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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 01:04

C'est la petite rumeur qui monte : Dominique Strauss-Kahn se verrait bien en recours de la gauche pour la prochaine élection présidentielle.


Encouragé par quelques sondages publiés ici ou là, le directeur général du FMI préparerait son retour en France pour 2012, espérant bénéficier du chaos généralisé au sein d'un parti déjà mort, mais qui refuse de l'admettre.

Alors, DSK, le sauveur ? la meilleure arme anti-Sarkozy ?

Et bien, sauf à considérer que la peste est préférable au choléra, la réponse ne peut être que négative.

D'abord sur le fond, Strauss-Kahn est un parangon de la pensée unique.
Alors qu'il était ministre de l'économie et des finances à la fin des années 1990, il a appliqué avec un zèle particulier les doctrines libérales les plus classiques, celles qui constituent le programme de la mondialisation aujourd'hui en cause : privatisations (du Crédit Lyonnais, d'Air France, de France Télécom, du GAN, de Thomson Multimédia, du CIC, du CNP), déréglementation des services publics, pouvoir accru des banques, soutien sans faille et jamais remis en cause à l'Europe de Bruxelles.
Il n'y a d'ailleurs pas grand chose à prouver de ce côté. On ne devient pas directeur général du FMI par hasard. L'instrument dominant de la mondialisation libérale ne saurait tolérer à sa tête un protectionniste militant ni même une personnalité ayant construit l'esquisse du début d'une critique de ce système.

DSK est donc trempé jusqu'au cou dans la pensée unique.

Surtout, le possible candidat socialiste en 2012 incarne le règne des élites les plus arrogantes et les plus déconnectées. Son carnet d'adresses personnel et celui de Nicolas Sarkozy se confondent presque. On y retrouve Alain Minc, BHL ou Jean-Pierre Elkabbach, tous trois amis du couple Straussk-Kahn/Sinclair, naturellement présents à la fête d'anniversaire donnée par Anne à Paris le 22 juin dernier. Le porte-parole du groupe Lagardère, Ramzi Khiroun, est aussi un homme de confiance de DSK.

Strauss-Kahn évolue dans les hautes sphères de la finance, de la communication, des médias et du show-bizz. Comme Nicolas Sarkozy et ses amitiés bling bling, il incarne presque personnellement cette ravageuse rupture entre les "élites" de l'hyper-classe mondialisée, et le peuple.
A ce titre, il est disqualifié pour représenter un quelconque changement véritable.

Exaspérés par l'actuel hôte de l'Elysée, les électeurs chercheront sûrement la meilleure arme anti-Sarkozy en 2012.
Il faudra leur démontrer que ce n'est pas tant une arme anti-Sarkozy qu'il faut trouver, parce que ce serait la porte ouverte aux enfumeurs et aux communicants de tout poil, mais bien une arme contre la politique qu'il mène depuis longtemps, avec d'autres.
Mettre un masque différent sur un problème identique n'a jamais constitué une solution.

DSK n'a pas les qualités nécessaires pour incarner un recours. Tout le prédispose plutôt à jouer le rôle de roue de secours d'un système en faillite.

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Vie politique
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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 10:36


Par David Desgouilles


Ainsi le Front National se retrouve une nouvelle fois en position de bouleverser l’ordonnancement électoral des partis de gouvernement. En plaçant Steeve Briois et Marine Le Pen en tête du premier tour de l’élection municipale partielle de leur ville, les électeurs de la commune de Hénin-Beaumont nous envoient un message et il est vital de le comprendre.


On aurait tort de croire que les problèmes judiciaires de l’ancien maire sont seuls à l’origine de la déconfiture des grands partis. A Perpignan, Jean-Paul Alduy a été réélu presque triomphalement bien que la tricherie aux élections de 2008 ait été confirmée par le Conseil Constitutionnel. Le suicide de son collègue et ami Jacques Bouille, soupçonné ainsi que tous son équipe de la mise en place d’un système de corruption à Saint-Cyprien, a plutôt favorisé une mobilisation en sa faveur. Question de nord et de sud, me rétorquerez-vous ? Ce serait oublier le précédent Jacques Mellick dans une Béthune, qui n’a rien de méditérranéenne, où les habitants réélirent leur maire malgré toutes les marmites qu’on voyait traîner derrière lui.


Donc, il y a autre chose. Et cette autre chose, on la comprend en faisant un peu de géographie et d’économie locale mêlées. Hénin-Beaumont est une ville où on a  commencé à licencier à tour-de-bras bien avant le déclenchement de la crise des subprimes. Hénin-Beaumont, et surtout ses habitants, sont victimes du libre-échange intégral, d’une construction européenne qui en fut le cheval de Troie et avec la complicité des partis qui se sont succédés au gouvernement français lesquels entonnaient en chœur le refrain d’Alain Minc :”Ah que la mondialisation est heureuse” !


Et c’est naturellement qu’ils ont fini par se tourner vers un parti qui a fait du concept de “frontière” l’alpha et l’omega de toutes ses positions politiques depuis son émergence en 1984. La frontière qu’on a ouverte aux travailleurs étrangers, la frontière qu’on a ensuite ouverte aux produits fabriqués à l’autre bout du monde par des travailleurs payés à un tarif défiant toute concurrence, cette frontière avait disparu et le Parti socialiste avait contribué à la faire tomber. Ajoutons effectivement la goutte de la malhonnêteté dans ce vase social déjà bien rempli, et on se retrouve avec les résultats de dimanche soir.


Tant que le Parti Socialiste n’aura pas recouvré l’objectif de protéger les classes populaires de ce libre-échange dévastateur, il s’exposera à ce genre de déconvenue. Tant que Nicolas Sarkozy tiendra le discours de la protection tout en faisant l’inverse et en croyant que les électeurs sont dupes, il sera lui aussi en danger de voir remonter sur sa droite un parti dont il croyait avoir eu la peau (1). Je ne serais pas étonné qu’un bon nombre des électeurs de Marine Le Pen dimanche ne se soit pas déplacé trois semaines plus tôt à l’occasion des élections européennes. Nul doute qu’il saurait se mobiliser pour une élection présidentielle.


Si Marie-Noëlle Lienemann avait accepté de mener la bataille, il est fort possible que le ballotage eût été moins favorable au Front National. Elle a toujours été de la marge du PS qui alertait ses amis sur l’ardente nécessité de revenir aux fondamentaux de la Gauche : protéger la classe ouvrière. Et elle est connue comme telle. Il est possible qu’elle soit bien épuisée à envoyer de tels signaux depuis tant d’années sans qu’ils soient remarqués. Elle abandonne ses mandats les uns après les autres. Elle peut aussi avoir des raisons davantage personnelles, ce qu’il convient de respecter.


Une chose est certaine : si le Front National s’installe à la mairie de Hénin-Beaumont lundi prochain, cela aura au moins un effet bénéfique : celui d’envoyer aux partis qui nous gouvernent depuis trente ans le message suivant :”Arrêtez de nous prendre pour des imbéciles”. Mais sont-ils encore capable d’entendre un tel message ? 

 

Antidote

 

___


(1) Notons au passage que l’UMP n’a réuni que 5,42 % des voix dimanche dernier, ce qui devrait interpeller ses dirigeants

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