Culture et mémoire républicaine

 

Recherche

A propos du site

25 octobre 2006 3 25 /10 /octobre /2006 22:07

Par Jean-Michel Hureau


Nicolas Sarkozy n’a jamais fait partie de mouvement d’extrême-droite comme Occident ou, plus tard le GUD (Groupe Union-Défense), dont les origines remontent à l’indépendance de l’Algérie. Non, il était trop jeune. On parle des années 60. Il n’a jamais non plus appartenu aux mouvements qui leur ont succédé comme le GRECE (Groupe de recherche et d’étude sur la civilisation européenne). Alors, d’où peut bien venir ce flirt avec les positions de la droite extrême où l’on ne distingue plus bien la différence de ses propositions avec celles de Le Pen, Mégret, Villiers ou Bompard. J’avais déjà été interpellé par la proximité du discours de Villiers avec le pétainisme dans « Ah, les vieux démons... », publié dans Bellaciao et la Revue républicaine. Donc, pour une fois, et c’est rare, je vais quitter ma salopette de galopin-bouffon, pas appréciée par tout le monde, je sais, essayer d’en trouver des raisons et tenter une explication, car ce qui attend peut-être la France demain m’inquiète vraiment. Et il y a, sans doute, de bonnes raisons de l’être.

Un peu d’histoire

L’extrême-droite est une vieille tradition française. Elle y trouve ses fondements dans la France rurale, conservatrice et catholique. Son originalité est sa diversité : la droite napoléonienne, les opposants à Dreyfus (Barrès, Maurras), des monarchistes, des nationalistes, des antisémites, des nostalgiques de Vichy, des anti-capitalistes, des fascistes, des néo-nazis, des boutiquiers (Poujade et Nicout), des ex-OAS, etc. L’« intelligence » de Le Pen est de l’avoir fédérée avec l’idée de nation de la contre-révolution de Bonald, de Maistre relayé par les adeptes de la filiation historique et de la question de l’héritage : Barrès (La Terre et les morts), Maurras (L’Héritage grec et le mythe de l’étranger comme cinquième colonne).

Alain de Benoist, philosophe, fondateur de la nouvelle droite dans les années 80, ancien des FEN (Fédération des étudiants nationalistes) des années 60, qui s’auto-dissout en 1967, l’explique très bien. Je cite quelques extraits d’une entrevue :

« Une société entièrement composée d’intellectuels serait invivable. »

« L’intellectuel peut se définir comme celui qui essaie de comprendre et de faire comprendre. La droite, bien souvent, ne cherche plus à comprendre. Elle ignore même ce que peut être le travail de la pensée. Le résultat, c’est que la culture de droite a aujourd’hui pratiquement disparu.
On ne peut qu’être frappé de la façon dont la droite a perdu l’habitude d’intervenir dans les débats d’idées.
Qui peut citer un exemple de débat d’idées qui ait marqué l’histoire de la droite française depuis un demi-siècle ? Je me souviens avoir entendu Louis Pauwels parler de “désert intellectuel”. On en est toujours là : à droite, en matière de travail de la pensée, c’est généralement le désert des Tartares, l’encéphalogramme plat. »

« La droite aime les réponses plus que les questions, surtout si ce sont des réponses toutes faites, ce pourquoi elle a rarement la tête philosophique : on ne peut philosopher quand la réponse est donnée par avance. »

« L’autocritique est perçue comme une faiblesse, une inutile concession, sinon une trahison. On se flatte à droite de ne regretter rien, et surtout pas les erreurs qu’on a faites. Le débat, parce qu’il implique une contradiction, un échange d’arguments, est généralement vécu comme une agression, comme quelque chose qui ne se fait pas. »

Moralité : pas d’idées, des certitudes, des affirmations, des convictions sans pensée. C’est bien ce que l’on appelle le populisme. Alors, évidemment, ça peut donner envie de récupérer le pactole.

Mais, revenons à Occident...

Ce mouvement est fondé en 1964 par Pierre Sidos, fils d’un ancien des Jeunesses patriotes, haut responsable de la Milice sous l’Occupation et fusillé en 1946. Auparavant, il avait fondé Jeune nation, interdit en 1958. Après avoir été évincé d’Occident par des militants plus jeunes, il fondera en 1968, L’Œuvre française, mouvement nationaliste, catholique, monarchiste, anti-démocrate, antisémite et négationniste. Il refusera toute compromission avec le système démocratique et électoral et se marginalisera dans l’extrême-droite. Il ne rejoindra pas Ordre nouveau ou le Front national, mais apportera son soutien au FN en 1996.

Mais qui sont donc ces militants plus jeunes ?

Enfin, voilà où je voulais en venir. On y trouve, pêle-mêle :
— Patrick Devedjian, futur maire d’Antony et député des Hauts-de-Seine, très proche de Nicolas Sarkozy,
— Gérard Longuet, futur ministre de l’Industrie et président du conseil général de Lorraine et conseiller politique de Sarkozy depuis deux ans,
— Alain Madelin, futur ministre, député UDF, président de Démocratie libérale, puis député UMP,
— William Abitbol, futur conseiller de Charles Pasqua et soutien à Jean-Pierre Chevènement en 2002,
— Jacques Bompard, futur maire d’Orange, ancien FN, aujourd’hui villieriste,
— Patrice Gélinet, futur directeur de France Culture,
— Claude Goasguen, futur député de Paris,
— Hervé Novelli, futur député d’Indre-et-Loire,
— Thierry Boutet, futur éditorialiste de Famille chrétienne,
— Gérald Pencionelli, futur directeur de Minute,
— Jean-Jacques Guillet, futur député des Hauts-de-Seine,
— Dominique Chaboche, futur secrétaire général du FN,
— Michel de Rostolan, futur dirigeant du CNIP (Centre national des indépendants et paysans) et député apparenté FN de l’Essonne et qui le rejoindra plus tard.

Il est curieux, d’ailleurs, de ne pas retrouver Villiers dans la liste. Et pourtant...

Occident fut dissout en 1968 par Raymond Marcellin, ministre de l’Intérieur. Farouchement anti-communistes, partisans de l’Algérie française, ils s’en prennent aussi à la franc-maçonnerie et au libéralisme. Les références au vichyste Robert Brasillach sont nombreuses, ouvertement racistes, ils exaltent l’« ethnie française » et le terme « fasciste » n’est pas renié. (Occident université, nº5, 15 février 1965). Occident et la Fédération des étudiants nationalistes soutiendront la candidature de Jean-Louis Tixier-Vignancourt en 1965. Ils se sont affrontés avec force barres de fer aux gauchistes de 68.

Quelques déclarations :

« Ce que nous refusons comme irréel, c’est la vision égalitaire qui prétend faire de l’humanité un ensemble de petits cubes égaux entre eux. De toute évidence, les hommes sont inégaux. »

« Dans toutes les démocraties, la jeunesse s’ennuie, et dans toutes les démocraties, il y a des “blousons noirs”. Alors que dans les pays qualifiés de “fascistes”, il n’y en a jamais eu. Cela tient au fait que tout fascisme est l’expression d’un nationalisme, qui seul peut cristalliser la volonté de la jeunesse en un immense élan révolutionnaire ; le nationalisme, c’est la jeunesse au pouvoir. »

« Pervers et nuisible sous toutes ses formes, le libéralisme est l’ennemi le plus dangereux du nationalisme. »

Il est un peu curieux qu’Alain Madelin ait souscrit à cette dernière phrase, lui, l’ultra-libéral d’aujourd’hui.

Qu’en disent les intéressés, Longuet, le mentor de Sarkozy, et Devedjian, un de ses plus fidèles supporters ?

Gérard Longuet : « Pour des raisons personnelles, j’étais Algérie française et anticommuniste. J’ai fait un bout de chemin avec la FEN, avant de basculer vers Occident. Nous étions une bande de copains. Je n’ai jamais supporté que l’on m’interdise de m’exprimer. J’ai fait la campagne de Jean-Louis Tixier-Vignancourt en 1965. On se spécialisait dans la relation conflictuelle et musclée avec l’extrême gauche. On s’est pris des raclées, j’ai eu le cuir chevelu entamé. Après l’incident de Rouen, où je n’étais pas impliqué, j’ai rejoint les Républicains indépendants. »

Patrick Devedjian : « Je ne me suis jamais caché de mon passé. J’étais d’origine arménienne et c’était aussi une façon, pour moi, de me sentir français. J’étais anticommuniste et, finalement, je n’ai pas changé. Je me suis engagé pour la cause de l’Algérie française. J’ai quitté Occident en 1966, après avoir découvert Raymond Aron. Ce mouvement n’avait rien à voir avec l’extrême droite de Jean-Marie Le Pen. C’était une autre époque, on ne peut pas comparer... »

Que faut-il en penser ?

Que l’on retrouve dans la liste des anciens d’Occident des cadres de l’extrême-droite d’aujourd’hui n’a rien de spectaculaire. Qu’il y figure beaucoup de responsables sous la Ve République, encartés UMP et surtout proches de Nicolas Sarkozy est, par contre, beaucoup plus inquiétant sur ce qui pourrait nous attendre.

Entendre Sarkozy, dans toutes ses interventions, faire référence à la République, alors que ses plus proches ont soutenu des thèses anti-démocratiques, racistes, fascistes, antisémites et négationnistes n’est pas fait pour rassurer.

Que penser, dans ces conditions, du rôle hypothétique de Devedjian dans la promulgation de la loi sur la condamnation du négationnisme du génocide (bien réel) arménien ?

Que penser du rôle, tout aussi hypothétique, de Longuet dans l’atlantisme forcené de Sarkozy et de sa visite à G.W. Bush ?

Que penser des « camps de concentration » comme Sangatte et Cachan et des expulsions massives de sans-papiers ?

La France serait-elle menée par quelques têtes qui usent de leur pouvoir à des fins personnelles et nous mènent vers une dictature d’extrême-droite, sous couvert de République et de Démocratie ?

Eh bien, ils peuvent dire ce qu’ils veulent mais cette proximité passée avec l’extrême-droite et aujourd’hui avec Sarkozy permet peut-être de mieux comprendre le discours du ministre-candidat. On peut même se poser la question de savoir si l’extrême-droite n’aurait pas, peu à peu, infiltré la droite traditionnelle.

Et si l’extrême-droite avait aussi ses lambertistes, mais bleu-blanc-brun ?

Brrrr, t’aurais pas une couverture ? J’ai froid...

 

Revue Républicaine

Repost 0
Published by le Citoyen Thimèle - dans Vie politique
commenter cet article
25 octobre 2006 3 25 /10 /octobre /2006 22:00

Le suffrage universel est en danger depuis des années. Le plébiscite de 2007 est en passe de l’achever.


Le 29 mai 2005, en refusant le traité constitutionnel européen, les citoyens français ont dit leur volonté d’une autre politique et refusé d’officialiser la disparition de la souveraineté populaire. Comme seule réponse, la plupart des dirigeants politiques ont décidé de continuer sur la même voie, négligeant ce scrutin, méprisant les citoyens et leur décision.

Depuis des années, d’élection en élection, le refrain est le même. Les électeurs sont invités à avaliser sans débat et sans contestation possible tous les textes poubelles que leur propose la classe dirigeante, à voter sans opposition pour les porte-parole qu’elle leur impose.

Des « spécialistes » expliquent doctement que nous vivons une « crise de la démocratie ». Mais de quelle crise s’agit-il sinon d’une offensive menée contre la volonté collective des citoyens ? En effet, une déconstruction progressive de la démocratie et une délégitimation du suffrage universel se développent au nom de la « contrainte internationale », des « impératifs de la construction européenne » ou de « l’efficacité économique ». En s’attaquant ainsi frontalement à la souveraineté populaire, les classes dirigeantes renouent avec des comportements aristocratiques : des élites autoproclamées se cooptent au pouvoir en refusant de rendre compte des choix de fond qu’elles effectuent, notamment en déniant toute valeur à quelque opposition sérieuse que ce soit.

Au total, c’est la liberté individuelle et le contrat social, fondements de la République, qui sont remis en cause. Le mépris affiché envers les partisans du « non » au traité constitutionnel européen est le symbole de cette régression tragique des pratiques démocratiques. Et l’élection présidentielle qui s’annonce s’inscrit dans la volonté d’effacer le vote du 29 mai en ne donnant le choix qu’entre plusieurs partisans du oui. Elle est donc plus un plébiscite en faveur de la classe dirigeante qu’un vrai choix politique. Dans ce contexte, une candidature du Non, vouée à la marginalité, ne peut que dévaloriser l’expression populaire.

Nous, citoyens conscients et responsables qui avons voté Non au projet de traité constitutionnel, refusons de cautionner un jeu pipé. Attachés au suffrage universel, nous allons toujours voter. Cette fois nous voterons blanc parce que cette présidentielle est, telle qu’elle se dessine, destructrice du débat politique et du choix démocratique. Seule cette attitude nous paraît cohérente avec le vote du 29 mai 2005.


Le suffrage universel : un combat

Le suffrage universel ne s’est jamais présenté comme une évidence. C’est une insurrection populaire qui l’imposa, d’ailleurs seulement pour les hommes, le 10 août 1792, à une Révolution française tâtonnante. Auparavant, la bourgeoisie triomphante avait organisé un suffrage censitaire réservant le droit de vote aux possédants. Par la suite, le suffrage universel a toujours été contesté de façon plus ou moins directe par des fractions de la classe dirigeante. Et ce sont les citoyens qui ont permis son maintien, en votant avec constance pour la République à partir des années 1880.

L’acceptation d’un contrat social et l’équilibre au sein de la société passent par l’expression de tous. Nul individu, nul groupe, ne peut prétendre imposer à tous sa vérité, sa volonté. C’est ainsi que la démocratie n’est pas l’alibi de la domination d’une classe mais la forme politique qui permet le dépassement, par conflits et compromis successifs, de cette domination. Les tensions et la violence sociales d’aujourd’hui sont aussi une conséquence de l’absence de démocratie.

Aujourd’hui, si le principe même du suffrage universel n’est plus officiellement attaqué, les forces qui lui sont hostiles cherchent à le contourner et à en réduire la portée. Mais cette nouvelle offensive contre la liberté et la souveraineté populaire, contre tout ce que les citoyens ont chèrement défendu naguère, reste aujourd’hui sans réponse. Les attaques idéologiques contre les principes républicains ont eu pour but et souvent pour effet de dévaloriser le combat politique et social en même temps que l’expression du peuple. Les mots qui exprimaient jusqu’alors la volonté des citoyens sont eux-mêmes rejetés, déconsidérés. Parlez de souveraineté, on vous traitera de souverainiste, parlez de volonté populaire, on vous traitera de populiste, parlez de nation, on vous traitera de nationaliste. La démocratie elle-même est suspecte car on l’accuse de créer des tensions entre les citoyens. Le peuple est nié quand il n’est pas méprisé, rejeté. Autrefois, on parlait des banlieues rouges, de la zone, des classes dangereuses ; aujourd’hui on parle des racailles ou des salauds, suivant les origines des uns ou des autres. Dans les discours officiels, il n’y a plus d’intérêts qui seraient ceux de toute la nation, plus de peuple pour les définir. Il n’y a plus que les intérêts particuliers. Et les pouvoirs publics, malheureusement, se contentent de plus en plus d’en être les représentants.

Fait nouveau : ces assauts, menés autrefois essentiellement par des contre-révolutionnaires, sont aujourd’hui aussi conduits par des forces qui se réclament de la gauche. En effet, depuis des années, des philosophes membres de la soi-disant « nouvelle gauche » ont théorisé tous les abandons, ont légitimé tous les reniements. Pour eux, la notion de peuple est relativement indéterminée, l’égalité s’efface au profit de la liberté d’entreprise, l’intérêt général se confond avec le bon fonctionnement du libéralisme. De Pierre Rosanvallon à Michel Rocard, du plan Juppé au traité constitutionnel européen, ils sont de toutes les régressions.

On installe ainsi l’idée d’un monde sans vie politique, sans débats fondamentaux, sans citoyens actifs. Les affirmations non contestées des experts se substituent aux confrontations politiques. Les émotions calculées et les prêches des responsables publics remplacent la condamnation des inégalités. Les mêmes qui ne veulent « laisser personne sur le bord du chemin » ne soutiennent-ils pas la libéralisation des marchés de capitaux ? Au total, l’invocation des contraintes économiques remplace la construction du contrat social, fondement de la République. Les citoyens sont invités à se soumettre à la mondialisation ou à une construction européenne sur laquelle ils n’ont aucune emprise et qui leur sont présentées comme incontestables.


Ne pas participer à l’élection présidentielle de 2007
Imposer la reconnaissance du vote blanc

L’élection présidentielle est, de nos jours, organisée de telle manière qu’elle contraint les candidats soit à se couler dans le moule officiel, soit à demeurer marginaux. Faire émerger un nouvelle pensée ne résiste pas au jeu médiatico-institutionnel. Le rêve de nos dirigeants est, de plus en plus expressément, de constituer un système où la démocratie se résume à une compétition entre deux partis aux pensées assez proches, dessaisissant le citoyen de l’essentiel de sa capacité de choix. Les grands partis, soutenus par les médias, peuvent sans retenue user et abuser de la domination que leur confèrent les institutions. Ainsi 2007 se profile essentiellement comme une compétition entre des candidats tous partisans du oui à un référendum fondamental auquel le peuple français a dit non de la façon la plus nette.

Certes, des candidats honnêtes tenteront, par ailleurs, de porter les couleurs du Non. Mais ils se couleront dans un jeu réducteur dans lequel le clivage du 29 mai n’aura pratiquement pas de place. Ils ne seront alors que des candidats de témoignage ou des forces d’appoint dans les accords électoraux en préparation pour les législatives qui suivront et non des porte-parole crédibles d’une autre politique. Le faible score qu’ils feront comparé au 55% obtenus par le « non » signera leur erreur, tout en affaiblissant la portée du 29-Mai.

Car cette élection présidentielle est un jeu pipé d’avance qu’il ne faut pas cautionner. Il ne s’agit donc pas de trouver un candidat à jeter dans un nœud de vipères, mais de chercher collectivement la meilleure manière de donner un sens politique au Non. Le temps n’est plus aux petits accommodements avec le système dominant, mais à la construction d’une rupture avec lui qui soit cohérente, consistante et responsable. Le 29 mai 2005 n’a pas vu, en effet, s’exprimer un vote ordinaire. Ce jour là, les électeurs ont montré qu’ils sont prêts à se mobiliser pour répondre à de vrais enjeux politiques. Ils ont affirmé « nous sommes le peuple et nous exprimons notre volonté ». C’est cette volonté et elle seule qu’il faut réaffirmer désormais aussi bien pour la détermination de la politique nationale que pour une construction européenne qui respecte le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Une nouvelle fois dans notre histoire, le Tiers-État n’est rien et doit redevenir tout. Le 29 mai a ouvert un espace politique qui redonne force et vigueur au suffrage universel. En votant blanc, le refus de cautionner une élection qui n’est qu’une compétition entre des fractions de la nouvelle aristocratie doit permettre de déboucher sur une nouvelle organisation de la vie politique et, dans un premier temps, sur une Assemblée constituante. Celle-ci doit être réellement représentative du peuple français, c’est-à-dire être composée de représentants élus individuellement avec un débat public le plus large possible. Elle sera chargée de restaurer les principes républicains, démocratiques et laïques, la séparation des pouvoirs, l’égalité des citoyens et de donner corps au progrès social.

Face aux conséquences sociales dramatiques des politiques menées depuis des décennies, devant leur caractère destructeur de la société, seule une réappropriation collective de l’idéal démocratique peut permettre de reconstruire la légitimité du pouvoir politique.

 

Jean-Pierre ALLIOT, Journaliste, André BELLON, Ancien Président de la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale, Michel BOUCHAUD, Enseignant, Anne CÉROBÉ, Enseignante, Jérémy MERCIER, Étudiant, Jack PROULT, Militant associatif

Repost 0
Published by le Citoyen Thimèle - dans Vie politique
commenter cet article