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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 23:30

les 10 et 11 février 2007 à Paris

La laïcité, dans ses fondements les plus profonds, est un principe universel. La séparation du religieux et du politique représente un progrès de l’humanité vers le respect de l’individu, de ses libres choix, de ses croyances ou de son absence de croyance, et de son droit d’en changer. C’est aussi la condition incontournable du vivre ensemble.

Là où la laïcité n’est pas reconnue, les libertés de conscience et d’expression sont bafouées, les droits des femmes sont inexistants ou en recul, l’égalité des droits entre les femmes et les hommes est niée.

La laïcité se voit attaquée à la fois par tous les fanatismes religieux et les fanatiques d’une dérégulation du monde qui, sous couvert de loi du marché, vise à asservir les plus faibles

A travers le monde, des forces intégristes porteuses d’une idéologie totalitaire utilisent l’intimidation, les assassinats et le terrorisme pour tenter d’imposer leur hégémonie.

Aujourd’hui, l’intégrisme islamiste est la menace principale contre les libertés, non seulement dans ce qu’il baptise « terre d’Islam », mais dans toutes les parties du globe, de l’Extrême-Orient à l’extrême Ouest, du nord baltique au Sud africain.

Face aux menaces et aux assassinats que subissent aujourd’hui ceux qui, dans les pays démocratiques, critiquent l’islamisme de conquête,

Face aux menaces et aux assassinats dont sont victimes, au nom de la religion, ceux qui aspirent à la liberté en pays sous lois musulmanes,

Face aux exécutions et aux lapidations que subissent des femmes et des hommes au nom d’une conception barbare de la religion,

Face au discours islamiste, aux communautarismes et à leurs suppôts, qui divisent les populations et les « communautés » et qui avivent la haine des autres,

Face aux offensives réitérées des réseaux islamistes pour tenter d’embraser le monde musulman contre les pays démocratiques,

Face au lobbying des intégrismes auprès des instances internationales (ONU et ses institutions) pour bâillonner la liberté d’expression en voulant instaurer, à l’échelle mondiale, un délit de blasphème,

FACE A CETTE MONTEE DES PERILS

Une mobilisation mondiale est indispensable.

C’est pourquoi nous lançons cet Appel à la constitution, à travers le monde, d’un rassemblement laïque universel.

Dans un monde interdépendant, il est désormais impossible de séparer la liberté de conscience de la notion universelle de laïcité, et de celle d’égalité entre les hommes et les femmes. Les populations sous lois musulmanes aspirent, elles aussi, à une liberté et à une démocratie, ce qui est incompatible avec une hégémonie religieuse.

Nous appelons les femmes et les hommes, dans tous les pays, à constituer une force de résistance pour un mouvement laïque international :

POUR LA LAICITE

Contre tous les formes de racismes, d’intégrismes, les communautarismes diviseurs

Pour l’égalité des droits pour toutes et tous quelle que soit l’origine

Contre toutes les discriminations ethniques, sociales ou sexuelles,

Pour les libertés de conscience et d’expression,

POUR L’AMITIE ENTRE LES PEUPLES

Sur ces objectifs, un collectif d’initiative (ouvert) s’est constitué pour une première rencontre laïque internationale à Paris, les 10 et 11 février 2007.



Pour tout contact, pour soutenir, participer, s’informer, écrire à contacts@laicity.info


Ou Collectif d’initiative laïcity c/o UFAL – 27, rue de la Réunion 75020 – PARIS - France


Premiers Signataires:

Rachid Achour – association AlgériEnsemble
Mohamed Ahdjila – avocat – président Ufal Grenoble
Halim Akli – Tizi Ouzou – initiateur d’un appel laïque en Algérie
Robert Albaredes – Laïques en Réseau
Mahlaga Alizadeh – Femmes Iraniennes pour la démocratie
Nadia Amiri – cadre associative
Hakim Arabdiou – militant associatif
Antonion Artuso – Traducteur-interprète-Parti Communiste du Québec (PC Canada)
Eric Arié – Mouvement Républicain et Citoyen-Cardiologue
Stéphane ARLEN - président de l'association Faire Le Jour (à La Réunion)
Meriam Belaala – présidente SOS Femmes en détresse
Daniel Bénichou –président de l’Association du Chevalier de la Bare – CLR
Amel Bensalma – étudiante algérienne – Tharwa n’Fadhma n’Soumer
Simon Blumental – président de l’association AlgériEnsemble
Monique Bouaziz – AFEM (Association des Femmes de l’Europe Méridionale
El Hadja Boudiaf – économiste – association info-net
Linda Bouifrou –doctorante de recherche en géographie urbaine
Hélène Boulmant-Pierre – professeur de lettres –présidente du MRAP Paris 12
Brigitte Bre Bayle – UFAL – Marseille
Abdelhak Brerh i- CCDR (Alger) Comité des Citoyens pour la Défense de la République
Alain Callès – ancien président du MRAP
José Canali – Fédération PCF 13
Pierre Cassen – animateur du journal en ligne Respublica
Christiane Causse – présidente Ufal Ariège
Martine Cerf – universitaire, secrétaire générale de l’association Egale
Dario Chalom (Ufal de Sens)
Guylain Chevrier – Bureau national UFAL
Huguette Chomski Magnis –président du Mouvt pour la Paix et contre le Terrorisme
Yasmina Chouaki – Tharwa Fadhma N’Soumeur (Algérie)
Jocelyne Clarke – Féminisme et Laïcité – Ufal
Roland Clément – vice-pdt comité ornais défense de la laïcité
Renée Clergue – MRAP Marseille
Coordination Lesbienne en France
Daniel Deriot – travailleur social – secrétaire de Défense des Droits de l’Homme – Chalon
Djavad Dadsetan – directeur artistique Art en Exil
Bernice Dubois – animatrice de stages et militante féministe
Anas El Djazouli – fondateur Maroc Libertés -universitaire
Nabil El-Haggar –vice-président de l’Université des Sciences et Technologies de Lille
Morad El Hattab – philosophe – écrivain – lauréat du prix littéraire pour la paix et la tolérance
Fred Encel – professeur de sciences politiques
M.C. Exsteyl - NIVELLES Belgique
Jeanne Favret-Saada – directeur d’études EPHE
Esther Fouchier - Forum Femmes Méditerranée
Caroline Fourest – assoiation et revue Prochoix –auteure
Latifa Gadouche – assoc. Femmes de là-bas Ici-Bruxelles
Jean-François Gancel – directeur d’action sociale- vice prdt du CNLAPS
Christian Gaudray (Ufal Gironde)
Nicolas Gavrilenko – secrétaire général de l’UFAL
Ziad Goudjil – Histoires de Mémoire
Serge Goldberg – président du MRAP de Saintes
Lucette Guibert – Santé Protection Sociale (UFAL)
Rafik Hassani – dirigeant du RCD Europe
Eric Hebert membre actif « vie libre »
Mohamed Pascal Hilout – initiateur du Nouvel-islam en France
Françoise Hostalier – présidente d’Action Droits de l’Homme
Bernard Hugo – sénateur-maire honoraire de Trappes (78)
Jacques Janusz vice-président du Mvt Vie Libre
Serge-Maximilien Jaurais, Président de l'Association Fraternité Franco Chilienne de Savigny le Temple
Ali Kaitouni – intellectuel, cadre associatif (Fès, Maroc)
Cherifa Kheddar – prdte Djazairouna – Familles des victimes du terrorisme
Nadia Kurys – Mrap (72)
Samia Labidi –écrivain- Prdte de AIME (d’Ailleurs et d’Ici Mais Ensemble
Simone Landry - secrétaire nationale wilpf/lifpl
Monique Lemoine – conseillère municipale de St Jean de la Ruelle (Loiret)
Azar Majedi - Présidente de l’Organisation pour la Libération des Femmes en Iran.
Horiya Mekrelouf – Mrap Marseille
Hélène Michelini – journaliste –
Juliette Minces – anthroplogue et écrivain
Tarik Mira – responsable international du RCD (Alger)
Bouimediene Missoum – journaliste – comité p/la liberté de presse en Algérie -Allemagne
Claude Moniquet – directeur de l’ESISC
Faroudja Moussaoui – militante des droits humains-Kabylie Algérie
Charles Najman – écrivain et cinéaste
Abdenour Ouyahia – Secr.Nal à l’Emigration – RCD Alger
Nicolas Pomiès - - secrétaire national UFAL
Christine Prunaud – Solidarité/droits des femmes en Algérie
Robert Redeker – philosophe – professeur
Raymond Renard – professeur émérite. Univ.deMons-Hainaut-Belgique
Sophie Ribot-Astier – militante associative
Thomas Rigaud – SOS Racisme Rhône
Simone Roche – bibliothécaire – coordinatrice Salons du livre anti-fasciste
Evelyne Rochedereux – présidente de Cibel
Martine Ruppé - Présidente du Comité Ornais de Défense de la Laïcité.
Paloma Saavedra Ruiz – presidenta red ciudadanas de Europa (RCE)
Abdelkrim Sadoun – agent de sécurité
Naima Sadoun – employée de maison
Emmanuel Saffa Abdulai - Executive Director -Society for Democratic Initiatives, Sierra Leeone
Hubert Sage – médecin conseil – président Ufal 38
Jean-Claude Santana – professeur syndicaliste
Joyans Sberro – Primo Europe
Annie Segura Daude – Prsdte – Mouvement Jeunes Femmes
Antoine Sfeir – directeur des Cahiers de l’Orient
Yves Scheller – président et l’Association Suisse pour la Laicité
Rina Sherman – cinéaste - chercheur
Yacine Si Ahmed – anthropologue et journaliste à Alger
Mohamed Sifaoui – journaliste – écrivain et réalisateur
Luce Sirkis - féministe
Boudra Souraya – militante associative Maroc
Jean Tabet – bibliothécaire – initiateur des Salons du Livre Antifasciste
Mourad Tagzout – militant associatif
Bernard Teper – président de l’UFAL (Union des Familles Laïques)
Nicole Thuet – collectif 13 droits des femmes
Sergio Vasquez-Bronfman – docteur en sciences
Axelle Vernet – militante associative
Monique Vezinet - secrétaire nationale de l'Union des familles laïques
Michèle Vianès – présidente de Regards de Femmes
Chantal Woodtli – Journaliste - Genève
Anne Zelensky - présidente de la Ligue du Droit des femmes, auteure
Mohamed Ziane-Khodja – ex-correspondant de presse en Algérie
La Fédération du MRAP de Marseille

 

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Published by le Citoyen Thimèle - dans République & Laïcité
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11 novembre 2006 6 11 /11 /novembre /2006 01:36

Par André Bellon et Emmanuel Dupuy

 


Que fallait-il attendre du rapport de la Commission de réflexion sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics, dite « Commission Machelon », du nom de son Président, l’universitaire Jean-Pierre Machelon, enfin rendu public après plusieurs mois de report, pour cause de convenance personnelle et d’agenda politique de son initiateur, le ministre de tutelle des cultes ?

Pas grand-chose, tant les dés étaient pipés largement en amont, eu égard notamment à la composition de ladite Commission, qui a travaillé à charge, ce qui ne laissait guère de doute, ni d’espoir quant aux conclusions dévoilées la semaine dernière.

De quoi s’agissait-il ? Rien de moins, six mois après l’année de célébration de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, que de réviser en profondeur « l’articulation entre les associations cultuelles régies par la loi de 1905 et les associations dites culturelles régies par la loi de 1901 ».

A ce rythme, le commanditaire risque de récolter les fruits de son méfait, alors même que l’immense majorité des Français plébiscite la laïcité comme un des plus solides ferments de l’unité nationale. Si l’on se fie aux derniers sondages, les Français louent dans leur grande majorité la neutralité de l’Etat, qui, faut-il le rappeler « ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte », comme le dispose l’article 2 de cette loi d’équilibre qu’est la loi de 1905…

Que gagner, en effet, à quelques mois d’échéances déterminantes, à remettre en cause de manière si radicale le financement des lieux de culte, plaçant désormais les collectivités locales en première ligne, sans qu’aucun financement ne soit assuré et que la voie vers la communautarisation de notre société semble devoir s’inscrire dans le marbre de la loi ?

Que dire, par ailleurs, de la proposition visant à instituer un Code administratif des cultes, alors qu’une modernisation du Code général des collectivités territoriales aurait sans doute suffit à répondre aux interrogations des élus quant à l’origine et au montant du financement des lieux de cultes, notamment en ce qui concerne la construction de nouveaux lieux de cultes musulmans ?

Que dire, enfin, de la porte ouverte, désormais béante, visant à la reconnaissance de certains « mouvements religieux atypiques » — cela ne s’invente pas et est écrit en toutes lettres dans le rapport de la commission Machelon ? Seraient ainsi reconnus — sans aucune forme de débat collectif —, organisations à objet religieux et organisations cultuelles…Cette reconnaissance de certains mouvements sectaires ouvre la boîte de pandore…

La méthode est certes habile, quoique cynique. Elle est pourtant peu légitime et semble peu à propos, quand on sait que pour habiller Paul, il a bien fallu déshabiller Pierre. La remise concomitante du rapport sur la laïcité dans les services publics confié au président du CNFPT, André Rossinot, dans la ligne conductrice du rapport Stasi de 2003, est à retenir dans les annales de la mauvaise foi politicienne…

L’on est en effet en droit de se demander quelle sera l’utilisation qui sera faite in fine des conclusions de cette mission officiellement confiée par Nicolas Sarkozy en sa qualité de ministre de l’Intérieur et des Cultes, en octobre 2005 aux 16 membres de la commission. Le risque est grand que ses conclusions, après une année de fonctionnement engageant des fonds publics soit intégralement reversé au profit du programme du candidat de l’UMP… Ce serait là une dérive monarchiste de plus, mais particulièrement injustifiable.

En gros, c’est un peu comme si Nicolas Sarkozy faisait d’une main ce qu’il récuse de l’autre. Pour ne pas être pris la main dans le sac, il semble vouloir donner des gages, tels que l’affichage d’une Charte de la laïcité et de la citoyenneté dans tous les établissements scolaires et semble prendre enfin la mesure du danger à ne pas respecter le principe fondateur de la liberté de conscience, notamment quand on sait les atteintes à l’égard de ce dernier dans les hôpitaux.

De l’autre main, plus coupable, sous couvert d’expertise juridique, il ordonne la mise à mort du principe séculaire de laïcité, pourtant célébré l’année dernière, à la grande satisfaction des Français.

D’un autre point de vue, le statu quo sur le statut anachronique régissant les rapports entre Etat et cultes en Alsace-Moselle est une amère défaite pour tous ceux qui réclamaient une stricte application de la séparation de la sphère publique des intérêts privés, de manière homogène sur l’ensemble du territoire.

A ce petit jeu de la primauté d’une pseudo équité sur l’égalité, comment ne pas lier cette volonté frénétique de transformation aiguë au plus haut sommet de l’Etat républicain, à la prise en compte officielle d’un « ordre juste » et d’une dénonciation de la portée du discours émancipateur du rationalisme, légitimant ainsi les religions et leurs représentants dans le sens d’une participation ostensible à la res publica, rappelée avec emphase par Benoît XVI, il y a quelques jours, et soutenue par la chancelière Angela Merkel, la nouvelle meilleure amie venue d’Outre-Rhin…

Les chemins de la campagne présidentielle ne mènent heureusement pas tous à Rome, ni à Munich... Toutes celles et tous ceux qui aspirent ainsi à la magistrature suprême, devrait mériter ces paroles prophétiques de l’écrivain Jean Paulhan, « tout ce que je demande aux politiques, c’est qu’ils se contentent de changer le monde, sans commencer par changer la vérité ».



Revue Républicaine

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