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1 octobre 2006 7 01 /10 /octobre /2006 22:03

Les sondages occupent une place de plus en plus envahissante dans la campagne interne au Parti socialiste pour la désignation du candidat à la présidentielle. Dans la plupart des médias, ils remplacent toute analyse de fond sur les orientations portées par les candidats. Cette place des sondages est d’autant plus démesurée que la majeure partie des personnes interrogées actuellement, soit refusent de répondre (environ 30 % des personnes contactées), soit acceptent les questions mais n’ont pas d’avis (environ 30 % de ceux qui ont accepté de répondre). A 7 mois de l’élection présidentielle, les sondages construisent donc une réalité politique artificielle plus qu’ils ne reflètent l’opinion profonde des citoyens sur les échéances à venir. D’ailleurs, à 7 mois des élections présidentielles précédentes (2002, 1995, et même 1981), les résultats des sondages donnaient tous des résultats complètement erronés par rapport à ceux qui sortirent des urnes. Il est donc urgent pour chaque militant engagé dans la campagne interne pour la désignation du candidat à la présidentielle de lutter contre la culture de l’audimat qui est en train de s’emparer du PS.

Omniprésents dans la vie politique, les sondages légitiment les actes et les paroles politiques. Transformés en véritables porte-parole de l’opinion les journalistes interpellent les hommes politiques en leur assénant ce qu’ils considèrent comme des vérités inébranlables. Toute conclusion tirée d’un sondage tend en effet à devenir doublement irréfutable comme image de l’opinion du peuple et comme produit validé par la science. Les journalistes et politologues sont censés dire, mieux que les représentants du peuple eux-mêmes, ce que veux et pense le peuple. Cruel paradoxe. Ainsi, en a-t-il été lors des sondages précédant le 29 mai 2005 : le travail d’explication de l’opinion a été accaparé par les journalistes qui expliquaient le non par la peur du plombier polonais. A travers les sondages, la presse dispose ainsi d’un outil redoutable pour conforter l’idéologie dominante, et ancrer la domination d’une opinion compatible avec l’ordre des choses. Un outil que tout militant de gauche se doit de mieux connaître pour en déjouer les pièges alors que se prépare 2007.


L’ère du « marketing d’opinion »


Il faut avoir à l’esprit que le sondage est la simple importation de l’étude de marché dans le domaine politique. Ainsi, dès le début du 20ème siècle, un sociologue, Paul Lazarsfeld énonçait qu’il n’existait « aucune différence de méthode entre l’étude du vote socialiste et l’étude de l’achat de savon ». Cette dimension marketing des sondages est particulièrement flagrante dans ce qu’on appelle les sondages omnibus, qui intercalent des questions de consommation et des questions d’opinion. Après avoir avoué que vous n’achetiez pas telle marque de biscotte, on vous demandera de choisir votre candidat à l’élection présidentielle ou de vous prononcer sur la dette publique de la France ; déroutant… Les sondages transforment ainsi le citoyen en un consommateur d’idées, de slogans et d’images politiques. La politique tend à être perçue à travers les schèmes de l’économie : les hommes politiques deviennent des produits.


Des outils de domination


Les sondages sont devenus le principal instrument de connaissance du monde social. Jamais on n’a dépensé autant d’argent pour savoir ce que souhaite le peuple et jamais on ne l’a aussi mal su. Les utilisateurs de cet instrument statistique ne le remettent jamais en cause, pas même lorsque leurs prédictions échouent lamentablement comme le 21 avril 2002.
Les sondages présupposent un accord improbable des sondés sur les questions qui méritent d’être posées. En d’autres termes, les sondages font comme si tout le monde se posait les questions que se posent les élites médiatiques, économiques et politiques qui écrivent les questionnaires. En réalité, les sondages en disent souvent bien plus long sur ceux qui posent les questions que sur ceux qui y répondent ! La plupart des personnes interrogées ne se sont jamais posées la question qui leur est soumise. Ou finissent par se la poser à force d’en entendre parler dans les médias. C’est ainsi à coup de sondages bien calibrés, que la gravité de la crise des retraites, des contraintes pesant sur les entreprises ou même du déclin du pays finit par s’imposer dans la tête des gens (cf. ci-contre l’exemple d’un sondage sur les retraites). Ainsi, le sondage impose les problématiques de la classe dominante : c’est ce que Pierre Bourdieu appelle la puissance d’injonction du sondage. Le sondage devient un outil de domination qui force les citoyens à se prononcer sur des questions qui peuvent leur sembler absurdes, incohérentes ou même incompréhensibles. On prétend mesurer l’opinion publique, en fait on la crée.
Les sondages supposent aussi que chacun comprenne la question de la même manière. Or il existe souvent un décalage entre le sens précis que les enquêteurs donnent à la question et sa compréhension par les sondés. En 1986, IPSOS demandait par exemple si les revendications des agriculteurs en colère étaient justifiées ? 66% des personnes interrogées répondaient positivement. 3 mois plus tard, l’institut BVA posait cette question : les agriculteurs se plaignent ils trop ? 61% de l’échantillon répondait positivement. On comprend ainsi comment les médias peuvent arriver à expliquer de plus en plus souvent à coup de sondages que l’opinion ne soutient pas tel ou tel mouvement social, en focalisant les questions sur les perturbations induites plutôt que sur la légitimité des revendications.


Une scientificité discutable


De nombreux biais faussent aussi souvent les résultats, comme ce que les sociologues appellent l’« effet prestige » : par exemple, peu d’électeurs du FN avouent leur choix politique face à l’enquêteur. A l’inverse, les intentions de vote pour les grands partis ou candidats reconnus comme politiquement corrects par les médias sont souvent surestimées car il est bien vu de voter pour ces partis. Face à cela, les instituts de sondages effectuent des redressements et pondérations aussi artificiels qu’opaques.
Reste surtout que 40% en moyenne des personnes interrogées refusent de répondre, ce qui est toujours passé sous silence. Les sondeurs essaient donc de limiter le taux de non-réponses et pour que tous puissent répondre quelque chose, même ceux qui n’ont pas d’opinion, les questionnaires ne comportent le plus souvent que des questions fermées (les réponses sont pré formatées), et une réponse médiane, dans laquelle les indécis pourront se réfugier artificiellement.
On comprend donc pourquoi il faut absolument se méfier des sondages et ne pas voir naïvement en eux, comme récemment Bertrand Delanoë, des « instruments de travail pour aujourd’hui. » L’opinion publique construite par les sondages doit être contestée au nom même de l’idéal républicain et de la volonté générale souverainement exprimée par des citoyens libres de tous conditionnements.



Le capitalisme des sondages


Ceux qui croient que les Instituts de sondage sont des organismes à vocation scientifique en quête de neutralité se trompent lourdement. Le marché des sondages est en effet hautement intégré au nouvel du capitalisme, et a même directement accompagné le mouvement de financiarisation de l’économie des années 1980 et 1990, où l’on voit exploser les chiffres d’affaires des instituts. Dans l’ère de la différenciation commerciale à outrance et de la marchandisation les sondages et autres études de marchés sont rois. Avec comme règle d’or que le résultat satisfasse autant que possible le client.


Les sondages politiques ne représentent qu’une part infime du chiffre d’affaires des instituts et ne les intéressent surtout que comme vitrine et outil d’influence et de pouvoir au service de leurs intérêts économiques. A l’exception de l’IPSOS et du CSA, qui sont encore majoritairement la propriété de leurs fondateurs, les grands instituts français appartiennent tous à des groupes financiers et industriels. Ainsi le groupe TNS SOFRES, numéro deux mondial du secteur est détenu en partie par FIMALAC (Financière Marc Ladreit de Lacharrière), BVA par le financier George Pébereau (le frère de Michel, PDG de la BNP), et l’IFOP appartient à 52 % à Laurence Parisot, présidente du MEDEF et 2ème constructeur mondial de portes de placards. Une interaction problématique apparaît donc entre les instituts et les médias que possèdent aussi souvent ces groupes financiers, susceptibles d’orienter les questions posées, le traitement des résultats et leur diffusion autour de leurs intérêts.


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C’est le nombre de sociétés de sondages, d’études marketing et de mesures d’audience acquises à travers le monde par TNS Sofres depuis sa création à la fin des années 1980. Présent dans 70 pays, le leader français du sondage et numéro deux mondial effectue plus des trois quarts de son chiffre d’affaires (plus de 1,2 milliards d’euros) à l’étranger. Un chiffre d’affaire qui a doublé entre 2000 et 2005.


Les sondages pris la main dans le sac


Fausse addition et grosse manipulation


Voila l’information fracassante que l’AFP, ensuite reprise par de nombreux journaux et radios, a cru trouver dans un sondage IFOP paru fin janvier dans Elle : « 59% des Français pourraient voter pour Ségolène Royal à l'élection présidentielle ». Problème : ce chiffre de 59 % n’apparaît absolument pas dans les résultats du sondage, qui se contente de dire que 16 % des personnes interrogées « voteraient certainement pour elle » et que 43 % d’entre elles « voteraient peut-être pour elle ». Or en probabilité, l’adition d’un « certainement » et d’un « peut-être » n’a rigoureusement aucun sens. Il est même certain que si le choix « pourrait voter pour Ségolène Royal » avait été proposé aux mêmes enquêtés, le résultat n’aurait pas été de 59 %. L’AFP et les médias qui ont repris son annonce choc ont ainsi carrément inventé un résultat en prétendant simplement relayer les résultats d’un sondage.


Comment expliquer aux gens qu’on ne peut pas faire autrement


Voici une question posée dans un sondage IPSOS pour France 2 et le Figaro, dont les résultats ont été annoncés lors de l’émission spéciale lors de laquelle François FILLON a annoncé le plan gouvernemtal pour les retraites : « Parmi les mesures suivantes destinées à remédier au problème du financement des retraites, laquelle vous semble la moins acceptable : L’allongement de la durée de cotisations nécessaires ? La diminution du montant des retraites ? Une augmentation des cotisations ? » L’exemple typique du sondage qui arrive à faire dire aux gens des choses qu’ils ne penseraient pas s’ils n’étaient pas interrogés de cette manière. La même question aurait en effet pu être posée ainsi, avec des résultats au sens très différent :
« Parmi les mesures suivantes destinées à améliorer le financement des retraites, laquelle vous semble la moins acceptable : la fin des exonérations et réductions de charges patronales ? La taxation des revenus financiers des entreprises à hauteur des prélèvements vieillesse acquittés par les salariés ? Le basculement sur la valeur ajoutée de l’assiette de calcul des cotisations sociale ?


Conclusions hâtives et catégoriques


Non seulement les chiffres avancés par les sondages sont artificiels, mais en plus leur analyse est parfois truquée. Comme sur cette une publiée par Le Parisien en novembre 2005, en pleine violences urbaines qui titre : « 73% des Français favorables au couvre-feu - 83% pour l’apprentissage à 14 ans - 86% scandalisés par les violences ou mécontents » - et conclut : « Massivement, les Français disent oui à la fermeté ».
Mais ce n’est pas au « couvre-feu » que 73% des sondés avaient en fait acquiescé, mais à « l’autorisation donnée aux préfets de recourir au couvre-feu ». Quant à l’apprentissage à 14 ans, la question évoquait « la possibilité d’offrir l’accès à l’apprentissage dès 14 ans pour les jeunes en difficultés » ce qui est très différent de la conclusion favorable au gouvernement qui en est tirée.



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Published by le Citoyen Thimèle - dans Vie politique
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18 septembre 2006 1 18 /09 /septembre /2006 22:35
Chers amis, chers camarades,

Oui, nous allons nous mobiliser pour l’Huma. Ce journal qui nous donne la parole et nous rassemble, nous qui rêvons d'un autre monde.
Ce journal, l’Huma, c’est celui du non de gauche victorieux. Celui de la jeunesse mobilisée pour le retrait du CPE.
Oui, nous avons besoin que l'Huma vive !

La fête de l’Huma est à son image. En arpentant les allées, j’y ai ressenti votre force, la force de celles et ceux qui s'engagent, qui luttent, qui refusent de se couler dans le politiquement correct dans lequel on veut les murer.
Une force qui peut déplacer des montagnes lorsque nous sommes rassemblés.
Oui, rassemblés.

Femmes et hommes de toutes générations, salariés ou privés d’emplois, avec ou sans papiers, nous voulons que notre vie change, nous voulons que le bonheur et la fraternité, le partage et le développement de toutes les capacités humaines, soient à l’ordre du jour.
Oui, nous sommes des milliers ici à considérer que chaque homme, chaque femme vaut plus que tout l'argent de la planète.
Nous sommes des millions dans ce pays à partager la même révolte et la même attente, parfois censurée, parfois affirmée, d’un monde meilleur.

Nous voulons la paix.
Il y a peu, la guerre faisait rage au Liban et à Gaza, tuant femmes et enfants. Le président Bush et ses fidèles ont argumenté sur le droit à la guerre.
Nous, ici, nous revendiquons le droit à la paix : la paix comme seul avenir possible. La paix construite sur le droit et la justice. La paix pour un Liban souverain et un Etat palestinien indépendant, vivant en coopération avec l’Etat israélien. Solidarité avec le peuple libanais. Solidarité avec le peuple palestinien !
Face au terrorisme insensé, face à la prétendue guerre des civilisations qui mène le monde à sa perte, oui, nous sommes des millions à dire : solidarité de par le monde.

Comment accepter l'exploitation des enfants dans le monde par des multinationales ivres de profits ?
Comment accepter le sort réservé à l’Afrique ? Comment accepter les barbelés et les naufrages qui tuent tant d’hommes et de femmes fuyant la misère ? Comment ne pas faire corps avec les peuples qui se lèvent en Amérique Latine ?
En leur nom, nous voulons toutes et tous ici un ordre international basé sur le co-développement. Oui nous prenons le parti des peuples contre le capitalisme mondialisé !

Nous sommes des millions à vouloir préserver la planète pour nos enfants. Nous ne voulons pas de ce productivisme qui met en danger l’air, l’eau, les forêts, au nom des dividendes des actionnaires.
Pour les générations futures, prenons le parti d'une agriculture, d'un développement respectueux des êtres humains ! Oui, ici, nous prenons le parti de l'écologie !

Nous sommes des millions à penser qu'il n’y aura pas d’émancipation humaine sans l’égalité entre les femmes et les hommes. Soyons toutes et tous ici du combat féministe !
Oui ici prenons le parti de l'être humain contre toutes les dominations et discriminations !

Oui, nous sommes ici rassemblés pour tout cela et parce que nous avons lutté ensemble, gagné ensemble. Nous avons fait souffler un vent nouveau d’espoir et de liberté.
Ce vent nouveau, nous le portons dans les luttes.
Oui cette droite, nous allons lui faire ravaler son arrogance, nous allons la faire reculer... Pour parler clair, nous voulons qu'elle s'en aille. Nous la battrons en 2007 !

Le Premier ministre Villepin vante son bilan. Le pouvoir d'achat ça va mieux ! L'emploi ça va mieux ! Mais ce n'est pas pour le peuple, c'est pour les patrons du CAC 40 que ça va mieux : 50 milliards de profits en 6 mois ! Que les ténors de la droite n'aient aucune illusion ! Entre eux et le pouvoir, ils vont nous trouver, nous allons leur barrer la route. Et pour cela nous allons dresser l'inventaire de ces cinq années au service du grand patronat.
Non, nous n’avons pas oublié : casse des retraites, et ils veulent aller encore plus loin, matraquage de la Sécurité sociale, sape de l’assurance-chômage.

Nous n’avons pas oublié : casse du droit du travail ; hymnes à la précarité ; destruction des services publics ; Casse du logement social.
Nous n’avons pas oublié : traque des immigrés jusque devant les guichets de la République, charters, lois contre nos libertés, opérations musclées.
Nous n'avons pas oublié : les jeunes réduits à la précarité, stigmatisés, les mots de « racaille » et de « karcher ».
Nous n’avons pas oublié leur Constitution pour une Europe libérale et le mépris de la volonté du peuple.

Le ministre de tout, Nicolas Sarkozy, le serviteur zélé du capitalisme, dessine la France qu'il veut. Une France où les nantis imposent leur loi : travailler plus et se taire !
Le président de l'UMP s'est éclaté aux Etats-Unis. Il a vu Bush pendant 20 minutes. 20 minutes d'extase. Sa politique de classe, sa politique liberticide, sa politique de division de notre peuple, il l'a faite reconnaître par un expert : le fauteur de guerre de la planète.

Imaginez un instant que ce "petit Bush français" soit le président de notre République. Danger pour les libertés, danger pour les droits, danger pour le rôle de la France dans le monde. Mais rassurez-vous nous n'en sommes pas là.
Nous allons lui faire barrage. Tous ensemble ! Avec les bénévoles du réseau Education sans frontières et les élus, pour que les enfants ne soient pas arrachés à leurs copains. Avec les Polimeri, les Trefimétaux et les Fabio Lucci qui se battent pour l'emploi et les salaires. Avec les intermittents. Avec toutes celles et tous ceux qui se battent comme les familles de Cachan pour le droit au logement, avec toutes ces femmes qui se battent pour leur dignité. Avec tous ces jeunes qui demandent des moyens pour étudier ! Avec les gaziers qui se mobilisent pour que l'énergie reste notre bien commun !

Oui tous ensemble nous allons abattre le mur de l’argent-roi et du tout-marchand !
Nous voulons que la liberté, l’égalité, la fraternité descendent des frontons des mairies pour envahir la vie quotidienne.
Nous sommes des millions à vouloir du bonheur commun.

Nous sommes la majorité. Alors tout est possible.
Mais il faut nous rassembler.
Il faut une gauche populaire, courageuse, audacieuse qui porte contre vents et marées une politique qui change la vie.
Je le sais. Certains d'entre-vous doutent devant les offensives libérales et les renoncements de la gauche. C'est vrai, de recul en recul, certains de nos concitoyens sont tentés par le repli, le rejet de l'autre, celui qui vient d'ailleurs, celui que Le Pen et Villiers, ces richards haineux, montrent du doigt.
Eh bien je le dis avec force. L'autre cet homme, cette femme est de notre famille et de notre équipe. C'est avec lui et elle que nous gagnerons. Tous ensemble !

Bien sûr, pour écraser un peu plus l'espoir, on nous organise un grand show à l'américaine pour 2007.
Aux hommes et aux femmes de gauche qui regardent ce mauvais scénario depuis leurs vies dévastées, je veux leur dire qu’ils valent mieux qu’une élection de télé-réalité.
Tout est fait pour nous mettre dans les clous du bipartisme : les clous de l’Europe libérale, les clous du CAC 40, les clous de l’OMC, les clous de ceux qui dominent le monde… La pensée unique continue son matraquage… C'est tout cela qui peut nous provoquer un nouveau 21 avril.
Eh bien, moi, j'affirme qu’un autre chemin est possible. Je suis prête au débat projet contre projet. J'affirme qu'existent les moyens financiers et démocratiques d'un changement radical de politique en France et en Europe.

Depuis des mois, loin des projecteurs, des milliers d'hommes et de femmes construisent à ciel ouvert, dans les collectifs unitaires, dans les luttes, un programme antilibéral que pourrait porter une majorité, un gouvernement de gauche à votre image.

C'est pourquoi ici de la fête de l'Huma, je veux lancer cet appel. Vous qui demain pointerez dans votre entreprise, ouvrière ou employé ; vous qui serez dans l'amphi surchargé ; vous qui avez rendez-vous à l'ANPE ; vous qui attendrez des heures pour des papiers, vous les hommes et les femmes que l'on bâillonne et précarise, vous dont le cœur bat à gauche ; ne vous laissez pas voler l’élection présidentielle.
Rassemblés, vous pouvez encore tout bousculer, vous pouvez construire un projet transformateur, une candidature qui porte vos aspirations au pouvoir.

Vous voulez toutes et tous une école de la réussite pour vos enfants. Ce n'est pas en remettant en cause la carte scolaire que l'on va y arriver. C'est en y mettant les moyens nécessaires. Oui, il faut plus d'enseignants et d'infirmières scolaires. Et que l'on ne nous dise pas que les caisses de l'Etat sont vides ! Pour l'école, la recherche et la culture, il faut aller prendre l'argent là où il est inutile, dans les grandes fortunes et à la Bourse. Une gauche populaire doit engager une grande réforme fiscale et faire éclater le pacte de stabilité.

Aux quatre coins du pays, des syndicalistes me présentent des plans alternatifs pour éviter la fermeture de leur usine. On ne les écoute pas. Le seul critère qui vaille pour ceux qui nous gouvernent, c'est la rentabilité financière. Eh bien une gauche populaire devra inscrire d'urgence une loi donnant aux salariés et aux élus un réel droit d'ingérence dans la gestion des entreprises.
Les jeunes ont battu le CPE. Mais la précarité demeure. Eh bien une gauche populaire devra engager la construction d’un véritable système de sécurité d'emploi ou de formation.

Il y a quelques mois, le groupe Mittal a englouti des dizaines de milliards d'euros pour racheter Arcelor. Eh bien pour utiliser l'argent autrement, une gauche populaire devra créer un pôle financier public qui permettrait de mobiliser le crédit au service de l'emploi et du développement durable.
A l'image de nos élus qui se battent, pied à pied, au Parlement, la gauche doit s'engager à reconstruire un grand secteur public.

Et j'en prends l'engagement devant vous. Dès que la France occupera la présidence de l'Union européenne, une gauche populaire devra taper sur la table de la Commission et dire : Terminé, les directives de libéralisation. Réorientons la Banque centrale européenne, et allons-y, lançons un grand débat citoyen pour un nouveau traité européen ! Oui, l'Europe sociale, démocratique et pacifique, nous allons la construire ! C'est ça notre plan B.
La sécu et les hôpitaux publics sont asphyxiés. Eh bien faisons cotiser les revenus financiers !
Les grands patrons s'assurent de bons salaires et de bonnes retraites. Et bien pour nous, c'est le SMIC à 1500€ tout de suite ! C'est la retraite à 60 ans ! C'est l'augmentation des salaires et des minima sociaux, comme l'allocation adulte handicapé !
Oui, il faut que la gauche populaire antilibérale s'engage sur tout cela.

Il faut qu'elle en finisse avec la monarchie présidentielle. Construisons une nouvelle République où vous aurez de véritables droits d'intervention dans les affaires publiques. Où les résidents étrangers auront enfin le droit de vote. C'est une question de justice !

Chers amis, chers camarades,
Tout ceci vous le voulez, et tout ceci est possible. Tout dépend d’une volonté politique appuyée sur l’intervention populaire. Tout ce que je viens d’évoquer peut se traduire en lois et dans notre quotidien.
Tout ce que je viens d’évoquer peut être porté au sein de l’Union européenne pour changer son cours.
Cette autre politique, nous ne la travaillons pas pour 2012 ou 2017. Nous voulons la mettre en oeuvre dès 2007. Il y a urgence sociale et démocratique !

C'est mon seul objectif. Et je le sais, vous l'avez aussi constaté, c'est le seul objectif des hommes et des femmes qui composent le Parti communiste français. Avec eux pas d'esprit de boutique, pas de tentation hégémonique, simplement un engagement sincère, un engagement formidable pour qu'enfin nous battions la droite durablement, et réussissions à gauche.
Un engagement, avec d'autres, épris de justice et de liberté, un engagement utile dans les luttes concrètes que l'on mène au jour le jour, dans son quartier ou son entreprise. Utile dans la recherche et l'énoncé d'alternatives politiques au monde dans lequel nous vivons. Utile pour contribuer aux larges rassemblements qui font l'amorce des grandes victoires populaires !

C'est pourquoi je ne veux pas restreindre le champ du rassemblement. Je le veux le plus large possible et donc majoritaire.
C'est pourquoi je réfute l'idée de candidatures qui seraient sans ambition et qui laisseraient libre cours au social libéralisme, voire hélas, à la droite. C'est pourquoi je n'accepte pas que la gauche populaire soit cantonnée à un rôle protestataire ; je veux que tous et toutes ensemble nous créions une dynamique débouchant sur une majorité et un gouvernement antilibéral qui fassent droit à ces exigences.

Et cela nous sommes des millions à le vouloir.
Et pour cela il nous faut une gauche qui ne se retire pas dans les palais de la République mais qui les ouvre aux quatre vents.
Une gauche qui ne se laisse pas emporter par les vagues libérales mais les combat.
C'est cette gauche-là que nous sommes en train de construire! Nous sommes déjà des milliers à nous réunir aux quatre coins de la France comme nous l'avons fait contre l'Europe libérale et contre le CPE.

Mais aujourd'hui, il nous faut encore élargir le mouvement. Nous ne sommes pas encore suffisamment nombreux.
Dans chaque commune, faisons vivre et créons des collectifs unitaires ! Soyons tous et toutes les candidats et les candidates d'une gauche qui porte nos aspirations et nous donne le pouvoir de décider de nos vies. C'est ce combat commun qui me motive, c'est cette ambition que je veux servir !
Oui, rassemblons-nous, comme nous avons déjà su le faire, hommes et femmes engagés dans les associations, militants féministes, syndicalistes, altermondialistes, hommes et femmes engagés en politique, socialistes, communistes, écologistes, rassemblons-nous pour prendre le pouvoir et le rendre au peuple.

Chers amis, chers camarades,

Nous sommes en train de construire quelque chose d'inédit. Nous refaisons de la politique une affaire citoyenne et populaire. Nous sommes en train de redonner à la gauche sa véritable mission: changer la vie, changer le monde.
Nous sommes en train d'imaginer un gouvernement qui serait un outil au service de nos combats. Ce sont des défis formidables. Alors je joue la gagne ; je joue la gagne parce que nous sommes majoritaires et que les moyens existent pour une autre politique. Je joue la gagne car l'actualité est de redonner au peuple sa souveraineté et de mettre les ressources de notre planète au service de l'émancipation humaine. Je joue la gagne parce que vous êtes ici, parce que nous sommes rassemblés forts de nos colères et de nos aspirations.

En 2005, à la fin des meetings pour le non, je disais souvent : fermez les yeux, imaginez la tête des partisans du oui si le non l'emporte.
Ce que j'ai envie de vous dire aujourd'hui : fermez les yeux ! Imaginez ce qui pourrait se déclencher dans ce pays si, avec la gauche populaire, vous créiez encore la surprise.
Alors allons-y ! Nous sommes toutes et tous ici en campagne.
Allons transformer nos colères, nos luttes et nos espoirs en une vraie politique de changement !
Oui, nous allons gagner !


Fête de l'Humanité, 17 septembre 2006
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