondateur de « Médecins sans frontières » (1971), puis de « Médecins du monde » (1980). De cet engagement personnel au service des plus démunis est née l’estime que beaucoup lui portent, en France et bien au-delà.

Cela dit, dans l’article publié le 7 octobre par le quotidien français Le Figaro, l’auteur, Aude Marcovitch, rapporte que le docteur Kouchner « assure qu’il a d’ores et déjà reçu le soutien des pays de la francophonie ».

Cette révélation a de quoi laisser pantois ceux qui, attentifs à l’œuvre écrite du plus médiatisé des « French Doctors », auraient feuilleté son dernier livre, diffusé en librairie depuis la mi-septembre : Deux ou trois choses que je sais de nous (Robert Laffont).

En effet, dans l’ante-pénultième chapitre, on lit avec stupéfaction des assertions telles que :

Page 147 :

[...] nouveau venu dans le gouvernement de la République, j’avais été étonné, en 1988, que l’on insistât sur l’usage obligatoire du français pour les ministres.

Page 151 :

Après tout, même riche d’incomparables potentiels, la langue française n’est pas indispensable : le monde a bien vécu avant elle. Si elle devait céder la place, ce serait précisément à des langues mieux adaptées aux besoins réels et immédiats de ceux qui la délaisseraient.

« L’anglais, avenir de la francophonie » (sic !)

Certes, les inconditionnels du « French Doctor », qui a songé un temps à se porter candidat à l’élection présidentielle de 2007, objecteront que deux citations isolées de leur contexte « ne prouvent rien », et ajouteront que dans le même livre, Bernard Kouchner exhorte la francophonie à promouvoir la diversité culturelle... Diantre ! ne sait-il donc pas que l’OIF (Organisation internationale de la francophonie) s’y emploie avec vigueur depuis plusieurs années déjà, et que cet effort persévérant a abouti, le 25 octobre 2005, à l’adoption de la Convention de l’Unesco pour la diversité culturelle ?

Mais il est vrai que l’OIF n’est pas citée une seule fois dans ce chapitre, tout comme si elle n’existait pas... Enfin, si des citations isolées « ne prouvent rien », que dire du titre même de cet ante-pénultième chapitre, qui débute page 146 par un étonnant et littéralement incompréhensible : « L’anglais, avenir de la francophonie » (sic !)

Alors... ? Si Doctor Kouchner décroche la direction de l’OMS, nous pouvons craindre que le français n’y soit encore plus (mal)traité, tel un idiome « indigène » destiné à une disparition prochaine, et que l’on n’y entende s’épanouir l’injurieux « Speak white » par lequel les colons anglo-canadians ont si longtemps — et encore aujourd’hui, parfois — cherché à humilier nos cousins Québécois qui, vaillants résistants, se sont obstinés durant des siècles à parler français — malgré l’hostilité constante des jours ordinaires et les persécutions des années sombres, rien que pour préserver l’honneur d’être soi et l’espérance.

Reste une double question : la journaliste — elle ne nous en voudra pas de poser cette hypothèse — aurait-elle mal entendu ou mal interprété les propos de Doctor Kouchner ? Mais, si elle a bien compris, celui-ci dit-il vrai lorsqu’il prétend « qu’il a d’ores et déjà reçu le soutien des pays de la francophonie » ?

Comment, en effet, imaginer que l’OIF pourrait apporter sa caution et son soutien à un personnage si ostensiblement hostile à la défense et à la promotion de la langue française, donc, corollairement, aux valeurs de l’OIF, dont elle est à la fois l’ambassadrice et, pour beaucoup, le vecteur originel ?


Vox Latina

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